Burundi

Rapport de situation

Faits saillants

  • Des prévisions météorologiques « préoccupantes » selon l’ICPAC, alors que s’amorce la saison culturale 2022A
  • La réponse à la crise climatique au cœur de la Journée mondiale de l’aide humanitaire 2021
  • Plus de 14 000 personnes ont été testées positives à la Covid-19 depuis le début de la pandémie
Site des déplacés de Maramvya Sobel, près de Bujumbura (Burundi), en juin 2021, où 6 469 personnes vivent depuis les inondations de 2020 à Gatumba.
Site des déplacés de Maramvya Sobel, près de Bujumbura (Burundi), en juin 2021, où 6 469 personnes vivent depuis les inondations de 2020 à Gatumba. ©OCHA 2021/Camille Marquis

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Chiffres clés

12,6M
Population totale
2,3M
Pers. ayant besoin d'une aide humanitaire
1,06M
Personnes ciblées en 2021
580K
Personnes assistées en 2020 (65,5%)
2M
Personnes en insécurité alimentaire (2021)
122K
Personnes déplacées internes (07/2021)
14189
Cas confirmés de Covid-19 (au 8 septembre)
12
Décès liés à la Covid-19 (au 8 septembre)

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Financement

$194.7M
Requis
$38.2M
Reçu
20%
Progrès
FTS

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Contacts

Lucien Simba

Chef de Bureau adjoint

Camille Marquis

Chargée de l'information publique

Annick Ndayiragije

Chargée de l'information publique

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Contexte
Prévisions sur la situation de la sécurité alimentaire par l'organisation Fews Net pour la période octobre 2021 - janvier 2022.
Prévisions sur la situation de la sécurité alimentaire par l'organisation Fews Net pour la période octobre 2021 - janvier 2022.

Des prévisions météorologiques « préoccupantes » selon l’ICPAC, alors que s’amorce la saison culturale 2022A

Lors du 59ème Forum sur l'évolution probable du climat dans la Corne de l'Afrique (Greater Horn of Africa Climate Outlook Forum), organisé par le Centre de prévisions et d'applications climatiques de l'IGAD (ICPAC) le 26 août dernier, les experts météorologiques de la région ont conclu que les conditions climatiques dans les pays d’Afrique de l’Est, dont le Burundi, risquent d’être moins pluvieuses que la normale entre octobre et décembre 2021. Le Burundi connaît habituellement une « petite » saison des pluies au cours de cette période, mais les experts de l’ICPAC prévoient que les précipitations seront entre 40 et 50 pourcent inférieures à que ce qui est normalement attendu dans le pays. L’ICPAC qualifie ces prévisions de « préoccupantes », car cette saison pluvieuse survient au moment de la principale saison culturale de l’année dans la majorité des pays de la région. Au Burundi, les mois de septembre à décembre sont la période de semis puis de croissance des cultures de la saison A pour le haricot, le maïs et le sorgho, qui représentent 35 pourcent des récoltes de l’année au niveau national. Ces cultures, en particulier du haricot et du maïs en période de floraison, sont sensibles aux précipitations irrégulières, et un manque de pluie, tout comme des pluies excessives, risque de réduire significativement la production agricole et d’impacter la sécurité alimentaire et la nutrition des plus vulnérables.

D’après l’organisation Fews Net, des pluies inférieures à la moyenne au cours de la saison des pluies de septembre à décembre 2021 sont attendues principalement dans les zones de basse altitude des Dépressions du Nord et de l’Est. Ces conditions météorologiques anormales risquent de conduire à des retards dans les semis, à des pertes liées à un assèchement des cultures, et par conséquent à une production agricole inférieure à la moyenne, alors que ces zones produisent 15 pourcent de la production nationale de la saison A. Fews Net estime que la partie nord de la province de Kirundo, ainsi que les zones frontalières de la Tanzanie dans les provinces de Rutana, Ruyigi et Cankuzo risquent de connaître une classification IPC de phase 2 (stress) en termes d’insécurité alimentaire pendant la période octobre 2021-janvier 2022.

Les experts du secteur de la Sécurité alimentaire au Burundi estiment que la province de Kirundo risque d’être une des plus impactées par cette période anormalement sèche. En effet, à la même période en 2020, certaines collines de la province de Kirundo ont déjà connu un déficit hydrique important, tandis que d’autres ont connu des précipitations excessives, affectant les plants de haricot, de maïs et de sorgho. Près de 80 pourcent des récoltes de la saison 2021A ont été détruites, plongeant près de 36 372 ménages en insécurité alimentaire dans les zones affectées.

Les quatre provinces qui risquent d’être les plus impactées par l’insuffisance de pluie et de connaître des productions agricoles inférieures à la moyenne accueillent à elles seules un peu plus de la moitié des Burundais rapatriés (28 151 à Kirundo, 31 464 à Ruyigi, 14 162 à Cankuzo et 12 346 à Rutana sur un total de 169 098 rapatriés depuis 2017). Les rapatriés ont parfois des difficultés à rétablir les moyens de subsistance qu’ils ont perdus en quittant le pays, et sont par conséquent exposés à un risque accru de se trouver en situation d’insécurité alimentaire. L’intensification des rapatriements depuis fin 2020 exerce également une pression supplémentaire sur les ressources locales dans les communautés de retour. Des acteurs humanitaires s’inquiètent que cela puisse ralentir les velléités de retour, ou même que de nouveaux mouvements migratoires vers la Tanzanie surviennent pour des populations à la recherche d’opportunités économiques pour survivre et de terres fertiles en vue de maintenir leurs sources de revenus.

Une prolongation de la saison sèche pourrait également avoir un impact négatif en termes d’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH), et donc sur la santé des plus vulnérables. Les experts du secteur de la santé et de WASH s’inquiètent déjà du fait qu’une pénurie d’eau augmenterait le risque de choléra dans certaines zones, en particulier le long du Lac Tanganyika et de la Rusizi, dans les provinces de Rumonge et Cibitoke. Certaines sources d’eau potable risquent de se tarir, poussant les populations à puiser dans les eaux du lac et de la rivière pour leur consommation, les mettant ainsi à grand risque de maladie hydrique. C’est en particulier pendant les périodes sèches, où les eaux des lacs et des rivières sont stagnantes, que les vibrions responsables du choléra s’accumulent le long des rives.

Selon la dernière analyse du Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC), 1,04 million de personnes se trouveraient en situation d’insécurité alimentaire de phase 3 et plus (phases de crise ou d’urgence) pendant la période juin-septembre 2021, soit 35 pourcent de moins que pendant la période avril-mai 2021. Cette diminution s’explique par des précipitations abondantes entre février et mai (10 à 25 pourcent supérieures à la moyenne), qui ont contribué à obtenir une production de la saison 2021B 10 à 15 pourcent supérieure à la moyenne dans la majeure partie du pays – à l’exception des zones littorales qui ont connu des inondations et de certaines zones de la Dépression de l’Est où la production de haricot a été impactée par des précipitations irrégulières. Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère (phase 3 et plus) au mois de septembre 2021 est néanmoins 37 pourcent supérieur à la même période en 2020, avec 760 000 personnes en IPC phase 3 et plus en septembre 2020.

La zone de la Dépression du Nord, régulièrement affectée par un déficit hydrique, était la seule zone du pays se trouvant en phase 3 (situation de crise) pendant la période avril-mai 2021, avec plus de 50 000 personnes en phase 4 (situation d’urgence). La projection de l’IPC indique que cette zone serait redescendue en phase 2 (situation de stress) pendant la période juin-septembre 2021. Néanmoins, les prévisions météorologiques indiquant la survenue possible d’un nouveau déficit hydrique dans cette zone appellent à une vigilance toute particulière des acteurs humanitaires et des autorités. L’analyse en cours de l’IPC pour la période à venir sera cruciale pour déterminer les besoins en termes de sécurité alimentaire. Dans les mois à venir, les acteurs humanitaires, en soutien au Gouvernement burundais, devront être prêts à répondre à d’éventuelles dégradations des conditions humanitaires causées par les impacts de conditions météorologiques anormales sur les populations les plus vulnérables.

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Une vue aérienne d’une partie de la zone inondée le 4 mars 2021 à Gatumba, près de Bujumbura, au Burundi. Environ 13 000 personnes ont été déplacées dans cette zone par la montée des eaux en 2021. ©Unicef/Prinsloo
Une vue aérienne d’une partie de la zone inondée le 4 mars 2021 à Gatumba, près de Bujumbura, au Burundi. Environ 13 000 personnes ont été déplacées dans cette zone par la montée des eaux en 2021. ©Unicef/Prinsloo

La réponse à la crise climatique au cœur de la Journée mondiale de l’aide humanitaire 2021

Le 19 août, les acteurs humanitaires au Burundi ont célébré la Journée mondiale de l’aide humanitaire 2021 (JMAH). Cette journée rend hommage au travail des acteurs humanitaires, en particulier ceux tués ou blessés pendant leur service. Elle a été instituée suite à l'attaque contre la base des Nations Unies à Bagdad, le 19 août 2003, où 22 humanitaires ont perdu la vie, dont le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Irak, Sergio Vieira de Mello. En 2020, on a enregistré 276 attaques contre des travailleurs humanitaires, faisant 475 victimes. Parmi elles, 108 personnes ont été tuées, 242 grièvement blessées et 125 enlevées.

Chaque année, à cette date, la JMAH se focalise sur un thème, afin de plaider pour la survie, le bien-être et la dignité des personnes touchées par les crises, ainsi que la sécurité des travailleurs humanitaires. En 2021, les acteurs humanitaires souhaitent rappeler au monde entier que nous sommes pris dans une urgence climatique qui affecte des millions de personnes dans le monde, et plus particulièrement les personnes les plus vulnérables. Le Burundi est l’un des 20 pays au monde les plus vulnérables face aux effets du changement climatique. Ceux-ci ont un impact dévastateur sur les populations vulnérables et la majorité des besoins humanitaires dans le pays sont causés par des catastrophes naturelles récurrentes liées notamment au changement climatique. Depuis 2018, 445 désastres naturels ont affecté plus de 270 000 personnes au Burundi. Parmi elles, au moins 100 000 ont été forcées de se déplacer pour rechercher un abri et de nouveaux moyens de subsistance. Environ 85 pourcent des personnes actuellement déplacées au Burundi l’ont été suite à un désastre naturel.

Des pluies torrentielles, des inondations, des glissements de terrain et des vents violents endommagent d’une manière répétitive des maisons, des écoles, des hôpitaux, des routes et autres infrastructures. Un excès de pluie dans certaines zones et un déficit pluviométrique dans d’autres, détruisent les cultures et diminuent le rendement des récoltes. Les conséquences de ces désastres naturels récurrents sont multiples et fragilisent tous les aspects de la vie des personnes affectées : en premier lieu, leur sécurité alimentaire et leur nutrition, souvent déjà précaires, mais également leur protection, ainsi que leur accès à un abri, à la santé, à l’éducation, à l’hygiène et à l’eau. Les communautés déjà fragiles sont les plus affectées. Les acteurs humanitaires au Burundi, en soutien aux efforts du Gouvernement burundais, sont en première ligne de la réponse.

Les années 2020 et 2021 ont été particulièrement éprouvantes pour les populations vivant sur la côte du Lac Tanganyika et au niveau de l’embouchure de la rivière Rusizi dans la zone de Gatumba, près de Bujumbura, en raison de la montée des eaux qui ont inondé des quartiers entiers. Selon l’OIM, plus de 22 000 personnes ont dû quitter leur maison en raison des inondations en avril et mai 2021. Certaines de ces personnes avaient déjà été touchées par le même phénomène en 2020, et voient leur résilience s’éroder davantage.

En juin 2021, les acteurs humanitaires au Burundi ont obtenu une aide d’un million et demi de dollars américains de la part du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF), afin de répondre aux besoins urgents identifiés en matière d’abri, d’assistance alimentaire et de l’eau, hygiène et assainissement (WASH) dans les zones affectées par les inondations. D’autres fonds octroyés par d’autres donateurs dont ECHO (DREF) et DFID (Start funds) ont permis de répondre aux besoins criants des personnes affectées dans la zone littorale du lac Tanganyika.

En cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, les acteurs humanitaires lancent un appel aux dirigeants mondiaux pour qu’ils tiennent leur promesse de débloquer 100 milliards de dollars américains par an pour contrer les effets du changement climatique dans les pays en développement. Au Burundi, pour répondre aux besoins urgents des plus vulnérables, notamment ceux suscités par les désastres naturels liés aux changements climatiques, les acteurs humanitaires ont besoin des financements supplémentaires. Au 8 septembre 2021, à peine plus de 19 pourcent des besoins financiers exprimés dans le Plan de réponse humanitaire 2021 ont été financés, ce qui limite grandement la capacité de réponse des acteurs humanitaires, alors que les besoins en assistance des personnes les plus vulnérables restent considérables et que leur résilience continue à s’éroder.

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Tendance mensuelle du nombre de cas testés positifs entre le 24 mars 2020 et le 30 août 2021
Tendance mensuelle du nombre de cas testés positifs entre le 24 mars 2020 et le 30 août 2021

Plus de 14 000 personnes ont été testées positives à la Covid-19 depuis le début de la pandémie

Depuis le premier cas positif de Covid-19 confirmé le 31 mars 2020, le Burundi a enregistré 14 189 cas de contamination à la COVID-19 en date du 8 septembre 2021. Au regard des données publiées par le Ministère de la santé publique et de la lutte contre le sida (MSPLS), le Burundi fait face à une résurgence de cas testés positifs à la Covid-19 depuis le 21 juillet 2021.

En effet, le nombre de cas en août 2021 a augmenté de 169 pourcent par rapport au mois précédent (2 011 cas en juillet contre 5 411 en août). Les sept dernières semaines (du 21 juillet au 8 septembre) comptent à elles-seules 58 pourcent du nombre total de cas de Covid-19 enregistrés depuis une année et demie : 8 181 cas ont été notifiés entre le 21 juillet et le 7 septembre 2021 sur un nombre total de 14 189 cas depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Entre le 1er janvier et le 20 juillet 2021, la moyenne journalière de cas positifs était de 26 cas ; depuis le 21 juillet, cette moyenne est de 164 nouveaux cas par jour, une augmentation de 531 pourcent.

Le dépistage a augmenté de 161 pourcent, avec 3 933 tests réalisés en moyenne chaque jour depuis le 21 juillet, contre 1 506 en moyenne entre le 1er janvier et le 20 juillet 2021. Le taux de positivité moyen en 2021 est passé de 2,07 pourcent avant le 20 juillet à 4,21 pourcent depuis le 21 juillet.

En juin 2021, le Burundi a successivement rouvert ses frontières avec la République démocratique du Congo puis avec la Tanzanie. Des tests sont effectués par tous les voyageurs entrant par voie terrestre ou aérienne. La transmission de la Covid-19 continue de se faire principalement par voie communautaire. Au cours de la semaine du 21 au 28 août 2021, le Burundi a notifié 1 196 nouveaux cas positifs, parmi lesquels 1 148 (96%) sont de transmission communautaire et 48 (4%) sont importés. Depuis le début de la pandémie, à la date du 27 août 2021, le Burundi a notifié au total 1 481 cas importés (12%) et 11 048 cas de transmission communautaire (88%).

La campagne de dépistage de masse mise en place le 11 janvier 2021 se poursuit dans trois sites de Bujumbura (l’hôpital de district Kamenge, l’hôpital de district Ruziba et le centre “Bon accueil” de Bwiza) ainsi que dans des hôpitaux de district à l’intérieur du pays. De nouvelles campagnes de dépistage de masse sont également en cours dans plusieurs districts sanitaires du pays, dont ceux de Kirundo (province de Kirundo) et Kiremba (province de Ngozi), en réponse aux flambées observées depuis la mi-juillet.

Face à cette nouvelle situation de flambées, les cadres du MSPLS, du COUSP et les experts de l’OMS se sont rencontrés du 11 au 13 août 2021, puis du 25 au 27 août, pour procéder à la revue à mi-parcours du Plan National de Riposte à la pandémie de Covid-19. En effet, après quatre mois de mise en œuvre des activités contenues dans ce plan élaboré pour une période de six mois (avril-septembre 2021), une revue s’est avérée nécessaire pour l’adapter au nouveau contexte épidémiologique caractérisé par la résurgence des cas qui pourrait être liée à la présence du nouveau variant Delta, très contagieux, qui circule au Burundi. Cette revue à mi-parcours a permis d’intégrer un dixième pilier, la vaccination, et de planifier des interventions à impact immédiat afin de contrer la recrudescence des cas de Covid-19 au sein de la population. De nouvelles activités communautaires dont la mise en œuvre est essentielle dans le contexte actuel ont aussi été proposées en raison de l’allure que prend la maladie au Burundi.

Pour rappel, le Plan National de Riposte à la Covid-19 actuel contient neuf piliers de la réponse à la Covid-19 : (i) la Coordination, (ii) la Surveillance, (iii) Les points entrée, (iv) le renforcement des capacités de laboratoire, (v) la prévention et le contrôle des infections, (vi) la prise en charge des cas, (vii) la communication pour les risques et engagement communautaire, (viii) la logistique et (ix) la Continuité des services essentiels de santé. Le Plan de Riposte contre la COVID-19 couvrant la période allant du 1er avril au 30 septembre 2021, et qui est en cours de révision, reste sous financé avec seulement 6,87 millions de dollars sur une demande globale de 34,3 millions à la fin du mois d’août 2021.

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