Central African Republic

Rapport de situation

Faits saillants

  • La situation humanitaire en Centrafrique demeure préoccupante, dans un contexte marqué par la lutte contre la COVID-19.
  • Le Fonds humanitaire pour la RCA a alloué des fonds permettant aux humanitaires de disposer d’un hélicoptère pour l’acheminement de l’aide dans les zones difficiles d’accès.
  • La mobilisation des humanitaies n'a pas faibli face aux multiples besoins de la population à Batangafo.
  • Plus de 1,2 million de personnes ont reçu une assistance humanitaire d'urgence au cours des six premiers mois de l'année.
Formation sur la réponse à la COVID-19 avec une séance pratique de prélèvement naso-pharyngé
Formation à Bangui des partenaires du Cluster santé sur la réponse à la COVID-19 en situation d'urgence. Ici une séance pratique de prélèvement naso-pharyngé. ©OCHA/Yiran Lin, 2020.

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Rapport de situation

Chiffres clés

2,6M
Pers. ayant besoin d’une aide humanitaire
1,9M
Pers. ciblées pour assistance en 2020
2,36M
Pers. en insécurité alimentaire
659K
Personnes déplacées
624K
Réfugiés centrafricains
4712
Cas confirmés de COVID-19
62
Décès liés à la COVID-19

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Rapport de situation

Financement

$553.6M
Requis
$212.4M
Reçu
38%
Progrès
FTS

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Contacts

François BATALINGAYA

Chef de Bureau

Maxime NAMA CIRHIBUKA

Chef de Section Information Publique

Anita CADONAU

Chargée du Reporting

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Rapport de situation
Analyse
Des gestes barrières dessinés sur un bâtiment public à Bangui.
Des gestes barrières dessinés sur un bâtiment public. @OCHA / Virginie Bero. Bangui, Préfecture de l’Ombella M’Poko, RCA, 2020.

Faire face à la COVID-19 dans l'une des plus graves crises humanitaires

Premier cas : 14 mars 2020

Nombre de cas : 4 711 (au 31 août 2020)

Nombre de décès : 62

Régions concernées : Les sept régions sanitaires du pays ont enregistré des cas. L'épicentre de la pandémie est la capitale Bangui, où vit, selon les estimations, 17% de la population (948 000 personnes).

Transmission : Le Ministère de la santé et de la population indique que le virus se propage principalement par transmission communautaire. Seul un décès sur cinq survient dans les hôpitaux, les autres au sein de la communauté. Compte tenu des capacités limitées en matière de tests, depuis juillet 2020 la stratégie de diagnostic du gouvernement limite les tests aux cas suspects et aux personnes à risque. Ainsi, la baisse observée des nouveaux cas confirmés devrait être interprétée avec prudence. À titre d'exemple, 31,126 personnes ont été testées au 31 août 2020 soit un taux de cas positifs de 15%, ce qui est relativement élevé par rapport à d’autres pays. Près des trois quarts des cas positifs sont des hommes.

Ecoles : Les écoles ont commencé à rouvrir progressivement à la mi-juillet après avoir été fermées le 27 mars. Les cours pour les classes terminales se sont poursuivis en juillet et en août, tandis que toutes les autres classes reprennent en septembre à la rentrée scolaire 2020-2021. Selon l’UNESCO, on estime que 976 622 enfants centrafricains sont touchés par la fermeture des écoles. Il est à craindre que certains d'entre eux n’y retourneront jamais, ajoutant des difficultés supplémentaires au secteur de l'éducation déjà affaibli notamment par le manque d'enseignants qualifiés et d'infrastructures scolaires. En outre, des analyses effectuées à Bangui montrent une augmentation des violences sexuelles contre les enfants pendant la fermeture des écoles.

Frontières : L'aéroport de Bangui a repris les vols commerciaux le 13 juillet après sa fermeture fin mars. Les staff des organisations internationales et non gouvernementales ainsi que les diplomates arrivant par vols internationaux sont soumis à une quarantaine de 14 jours. Les frontières terrestres sont ouvertes et l'approvisionnement en marchandises arrivant principalement du Cameroun voisin est assuré, malgré des délais longs rapportés.

Mesures de confinement : Le gouvernement a imposé la fermeture des bars et des boîtes de nuit, limité le nombre de personnes pour des rassemblements et imposé le port obligatoire de masques dans les espaces publics. Cependant, le pays est confronté à d'importants défis pour renforcer ces mesures dans la capitale Bangui, ainsi que dans les préfectures. Les lieux de culte ont rouvert après une fermeture temporaire.

Situation

Depuis que le premier cas de COVID-19 a été détecté en République centrafricaine (RCA) à la mi-mars, le Ministère de la santé et de la population a confirmé 4 711 cas positifs dont 62 décès (au 31 août 2020). Les sept régions sanitaires du pays ont rapporté des cas, la capitale Bangui étant la plus touchée par la pandémie.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la RCA est l'un des pays les moins préparés pour faire face à la COVID-19, avec 2,3 millions de personnes ayant déjà besoin d'une assistance sanitaire et environ 70% des services de santé fournis par les organisations humanitaires. Le système de santé, marqué par un manque chronique d'équipements, de médicaments essentiels, de personnel qualifié et des chaînes d'approvisionnement perturbées par la dégradation avancée d’infrastructures routières, était soumis à un stress extrême avant la pandémie et a été mis à rude épreuve pour prévenir, contenir et traiter la COVID-19.

Les stocks d'équipements de protection individuelle pour le personnel de santé couvrent moins d'un tiers des besoins estimés pour les prochains mois. Aucun stock n'est disponible dans les régions éloignées de la capitale où l'accès est difficile. Seuls deux ventilateurs sont actuellement disponibles en RCA. Il n'y a que quatre centres de traitement COVID-19 à Bangui et sept centres pour traiter les cas légers et modérés, et pour assurer une quarantaine en dehors de la capitale. Cette situation est à la base de difficultés extrêmes pour le gouvernement et les organisations humanitaires dans la réponse à la pandémie et le maintien des services essentiels.

Les 659 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) sont parmi les plus menacées. Les risques de transmission sont particulièrement élevés dans les sites surpeuplés comme à Bria dans la préfecture de Haute-Kotto, où vivent 50 000 personnes.

Les facteurs aggravants sont l'accès limité à l'eau dans un pays où seul un habitant sur trois a accès à l’eau potable, le manque d'installations et d'infrastructures sanitaires et la présence faible et limitée des autorités nationales pour faire appliquer les mesures de confinement. La COVID-19 a également des impacts directs et indirects sur la sécurité alimentaire et la nutrition en RCA. Selon la dernière alerte du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de la moitié de la population centrafricaine (2,36 millions) est en situation d'insécurité alimentaire aiguë (phase 3+). Certaines familles ont perdu leurs revenus alors qu'elles doivent faire face à une augmentation du coût de la vie liée à la pandémie. Les mesures barrières ont également des effets négatifs indirects, en limitant l'accès aux lieux où des ménages pauvres tirent généralement un revenu de leur travail quotidien ou en augmentant les coûts de transport. Les prix des produits alimentaires et non alimentaires ont de nouveau augmenté en juillet, atteignant leur niveau le plus élevé depuis le début de l'année. Une augmentation de 5% par rapport à juin a été enregistrée lors de la dernière analyse de marché.

Réponse

Les partenaires humanitaires, de développement et le gouvernement ont uni leurs efforts pour prévenir et répondre à la pandémie. Ils appuient notamment la décentralisation des activités de riposte au niveau des districts sanitaires. Le dépistage est désormais possible dans certaines régions grâce à la mise à disposition par le Fonds mondial de cartouches GeneXpert adaptées aux tests virologiques COVID-19 à Bouar (Nana-Mambéré), Berberati (Mambéré-Kadéï), Bambari (Ouaka) et Bangassou (Mbomou). Les formations des laborantins ont eu lieu dans ces localités avec l’appui de l’OMS et de l'Institut Pasteur de Bangui.

Avec le soutien de la communauté humanitaire, sept centres d'isolement et de traitement des patients COVID-19 sont fonctionnels dans les régions de Bambari, Bria (Haute-Kotto), Bouar, Paoua (Ouham Pendé), Bimbo (Ombella M'Poko), Berberati et Bossangoa (Ouham), toutes des localités initialement priorisées pour la décentralisation. La réponse humanitaire est également en cours dans des districts sanitaires non inclus dans la liste des priorités initiales suite à l'évolution de l'épidémie, tels que Bangassou, Ngaoundaye (Ouham Pendé), Bocaranga-Koui (Ouham Pendé), Bégoua (Ombella M'Poko) et Batangafo (Ouham). Dans le district sanitaire de Bégoua, l'ONG Médecins du Monde a construit des espaces d'isolement et de triage dans cinq centres de santé et collabore avec l’ONG Humanité et Inclusion pour former des agents de santé en soutien psychologique et santé mentale. Par ailleurs, l’OMS a doté le Ministère de la santé et de la population de 26 concentrateurs d’oxygène financés par le Fonds central pour les interventions d’urgence des Nations Unies (CERF) et la Banque mondiale.

Le CERF à travers l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a également alloué en juillet 5 millions de dollars américains aux ONG International Rescue Committee (IRC), International Medical Corps (IMC), Alliance for International Medical Action (ALIMA) et Médecins d'Afrique (MDA) pour intensifier la réponse à la COVID-19 dans le Centre, l'Est et le Nord de la République centrafricaine, où les ONG sélectionnées mettent en œuvre des programmes de réponse d’urgence depuis plusieurs années. Ce financement permet de fournir progressivement une assistance à 220 000 personnes vulnérables, dont 87 000 personnes déplacées vivant dans des conditions sanitaires déplorables propices à la propagation du virus. Les fonds permettront la construction, la réhabilitation et l'équipement de 19 centres d'isolement et de traitement pour les patients COVID-19, tout en améliorant les mécanismes de surveillance épidémiologique. Le personnel médical sera recruté et les médicaments et fournitures seront acquis. En outre, des agents psychosociaux veilleront à ce que la santé mentale des patients et de leurs familles soit également prise en charge.

Les acteurs humanitaires mettent en places des dispositifs de lavage des mains sur les sites des personnes déplacées et dans les communautés d'accueil, forment des agents de santé et des relais communautaires, distribuent des kits d'hygiène et des équipements de protection pour répondre aux besoins des centres de santé. Des milliers de personnes ont été touchées par des campagnes de sensibilisation visant à prévenir les transmissions grâce aux organisations humanitaires.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé son soutien aux personnes vulnérables touchées par la COVID-19 à Bangui et dans ses environs, en apportant une aide en espèces d'une valeur de 532 000 dollars américains à 51 000 bénéficiaires. En outre, le PAM a apporté son soutien à 350 patients dans les hôpitaux en juillet.

Des partenariats innovants ont vu le jour pour assurer une réponse multisectorielle inclusive qui protège les personnes les plus vulnérables à l’épidémie. Fin juillet, Médecins sans frontières (MSF) et le PAM ont ainsi signé un partenariat pour assister en vivres 1 245 personnes vivants avec le VIH/SIDA et leurs familles à Paoua. A Bouar et Baboua, le PAM et World Vision ont également modifié leurs critères de ciblage pour fournir un appui alimentaire aux personnes impactées par la COVID-19 ou des pathologies chroniques.

Dans la stratégie de décentralisation de la réponse COVID-19, le Ministère de la santé et de la population a introduit des mécanismes de surveillance à base communautaire. Un projet pilote de surveillance à base communautaire est mis en œuvre dans un arrondissement de Bangui à partir de juillet 2020 en partenariat avec la Croix-Rouge centrafricaine et la Direction générale de la protection civile. Les équipes de surveillance à base communautaire sont formées à travailler sur la sensibilisation aux mesures de prévention à la COVID-19, détecter et notifier des cas suspects et les décès au sein des communautés, suivre des cas simples et modérés, référer des cas graves et suivre des contacts des personnes infectées. La mise en place de la surveillance à base communautaire dans le reste du pays se base sur le système administratif et sanitaire existant. Les partenaires humanitaires sont impliqués dans la mise en place de cette stratégie à travers les réseaux des relais communautaires qu’ils soutiennent.

En juillet 2020, les Nations Unies et ses partenaires ont mis à jour le plan de réponse humanitaire, un appel de 152,8 millions de dollars américains pour répondre aux besoins sanitaires et non sanitaires les plus immédiats et critiques des millions de Centrafricains touchés par les conséquences de la COVID-19. Ainsi pour cette année, un total de 553,6 millions de dollars américains demeure requis pour la Centrafrique, dont 209,7 millions sont déjà mobilisés, soit près de 38%.

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Réponse d'urgence
Un dépistage nutritionnel des enfants à Ouadda montre des résultats alarmants
Le dépistage nutritionnel des enfants a révélé des résultats alarmants. @OMS/Arsène Konzelo. Ouadda, Préfecture de la Haute-Kotto, RCA, 2020.

Faciliter l’accès aux personnes en besoin dans les zones isolées

En Centrafrique, les violences récurrentes, le réseau routier peu développé et la dégradation avancée d’infrastructures routières a longtemps empêché les acteurs humanitaires d’accéder aux populations vulnérables. Alors que la saison sèche qui court de novembre à mai est une opportunité pour accéder à des zones inaccessibles pendant la saison de pluies, certaines localités demeurent difficilement accessibles pendant les deux périodes. La Centrafrique avec 622 984 km2 de superficie ne compte que 2,5% de routes asphaltées, tandis que l’insécurité résultant des activités des groupes armés a poussé au déplacement un Centrafricain sur quatre. 2,6 millions de personnes, plus de la moitié de la population, ont toujours besoin de l’aide humanitaire et la pandémie de COVID-19 a accentué les vulnérabilités existantes, dans un contexte où les ressources s’amenuisent. Seulement 38% des 553 millions de dollars américains requis dans le cadre du plan de réponse humanitaire pour l’année 2020 ont été mobilisés à ce jour.

Située dans le nord-est du pays, la localité de Ouadda dans la préfecture de la Haute-Kotto a longtemps fait objet de conflits intercommunautaires, tandis que l’accès aux services de base y est parmi les plus faibles du monde. En juillet dernier, cinq personnes ont été tuées et 1 520 autres, soit environ 20% de la population estimée à 7 700 habitants se sont déplacées suite à des affrontements intercommunautaires. Malgré une mission de médiation conduite au début d’août par les autorités locales, les déplacés n’ont toujours pas pu retourner. Plusieurs points de contrôle mis en place par les groupes armés entravent la liberté de circulation des populations, dans une région où les forces de sécurité intérieure sont inexistantes.

Dans les conditions habituelles, cette situation demeurerait à l’état d’une alerte, ou mieux une information non confirmée ne pouvant pas permettre de réponse de la part de la communauté humanitaire, faute d’accès. La localité n’est par ailleurs pas couverte par aucun réseau téléphonique. Mais le 7 août, la communauté humanitaire a affrété un hélicoptère du Service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS) et s’est rendue à Ouadda pour évaluer la situation et livrer une assistance d’urgence. Le Fonds humanitaire pour la Centrafrique a alloué au début août neuf millions de dollars américains pour permettre aux humanitaires en première ligne de disposer d’un hélicoptère pour l’acheminement de l’aide d’urgence dans les zones difficiles d’accès, mais aussi pour fournir une réponse multisectorielle aux besoins humanitaires les plus urgents retenus dans le plan de réponse humanitaire 2020. L’hélicoptère permettra également des évacuations médicales du personnel humanitaire dans le pays.

Cette mission héliportée à Ouadda a également constaté, entre autres, que la seule structure médicale gouvernementale de la localité n’est plus fonctionnelle depuis trois mois et n’est pas approvisionnée en médicaments. Une structure privée existe mais la référence y est difficile suite notamment aux craintes d’exactions d’une des communautés en conflit. Lors de cinq dernières semaines précédant la mission, quatre décès liés à des cas présumés de paludisme étaient enregistrés hebdomadairement parmi les personnes déplacées installées dans la brousse. Un dépistage nutritionnel sur 40 enfants de six mois à cinq ans a révélé 17,5% de malnutrition aigüe sévère (MAS) et 70% de malnutrition aigüe modérée (MAM). La mission a fourni une assistance d’urgence notamment des bâches, jerricanes, purifiants d’eau, kits d’hygiène intime et biscuits énergétiques pour plus de 300 familles. La dernière présence de la communauté humanitaire à Ouadda date de décembre 2019, lorsqu’une autre mission héliportée s’est rendue dans la région. Accéder à l’entièreté du rapport ici.

La communauté humanitaire a également utilisé cet hélicoptère pour se rendre à Nzacko à l’est de la Centrafrique dans la préfecture du Mbomou à la mi-août. Comme Ouadda, Nzacko reste fortement enclavée et l’insécurité qui persiste dans la région n’a pas favorisé de présence humanitaire. Entre mars 2017 et février 2020, des affrontements récurrents entre groupes armés ont été émaillés d’exactions contre les civils, notamment la mort d’une centaines d’habitants, des incendies d’habitations, mais aussi des mouvements de population. L’accalmie consécutive à la signature de l’accord politique pour la paix et la réconciliation de 2019 entre le gouvernement et les groupes armés, a entrainé des mouvements retour de la population. Estimée à 19 000 habitants en 2017, la population actuelle est de 15 000 habitants. Des déplacés craignant encore pour leur sécurité effectuent des mouvements pendulaires tandis que d’autres sont hébergés par les familles d’accueil.

L’accès aux services de base demeure très faible à Nzacko. Pendant la mission, les résultats des tests de potabilité d’eau réalisés sur les puits fréquemment utilisés par la population indiquent que l’eau n’est pas potable, tandis que l’ensemble des 334 points d’eau n’est pas aménagé. Entre mai et juillet 2020, un taux de morbidité des maladies d’origine hydrique a été évalué à 43% sur 1 000 consultations réalisées. Une seule structure sanitaire est opérationnelle pour une population de plus de 15 000 habitants, mais ne dispose pas du minimum de médicaments et de personnel qualifié requis. Les enfants de moins de cinq ans n’ont reçu aucun vaccin depuis plus d’une année. Un dépistage rapide de 82 enfants a montré un taux de MAS d’environ 20%, dans une région qui ne dispose d’aucun stock d’intrants nutritionnels. Accéder à l’entièreté du rapport ici.

Les acteurs humanitaires ont fourni une assistance d’urgence composée notamment de médicaments et intrants nutritionnels pour enfants pouvant couvrir respectivement six et un mois, des dispositifs de lavage des mains et seaux, des morceaux de savons, des pulvérisateurs pour la désinfection en cas de contamination à la COVID-19 et du matériel d’information pour la prévention.

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Rapport de situation
Contexte
Le manque d’eau potable est un des défis majeurs pour la population à Batangafo
Le manque d’eau potable est un des défis majeurs pour la population. ©OCHA. Batangafo, Préfecture de l’Ouham, RCA, 2020.

La communauté humanitaire continue de faire face à plusieurs défis à Batangafo

Depuis des années, les habitants de Batangafo dans la Préfecture de l’Ouham au nord-ouest de la Centrafrique sont continuellement menacés par des exactions de la part des groupes armés, notamment des arrestations arbitraires, des braquages et des agressions. En plus, chaque année, la transhumance saisonnière bouleverse l’ensemble de la sous-préfecture en raison des conflits qu’elle génère entre agriculteurs et éleveurs. Quand les bétails des éleveurs transhumants à la recherche de pâturage détruisent les champs, les paysans ripostent souvent en tuant les bétails, ce qui dégénère en affrontements. Les restrictions de mouvement liées à cette insécurité ont des conséquences graves pour les habitants de la région privés d’accès à leurs champs et lieux de commerce pour gagner leurs vies. Ils ne peuvent non plus accéder facilement aux services de santé et aux établissements scolaires, ainsi qu’à l’assistance humanitaire. L’accès des organisations humanitaires dans la région a également été interrompu à plusieurs reprises. La population de Batangafo et ses alentours se retrouve ainsi avec des besoins sans cesse pressants dans tous les secteurs, malgré les efforts des humanitaires. La pandémie de la COVID-19 a davantage dégradé une situation humanitaire déjà précaire. Parmi les personnes les plus touchées par cette crise, on compte environ 35 600 personnes déplacées dans la Sous-préfecture de Batangafo.

Réponse aux problématiques humanitaires majeures

L’accès à l’eau potable et les mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement demeurent parmi les défis importants à Batangafo, notamment sur le site où vivent dans la promiscuité environ 10 000 personnes déplacées. La distanciation physique et les mesures barrières pour limiter la propagation de la COVID-19 restent très difficilement applicables dans ces conditions de surpeuplement, aggravées par l’accès limité à l’eau et au savon. Cependant, les partenaires humanitaires poursuivent des efforts pour améliorer la situation – surtout pendant la crise sanitaire actuelle. Depuis juillet, l’ONG Oxfam a augmenté la capacité de la fourniture en eau. En plus d’un château d’eau, 12 bornes fontaines ont été installées dans les quartiers de retour et les sites des déplacés. La quantité d’eau disponible est ainsi passée de 195 à 225 m3 par jour, ce qui permet à chaque personne de consommer en moyenne 10 litres par jour pour différents besoins. Malgré cette amélioration, la disponibilité d’eau reste bien en deçà du standard de 15 litres par personne dans une situation d’urgence. Pour assurer une meilleure hygiène et éviter la propagation des maladies, les ONG Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés (DRC) ont construit 390 latrines semi-durables sur les différents sites des déplacés. Il reste tout de même une lacune de 282 latrines à construire pour combler les besoins des personnes déplacées. La collecte des ordures dans les sites reste également un défi majeur. Les ONG Oxfam, DRC et Aide d'urgence pour le développement socio-économique de la Centrafrique (AUDESEC) s’organisent pour les évacuer afin d’éviter des engorgements qui peuvent provoquer des inondations et la propagation des maladies, améliorant ainsi l’assainissement sur les sites.

Par ailleurs, le manque d’abris adéquats sur les sites des déplacés reste d’actualité. La dernière distribution des bâches remonte à la crise d’octobre 2018. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) n’en dispose plus pour une large distribution. Cette situation pousse les déplacés à se construire des abris semi-durables. Le manque d’abris ne les expose pas seulement à des conditions inhumaines et aux risques de protection, mais aussi aux maladies, surtout pendant la saison pluvieuse qui a commencé en avril et se poursuit jusqu’en octobre. L’ONG Médecins sans frontières (MSF) assure la prise en charge médicale des survivantes de violences basées sur le genre (VBG) et l’ONG DRC leur propose une assistance psycho-sociale. Entre janvier et juillet, 47 personnes, principalement des femmes, ont déclaré avoir subi des VBG selon l’ONG INTERSOS qui assure le monitoring de protection et le référencement des survivantes à des services adéquats. Cependant, ce chiffre est probablement une sous-estimation si on prend en compte les incidents non rapportés par les victimes par crainte de représailles ou par honte. L'Association des femmes évangélique de Bossangoa (AFEB) s’est quant à elle impliquée dans la protection de l’enfance. Au cours du mois d’août, cette ONG a réunifié 40 enfants de quatre à 17 ans qui ont été séparés d’avec leurs familles suite à la crise dans la région, et réinséré 186 enfants sortis des forces et groupes armés. Les partenaires humanitaires à Batangafo ont également uni leurs forces pour lutter contre la propagation de la COVID-19. Grâce à la mise en place d’un centre d’isolement en mai, le premier cas de COVID-19 diagnostiqué à Batangafo le 14 août a bénéficié d’une prise en charge selon le protocole du Ministère de la santé et de la population. Les contacts du patient sont en train d’être suivis afin d’éviter la propagation du virus. Dans le cadre de la prévention, les partenaires humanitaires sensibilisent la population sur les mesures barrières, par exemple à travers des spots diffusés chaque heure à la radio en français et arabe, dans la langue nationale sango et la langue locale foufouldé. Les organisations humanitaires ont également installé plus de 300 dispositifs de lavage de mains dans les sites des personnes déplacés et dans les écoles.

La sécurité des humanitaires à l’épreuve

L’insécurité dans la ville et ses alentours n’impacte pas seulement la population mais aussi les interventions humanitaires. De janvier à août 2020, 19 incidents affectant directement le personnel ou les biens humanitaires ont été enregistrés. Le 5 août dernier, le seul acteur humanitaire qui appui l’hôpital du district sanitaire de Batangafo-Kabo a dû réduire ses interventions en raison de menaces contre son personnel et seules les interventions d’urgence ont été maintenues. Cette réduction a eu des impacts majeurs sur la population dont les 35 600 personnes déplacées, car l’ONG est le seul partenaire qui appui l’hôpital de Batangafo et qui offre un service de référence dans un rayon de 100 km. Le 19 août, l’organisation a repris ses activités à l'hôpital.

En dépit des patrouilles journalières qui se font par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) dans la ville de Batangafo et sur les trois axes périphériques, la protection de la population civile reste fragile. En outre, la problématique du respect du caractère civil des sites des personnes déplacées persiste. Le site à Batangafo est envahi d’éléments des groupes armés qui y trouvent refuge et sont à la base d’activités criminelles mettant ainsi à risque la sécurité des civils. Les éléments armés commettent des exactions sur les déplacés, procèdent à des arrestations arbitraires et même à des assassinats. La faible présence de l’Etat et l’absence de la chaine judiciaire favorisent l’impunité. En plus de l’insécurité persistante couplée aux contraintes financières des acteurs humanitaires, la dégradation des différents axes qui mènent vers Kabo, Bouca et Ouandago en cette saison de pluies rend l’accès physique et l’acheminement de l’assistance humanitaire encore plus difficiles.

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Rapport de situation
Visuels

Tableau de bord humanitaire, janvier à juin 2020

Tableau de bord humanitaire, janvier à juin 2020

La situation humanitaire en République centrafricaine (RCA) demeure grave et complexe. Plus de la moitié de la population a besoin d’une assistance humanitaire et de protection. Un Centrafricain sur quatre a dû quitter son foyer. En plus, la RCA reste l’un des pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires. Entre janvier et juillet 2020, 230 incidents ont affecté le personnel humanitaire avec 2 humanitaires tués et 20 autres blessés. Malgré cet environnement opérationnel difficile, une assistance humanitaire d’urgence a été fournie à environ 1,252,470 personnes entre janvier et juin 2020 dans au moins un secteur d’intervention.

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Rapport de situation
Visuels

Aperçu des mouvements de population en juillet 2020

Aperçu des mouvements de population en juillet 2020

Au 31 juillet 2020, le total des personnes déplacées internes (PDI) en RCA était estimé à 658 929 individus composés de 422 700 personnes dans des familles d’accueil (64%) et 236 229 personnes sur des sites (36%). Le volume de déplacement est resté stable par rapport à la situation en juin 2020. Il y a eu des mouvements de population au cours du mois de juillet dans les deux sens - des nouveaux déplacements et des retours. Des retours de PDI des sites à Bambari dans la Préfecture de la Ouaka ont été enregistrés ainsi que dans les préfectures de l’Ouham, de la Nana-Gribizi et de la Haute-Kotto. En revanche, il y a eu des nouveaux déplacements dans la Préfecture du Haut-Mbomou, notamment à Obo et à Zémio où près de 4 000 personnes ont été déplacées en raison des conflits entre des groupes armés et les forces armées centrafricaines. Ces déplacements ont eu lieu principalement entre avril et mai, mais les partenaires n'ont pu achever le profilage qu'en juillet en raison des restrictions d'accès.

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