Burkina Faso

Rapport de situation
Contexte
Avec l'appui de l'association, certaines femmes PDI trouvent des activités génératrices de revenus.
Ici ce groupe de femmes participent à la chaîne de l'étuvage du riz.

L’Association les femmes persévérantes du Gulmu au secours des femmes déplacées internes de Fada

Pour nourrir leurs enfants maintenant totalement à leur charge et assurer la scolarité de ceux toujours en âge d’aller à l’école, les femmes déplacées internes de Fada ont recours à l’appui d’une association locale « Association des femmes persévérantes du Gulmu». Grace à cette association elles reçoivent certaines des Articles ménagers essentiels (marmites, futs et seaux), des abris (l’association les accueille ou loue pour elles des maisons de moindre coût) et d’autres un petit fond de roulement de 20 000 fcfa pour entreprendre une activité génératrice de revenus.

Pour Mariam Nassouri -veuve et mère de 4 enfants, forcée de trouver refuge à Fada après l’assassinat de son mari dans leur village de Namoungou- les actions de cette association sont vraiment salutaires car sans cet appui, elles auraient perdu toute dignité. « Cela fait deux ans que nous sommes à Fada et jusque-là nous n’avons jamais eu la chance d’être enregistrées pour recevoir une quelconque aide. Aux premiers moment l’association nous a doté de sacs de mais, sinon nous aurions dû mendier ou nous prostituer pour avoir à manger pour nos enfants. »

Quant à Kima Sadia -jeune femme de 23 ans avec 3 enfants venue de Namoungou pour trouver refuge à Fada- elle assure que la vente de son toffu (plus communément appelé soja ici) lui permet de prendre soin de ses trois petits et que parfois en manque de nourriture c’est cela même qu’ils mangent en attendant un autre repas. Ce commerce, elle a pu l’initier grâce au fond de roulement de 20000 qu’elle a reçu de l’association. « Avec l’argent que j’ai reçu j’ai acheté les graines de soja que j’ai transformé sur deux jours, en toffu. Après fritture, je mets le toffu sur des broches et je vais devant le centre de santé de mon secteur pour le vendre. Les gens aiment bien alors il arrive que je fasse de bonne recettes certains jours. Avec ce que je gagne, j’appuie mes belles mamans pour nourrir la famille et j’en garde un peu pour assurer les besoins urgents de mes enfants. Le plus grand (7ans) va à l’école, alors je dois veiller a ce qu’il n’abandonne grâce au peu que je gagne » nous explique t elle.

Selon Tankoano/Ouédraogo Clarisse, présidente de l’association des femmes persévérantes du Gulmu, l’association même auparavant établi à Namounou a dû fuir les exactions des groupes armés non étatiques pour s’établir à FADA. « Que peut faire une association déplacée si ce n’est venir en aide aux personnes déplacées ? depuis 3 ans que nous sommes à Fada, nous avons fait une sensibilisation auprès des populations hôtes afin que les PDIs soient accueillies avec compassion et qu’il existe une cohésion entre elles. A toutes celles qui arrivaient vraiment démunies nous avons trouvé r des maisons à louer ou négocier pour elles des espaces ou vivre, ensuite nous leur fournissons de quoi manger pour enfin former certaines à l’étuvage du riz, la fabrication du Soumbala (épices africaine à base de graines de néré) et la mise en place d’AGR. De voir que certaines d’entre elles s’en sortent grâce à cela nous rend extrêmement fières ».

Désormais dolotière au secteur 1 de Fada, Diapa Djingri, 23 ans et 4 enfants et aussi bénéficiaire de l’association, elle se sent reconnaissante pour l’aide dont elle a bénéficié. « J’ai reçu des marmites de l’association qui me permettent de préparer et de vendre du dolo. Lors de la vente hebdomadaire je peux avoir un bénéfice de 5000 que je réinjecte dans la production et un peu pour nourrir mes enfants. Dans mon village je faisais moi-même germer mon sorgho mais ici je dois en acheter, cela me revient plus cher et diminue la qualité de mon dolo, mais cette activité me permet de maintenir ma tête hors de l’eau et c’est cela l’essentiel »

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