Burundi

Rapport de situation

Faits saillants

  • Une vingtaine de personnes sont mortes à cause des glissements de terrain sur la colline Nyempundu, zone Nyamakarabo, commune Mugina, province Cibitoke
  • Cinquante cas de rougeole sont enregistrés dont 14 confirmés positifs et 44 par lien épidémiologique
  • Trois cent cinquante-quatre cas de choléra sont signalés en Mairie de Bujumbura au mois de décembre 2019
  • La France s’associe au PAM pour promouvoir la sécurité alimentaire, la nutrition et l’éducation à Gitega
Colline Nyempundu, glissements de terrain suite aux précipitations abondantes Photo ©Annick/OCHA Burundi Décembre 2019
Colline Nyempundu, glissements de terrain suite aux précipitations abondantes Photo ©Annick/OCHA Burundi Décembre 2019

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Chiffres clés

1,77M
Pers. dans le besoin (PRH 2019)
710K
Pers. ciblée ( PRH 2019)
103K
Pers. déplacées internes ( DTM 10/2019)
1,7M
Pers. en insécurité alimentaire (PRH 2019)

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Financement

$106.3M
Requis
$68.8M
Reçu
65%
Progrès
FTS

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Contacts

Jutta Hinkkanen

Chef de Bureau

Lauriane Wolfe

Chargée de l'information publique

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Rapport de situation
Contexte
Une maison qui s’est écroulée à cause d'un glissement de terrain suite aux pluies torrentielles à Nyempundu, province Cibitoke Photo © Annick OCHA Burundi Décembre 2019
Une maison qui s’est écroulée à cause d'un glissement de terrain suite aux pluies torrentielles à Nyempundu, province Cibitoke Photo © Annick OCHA Burundi Décembre 2019

Une vingtaine de personnes sont mortes suite aux glissements de terrain sur la colline Nyempundu, de la zone Nyamakarabo, commune Mugina, province Cibitoke

Des pluies torrentielles ont occasionné des éboulements de terrain, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2019 sur les collines de Nyempundu, Rukombe et Gikomero de la zone de Nyamakarabo dans la commune de Mugina en province de Cibitoke. Selon le Gouvernement, 27 personnes sont mortes, 9 personnes sont encore introuvables, 7 personnes ont été blessées et une étendue importante de champs non encore évaluée a été dévastée.

236 ménages sont déplacés et hébergées dans la communauté tandis que d’autres logent dans une église locale. Vu la gravité de la situation, l’administration locale en collaboration avec les membres de la Croix rouge (CRB), la Plateforme Provinciale ainsi que certains secteurs sous la coordination du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), se sont mobilisés et on fait une mission rapide afin d’évaluer l’ampleur des dégâts. Les familles déplacées ont perdu leurs biens (habits, matériels de couchage, équipements de cuisine, matériels scolaires, etc...).

La route et le pont qui mènent vers le lieu du sinistre sont endommagés par des éboulements rendant ainsi difficile l’accès à la zone . Même si aucune école n’a été détruite, l’accès aux établissements scolaires est entravé en raison des éboulements et les écoliers issus des familles déplacées déplorent la perte de tout le matériel scolaire.

Suite à cette catastrophe, le 7 décembre, le Ministère des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre (MDPHASG) a donné une aide constituée de 28, 5 tonnes de riz à raison de 15 kg par ménage à 1987 ménages de la colline Nyempundu sans distinction.  Le Gouvenrement du Burundi prévoit la relocalisation de 500 ménages car leurs habitations sont en risque de glissement. Le site de relocalisation n’a pas encore été communiqué aux acteurs.

En vue d'apporter une réponse aux risques notamment en ce qui concerne la santé, l’environnement, l’accès à l’éducation ainsi que la sécurité alimentaire, OCHA en collaboration avec les groupes sectoriels continue de mobiliser l’assistance d’urgence. Ainsi, en date du 18 décembre, au terrain de l’Ecole Communale Fondalentale (ECOFO) de Rusagara ; le Programme alimentaire mondial (PAM) en partenariat avec la Croix rouge Burundaise a fait une distribution  des vivres en faveur de 1030 bénéficiaires répartis en 206 ménages affectés de la commune de Mugina. Le lendemain, le 19 décembre, le secteur abris et articles non alimentaires a fait une distribution conjointe, avec les membres du secteur dont la Croix rouge burundaise (CRB), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et World vision international (WV) comprenant 206 Kits d’articles non alimentaires et 309 tentes. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a assisté 357 femmes et filles avec des kits de dignité alors que le secteur de l’éducation a signalé que les kits scolaires et les salles d’enseignement d’urgence peuvent être disponibles. Pour d’autres urgences une mobilisation doit être menée afin de mobiliser des ressources supplémentaires. Les organisations internationales ayant une présence dans la province notamment (ZOA, War child Holland, Concern ainsi que Care internationale) ont déjà commencé à mobiliser des aides en kits d’abris et moyens financiers afin d’assister la population sinistrée.

Les besoins principaux qui restent à combler sont liés notamment à une assistance en abris et articles non alimentaires en faveur de ces ménages affectés, les matériels de couchage ainsi que l’évacuation de la boue au travers des routes afin que l’accès à l’école ou aux structures sanitaires soit facilité.

La plupart des populations touchées ont un accès limité aux services sociaux. En plus de l'impact immédiat, les conditions météorologiques défavorables ne manqueront pas de prédisposer les ménages aux maladies d'origine hydrique et transmises par les vecteurs, y compris le choléra, le paludisme, la rougeole, etc.

Selon les prévisions météorologiques de décembre 2019, le Burundi comme les autres pays de l’Afrique de l’est continueront à observer des précipitations au-dessus de la normale. Des efforts et des fonds supplémentaires sont requis pour renforcer à la réponse en partenariat avec la CRB, ainsi qu'un relèvement rapide grâce aux interventions visant à rétablir les moyens de subsistance des communautés touchées.

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Une fille prise en charge dans l'unité des soins de Cishemere gerée par GVC pour recevoir des soins © Bernard Ntwari/HCR Burundi Décembre 2019
Une fille prise en charge dans l'unité des soins de Cishemere gerée par GVC pour recevoir des soins © Bernard Ntwari/HCR Burundi Décembre 2019

Cinquante cas de rougeole sont enregistrés dont 14 confirmés positifs et 44 par lien épidémiologique

A la date du 10 décembre 2019, 50 cas de rougeole sont enregistrés  dont  : 14 cas confirmés positif au laboratoire a l’IgM rougeole et 44 cas confirmés par lien épidémiologique dans le site de transit de Cishemere abritant les demandeurs d'asile congolais et à Bujumbura.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, (OMS), à ce jour, les cas de rougeole sont localisés dans le site de transit de Cishemere et à Kanyosha, en Mairie de Bujumbura.

Une semaine après, une augmentation de la propagation de cette épidémie est enregistrée dans le centre. Cette augmentation de cas s’explique par l’existence d’un nombre élevé d’enfants en état d’incubation au moment de la vaccination. 

Au niveau de la prise en charge des cas, 22 cas sont en admission dont 4 cas au Centre de santé de Murambi, qui est le plus proche du centre de transit et 18 cas au Centre de santé du centre de Transit de Cishemere gérée par l’ONG Gruppo di Volontariato Civile (GVC), tandis que les cas de Knayosha sont pris en charge dans les hôpitaux proche d’où un risque que la maladie se propage rapidement. Au niveau de la surveillance, les districts sanitaires continuent de renforcer la surveillance épidémiologique dans les 5 Camps des réfugiés du pays et dans toutes les formations sanitaires de leur ressort. Aucun cas de décès confirmé parmi les cas enregistrés. Le lieu de résidence habituelle des cas se trouve au Centre de transit de Cishemere, tous les habitants de ce camp sont originaires de la République Démocratique du Congo. Tous les cas n’ont aucun séjour dans une autre localité du Burundi au cours des 2 dernières semaines. Aucun cas suspect confirmé de rougeole dans les autres camps de réfugiés du pays. Le Camp de Nyankanda dans le district de Butezi, Province de Ruyigi (Région Est du pays) a reçu du Centre de transit 700 réfugiés, le 20 novembre alors que l’épidémie était déjà en cours.

Dans la stratégie de la réponse, le 3 décembre 2019, le Ministère de la santé publique et de la lutte contre le sida (MSPLS) en collaboration avec l’OMS a mené une campagne de vaccination à l’endroit de 523 enfants âgés de 9 mois à 14 ans dans le centre de transit de Cishemere.

Le transfert des réfugiés vers les camps permanents dans le pays constitue un facteur de haut risque de la propagation de la rougeole car la couverture vaccinale contre la rougeole au Burundi est de 60% pour la 2ème dose.

Le pays n’avait pas connu de cas de rougeole de 2013 jusqu’en 2015. La rougeole est réapparue de 2016, 2017, et 2018 avec respectivement 6,7,4 testés positifs.

Le centre de transit de Cishemere abrite les réfugiés congolais surtout les populations provenant des localités situées dans la Province du Sud Kivu qui connaissent aussi une épidémie de rougeole actuellement.

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Rapport de situation
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Carte de la localisation des provinces où on retrouve les cas de choléra/OCHA
Carte de la localisation des provinces où on retrouve les cas de choléra/OCHA

Trois cent cinquante-quatre cas de choléra sont signalés en Mairie de Bujumbura au mois de décembre 2019

Au 13 décembre 2019, 1094 cas de choléra ont été notifiés dont 8 décès, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Depuis le mois de juin 2019, au total, 62 aires de santé répartis dans 10 districts sanitaires du pays sont touchées avec une prédominance dans la province de Bujumbura Mairie spécifiquement dans le district de Bujumbura nord qui couvre les zones de Kinama, kamenge et Buterere.

L’épidémie de choléra a été déclarée pour la première fois en décembre 2018, dans le district sanitaire de Rumonge suite aux pluies torrentielles qui ont emportées les structures sanitaires et à un manque d’eau potable. Le Ministère de la santé publique et de la lutte contre le sida (MSPLS) en collaboration avec ses partenaires a mis en place des mesures en rapport avec la sensibilisation et l’information sur l’importance de l’utilisation de l’eau potable dans les ménages.

Aucun nouveau cas de choléra n’a été admis dans les Centres de traitement du choléra (CTC) de Rugombo, de Bubanza II et de Gihanga depuis plus de 30 jours consécutifs. Cependant, à la semaine 50, la Mairie de Bujumbura a enregistré 3 nouveau cas.

Les districts sanitaires les plus touchés par le choléra sont Bujumbura Nord, Cibitoke, Isale et Bujumbura centre avec respectivement 354, 195, 156, et 146 cas enregistrés en décembre 2019.

L’organisation Médecin sans frontières (MSF) continue de soutenir les CTC en prenant en charge les malades gratuitement mais aussi en assurant la supervision et la formation du personnel national. Elle a également installé des réservoirs d’eau de grande capacité dans les provinces de Bujumbura et Cibitoke.

L’épidémie de choléra est récurrente et touche beaucoup plus les zones de l’ouest du pays, se trouvant sur le littoral du lac Tanganyika et la plaine de la Rusizi.

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Lancement du projet de renforcement de la chaine de valeur locale du lait à Gitega ©Aurore Ishimwe/PAM Novembre 2019
Lancement du projet de renforcement de la chaine de valeur locale du lait à Gitega ©Aurore Ishimwe/PAM Novembre 2019

La France s’associe au PAM pour promouvoir la sécurité alimentaire, la nutrition et l’éducation à Gitega

La France a annoncé ce 28 novembre, officiellement sa contribution visant à renforcer la chaîne de valeur locale du lait dans la province de Gitega. Financé à hauteur de $ US 556.342, ce projet cible 18 500 bénéficiaires, dont 13 500 écoliers et 5 000 petits exploitants agricoles, des femmes enceintes, des mères allaitantes et des adolescents parmi les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire.

« Je remercie la France pour sa contribution, qui soutiendra une chaine de valeur extraordinaire :   elle renforcera le statut nutritionnel des enfants, leur santé et accès à l’éducation ; ce partenariat public-privé appuiera les fermiers et le secteur économique au Burundi », a déclaré Mme Erika Jørgensen, Directrice Régional du PAM. « Pour le PAM et pour moi-même, c’est un honneur de travailler main dans la main avec le gouvernement burundais, afin d’améliorer la situation nutritionnelle et la santé des enfants du Burundi, soutenir leur accès à l’éducation ainsi que leur avenir qui est, en conséquence, l’avenir du Burundi » a-t-elle ajouté.

Grâce à ce projet, d’une part, 13 500 écoliers ont accès à 250 ml de lait UHT deux fois par semaine. D’autre part, 5 000 ménages agricoles producteurs de lait local sont formés aux techniques d'amélioration des conditions de collecte, de stockage et de transport du lait, pendant neuf mois.

« L’introduction du lait dans les cantines scolaires en 2017 par le PAM a été une étape cruciale pour maintenir les élèves à l’école et améliorer leur statut nutritionnel. Améliorer la qualité nutritionnelle du lait produit localement en soutenant les producteurs et le secteur privé national sont les nouveaux challenges auxquels les parties prenantes de ce projet se sont attelées », a déclaré M. Stéphane Gruenberg, Ambassadeur de France en République du Burundi. « En soutenant le PAM, l’Ambassade de France, confirme cet engagement à travers ce projet qui a à cœur les enfants qui représentent l’avenir du Burundi, et qui a un impact réel sur l'économie locale et sur le statut nutritionnel de la population. »

Le programme d’alimentation scolaire du PAM vient en appui au Plan de développement national du gouvernement. Ce dernier vise à éduquer tous les enfants, en particulier ceux des familles vulnérables. Au cours des dix dernières années, ce programme a contribué à garantir l’accès à une éducation de qualité, à réduire les cas d’abandons scolaires dus à la faim et à la pauvreté, en améliorant la nutrition des enfants et en augmentant ainsi la scolarisation, la rétention et la réussite scolaire des écoliers des provinces les plus touchées par l’insécurité alimentaire au Burundi. Dans le cadre de ce programme, le PAM a également stimulé la production agricole en achetant plus de 30% de la nourriture servie dans les cantines scolaires à des agriculteurs locaux.

« Nous remercions du fond du cœur la France qui a contribué financièrement pour que ce projet puisse voir le jour. Nous demandons à ce pays de continuer à appuyer ce projet national des cantines scolaires. Nous encourageons la population à participer aux coopératives d’éleveurs afin d’augmenter la production du lait, le consommer et vendre le surplus aux usines de transformation », a déclaré le Deuxième Vice-Président de la République du Burundi, Dr Joseph BUTORE.

Les autorités burundaises sont pleinement engagées à faire avancer l’alimentation scolaire au Burundi. En 2019, le gouvernement a alloué $ US 2.4 millions, dont $ US 1 million pour renforcer la chaine de lait dans le pays. Dans son plan sectoriel national pour l'éducation (2012-2020), le gouvernement du Burundi considère le programme d'alimentation scolaire comme une stratégie visant à renforcer la résilience du système éducatif. Le programme des cantines scolaires améliore le rendement scolaire et aide à lutter contre l’abandon scolaire. Il s'attaque également aux sources de malnutrition chronique par le biais de formations destinées aux enfants sur le changement de comportement nutritionnel, la diversité alimentaire et l'hygiène.

Dans la même veine, le PAM a introduit, en 2017, la consommation de lait dans le programme des cantines scolaires. Le PAM a ainsi acheté et fourni 420 000 litres de lait produit localement à près de 37 000 écoliers entre 2017 et 2018. Cela a permis de faire passer le revenu du fermier local de 400 à 650 dollars par an. Le lait représente un aliment nutritif et complet, qui fournira les enfants avec des protéines d’origine animale clés pour leur croissance et leur santé.

En 2018, le PAM et ses partenaires ont fourni des repas chauds et nutritifs à plus de 600 000 élèves (1 enfant d'âge scolaire sur 4) dans plus de 800 écoles primaires du pays. Plus de 2 300 tonnes de nourriture ont été achetées localement auprès de petits exploitants. Cela représente 2,3 millions de dollars US investis dans l'économie locale. Ce résultat a été obtenu grâce aux généreuses contributions du gouvernement du Burundi, de l'Union européenne, de la Banque mondiale, des Pays-Bas et de la Principauté Monaco.

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