Burundi

Rapport de situation

Faits saillants

  • Le Burundi est reclassé par l’OMS Afrique dans la catégorie des pays à transmission communautaire d’incidence modérée de la Covid-19
  • Peut-on inverser le cycle d’insécurité alimentaire récurrent au sein de la population de Busoni, Kirundo, Bugabira et Ntega?
  • Plus de 6 000 patients souffrent de plaies ulcéreuses dans la province de Muyinga
  • Les humanitaires sont très préoccupés par les risques d’inondations et de déplacements de la population en cette période pluvieuse (février-mars)
  • Au moins 5,5% des 889 Burundais expulsés de Tanzanie testés positifs à la Covid-19
Les enfants traversent leur village à Gatumba pour se rendre à la route principale, où les familles sont rassemblées avec leurs biens restants, mais n'ont nulle part où aller, en avril 2020.  ©Lauriane Wolfe/OCHA 2020
Les enfants traversent leur village à Gatumba pour se rendre à la route principale, où les familles sont rassemblées avec leurs biens restants, mais n'ont nulle part où aller, en avril 2020. ©Lauriane Wolfe/OCHA 2020

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Rapport de situation

Chiffres clés

12,6M
Population totale
2,3M
Pers. ayant besoin d'une aide humanitaire
661K
Personnes ciblées
580K
Personnes assistées en 2020 (65,5%)
10K
Réfugiés congolais dans les camps
3K
Réfugiés congolais hors des camps
132K
Personnes retournées (mars 2021)

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Financement

$194.7M
Requis
$29.9M
Reçu
15%
Progrès
FTS

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Contacts

Jutta Hinkkanen

Chef de Bureau

Annick Ndayiragije

Chargée de l'information publique

Camille Marquis

Chargée de l'information publique

Burundi

Rapport de situation
Contexte
Cas de Covid-19 au Burundi

Le Burundi est reclassé par l’OMS Afrique dans la catégorie des pays à transmission communautaire d’incidence modérée de la Covid-19

Au 11 mars 2021, 2 441 personnes ont été confirmées positives à la Covid-19 parmi celles testées (162 131) et 3 personnes sont décédées, selon les chiffres officiels. Parmi les cas positifs rapportés, 562 cas ont été importés (23,02%) et 1 879 cas sont de transmission locale (76,98%), ce qui confirme la circulation communautaire de la Covid-19. Au regard de l’évolution actuelle de la situation épidémiologique, qui est caractérisée par une résurgence importante de nouveaux cas notamment dans la population burundaise, le Burundi a été reclassé par le bureau régional de l’OMS Afrique, passant ainsi de la catégorie de pays à « transmission communautaire d’incidence basse » à la catégorie de pays à « transmission communautaire d’incidence modérée ». Le Gouvernement a déjà organisé deux campagnes de dépistage de masse, l’une conduite du 6 juillet au 5 octobre 2020, et l’autre à partir du 11 janvier 2021 pour une durée initiale de 30 jours.

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Contexte
Champs détruits par manque d'eau dans la province de Kirundo (janvier 2021) ©Annick Ndayiragije/OCHA 2021
Champs détruits par manque d'eau dans la province de Kirundo (janvier 2021) ©Annick Ndayiragije/OCHA 2021

Peut-on inverser le cycle d’insécurité alimentaire récurrent au sein de la population de Busoni, Kirundo, Bugabira et Ntega?

La situation actuelle d’insécurité alimentaire à Kirundo est à la fois la résultante d’un épisode de déficit hydrique récurrent causé par l’arrêt brusque des pluies et de la destruction des cultures causée par des pluies excessives mêlées de grêle durant la première saison culturale 2021A. En effet, dans la province de Kirundo, près d’une saison sur trois est systématiquement mauvaise depuis le début des années 2000, et les ménages se retrouvent dans un cercle vicieux de dilapidation et de reconstitution du cheptel et des cultures de soudure. Tous les deux ans, depuis près de 20 ans, les ménages doivent trouver de nouvelles boutures de manioc.

La région dispose d’un grand potentiel de production en cas de bonne pluviométrie. Par exemple, 2018 est considérée comme une année normale, lorsque la province de Kirundo occupait la première place dans la production de légumineuses et la deuxième place pour les céréales, avec respectivement 13% et 10% de la production nationale (source: ENAB 2017-2018). Mais cette année, les ménages se retrouvent en phase de décapitalisation et sans cultures pérennes à cause du déficit hydrique.

Ce déficit hydrique dans certaines localités de la province de Kirundo, couplé d’une pluviométrie excessive dans d’autres, a affecté environ 20% des ménages dans la zone de moyens d’existence de Dépression du Nord ou du Bugesera, soit 36 372 ménages répartis sur certaines collines les plus touchées des communes de Busoni, Bugabira, Kirundo et Ntega, d’après l’estimation effectuée par une mission d’évaluation multisectorielle du 21 au 23 janvier 2021. Cette nouvelle évaluation a identifié 19 500 ménages ayant un besoin urgent d’assistance en semences et denrées alimentaires.

Les deux chocs ayant survenu en phase cruciale de floraison et de maturation des cultures de la saison, le préjudice sur les récoltes de la saison 2021A est très important, en particulier pour les céréales et légumineuses dans la partie la plus affectée. Ailleurs, la production est considérée comme normale.

Au niveau nutritionnel, les résultats préliminaires de l’enquête SMART du mois de septembre 2020 ont conclu à une situation précaire de la malnutrition aigüe globale (MAG) à Kirundo avec un taux de 7%, soit une situation déjà en détérioration par rapport au taux de MAG de 4% en 2019.

  • Depuis la survenance du choc au cours du mois de décembre 2020, on note déjà:       une perte de récoltes de légumineuses et céréales de la saison 2021A avec des pieds de maïs et de sorgho dans les champs qui ne servent que de fourrage pour le bétail;

  • des dizaines de ménages ayant déjà quitté la province vers d’autres provinces (par exemple: déplacements vers la province Cankuzo);     

  • plusieurs cas d’abandons scolaires, en particulier dans les écoles fondamentales où le Programme d’alimentation scolaire a été suspendu par le Programme alimentaire mondial (PAM) en raison du manque de financement (par exemple: selon les visites de suivi de l’inspection provinciale de l’enseignement scolaire, une école fondamentale (ECOFO) de Cewe fait état d’un abandon d’un quart de la population scolaire, soit 200 élèves sur 800 que compte l’école). Le PAM prévoit une reprise prochaine du programme dans 30 écoles ciblées;

  • des cas de malnutrition en augmentation, y compris des cas de malnutrition sévère et des cas d’œdèmes, selon le Concern World Wide (CWW) impliqué dans le programme. Le pic des cas est attendu avec la prochaine période de soudure entre mars et mai 2021;      

  • une augmentation des cas de mendicité et l’amplification du phénomène des enfants de la rue;      

  • une perturbation des activités de certains intervenants dans la zone, y compris celles en rapport avec les Activités génératrices de revenus (AGR) et les Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), dont les bénéficiaires en situation de déficit alimentaire privilégient les mécanismes de survie comme les migrations (par exemple: cas d’une AGR d’élevage des porcs soutenue par CWW dont les membres ont déjà signifié à l’acteur qu’ils sont dans l’impossibilité de continuer à gérer la porcherie alors qu’ils doivent aller chercher de quoi nourrir leurs familles; cas des volontaires de CARE GROUP touchés par les déplacements actuels etc.);

  • les ménages affectés n’ont pas de stocks de vivres secs;

  • les disponibilités sur les marchés sont en amélioration, en particulier pour le haricot avec l’avènement des récoltes de la saison 2021 dans les collines non affectées;      

  • concernant les perspectives de récoltes: alors que les collines affectées s’attendent à une absence de récolte de céréales et de légumineuses pour la saison 2021A, les perspectives de récoltes sont bonnes pour les autres localités non touchées, malgré des risques de chevauchement sur la saison 2021B, en particulier pour le sorgho.

À ces besoins s’ajoutent des facteurs aggravants, en particulier ceux liés au mouvement important de rapatriés en provenance du camp de Mahama au Rwanda depuis le mois d’août 2020 (près de 70% des réfugiés burundais du camp de Mahama sont originaires de la province Kirundo), à la réduction de la couverture du programme alimentaire scolaire (37 écoles couvertes contre 62 auparavant), à l’impact de la Covid-19, aux criquets puants et aux maladies porcines.

L’administration a appelé à la solidarité locale et nationale pour venir en aide à ces ménages affectés, ainsi qu’au renforcement des cultures dans les marais. Les activités de résilience se sont accélérées, notamment le démarrage d’un projet d’installation de stations météo, avec l’aide du PNUD, pour améliorer la capacité locale d’alerte précoce, mais également une demande de mise en place d’un projet d’irrigation collinaire sur le lac Rweru avec l’aide du PNUD, du Fonds National d’Investissement Communal (FONIC) et la FAO.

Les partenaires estiment qu’une assistance en semences avant le mois de mars par l’intermédiaire de foires à semences ou d’activités cash est nécessaire pour répondre aux problèmes de déficit alimentaire. Elle sera combinée avec une assistance alimentaire durant la période de soudure et avant les prochaines récoltes 2021B (juin 2021), ainsi que l’accélération et la mise à l’échelle des actions de résilience en cours, à savoir les projets d’irrigation PNUD-FONIC-FAO, le renforcement de la petite irrigation, le maintien du programme d’alimentation scolaire, en particulier dans les zones affectées, et les activités de reboisement/reforestation.

Les risques en cas de non-assistance dans les délais sont les suivants:   

  • en cas de non-assistance en semences, les ménages affectés rateront la prochaine saison culturale 2021B et par ricochet, les récoltes de juin 2021. L’insécurité alimentaire persistera et s’accentuera jusqu’à la fin de l’année (avec toutes les autres conséquences que cela engendrera);     

  • les ménages se trouveraient en besoin d’assistance de soudure pour une période assez longue, avec le risque que les ménages aient recours aux mécanismes négatifs pouvant influer sur les moyens d’existence (déplacements, ventes d’actifs productifs et non-productifs);      

  • le manque d’appui aux services nutritionnels occasionnerait la dégradation du statut nutritionnel  et le débordement des programmes en cours de prise en charge des cas de Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) et Malnutrition Aigüe Modérée (MAM).

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Rapport de situation
Contexte
Traitement de plaies ulcéreuses par Médecins Sans Frontières - © MSF Belgique
Traitement de plaies ulcéreuses par Médecins Sans Frontières - © MSF Belgique

Plus de 6 000 patients souffrent de plaies ulcéreuses dans la province de Muyinga

La première alerte concernant cette maladie a été lancée au mois de novembre 2019. À ce jour, les données du Gouvernement montrent que 10 000 personnes ont été infectées par des plaies ulcéreuses d’ici à fin 2020 dans cinq provinces, dont celle de Muyinga qui compte un grand nombre de cas. Les autres provinces notant des cas similaires sont Muramvya, Gitega, Makamba et Kirundo.

Cette maladie, qui n’est pas encore bien connue, a dans un premier temps été analysée comme des soupçons d’ulcères de Buruli. Des échantillons ont été prélevés par l’Institut national de santé publique (INSP) et Médecins sans frontières (MSF). Les résultats permettront aux intervenants d’avoir une connaissance de la maladie et d’adapter le protocole de traitement ainsi que la prise en charge holistique des patients, qui sont en grande majorité des enfants.

Près de 80% des patients diagnostiqués, dont l’âge est compris entre 0 et 60 ans, sont des enfants de moins de 16 ans. Cette catégorie de la population est hautement exposée à cette maladie et les raisons pour cela sont en cours d’investigation. Pour traiter la maladie, le personnel soignant procède au nettoyage des plaies, pose des pansements propres sur celles-ci pour éviter une surinfection, et si la plaie est infectée, prescrit des antibiotiques. L’accès à du savon, des babouches et de l’eau propre demeure essentiel dans ce type de contexte et de maladie. On espère que des recherches supplémentaires permettront de préciser les mesures de prévention les plus adaptées qui pourraient être mises en place à Muyinga et dans les autres zones où des cas sont déclarés.

Des récidives ont été enregistrées. Leur cause n’est pas encore connue, mais on pourrait supposer une recontamination ou une prise en charge non respectée. Des recherches complémentaires sont en cours dans la province de Muyinga avec le soutien de MSF et en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida (MSPLS). Bien que des efforts conséquents ont été fournis pour combattre la maladie, d’autres zones notifient des cas sans qu’une réponse adaptée ne soit encore apportée. Une synergie des partenaires avec le Gouvernement aussi bien dans le rapportage que dans la prise en charge de cas et la prévention de la maladie est donc vivement encouragée.

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Coordination

Les humanitaires sont très préoccupés par les risques d’inondations et de déplacements de la population en cette période pluvieuse (février-mars)

Depuis ces deux dernières années, suite aux nombreuses pluies, le niveau du lac Tanganyika est monté de plus d’un mètre par rapport à la moyenne habituelle. Les espaces situés tout autour du lac sont inondés. On déplore déjà plusieurs dégâts alors que de fortes pluies sont attendues en février et mars. La rivière Ruzizi, d’une longueur de 117 kilomètres, constitue une frontière naturelle entre la République Démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda. Elle amène une partie des eaux du lac Kivu qui est à 1 500 mètres d’altitude alors que le lac Tanganyika n’est qu’à 773 mètres. Pendant son parcours, elle collecte des eaux de plusieurs affluents avant de se déverser au rythme de 540 mètres cubes d’eau par seconde dans le lac Tanganyika. Ce dernier est aussi alimenté principalement par les eaux venant des rivières Malagarazi, Ifume, Lufubu et Lunangwa. Il déverse ses eaux à un débit de 270 mètres cubes d’eau par seconde dans un affluant du fleuve Congo: la rivière Lukuga.

Suite aux nombreuses pluies de ces derniers temps, la zone de l’embouchure est régulièrement inondée par les repoussées et les montées des eaux du lac. Ce phénomène a eu et continue à avoir un impact sur le Burundi. En effet, les crues de la Ruzizi se sont déversées dans des quartiers des zones Gatumba et Rukaramu.

Selon les experts en météorologie, le même phénomène s’est produit il y a une cinquantaine d’années: le niveau du lac était monté de trois mètres et plusieurs infrastructures se trouvant autour de la rivière Ruzizi étaient sous l’eau, notamment l’aéroport international Melchior Ndadaye. Depuis cette époque, les Burundais ont érigé plusieurs constructions dans cette zone inondable.

Récemment, la même zone a connu deux vagues d’inondations. En avril 2020, plus de 45 000 personnes avaient été affectées. En janvier 2021, 2 740 ménages de 13 700 individus étaient encore regroupés dans les quatre sites de déplacés (762 à Kigaramango, 2 525 à Kinyinya II, 130 à Mafubo, 572 à Maramvya Sobel). Ces effectifs ont été révélés par le profilage réalisé conjointement par le Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), grâce au financement du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) sous la fenêtre d’underfunded emergencies (situations d’urgence sous-financées).

En janvier 2021, une autre vague d’inondations a causé plusieurs dégâts humains et matériels. Un décès et un blessé ont été enregistrés suite à des attaques d’animaux aquatiques, et plusieurs habitations ainsi que des infrastructures d’utilité publique (des écoles, un hôpital et un centre de triage et d’isolement de la Maladie à Virus Ebola, MVE) ont été endommagées. Plus de 1 200 ménages, dont la majorité venait de retourner dans leurs quartiers d’origine, se sont de nouveau déplacés vers les sites.

Grâce à la mobilisation des ressources financières et aux efforts de différents partenaires, les sinistrés ont pu avoir des abris temporaires, accéder aux soins de santé, avoir des vivres pour une période de trois mois, des kits d’hygiène, des latrines et un approvisionnement en eau potable par les camions de la protection civile. Cependant, leurs apports restent limités. Étant donné que ces zones de Gatumba et Rukaramu sont toujours inondées, ces déplacés ne peuvent pas entreprendre un mouvement de retour dans leurs habitations dans un bref délai. Une mobilisation des ressources pour une assistance multisectorielle d’urgence, la reconstruction de la résilience de ces ménages par le renforcement des mesures d’adaptation et la mise en place de solutions durables restent une grande préoccupation pour tous les acteurs.

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Burundi

Rapport de situation
Coordination

Au moins 5,5% des 889 Burundais expulsés de Tanzanie testés positifs à la Covid-19

Depuis le 12 janvier 2021, 889 Burundais en situation irrégulière (selon l’administration tanzanienne) ont été expulsés vers le Burundi en passant par la frontière de Gisuru à Cijongo, en commune de Gisuru, dans la province de Ruyigi. Parmi eux, les autorités provinciales et la Croix-Rouge Burundaise (CRB) ont enregistré 49 personnes testées positives à la Covid-19 (5,5%). En date du 25 février, 68 personnes étaient en quarantaine à Cijongo, 30 à Kabanga et 46 à Muhwazi. La majorité des personnes expulsées sont des jeunes hommes entre 18 et 29 ans. Avant de regagner leurs communes d’origine, ils sont mis en quarantaine pendant au moins sept jours.

Face à cette situation critique, une mission d’évaluation multisectorielle rapide du site de Cijongo, conduite par la Plateforme Nationale de Prévention des Risques et Gestion des Catastrophes, le Ministère de la santé et OCHA a été organisée le 10 février afin de constater le niveau de mise en œuvre des actions de réponse pour alléger la souffrance des expulsés de Cijongo. La Gouverneure de Ruyigi ainsi que certaines organisations et agences ont pris part à cette mission: la Croix-Rouge du Burundi (CRB), UNICEF, le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et la Fondation Terre des Hommes. Selon le rapport de la CRB, 60% de ces expulsés sont originaires de la province Ruyigi et 40% des provinces de Karusi, Cankuzo, Gitega, Muyinga, Makamba, Ngozi, Kayanza et Bururi. Au moment de la mission, le site de Cijongo accueillait environ 30 personnes par jour.

Les efforts de solidarité locale déployés par l’administration et la CRB lors des premiers jours ont connu des limites à cause du nombre important de personnes expulsées et les cas positifs à la Covid-19 enregistrés. En soutien aux actions de l’administration, Médecins sans Frontières-Belgique (MSF-B) a installé un tank de 5 000 litres pour approvisionner en eau le camion de la Protection civile dans le site de Cijongo. Le Conseil pour l’éducation et le développement (COPED), sous le financement du HCR, a érigé deux blocs de latrines, comprenant quatre latrines pour les femmes et quatre pour les hommes, et procède en cas de besoin à une désinfection à l’aide d’une solution chlorée. Ces personnes expulsées ont été assistées en abris (tentes) et articles non alimentaires par MSF-B, l’OIM et la CRB à Cijongo, Kinyinya, Kabanga et Mugege (Butaganzwa). La CRB, qui assurait l’alimentation des personnes prises en charge, étendra ce service au site, et l’administration communale de Gisuru fournira le combustible pour la cuisson. Le PAM avait déjà conduit une évaluation rapide des besoins à Cijongo et a suggéré que des repas chauds soient servis pour limiter les contacts des personnes à statut sanitaire différent, et que les expulsés rentrent avec un paquet retour en vivres. Suite aux nouvelles arrivées, les évaluateurs ont proposé au PAM d’établir un caseload estimatif de distribution par semaine.

En date du 9 février, 25 cas positifs à la Covid-19 étaient pris en charge dans les hôpitaux de Ruyigi. Cependant, des défis persistent: le Médecin provincial de Ruyigi a relevé une insuffisance de structures (aire d’isolement à l’Hôpital Rema), d’équipements (ambulance, EPI), de consommables (carburant) et la question des primes pour le personnel de première ligne de riposte contre la pandémie. Parmi les recommandations, un plaidoyer est à faire auprès du Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida (MSPLS) pour que le site de Cijongo soit aménagé comme un point d’entrée, pour qu’une ambulance soit mise à disposition pour le transport exclusif des cas positifs à la Covid-19 du site vers l’hôpital de Ruyigi, pour qu’une aire d’isolement soit aménagée à l’intérieur de l’hôpital Rema, et enfin pour qu’une requête soit adressée aux autorités tanzaniennes dans le cadre d’ « Ujirani mwema » afin qu’elles suspendent les expulsions dans le contexte de la Covid-19 ou bien garantissent la régulation d’un retour ou d’un accueil dignes et sécurisés.

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Burundi

Rapport de situation
Coordination

Cycle de programme humanitaire (HPC) 2021

L’Aperçu des besoins humanitaires (HNO) et le Plan de Réponse Humanitaire (HRP) sont en cours de finalisation. Au moment de la rédaction de ce bulletin humanitaire, la dernière version du HNO a été partagée aux partenaires et sa publication officielle est prévue début mars. Les consultations entre OCHA et les partenaires gouvernementaux se poursuivent sur le HRP.

Selon l’analyse des besoins humanitaires, 2,3 millions de personnes auront besoin d’assistance humanitaire en 2021. Ces besoins sont générés par les nombreux chocs auxquels le Burundi continue d’être exposé et qui affectent surtout les communautés déjà fragiles. Il s’agit principalement de catastrophes naturelles qui touchent régulièrement les cultures, fragilisent davantage la situation nutritionnelle et alimentaire des plus vulnérables et provoquent des déplacements de populations à la recherche d’un abri et de moyens de subsistance. Aussi, les retours des Burundais réfugiés dans les pays limitrophes ont considérablement augmenté au courant du second semestre de 2020 et cette tendance à la hausse devrait se poursuivre en 2021, année durant laquelle 143 000 retours sont attendus. Ces retours auront notamment pour conséquences des pressions supplémentaires sur les communautés hôtes dans un contexte de pauvreté et de vulnérabilité importante. Enfin, les flambées régulières de maladies à potentiel épidémique dont le choléra et le paludisme ajoutées aux impacts socio-économiques de la Covid-19 risquent de continuer à fragiliser les populations les plus vulnérables.

Parmi les personnes dans le besoin, 1,06 million de personnes vulnérables ont été ciblées pour la réponse multisectorielle humanitaire en 2021. Il s’agit principalement des personnes déplacées internes (PDI), des personnes rapatriées et d’autres catégories de la population vulnérables affectées par les urgences humanitaires.

Pour assurer cette réponse, 195,2 millions de dollars américains sont nécessaires. L’évaluation de ce montant a été réalisée à partir d’une identification des coûts unitaires par activité. Il se répartit de la manière suivante : 53% pour la réponse multisectorielle requise par les différents secteurs pour répondre aux besoins humanitaires des PDI, rapatriés et autres catégories de la population vulnérables affectées par les urgences humanitaires ; 28% pour la réponse aux besoins des réfugiés (Plan de Réponse Réfugiés) et 19% pour le paquet d’assistance de trois mois pour les nouveaux rapatriés.

Les fonds requis en 2021 ont connu une baisse de 2% par rapport à 2020[1], malgré une augmentation de 19% du nombre de personnes ciblées. Cette baisse s’explique par le coût élevé de certaines activités qui avaient été prévues en 2020 et qui n’ont pas été reconduites en 2021 ou qui l’ont été partiellement. Il s’agit, par exemple, de la prise en compte de l’enseignement à distance dans l’éventualité d’un confinement.

[1] À noter que le HRP initial pour 2020 a requis 114 millions de dollars américains. Lors de la révision du HRP en juillet 2020, cette requête a été revue à la hausse afin de prendre en compte l’impact de la Covid-19 sur la continuité des interventions du HRP et le coût des nouvelles activités humanitaires pour la prévention et la réponse à la Covid-19.

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