Burundi

Rapport de situation

Faits saillants

  • Mise à jour de la situation de la COVID-19
  • La saison culturale 2021A (sept 2020 à sept 2021) risque d’être moins bonne et accroître le nombre de personnes en insécurité alimentaire
  • Les transferts monétaires, un outil important dans les interventions humanitaires d’urgence au Burundi
  • Les acteurs humanitaires font un appel pour le financement de la hotline 109
  • Les fonds CERF à la rescousse des personnes vulnérables
Un champ de cultures détruit à cause du débordement de la rivière Murembwe dans la province de Rumonge Isanganiro
Un champ de cultures détruit à cause du débordement de la rivière Murembwe dans la province de Rumonge Isanganiro

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Chiffres clés

1,74M
Personnes dans le besoin (2020)
887K
Personnes ciblées (2020)
127K
Personnes déplacées internes
1,74M
Personnes en insécurité alimentaire
756
# cas de COVID-19
1
# décès lié au COVID-19
114K
Nbre de personnes rapatriées (30 novembre)

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Financement

$197.9M
Requis
$87.7M
Reçu
44%
Progrès
FTS

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Contacts

Jutta Hinkkanen

Chef de Bureau

Annick Ndayiragije

Chargée de l'information publique

Burundi

Rapport de situation
Contexte
Evolution des cas de la COVID-19 © OCHA 2020
Evolution des cas de la COVID-19 © OCHA 2020

Mise à jour de la situation de la COVID-19

Nombre total de tests effectués : 75 405 (au 17 décembre) Total des cas : 756 (au 17 décembre) Total des cas guéris : 678 (90%) (au 17 décembre) Nombre total de décès : 1

Provinces/districts touchés : 25/47 districts sanitaires (53%) sont touchés, répartis dans 14/18 provinces (78%). La majorité des cas (66%) se trouvent dans la ville de Bujumbura, dans 3 districts sanitaires : Bujumbura nord (160 cas), Bujumbura centre (228 cas) et Bujumbura sud (119 cas).

Vols / Frontières : Depuis le 9 novembre 2020, les vols commerciaux ont repris à l’aéroport international Ndadaye Melchior, après plus de 5 mois de fermeture à cause de la COVID-19. L’une des conditions exigées par les autorités de l’aviation civile est le respect des mesures de prévention ainsi qu’une quarantaine de 72h dans l’un des hôtels de Bujumbura à l’arrivée.

Un total de cent (100) cas est notifié au cours du mois de novembre, 83% de ces cas sont importés mais cette information est à relier au fait que les tests sont principalement réalisés aux frontières (aéroport et point d’entrée terrestre de Kobero, dans la province de Muyinga).

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Contexte
Un champ de cultures détruit à cause du débordement de la rivière Murembwe dans la province de Rumonge ©Isanganiro
Un champ de cultures détruit à cause du débordement de la rivière Murembwe dans la province de Rumonge © Isanganiro

La saison culturale 2021A (sept 2020 à sept 2021) risque d’être moins bonne et accroitre le nombre de personnes en insécurité alimentaire

La dernière analyse du cadre de classification de la sécurité alimentaire (IPC) effectuée au troisième trimestre de 2020 a estimé qu’environ 1,3 millions de personnes sont en situation de crise et d’urgence (phase 3 et 4 de l’IPC).

Depuis cette analyse la situation de la sécurité alimentaire a été impacté par les phénomènes des catastrophes naturelles sur les principales cultures et certaines estimations portent à croire que le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire pourrait sensiblement augmenter à partir du mois de janvier 2021.

Cela est étayé par le retard dans le semis qui a débuté fin novembre dans plusieurs régions, le prolongement de la saison culturale de 2020B (octobre à décembre 2020) occasionnant un chevauchement des saisons culturales. Des informations relayées sur les réseaux sociaux indiquent que dans la région de la crête congo nil, au début du mois de décembre, certains champs de cultures se trouvant dans la vallée de la rivière Murembwe de la province de Rumonge ont été inondés par les crues de cette rivière ayant débordé de son lit après 3 jours successifs d’intenses pluies. Dans les dépressions au Nord et à l’Est du pays, avec une pluviométrie déjà faible, l’irrégularité et la diminution des précipitations ont déjà causé un déficit hydrique, tarissement des sources d’eau peu profondes et une diminution des productions agricoles. Notamment dans certaines communes de la province de Kirundo, les principales cultures comme le haricot et le maïs se sont fanées suite au déficit hydrique surtout dans la zone de Gisenyi en commune de Busoni.

Le régime pluviométrique est un des facteurs déterminants de la production agricole au Burundi. Comme dans d’autres pays, le Burundi est impacté par les effets du changement climatiques. A certains moments, la sécheresse peut survenir en période normalement pluvieuse, tandis qu’à d’autres moments des pluies diluviennes tombent en saison normalement sèche.

La saison 2020B (sept 2019 à sept 2020) a été affectée de façon variable en fonction des régions par plusieurs facteurs dont le principal est les conditions climatiques, mais aussi la disponibilité en intrants agricoles, la disponibilité des terres, en particulier dans les zones d’accueil des rapatriés, la prévalence des maladies ravageurs des cultures. Tout au long de la saison 2020B, il a été généralement observé des conditions pluviométriques différemment reparties sur l’étendue du territoire national, soit déficitaires dans certaines régions, soit excédentaires dans d’autres. Cela vient confirmer les prévisions météorologiques de septembre à décembre 2020 de l’Institut géographique du Burundi (IGEBU).

Au même moment, il s’observe une hausse des prix de la plupart des denrées de base liée à la baisse de leur disponibilité sur le marché. L’enquête mVAM sur l’analyse et cartographie de la vulnérabilité fondée sur la téléphonie mobile du Programme alimentaire mondiale (PAM) d’octobre 2020 montre que la proportion des marchés de plus de 5 tonnes de disponibilités continue à baisser. Elle est passée de 37% en septembre 2020 à 28% en octobre pour les légumineuses. A la même période en 2019, cette proportion était de 33%. Pour le riz, cette proportion est passée de 37% en septembre 2020 à 30% en octobre. A la même période en 2019, cette proportion était de 28%. Pour le maïs, cette proportion est passée de 22% en septembre 2020 à 12% en octobre. A la même période en 2019, cette proportion était de 19%. Conséquemment, les prix du haricot et du maïs observés au mois d’octobre 2020 connaissent une augmentation mensuelle de 10% par rapport à ceux de septembre 2020. Tous ces facteurs risquent d’influencer une mauvaise performance de la saison culturale de 2021A (sept 2020 à sept 2021).

 Résultats préliminaires de l’enquête SMART

La validation des données de l’enquête nutritionnelle (SMART) conduite en août – septembre 2020 par le Ministère de la Santé est en cours.  Les résultats préliminaires montrent une dégradation de la situation nutritionnelle au Burundi, avec une prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) de 6,1% en 2020 contre 4,5% en 2018 et 5,1% en 2019. Un total de 31 districts sanitaires sur 47 affichent des taux de MAG compris entre 5%-9,9% et classées en situation nutritionnelle médiane selon les nouveaux seuils de 2018 de l’OMS. Le district de Ruyigi enregistre une prévalence de MAG de 10,9%, la plus élevée du pays tandis que la plus faible prévalence est observée dans le district sanitaire de Gitega avec 2,2%. Au niveau national, le taux de la malnutrition chronique exprime une situation de crise nutritionnelle même s’il a baissé passant de 54% en 2019 à 52,2% (51,4 - 53) en 2020.

 

Cette situation de la malnutrition aigüe est due à une multitude de facteurs sous-jacents, notamment l’incidence des maladies infantiles, les soins et pratiques inappropriées d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, les conditions d’hygiène et d’assainissement inadéquates, une faible diversification alimentaire, et une insécurité alimentaire chronique. L’ensemble de ces facteurs sont exacerbés par l’impact socio-économique de la COVID-19 qui a provoqué un choc chez les enfants vivant déjà dans une situation très fragile.

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Contexte
Distribution du cash aux réfugiés du camp de Kavumu en province de Cankuzo © “Stefan PATROI@WFP
Distribution du cash aux réfugiés du camp de Kavumu en province de Cankuzo © “Stefan PATROI@WFP

Les transferts monétaires, un outil important dans les interventions humanitaires d’urgence au Burundi

Au cours des dernières décennies, le Burundi a accueilli des réfugiés principalement de la République démocratique du Congo (RDC) dans cinq camps de réfugiés situés dans les provinces de Ngozi, Muyinga, Cankuzo et Ruyigi. Alors que le HCR leur fournit une assistance générale, le Programme alimentaire mondial (PAM) soutient environ 50 000 réfugiés (10 000 ménages) en leur fournissant des rations alimentaires mensuelles comprenant des céréales, des haricots, de l'huile végétale et du sel pour répondre à leurs besoins alimentaires d’urgence.

Depuis juillet 2020, grâce à un généreux don du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères (GFFO) qui complète le financement du Bureau allemand d'assistance humanitaire (BHA), le PAM a pu fournir une part supplémentaire en espèces équivalant à   5 000 francs burundais par personne et par mois pour 50 000 réfugiés à travers son partenaire Ecobank Burundi pour compléter l’assistance en nature. Le transfert d'argent aide les réfugiés à acheter des aliments frais qui améliorent considérablement la qualité de la nourriture en nutriments et apportent plus de diversité à leurs repas.

De juillet à Novembre 2020, le PAM a assisté 49 184 réfugiés pour un montant de 972 057 600 de francs burundais.

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Coordination
©OCHA Burundi
©OCHA Burundi

Les acteurs humanitaires font un appel pour le financement de la hotline 109

La hotline 109 a été créée en fin 2015 pour une période pilote de trois mois par la Croix rouge du Burundi (CRB), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), World Vision (WVI) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Son principal objectif étant celui de « Contribuer à la redevabilité humanitaire vis à vis des communautés affectées par les catastrophes naturelles au Burundi et au renforcement de la réponse humanitaire à travers la promotion de la communication à double sens entre les communautés affectées et/ou déplacées et la communauté humanitaire ».

 

Cette année, le budget des activités de la ligne téléphonique d’assistance appelée aussi ligne verte est couvert à seulement 26% des fonds nécessaires par le Comité international de la croix rouge (CICR) et l’OIM pour une période de cinq mois. Cela risque de freiner l’élan lancé et de nuire aux acquis en matière de communication. En termes de besoins prioritaires, la Croix Rouge et ses partenaires ont identifiés les besoins en ressources humaines, le matériel et le fonctionnement au niveau nationale et les activités de sensibilisation.

La ligne verte fonctionne 24h/24 et ses opérateurs reçoivent des appels venant du Burundi mais aussi des pays voisins comme la République démocratique du congo et la Tanzanie sur différents besoins d’assistance. Ces derniers sont ensuite référés aux acteurs humanitaires concernés selon le secteur d’intervention. D’après les informations partagées par la CRB, au 30 septembre 2020, 11 778 personnes ont fait recours à la ligne verte pour demander de l’assistance. Parmi eux, 9 683 sont des hommes. La majorité des appelants (8 289) soit 70,4%, proviennent des communautés affectées se trouvant sur l’étendue nationale du Burundi.

Les services offerts par cette ligne permettent aux communautés affectées de demander une assistance ou de signaler les besoins auxquels la population fait face. La population a confiance en la hotline et les informations des utilisateurs partagées sont protégées et traitées avec confidentialité. Jusqu’au 30 septembre 2020, 8 906 cas ont été traités, tandis que 2 701 ont été référés aux agences concernées.

Pour assurer la continuité des activités essentielles de la hotline, 203 962 USD (74% du budget total) sont nécessaires pour couvrir les besoins de 2021. Les services fournis par la hotline sont utiles pour les bénéficiaires mais aussi pour la communauté humanitaire qui répond en urgence aux préoccupations des appelants, cela permet aussi un retour sur la qualité de l’assistance qu’elle donne.

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Coordination
Des enfants traversent les eaux à la suite des inondations de Gatumba ©OCHA Burundi
Des enfants traversent les eaux à la suite des inondations de Gatumba ©OCHA Burundi

Les fonds CERF à la rescousse des personnes vulnérables

En juillet 2020, le Coordonnateur des Urgences de l’ONU a annoncé sa décision d’allouer au Burundi une somme de 5 millions de dollars afin de répondre aux besoins pressants en faveur des personnes vulnérables. Après analyse du contexte, sous le leadership du Coordonnateur Résident et en accord avec l’Equipe humanitaire du pays, deux axes de réponse ont été identifiés, notamment a) l’assistance aux 30 000 personnes affectées par les inondations de Gatumba d’avril – mai 2020 et vivant dans les sites des déplacés, et b) l’appui au processus de rapatriement de 5 250 réfugiés burundais qui retournent dans leur pays.

Cinq agences ont proposé des projets multisectoriels qui pourront faciliter le retour et la mise en place des solutions durables dans les sites des déplacés, l’octroi de l’assistance d’urgence aux rapatriés à l’arrivée dans les sites de transit et surtout la prévention et la prise en charge des cas de violence basée sur le genre et l’autonomisation des femmes. Ainsi, Unicef pourra appuyer 4 000 femmes regroupées dans 166 groupes de solidarité et apportera la réponse en eau et assainissement dans les quartiers de retour, les milieux de relocalisation et dans le site  temporaire des PDI. OIM conduira un profilage des personnes déplacées afin de mieux canaliser l’assistance en fonction des besoins des PDI, aussi celles qui ont récemment retourné dans leurs villages d’origine que celles qui sont encore dans les sites. Un appui en réparation et construction des maisons sera aussi accordé, additionnellement à l’assistance de loyer des maisons pour les anciens locataires. UNFPA focalisera son appui sur l’assistance aux filles et femmes en âge de procréation, en particulier les survivants de la violence basée sur le genre, tout en leur dotant des moyens d’autonomisation. Pour sa part, le PAM offrira des rations alimentaires de 3 mois aussi bien aux personnes déplacées qu’aux rapatriés. Cette assistance se fera en moitié en nature et le reste par le transfert monétaire. Enfin, le HCR prévoit d’octroyer une assistance multisectorielle à 5 250 rapatriés lors de leur passage dans les centres de transit. Cette agence donnera aussi une assistance en article non alimentaire à 1 000 ménages ou personnes déplacées.

Les fonds sont déjà à la disposition des agences et la plupart des activités ont démarré en début du mois de décembre 2020. Un certain nombre d’ONG et services techniques de l’Etat a signé un partenariat avec ces agences pour la mise en œuvre de ces projets.

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