Cameroon

Rapport de situation
Réponse d'urgence
Protection

Protection

Depuis le mois de janvier 2020, 164 incidents sécuritaires majeurs liés aux conflit armé ont été enregistrés dans la région de l’Extrême-Nord. Au mois de juin l’on a enregistré jusqu’à 23 agressions sur les populations civiles, qui ont déclenché 22 mouvements massifs de populations. Les alertes lancées par l’OIM, le Mécanisme de Réponse Rapide (RRM), Intersos, ou l’IRC se multiplient. Selon les résultats du round 21 de la matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM (juin 2020), le département du Mayo-Sava a accueilli 12,393 nouveaux PDI depuis le mois de mars 2020 dont 8,299 dans l’arrondissement de Mora. Dans le Mayo-Tsanaga, 7,227 nouveaux PDIs ont été enregistrés dont 4 895 dans l’arrondissement de Mokolo frontalier du Nigeria. Ce regain de tensions a provoqué l’abandon de cinq localités d’accueil ou sites de déplacés internes, notamment celui de « Gréa » à Kolofata qui abritait plus de 6,000 PDI jusqu’au début du mois de mai 2020. Trois villages de retour se sont à nouveau vidés de leurs habitants à Igawa-Doulo dans l’arrondissement de Mora qui abritait 921 personnes retournées, mais aussi à Guederou, Bia et Cheripouri dans l’arrondissement de Kolofata. Dans le Mayo-Tsanaga, neuf nouvelles localités ont accueilli 1,871 PDIs. Plus au nord dans le Logone et Chari, l’arrondissement de Makary a accueilli 654 réfugiés hors camp qui ont fui l’insécurité permanente à Rann au Nigeria (Local Government Area Kala Balge). Les organisations humanitaires continuent d’observer des mouvements pendulaires à Fotokol entre ceux qui partent (263) au Nigéria et ceux qui le fuient (630) durant le mois de juin 2020 seulement.

De manière générale, le HCR et son partenaire INTERSOS ont recensé pour la période de janvier à mai 2020, 2,646 incidents de protection affectant 2,078 hommes et 568 femmes dans les départements Mayo-Sava (27%), Mayo-Tsanaga (34%) et Logone et Chari (39%). Ces chiffres sont toutefois déjà moins élevés que ceux de 2019 pour la même période. Le mois de février a enregistré à lui seul 780 incidents de protection. Selon les statistiques, 48% de ces incidents ont été commis par des Groupes Armés Non Etatiques (GANE) et 9% par des membres des comités de vigilance. Les vols et pillages (940), les extorsions de biens (326), les enlèvements (104) et les dénis de ressources (18) mais aussi l’accès difficile à la terre (37) constituent les principaux types d’incidents dénombrés. Les types de violations recensés sont les violations du droit à la propriété (1,565 cas), les violations du droit à la vie et à l’intégrité physique (507 cas) ainsi que les VBG (110 cas). IRC a géré 50 cas de VBG pendant le seul mois de juin 2020. Le ralentissement des activités économiques observé à cause de la COVID-19 a favorisé la recrudescence des viols et mariages précoces et forcés. Grace au versement des dots, ces mariages représentent un moyen de subsistance pour les ménages très pauvres. La collecte d’eau constitue par ailleurs une activité dangereuse pour les jeunes filles exposées à des violences ou harcèlements sexuels sur le parcours entre leur foyer et le point d’eau.

Le HCR et ses partenaires ont apporté une assistance psychosociale à 71 survivant (e)s de VBG et à 92 enfants dans le cadre de la protection de l’enfance. L’absence de documentation civile chez les PDIs, les réfugiés et les communautés hôtes est généralisée et représente un obstacle majeur au respect des droits. Particulièrement engagé sur cette problématique, le Norvegian Refugee Council (NRC) a organisé au mois de juin un atelier d’échanges avec les services de santé et les acteurs humanitaires visant à harmoniser les coûts d’obtention du certificat d’âge apparent afin de faciliter l’obtention d’actes de naissance dans la région.

Si le programme de suivi des incidents de protection (protection monitoring) entend couvrir la totalité des territoires affectés par le conflit, l’enclavement et le niveau d’insécurité qui prévalent dans certaines localités ne permettent pas une couverture exhaustive. Certains cas de violation de droits ne sont donc pas référencés, ce qui se traduit ensuite par un relativement faible niveau de référencement dans ce secteur. En outre l’insuffisance des ressources financières des services déconcentrés de l’Etat se traduit par un faible niveau de réponse notamment en matière de documentation civile.

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