Burundi

Rapport de situation
Contexte
Carte IPC juin-sept 2021
Carte IPC juin-sept 2021

Les récoltes précoces de la saison B 2021 améliorent l'accès aux ressources alimentaires dans le nord du pays

D’après le rapport de FewsNet de mai 2021 sur la mise à jour de la sécurité alimentaire, les conditions climatiques favorables caractérisées par des précipitations supérieures et proches de la moyenne entre mars et mai 2021 dans la majeure partie du pays devraient se traduire par une production agricole de la saison 2021 B (mi-février/mars 2021- mi-juin/juillet 2021) supérieure à la moyenne au niveau national.

La production agricole de la saison 2021 A (Septembre 2020 – février 2021), estimée supérieure à la moyenne pour le maïs, les tubercules et les bananes, a amélioré l'accès alimentaire des ménages ruraux, les plaçant en situation de sécurité alimentaire minimale (Phase 1 du Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire – IPC) dans la majeure partie du pays (voir la partie verte sur la carte). Cependant, les ménages pauvres et très pauvres des zones de moyens d'existence (ZME) des dépressions du Nord regroupant les provinces de Kirundo et Muyinga et de l’Est sont confrontés à un stress alimentaire (Phase 2 de l'IPC) en raison d'une production agricole de la saison 2021A inférieure à la moyenne, suite au déficit hydrique survenu en octobre et novembre 2020 et à une réduction des opportunités de revenus transfrontaliers causée par la fermeture des frontières liées à la COVID-19. Par contre les projections du Cadre Intégré de classification de la sécurité alimentaire, (IPC) de juin à septembre 2021, indiquent que plus de 1 millions de personnes seront classées en insécurité alimentaire  aigue (IPC 3 et 4 : Stress et crise) en raison de la persistance des effets socioéconomiques de la COVID-19, les conséquences des inondations sur les cultures surtout dans les zones de moyens d’existence  d’Imbo et Kumoso, et les périodes de sécheresse qui ont entraîné une pénurie d'eau dans la plupart des régions du nord.

A l’approche de la période des récoltes de la saison B (juin-juillet 2021), les prix des denrées de base sont restés stables. Le prix du maïs, des haricots et des patates douces ont baissé de 5 à 10 pour cent entre mars et avril 2021, mais sont restés de 10 à 25 pour cent supérieurs aux prix moyens des cinq dernières années. Les prix des denrées alimentaires commenceront à baisser de façon saisonnière de juin à août, améliorant l'accès alimentaire en général.

Complété par la stabilité de l’accès alimentaire sur les marchés, l'amélioration de l'accès alimentaire, par rapport à la période de soudure d'avril, la production agricole soutient les résultats de sécurité alimentaire minimal (Phase 1 de l'IPC) dans la plupart de ménages tout au long du mois de mai. Une amélioration de l’accès alimentaire est également remarquée dans la ZME des dépressions du Nord. La production agricole prévue au-dessus de la moyenne de 2021 B dans cette région permet un accès alimentaire à une grande partie des ménages de la région à partir de juin 2021. Cependant, la ZME des dépressions de l’Est continuera à connaître des résultats de stress alimentaire (Phase 2 de l'IPC) en raison de la perte d'opportunités de revenus transfrontaliers avec la fermeture des frontières liée au COVID-19.

De l’analyse des indicateurs, le scénario le plus probable de juin à septembre 2021 se présenterait de la manière suivante :

  • Dans l’ensemble, bonne perspective pour les récoltes de la saison culturale 2021 B qui devrait améliorer les disponibilités alimentaires dans les ménages et sur les marchés ;

  • Par contre, le déficit hydrique en 2021A observé dans la ZME des dépressions du Nord risque d’impacter négativement la saison 2021B (faute d’intrants suffisants et risque de recours aux mécanismes d’usure mettant en gage les productions futures);

  • La montée continue des eaux du Lac Tanganyika qui entraine des inondations et des déplacements de population dans les ZME de Crête Congo Nil (comprenant les provinces de Bururi, Rumonge, Bujumbura, Bubanza, Cibitoke) et Plaine de l’Imbo (qui comptent pour provinces : Cibbitoke, Bubanza, Bujumbura, Bujumbura Mairie, Rumonge et Makamba) affecteront négativement la sécurité alimentaire ;

  • Suspension de l’importation du maïs en provenance des pays de l’East African Community (EAC) pourrait affecter l’approvisionnement continue des marchés ;

  • Opportunité de remise du stock de maïs du gouvernement sur le marché pour réguler les prix et éviter la flambée pour garantir l’accès économique aux consommateurs

Au vu de toutes ces hypothèses, la situation de sécurité alimentaire pourrait s’améliorer dans les prochains mois. Cependant, elle restera préoccupante dans les ZME des dépressions du Nord, Crête Congo Nil et Plaine de l’Imbo.

L’analyse des besoins humanitaires pour l’année 2021 (HNO) indique que près de 2 millions de personnes (soit 15% de la population totale) ont besoin d’une assistance en sécurité alimentaire. Parmi ces personnes, 131 000 sont des PDI, 99 000 sont des rapatriés et 1 768 000 font partie d’autres populations vulnérables, y compris les populations hôtes et les personnes ayant subi les chocs climatiques sans être déplacées. Les acteurs humanitaires ciblent 38 pour cent (737 000) des personnes estimées dans le besoin urgent de l’assistance alimentaire.

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