Burundi

Rapport de situation
Contexte

Le sous-financement du Plan de réponse humanitaire (HRP) 2021 impacte négativement les efforts des partenaires

À la fin du premier trimestre 2021, moins de 15% des fonds requis par le Plan de réponse humanitaire (HRP) 2021 ont été reçus sur un total de US$ 195 millions sollicités par les acteurs humanitaires pour la mise en œuvre de leurs projets. Ce manque de financement a des conséquences directes sur les interventions d’assistance d’urgence prévues et un impact néfaste sur les conditions de vie des populations vulnérables. Selon l’aperçu des besoins humanitaires (HNO) pour le Burundi, publié en mars 2021, 2,3 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire et de protection au Burundi en 2021. Parmi elles, 1,06 million de personnes présentent des besoins aigus liés à leur survie physique et mentale et sont ciblées par le HRP.

L’outil de suivi périodique de la réponse humanitaire (janvier-décembre 2020), indique qu’à la fin du mois de décembre 2020, à travers les interventions dans le plan de réponse humanitaire, les acteurs humanitaires ont assisté 524 708 personnes (65,5% de la cible) avec un soutien financier rapporté de 45,2% du total requis. Les financements reçus en dehors de l'outil de suivi de financement (FTS) ont contribué à la réalisation de cette performance.

En 2020, dans le secteur de la sécurité alimentaire par exemple, environ 410 750 personnes en besoin d'assistance alimentaire ont reçu une assistance en vivres et/ou en cash inconditionnel et 53 030 familles ont bénéficié d’intrants agricoles pour la réhabilitation des moyens d’existence. Malgré le faible financement (69% du total de US$32,4 millions requis), à peine supérieur à la moitié de l’enveloppe nécessaire, le secteur a atteint 95% de la population cible. Ceci s’explique par le fait que la couverture de la ration a été réduite, impactant ainsi la qualité de la réponse. En effet, des personnes qui devaient recevoir trois vagues d’assistance (prévues par le HRP) ont finalement reçu une ou deux vagues d’assistance, d’où un taux de couverture des bénéficiaires plus élevé que celui des ressources distribuées.

« Si le sous-financement persiste cette année, 737 000 personnes risquent de basculer d’une situation d’insécurité alimentaire modérée à sévère pendant la saison agricole 2021A en cours », préviennent les agences humanitaires. La résilience de la population sera davantage mise en danger.

En ce qui concerne l’éducation, sur les 67 000 personnes ciblées en 2020, le secteur a pu assister 39 476 filles et garçons en âge scolaire, dont l’âge est compris entre 3 et 16 ans (soit 59% de la cible).  À la suite de catastrophes naturelles en 2020, 750 salles de classe étaient identifiées comme dans le besoin d'être réhabilitées et seules 94 ont été réhabilitées et équipées en 2020. De manière globale, la réponse apportée a été bonne et appréciée par les bénéficiaires bien que les besoins des enfants n’ont pu être comblés en totalité.

En 2021, le manque de financement de la réponse humanitaire risque d’avoir un impact néfaste sur les personnes vulnérables, en particulier sur les populations touchées par les désastres naturels comme la montée des eaux du lac Tanganyika, sur les réfugiés burundais rapatriés de Tanzanie, du Rwanda et de République Démocratique du Congo et les communautés de retour,  ainsi que sur les réfugiés congolais vivant dans différents camps à l’Est du pays.

Selon le HRP publié en mars 2021, si les acteurs humanitaires ne répondent pas cette année :

  • La sécurité alimentaire de 737 000 personnes vulnérables, y compris les PDI et les rapatriés, sera négativement affectée;

  • Plus de 541 000 personnes vulnérables, y compris les PDI et les rapatriés verront leur survie et conditions de vie durement affectées par un accès insuffisant aux sources d’eau potable et aux infrastructures d’hygiène et d’assainissement;

  • Plus de 298 000 personnes, y compris les PDI, les rapatriés et les communautés hôtes, n’accéderont pas aux services des acteurs humanitaires pour la prévention et la prise en charge des violations de leurs droits;

  • Plus de 269 000 personnes seront privées de soins de santé entrainant un risque de propagation des maladies à potentiel épidémique;

  • Environ 204 000 enfants filles et garçons et 66 000 FEFA malnutries aiguës, y compris les rapatriés et PDI, n’auront pas accès aux services de prise en charge de la MAG et 260 000 enfants ne bénéficieront pas des services de dépistage et de prévention de la malnutrition;

  • Plus de 177 000 personnes dont les victimes de catastrophes naturelles et rapatriés n’auront pas accès aux abris d’urgence, à un habitat digne et sécurisé ainsi qu’aux articles non alimentaire;

  • Plus de 151 000 filles et garçons verront leur droit à accéder à l’éducation compromis.

URL:

Téléchargé le: