Burundi

Rapport de situation
Coordination

Les humanitaires sont très préoccupés par les risques d’inondations et de déplacements de la population en cette période pluvieuse (février-mars)

Depuis ces deux dernières années, suite aux nombreuses pluies, le niveau du lac Tanganyika est monté de plus d’un mètre par rapport à la moyenne habituelle. Les espaces situés tout autour du lac sont inondés. On déplore déjà plusieurs dégâts alors que de fortes pluies sont attendues en février et mars. La rivière Ruzizi, d’une longueur de 117 kilomètres, constitue une frontière naturelle entre la République Démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda. Elle amène une partie des eaux du lac Kivu qui est à 1 500 mètres d’altitude alors que le lac Tanganyika n’est qu’à 773 mètres. Pendant son parcours, elle collecte des eaux de plusieurs affluents avant de se déverser au rythme de 540 mètres cubes d’eau par seconde dans le lac Tanganyika. Ce dernier est aussi alimenté principalement par les eaux venant des rivières Malagarazi, Ifume, Lufubu et Lunangwa. Il déverse ses eaux à un débit de 270 mètres cubes d’eau par seconde dans un affluant du fleuve Congo: la rivière Lukuga.

Suite aux nombreuses pluies de ces derniers temps, la zone de l’embouchure est régulièrement inondée par les repoussées et les montées des eaux du lac. Ce phénomène a eu et continue à avoir un impact sur le Burundi. En effet, les crues de la Ruzizi se sont déversées dans des quartiers des zones Gatumba et Rukaramu.

Selon les experts en météorologie, le même phénomène s’est produit il y a une cinquantaine d’années: le niveau du lac était monté de trois mètres et plusieurs infrastructures se trouvant autour de la rivière Ruzizi étaient sous l’eau, notamment l’aéroport international Melchior Ndadaye. Depuis cette époque, les Burundais ont érigé plusieurs constructions dans cette zone inondable.

Récemment, la même zone a connu deux vagues d’inondations. En avril 2020, plus de 45 000 personnes avaient été affectées. En janvier 2021, 2 740 ménages de 13 700 individus étaient encore regroupés dans les quatre sites de déplacés (762 à Kigaramango, 2 525 à Kinyinya II, 130 à Mafubo, 572 à Maramvya Sobel). Ces effectifs ont été révélés par le profilage réalisé conjointement par le Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), grâce au financement du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) sous la fenêtre d’underfunded emergencies (situations d’urgence sous-financées).

En janvier 2021, une autre vague d’inondations a causé plusieurs dégâts humains et matériels. Un décès et un blessé ont été enregistrés suite à des attaques d’animaux aquatiques, et plusieurs habitations ainsi que des infrastructures d’utilité publique (des écoles, un hôpital et un centre de triage et d’isolement de la Maladie à Virus Ebola, MVE) ont été endommagées. Plus de 1 200 ménages, dont la majorité venait de retourner dans leurs quartiers d’origine, se sont de nouveau déplacés vers les sites.

Grâce à la mobilisation des ressources financières et aux efforts de différents partenaires, les sinistrés ont pu avoir des abris temporaires, accéder aux soins de santé, avoir des vivres pour une période de trois mois, des kits d’hygiène, des latrines et un approvisionnement en eau potable par les camions de la protection civile. Cependant, leurs apports restent limités. Étant donné que ces zones de Gatumba et Rukaramu sont toujours inondées, ces déplacés ne peuvent pas entreprendre un mouvement de retour dans leurs habitations dans un bref délai. Une mobilisation des ressources pour une assistance multisectorielle d’urgence, la reconstruction de la résilience de ces ménages par le renforcement des mesures d’adaptation et la mise en place de solutions durables restent une grande préoccupation pour tous les acteurs.

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