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Rapport de situation

Faits saillants

  • Une flambée de violence a déplacé plus de 240 000 personnes à l'intérieur de la République centrafricaine depuis la mi-décembre.
  • Pour répondre aux besoins les plus urgents en 2021, les acteurs humanitaires prévoient d'assister 1,84 millions de personnes et auront besoin de US$ 444,7 millions.
  • En 2021, 2,8 millions de Centrafricaines et Centrafricains – 57% de la population – auront besoin d’assistance humanitaire et de protection.
  • En 2020, 424 incidents affectant les travailleurs humanitaires ont été enregistrés, contre 306 en 2019, soit une hausse de 39%.
  • Les humanitaires ont assisté 1,6 million de personnes en 2020, permettant d’atténuer les effets de l’insécurité alimentaire, de fournir des abris et de protéger les vulnérables.
Un nouveau site avec des abris d'urgence pour les personnes déplacées suite à la dernière vague de violence commencée à la mi-décembre 2020 avant les élections générales est en train d'être mis en place. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2021.
Un nouveau site avec des abris d'urgence pour les personnes déplacées suite à la dernière vague de violence commencée à la mi-décembre 2020 avant les élections générales est en train d'être mis en place. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2021.

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Chiffres clés

4,9M
Population
2,8M
Pers. ayant besoin d’une aide humanitaire
1,84M
Pers. ciblées pour assistance en 2021
1,6M
Personnes assistées en 2020
1,9M
Pers. en insécurité alimentaire
2,3M
Proj. pers. en insécu. alim. (05-08/2021)
631K
Personnes déplacées
635K
Réfugiés centrafricains
4995
Cas confirmés COVID-19
63
Décès liés à la COVID-19

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Financement

444.7M
Requis en 2021
8%
Reçu

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Contacts

Vedaste KALIMA

Chef de Bureau

Maxime NAMA CIRHIBUKA

Chef de Section Information Publique

Anita CADONAU

Chargée du Reporting

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Article principal
Une famille déplacée par les récentes violences post-électorales est arrivée sur un nouveau site de personnes déplacées à Batangafo et déballe les quelques affaires qu'elle a pu emporter. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2021.
Une famille déplacée par les récentes violences post-électorales est arrivée sur un nouveau site de personnes déplacées à Batangafo et déballe les quelques affaires qu'elle a pu emporter. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2021.

Augmentation alarmante des déplacements de population en République centrafricaine

Une flambée de violence a provoqué le déplacement de plus de 240 000 personnes en Centrafrique. La moitié des personnes déplacées sont rentrées chez elles ces dernières semaines, mais plus de 117 000 personnes restent déplacées à l'intérieur du pays. La plupart vivent dans des conditions déplorables dans la brousse qui entoure leurs villages, dans la crainte de nouvelles attaques. Des nouvelles vagues de déplacement sont enregistrées presque tous les jours, et rien ne présage leur fin.

Cette nouvelle vague de violence et de déplacements a commencé à la mi-décembre, avant les élections générales, et s'ajoute à des décennies de violence armée, exacerbée l'année dernière par la pandémie de Covid-19, ce qui a porté les besoins humanitaires en République centrafricaine à leur paroxysme. Si cette dernière offensive armée a été lancée à l'ouest du pays, les attaques et les déplacements se sont depuis répandus dans tout le pays, touchant également le centre et le sud-est, n'épargnant que quelques régions.

Des conditions de vie déplorables et des besoins humanitaires urgents

La plupart des personnes déplacées ont trouvé refuge dans les champs et les forêts proches de leurs villes, considérés plus sûrs. Certaines retournent chez elles pendant la journée pour récupérer des articles ménagers ou des effets personnels, ou à la recherche de nourriture et d'eau, pour ensuite retourner dans les champs pour la nuit. D'autres ont trouvé refuge dans des écoles, des églises, près des bases des casques bleus des Nations Unies ou dans des familles d'accueil. En plus des personnes déplacées à l'intérieur du pays, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) rapporte qu'au 28 janvier 2021, 105 000 nouvelles personnes avaient fui vers les pays voisins, la majorité d'entre elles ayant franchi la frontière sud vers la République démocratique du Congo.

Compte tenu de la violence actuelle, la protection fait partie des besoins les plus urgents des personnes déplacées. Des cas de violences sexuelles contre les femmes et les filles et des problèmes liés à la protection de l’enfance, tels que les enfants non accompagnés et séparés, ainsi que le recrutement forcé, ont été signalés. Les premières évaluations humanitaires montrent en outre que la nourriture, les soins de santé primaires, l'eau et l'assainissement, les articles ménagers essentiels et les abris sont les besoins humanitaires les plus urgents. Même avant cette dernière crise de déplacement, un Centrafricain sur quatre, soit près de 1,3 million de personnes, était déplacé à l’intérieur du pays ou dans un pays voisins.

Sauver des vies dans des conditions les plus difficiles

Malgré l'insécurité croissante dans de nombreuses régions du pays, les partenaires humanitaires ont intensifié leurs efforts pour sauver des vies et fournir une aide d'urgence aux personnes déplacées et aux plus vulnérables. Ils soutiennent les hôpitaux avec des équipes médicales et des médicaments essentiels, approvisionnent les populations en eau potable, distribuent de la nourriture et construisent des latrines pour prévenir la propagation des maladies. Le contexte sécuritaire instable exige une grande flexibilité et disponibilité de la part des humanitaires.

Au début janvier, la perturbation de la route menant à Dékoa dans la préfecture centrale de la Kémo a été surmontée grâce à un hélicoptère et 2 000 familles déplacées par les attaques des groupes armés ont pu recevoir des comprimés de purification d'eau, des biscuits à haute teneur énergétique et des médicaments. Une évaluation rapide des besoins sous la direction du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au cours de la même mission a servi de base à d'autres partenaires humanitaires qui ont intensifié la réponse à Dékoa dans les jours qui ont suivi. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni une aide alimentaire à plus de 10 000 familles, l'ONG Médecins d'Afrique a repris son soutien nutritionnel et Médecins du Monde a établi une présence à Dékoa pour favoriser l'accès aux soins de santé et aux services psychosociaux, ainsi que pour soutenir les survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre, y compris les personnes déplacées les plus vulnérables à l'extérieur de la ville. En plus de Dékoa, les humanitaires ont atteint par hélicoptère quatre autres zones difficiles d'accès depuis la mi-décembre – Bouca et Batangafo (préfecture de l’Ouham), Dimbi (Basse-Kotto) et Ouango (Mbomou) – afin de déployer des équipes d'évaluation rapide et de livrer des cargaisons humanitaires essentielles.

Dans la ville de Bouar, à l'ouest dans la préfecture de Nana-Mambéré, les organisations humanitaires aident 12 500 personnes nouvellement déplacées, dont la majorité vit désormais dans des églises et des paroisses. Des pompes à eau sont en cours de réparation et des réservoirs sont installés pour répondre à la demande accrue d'eau potable dans ces nouveaux sites de déplacés. En plus, des biscuits à haute teneur énergétique, de la farine, des haricots, de l'huile et du sel sont distribués, les centres de santé sont approvisionnés en médicaments essentiels et en suppléments nutritionnels pour traiter les enfants souffrant de malnutrition.

Et à Bangassou, au sud-est dans la préfecture du Mbomou, les humanitaires attendent avec un calme stoïque chaque fenêtre de sécurité qui leur permet d'atteindre les personnes déplacées. Ils ont déjà aidé 15 000 personnes en leur fournissant de la nourriture et de l'eau, des abris et des latrines d'urgence, et en apportant un soutien nutritionnel aux enfants mal nourris, notamment sur les sites de Cesacoba et d'autres sites à Bangassou et ses environs.

A Batangafo, dans la préfecture de l'Ouham au nord-ouest, où 30 000 personnes déplacées vivaient sur des sites avant la crise actuelle, plus de 600 personnes sont arrivées depuis janvier 2021, fuyant la recrudescence de la violence à Bouca, où la plupart d'entre elles étaient déjà déplacées. Grâce à l'accès par hélicoptère, les partenaires humanitaires ont assuré que ces personnes aient accès à l'eau et ont reçu des articles ménagers et des produits d'hygiène essentiels.

Les humanitaires font face à des défis plus que jamais

En dépit des avancées importantes en matière d'aide aux personnes vulnérables en ces temps difficiles, le travail des humanitaires devient de plus en plus difficile. Alors que la population est la principale victime du conflit, les humanitaires sont de plus en plus pris pour cible, notamment par le pillage de bureaux et le vol de véhicules. Le mois de décembre 2020 a été marqué par 59 incidents contre le personnel et les biens des organisations humanitaires, dont un travailleur humanitaire tué et cinq autres blessés, soit près du double de la moyenne mensuelle des incidents enregistrés en 2020. Le mois de janvier 2021 s'est poursuivi de la même manière précaire avec 66 incidents enregistrés, le plus grand nombre d’incidents jamais enregistré.

La perturbation de la principale route d'approvisionnement du pays, qui relie la capitale Bangui au Cameroun, empêche l'acheminement sûr et rapide de l'aide vitale. Plus de 500 camions transportant des fournitures essentielles des Nations Unies et de leurs partenaires, notamment des denrées alimentaires et des médicaments, sont bloqués à la frontière camerounaise depuis la mi-décembre, ainsi que plus de 1 100 camions transportant des marchandises commerciales. Ces contraintes sur un approvisionnement alimentaire déjà fragile font à nouveau augmenter les prix des denrées alimentaires de base et mettent en danger la vie de 1,9 million de Centrafricains déjà en situation d'insécurité alimentaire. En outre, l'état d'urgence déclaré le 21 janvier 2021 a été prolongé de six mois jusqu'au début août, en plus du couvre-feu à l'échelon national (de 18h00 à 5h00) mis en place après une tentative d'attaque sur la capitale Bangui le 13 janvier, avec des effets restrictifs de l’accès des humanitaires aux personnes dans le besoin.

Au 8 février 2021, seuls 8% du Plan de Réponse Humanitaire pour la République Centrafricaine étaient financés, à un moment où les besoins humanitaires sont plus pressants que jamais. Un financement urgent est nécessaire pour soutenir une réponse humanitaire efficace et fondée sur des principes.

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Visuels

Aperçu des incidents ayant touché les travailleurs humanitaires en janvier 2021

Aperçu des incidents ayant touché les travailleurs humanitaires en janvier 2021

Les populations civiles demeurent les premières victimes du regain de tensions et de violences constaté dans la République centrafricaine depuis la fin de 2020. La hausse importante d’incidents touchant les humanitaires en janvier 2021 reflète une situation d’insécurité aiguë dans plusieurs préfectures où se sont déroulées des confrontations armées, notamment dans la Lobaye, l’Ombella M'Poko et le Mbomou. En janvier, près de 90% des 66 incidents recensés (le chiffre mensuel le plus élevé depuis 2017) concernaient des vols, des cambriolages et des pillages. Les confrontations armées n’ont pas été la cause directe d’incidents mais l’absence de forces de sécurité dans plusieurs villes ont favorisé des actes criminels opportunistes. Pendant le mois de janvier, quatre véhicules humanitaires ont été volés dont deux qui ont ensuite été récupérés.

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Réponse d'urgence
©OCHA/Anita Cadonau, Bangui, CAR, 2020.
©OCHA/Anita Cadonau, Bangui, CAR, 2020.

Le nouveau plan de réponse humanitaire 2021 pour la Centrafrique

Pour répondre aux besoins de la population centrafricaine en 2021, les acteurs humanitaires prévoient de fournir une réponse inclusive, protectrice et fondée sur les principes humanitaires à 1,84 millions de personnes extrêmement vulnérables. La réponse, basée sur une compréhension commune des besoins humanitaires, ciblera en priorité les personnes affectées par des chocs liés aux violences et aux aléas naturels, et celles vivant dans les zones avec les besoins humanitaires les plus urgents, y compris dans les régions difficiles d’accès. Pour y parvenir, les humanitaires auront besoin de 444,7 millions de dollars américains. La stratégie qui guidera leurs interventions est détaillée dans le Plan de réponse humanitaire 2021. Au 21 janvier 2021, ce plan est financé qu’a 9%, pourtant les besoins humanitaires sont extrêmement alarmants. Depuis que les violences et les tensions liées aux élections de décembre 2020 ont éclaté, près de 200 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays. La moitié d'entre elles est rentrée mais 100 000 personnes sont toujours déplacées.

L’Aperçu des besoins humanitaires pour la République centrafricaine, publié en octobre 2020, nous apprenait que plus de la moitié de la population centrafricaine aura besoin d’assistance humanitaire et de protection en 2021. Parmi elles, 1,9 millions de personnes présentent des besoins aigus liés à leur survie physique et mentale.

Le Plan de réponse humanitaire 2021 s’articule autour de trois objectifs stratégiques. Chacun d’eux entend s’attaquer à une des trois conséquences humanitaires les plus critiques identifiées dans l’Aperçu des besoins humanitaires. La réponse apportée permettra ainsi d’atténuer l’impact de la crise sur le bien-être physique et mental, les conditions de vie et la protection des populations. Dans ce cadre, 1,4 million de personnes bénéficieront d’une assistance d’urgence multisectorielle en temps opportun et intégrée, en transfert monétaire ou en nature, nécessaire pour adresser leurs problèmes critiques liés au bien-être physique et mental. 1,2 million de femmes, hommes, filles et garçons affectés par la crise amélioreront leurs conditions de vie à travers une assistance digne et adaptée à leurs besoins fournie à temps et dans un environnement de protection. Et troisièmement, la protection et le respect des droits humains de 1,3 million de personnes affectés par la crise sera assuré.

La réponse humanitaire en Centrafrique en 2021 sera élaborée au plus près des personnes affectées et avec elles, en écoutant leurs préoccupations, leurs priorités et leurs doléances. Les humanitaires tendront une oreille toute particulière à la voix des femmes, des personnes en situation d’handicap et des personnes âgées pour garantir que leurs vulnérabilités spécifiques seront prises en compte et les interventions adaptées.

Pour en savoir plus, consultez le Plan de réponse humanitaire 2021 pour la République centrafricaine.

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Prévisions
L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire en RCA. ©NRC/C. Igara, RCA, 2020.
L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire en RCA. ©NRC/C. Igara, RCA, 2020.

L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 démontre un coût humain dévastateur en Centrafrique

En 2021, 2,8 millions de Centrafricains et Centrafricaines – 57% d’une population estimée à 4,9 millions – auront besoin d’assistance humanitaire et de protection. Parmi elles, près des trois quarts ont des besoins aigus, en d'autres termes, la survie physique et morale de 1,9 millions de personnes, 39% de la population, est en danger. L’Aperçu des besoins humanitaires en 2021 pour la République centrafricaine (RCA), fruit d’une collecte de données inégalée et d’un long travail d’analyse, présente une compréhension commune de la crise et nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire dans tous les secteurs.

Les chiffres mettent à nu les conséquences dramatiques de l’arrivée d’une pandémie dans un pays déjà ravagé par des décennies de conflit armé, de sous-développement et où les catastrophes naturelles se font plus fréquentes et graves. Ces chiffres dévoilent aussi le sombre quotidien d’une majorité de la population, vivant dans des conditions si difficiles qu’elle peine à se nourrir, à se loger dignement et à assurer une scolarité minimale à ses enfants. Ces données révèlent enfin la dépendance de nombreuses populations à l’aide humanitaire et les dangers liés au désengagement des acteurs humanitaires lorsque les acteurs de développement tardent à prendre le relais.

La situation humanitaire ne cesse d’empirer

Depuis l’année dernière, le nombre de personnes dans le besoin a augmenté, passant de 2,6 millions à 2,8 millions (+8%). En même temps, le nombre de personnes en besoin d’assistance aiguë est de 12% supérieur qu’en 2020 (avec 1,9 million personnes en 2021 contre 1,7 million en 2020). En cinq ans, jamais la RCA n’avait compté autant de personnes en situation de détresse humanitaire qu’aujourd’hui. Cette augmentation est la conséquence directe de la plongée des indicateurs macro-économiques, l’avènement de nouvelles poches de conflits violents, la montée de l’insécurité alimentaire et la pandémie de la COVID-19.

La RCA continue à faire face à une grave crise de protection, avec une augmentation constante des violations des droits humains et du droit international humanitaire malgré la signature de l'Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en 2019. Ceux qui souffrent le plus, ce sont les populations civiles. Un Centrafricain sur quatre est déplacé soit à l'intérieur du pays ou dans un pays voisin, et les vagues de retour de personnes déplacées et rapatriées ont considérablement ralenti.

La violence basée sur le genre (VBG) est un fléau, avec un incident signalé toutes les heures par le système d'alerte humanitaire, qui ne couvre que 42% du pays – et ces chiffres représentent seulement la partie emergée de l’iceberg. Les acteurs humanitaires ont enregistré une augmentation de près de deux fois du nombre de cas de violence à l'égard des filles et des femmes à la suite des restrictions imposées par la COVID-19. A travers le pays, les enfants continuent d'être exposés à des risques de protection. Une famille sur quatre craint pour la sécurité de ses enfants, principalement s’agissant des violences sexuelles contre les filles, du travail forcé et du recrutement par des groupes armés pour les garçons.

Le secteur avec le plus de personnes en besoin est ainsi la protection, suivi de la santé, l’eau, hygiène et assainissement (EHA) et la sécurité alimentaire. 40% des ménages centrafricains se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë. Dans la capitale Bangui, le nombre de personnes en insécurité alimentaire a presque doublé depuis l’année passée, affectant désormais 45% des Banguissois. Le nombre de personnes dans le besoin en 2021 a augmenté dans tous les secteurs sauf la nutrition où on constate une légère diminution.

La RCA est l'un des pays les plus dangereux pour les acteurs humanitaires dans le monde. En moyenne, plus d'un incident par jour affectant des travailleurs humanitaires a été enregistré en 2020 (424 en total), avec trois humanitaires tués et 29 blessés.

Les prochaines étapes

Pour répondre à ces besoins en 2021, en collaboration avec le gouvernent centrafricain, les acteurs humanitaires en RCA développent une stratégie commune qui guidera leurs interventions, détaillée dans le Plan de réponse humanitaire 2021, publié en décembre 2020.

Malgré les généreuses contributions des donateurs, au mois d’octobre 2020, l’actuel Plan de réponse humanitaire est financé à un peu plus de la moitié des 553.6 millions de dollars américains requis. Pour permettre aux humanitaires de répondre aux besoins de la population centrafricaine en 2021 – des besoins encore plus élevés que l’année précédente – ils comptent sur l’engagement des bailleurs de fonds à demeurer aux côtés des Centrafricains qui ne peuvent satisfaire leurs besoins fondamentaux.

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Article principal
L'équipe chirurgicale mixte congolaise et centrafricaine effectue sa première opération de la fistule à l'Hôpital de l'Amitié à Bangui. ©Fondation Mukwege, 2020.
L'équipe chirurgicale mixte congolaise et centrafricaine effectue sa première opération de la fistule à l'Hôpital de l'Amitié à Bangui. ©Fondation Mukwege, 2020.

Une prise en charge holistique des survivantes des violences sexuelles en Centrafrique

L'inauguration du projet Nengo à la veille de la première journée des «16 jours d'activisme pour mettre fin aux violences faites aux femmes» à Bangui n'aurait pu être mieux choisie. Nommé Nengo, «dignité» en langue locale sango, ce projet vise à restaurer la dignité des milliers de femmes et de filles, mais aussi de garçons et d'hommes qui ont survécu aux violences sexuelles et basées sur le genre.

L'un des plus sombres chapitres du pays

Chaque heure, un cas de violence basée sur le genre est signalé en République centrafricaine. Et la situation est certainement pire, puisque le système de gestion de l'information dédié (GBVIMS) soutenu par les humanitaires ne couvre que 42% du pays. L'insécurité généralisée en Centrafrique maintient un contexte propice aux violences basées sur le genre, mais les inégalités entre les sexes profondément enracinées, les abus de pouvoir et les normes néfastes contribuent également à cet environnement nocif. La pandémie de COVID-19 a davantage aggravé les vulnérabilités existantes, en particulier au cours de ses premiers mois. Alors que le quotidien s’est réduit à l’espace familial en raison des mesures de confinement introduites par le gouvernement, une augmentation alarmante de la violence contre les femmes et les filles a été signalée en Centrafrique. Elles se trouvaient contraintes à rester à la maison avec leurs agresseurs – souvent des conjoints, des partenaires ou des membres de la famille – ce qui a augmenté les cas de violence d'au moins 10%, tout en limitant les possibilités pour les victimes de demander la protection et l’assistance.

Le projet Nengo crée un centre de prise en charge holistique des survivantes au sein d'un hôpital public à Bangui, l’Hôpital de l’Amitié, et de l’Association des femmes juristes de Centrafrique, deux lieux déjà reconnus pour le référencement de survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre. Après des mois de préparation, les équipes du service de gynécologie-obstétrique et de la maternité de l'Hôpital de l'Amitié et de l'Association des femmes juristes, avec le soutien de partenaires internationaux, ont lancé le programme de prise en charge holistique des survivantes.

Un «guichet unique» pour reconstruire des vies

Le centre permettra aux survivantes des violences sexuelles et basées sur le genre d’accéder à des soins holistiques de qualité, selon un parcours coordonné, accompagné et complet, grâce à la mise en place d’un «guichet unique». Ce modèle de soins holistiques a été développé par le Dr Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix 2018, et son équipe à l'Hôpital de Panzi à Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Il est structuré autour de quatre piliers qui répondent aux besoins essentiels de guérison de la survivante et son autonomisation:

La réponse comprend les soins médicaux et le traitement des blessures gynécologiques graves qui peuvent inclure la chirurgie. Les survivantes présentent souvent des signes de dépression, de peur, de troubles du comportement et de honte. Elles sont confrontées à l'exclusion sociale et ont du mal à rétablir la confiance et les relations interpersonnelles. Le deuxième pilier de la réponse est ainsi axé sur les soins psychosociaux, une partie intégrante du processus de guérison qui anticipe et complète le traitement physique. Les survivantes reçoivent également une assistance juridique pour réclamer justice, y compris des conseils judiciaires et un accompagnement tout au long du processus judiciaire. Et quatrièmement, les survivantes sont autonomisées sur le plan socio-économique, par exemple, grâce à des cours d'alphabétisation, à la gestion de petits commerce et à des programmes de microcrédit et de bourses d’études. La réinsertion économique et la reconstruction de moyens de subsistance autonomes sont particulièrement importantes pour les survivantes dont la subsistance dépendait de leur agresseur.

Le fait de réunir l’ensemble de ces services en une seule entité est pratique et facilite le référencement d'un service à l'autre. Il représente également un élément important de la protection des victimes comme le «guichet unique» évite que les survivantes aient à raconter leurs histoires à plusieurs reprises, ce qui leur ferait revivre les atrocités.

Le projet Nengo participera également à la prévention des violences sexuelles et basées sur le genre en Centrafrique à travers des actions de sensibilisation, le renforcement de l'état de droit et la réduction des causes structurelles des violences sexuelles et basées sur le genre en promouvant l'égalité des sexes.

Transfert de compétences Sud-Sud

Face à la situation en Centrafrique, un consortium de quatre institutions internationales réunissant la Fondation Pierre Fabre, la Fondation Panzi RDC, la Fondation Dr Denis Mukwege et l'Institut francophone pour la justice et la démocratie, avec l’appui financier de l’Agence française de développement, œuvrent à répliquer le modèle de prise en charge holistique du Dr Mukwege à Bangui.

Le modèle de «guichet unique» pour les survivantes des violences sexuelles et basées sur le genre est également répliqué dans d'autres pays, notamment en Guinée, en Colombie et en Ouganda. Le transfert de compétences entre les acteurs congolais et les acteurs centrafricains permettra en outre de renforcer les capacités d’un hôpital public ainsi que d’une association locale reconnue, au bénéfice des populations à long terme. L'amélioration de la qualité des soins dans le service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital bénéficiera en outre à l'ensemble de la population et pas seulement aux survivantes des violences.

Au-delà de la capitale

Au cours des quatre prochaines années, plus de 3 000 survivantes seront ainsi prises en charge dans le nouveau centre. Bien que situé dans la capitale, le centre sera également accessible aux survivantes des provinces grâce à un système de référencement entre le projet Nengo et des ONG, des prestataires de soins de santé et des organisations de la société civile implantées à travers le pays.

À la veille de l'inauguration du projet Nengo, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) est intervenu à l’atelier du comité d’organisation stratégique du projet pour présenter les mécanismes de prévention des abus et exploitations sexuelles au sein de la communauté humanitaire, et continuera de faire le lien entre le projet et les acteurs humanitaires qui œuvrent dans les domaines de la protection, de la santé et de l'autonomisation.

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Rapport de situation
Visuels

Aperçu des mouvements de population au 30 novembre 2020

Aperçu des mouvements de population au 30 novembre 2020

Au 30 novembre 2020, le nombre des personnes déplacées internes en République centrafricaine était estimé à 630 834 individus, selon les derniers chiffres publiés par la Commission mouvements de population. Environ un tier vivait sur des sites des personnes déplacées et deux tiers dans les familles d’accueil. L’analyse du flux au courant du mois de novembre montre un total de 18 630 personnes en mouvement, dont 13 227 nouveaux déplacements et 5 403 retours dans leurs zones d’origine. La tendance globale indique une hausse de 8 000 personnes en situation de déplacement (+1%) par rapport à la situation au mois d’octobre où 623 010 personnes étaient déplacées. Les nouveaux déplacements ont été rapportés principalement dans la Bamingui-Bangoran où environ 8 000 sinistrées des inondations se sont déplacées au nord de Ndélé et dans la Haute-Kotto à Bria où presque 2 000 personnes se sont déplacées en raison des problèmes sécuritaires localisés. Des retours ont aussi été rapportés en novembre dans certaines régions au centre et au nord-ouest de la Centrafrique. Dans la préfecture de la Ouaka, 2 250 personnes dans les villages périphériques de Ngakobo et sur les axes Goya et Boy-Kota sont retournées en raison de l’amélioration de la situation sécuritaire. Et dans l’Ouham, 1 300 personnes sont retournées à Kabo à priori pour des travaux champêtres et sur l'axe Béhili suite à une accalmie dans la zone.

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Contexte
Jacqueline est l’une des bénéficiaires du projet. Avec l’appui financier, elle fait la restauration en partenariat avec d’autres femmes membres du groupement Anissa. ©OCHA/Virginie Bero, Zémio, Préfecture du Haut-Mbomou, RCA, 2020.
Jacqueline est l’une des bénéficiaires du projet. Avec l’appui financier, elle fait la restauration en partenariat avec d’autres femmes membres du groupement Anissa. ©OCHA/Virginie Bero, Zémio, Préfecture du Haut-Mbomou, RCA, 2020.

Redonner une vie meilleure aux femmes à Zémio

Malgré une accalmie dans la Préfecture du Haut-Mbomou depuis le début de l’année 2020, la situation sécuritaire reste précaire avec des conséquences graves pour la population. Rien que pour les mois de juillet, août et septembre, 175 incidents de protection contre les civils ont été enregistrés dans deux villes de cette préfecture (Obo et Mboki), notamment des violences basées sur le genre et des restrictions à la liberté de mouvement. La population ne pouvant pas aller au-delà de 5 km pour vaquer à ses activités, de peur de se faire agresser par des éléments armés, se retrouve dans un état de vulnérabilité accentuée, malgré l’intervention des acteurs humanitaires présents dans cette localité.

Avec l’appui du Fonds humanitaire pour la République centrafricaine, les ONG International Rescue Committee (IRC) et l’Association des femmes pour la promotion de l'entreprenariat (AFPE) appuient les mécanismes de prévention de la violence et de la protection en faveur des personnes vulnérables, et renforcent leurs moyens d'assurer leurs besoins fondamentaux dans la Sous-préfecture de Zémio.

Rétablir la dignité

Doudou est arrivée sur un site d’accueil des personnes déplacées en 2019, avec ses enfants et son mari, fuyant les combats à Bambari. Ils ont tout perdu sur leur parcours. Un appui financier de 20 000 FCFA (40 dollars américains) de IRC leur a permis de retrouver à nouveau l’espoir. Avec cet argent, la femme âgée d’une trentaine d’années a lancé un petit commerce. Elle vend du café et des beignets, et fabrique du savon artisanal. « Avant, mon mari et moi sillonnions la ville de Zémio en quête de travail qui nous rapportait 500 FCFA (90 centimes américains) par jour. C’est avec cet argent que ma famille de sept personnes survivait. Aujourd’hui, je peux dire avec assurance que ma vie a changé grâce à l’appui que nous avons reçu. Je peux gagner l’argent pour nourrir ma famille et envoyer mes enfants à l’école », se réjouit Doudou.

L’ONG a également appuyé les femmes déplacées pour s’organiser en groupements et créer des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Deux groupements ont ainsi été mis en place. Au sein de chaque groupement, 30 femmes s’entraident à travers des tontines. Pour lancer les associations, elles ont reçu une assistance financière de 330 000 FCFA soit 660 dollars américains.

Les femmes participent à des médiations et thérapies de couple qui visent à réduire les violences domestiques. Des femmes victimes de maltraitance de la part de leurs maris ont témoigné avoir observé des changements de comportement de leurs conjoints.

Femme autonome, femme protégée

D’une voix sanglotant, Nadine Mbolini*, mère célibataire de quatre enfants, témoigne avoir été reçue au centre d’écoute de l’AFPE à la suite des blessures que lui avait causées son ex-conjoint. « J’avais l’oreille gauche qui saignait, je ne pouvais pas entendre avec mon oreille droite à la suite du coup que j’avais reçu », a-t-elle expliqué. Une fois au centre d’écoute, Nadine a été référencée pour une prise en charge médicale à l’hôpital de Zémio appuyée par l’ONG ALIMA. En plus d’un appui sanitaire, elle a reçu des fonds pour commencer un petit commerce. Aujourd’hui, elle vend de la bouillie et des beignets.

De janvier à juillet 2020, le centre d’écoute de l’AFPE a reçu et pris en charge 333 survivantes de violences basées sur le genre. La plupart ont subi des violences physiques: 159 survivantes ont été référencées pour la prise en charge médicale. Parmi elles, 50 survivantes ont été retenues et organisées en groupements où elles ont bénéficié d’une formation et un appui en matériel pour générer des revenus et assurer une subsistance indépendante. Certaines ont ensuite ouvert des petits restaurants, d’autres font le petit commerce en vendant du savon qu’elles ont fabriqué artisanalement, ainsi que le petit élevage.

Même si les bénéficiaires ont témoigné leur satisfaction à la suite des différentes assistances reçues, des difficultés demeurent. L’insécurité reste la préoccupation majeure. L’acheminement des produits de première nécessité dans cette zone isolée au sud-est de la Centrafrique est très difficile et risquant, ce qui entraine la hausse des prix sur le marché local. En outre, la dégradation des routes rend difficile l’acheminement de l’aide humanitaires aux personnes affectées dans les villages autour de Zémio.

L’appui des ONG IRC et AFPE qui a débouché sur la mise en place des groupements de femmes a eu un impact positif sur la vie socioéconomique des personnes affectées à Zémio. Des femmes déplacées qui ont tout perdu ont retrouvé l’espoir d’une vie meilleure en contribuant à la survie de leurs ménages. Ces bénéficiaires ont retrouvé leur autonomie financière et renforcent leurs activités génératrices de revenus à travers des contributions financières au sein des groupements qu’elles versent chaque semaine.

*Nom d’emprunt pour la protection des victimes

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Rapport de situation
Article principal
Préparation d'une solution chlorée
Le personnel soignant du Centre de santé de Bogoula participe à la session pratique sur la désinfection et la préparation et l'usage d'une solution chlorée. © Gloria Demarchi/Concern Worldwide, Préfecture de l'Ombella M’poko, Octobre 2020

Unir les forces dans la lutte contre la COVID-19

Depuis le premier cas de Covid-19 enregistré en mars 2020, la République centrafricaine (RCA) a recensé 4 995 cas confirmés dont 63 décès (au 4 février 2021). Face à cette urgence, l’ONG Concern Worldwide a immédiatement adapté deux de ses projets en cours et a lancé en parallèle deux nouveaux projets en collaboration avec d’autres ONG le long de l’axe reliant la capitale Bangui à Douala au Cameroun – une des zones les plus touchées par la pandémie. 400 000 personnes à travers l’ouest de la RCA bénéficieront de cette forte mobilisation des ONG.

Renforcer les centres de santé

Avant que le pays ne soit touché par la pandémie, Concern Worldwide travaillait déjà avec 13 centres de santé dans l’Ombella M’Poko et la Lobaye, grâce à un financement de la Coopération Irlandaise (Irish Aid), en renforçant leurs capacités à prendre en charge la malnutrition, notamment des enfants. Avec l’arrivée de la COVID-19, l’ONG a rapidement formé les agents de santé de ces centres sur la prévention et le contrôle des infections et a doté les centres en équipements de protection, en dispositifs de lavage des mains et en matériel de nettoyage et désinfection, ainsi qu’en matériel de communication pour sensibiliser la communauté sur les gestes barrières contre le virus.

Depuis juillet, cette même approche a été étendue à 62 autres centres de santé, grâce aux deux nouveaux projets financés par le Bureau de l’assistance humanitaire de l’Agence des Etats Unies pour le développement international (USAID BHA) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Ces centres de santé sont situés le long des axes principaux des préfectures de l’Ombella M’Poko, de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé, de la Nana-Mambéré et de la Mambéré-Kadéï à l’ouest de la RCA, qui mènent vers le Cameroun, premier partenaire commercial de la RCA.

Joindre les efforts

Le projet financé par le BHA est mis en œuvre en consortium aux côtés des ONG International Medical Corps (IMC), Conseil Danois pour les réfugiés (DRC) et Oxfam, qui joignent leurs efforts pour lutter contre la propagation de la pandémie, en appui au Ministère de la santé et de la population et des districts sanitaires.

D’autre part, l’accès à l’eau et à des infrastructures sanitaires adéquates étant essentiel dans la lutte contre la propagation de la pandémie, un appui supplémentaire sera apporté dans le cadre du projet financé par l’UNICEF avec la construction de 30 latrines et la réhabilitation de 20 points d’eau parmi les 62 centres de santé appuyés, pour ceux qui ne disposent pas de telles infrastructures.

Impliquer la communauté

Pour sensibiliser les populations aux risques de la COVID-19 et aux mesures barrières, l’ONG s’appuie sur des relais communautaires (RECO) et des « mamans lumières » afin de communiquer au plus près des communautés, y compris les villages isolés, et appuyer la surveillance épidémiologique à base communautaire. Les RECO et les mamanslumières  jouent le rôle de modèles dans la communauté et motivent les autres à adopter les bonnes pratiques afin de réduire les risques de transmission – ceux et celles qui « donnent la lumière » aux autres. Cette approche est utilisée depuis quelques années dans le cadre de projets appuyant les centres de santé. Une centaine de RECO et plus de 600 mamans lumières côtoient plus de 13 000 familles au quotidien dans leurs zones respectives, afin d’améliorer leurs pratiques d’hygiène, de santé et nutrition. En avril et mai, ces RECO et mamans lumières ont été formés sur la prévention de la COVID-19 et équipés de matériel de protection et didactique pour la sensibilisation.

Dans le cadre des deux nouveaux projets de lutte contre la COVID-19, 400 personnes supplémentaires sont en train d’être formées comme RECO, et appuieront ensuite les aires de santé des 62 centres de santé.

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Rapport de situation
Réponse d'urgence
Didi Séley et ses jumeaux
Didi Séley et ses jumeaux Hassan et Mariam en Juin 2019, puis en octobre 2020. ©OCHA/Virginie Bero, Zémio, Prefecture du Haut-Mbomou, RCA, 2020.

Un combat pour la vie

Hassan et sa sœur jumelle Mariam ont plus d’un an maintenant. Hassan a déjà fait ses premiers pas et Mariam les fera sûrement bientôt. Les jumeaux de Didi Séley ont souffert de malnutrition aigüe sévère (MAS) en 2019 quand ils avaient l’âge de quatre mois. Après avoir bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle, ils se sont rétablis et sont aujourd’hui en bonne santé. En République centrafricaine (RCA), 1 enfant sur 10 ne survivrait pas d’ici ses 5 ans suite à une combinaison de facteurs, dont la malnutrition pour laquelle plus de 1 million d’enfants auront besoin d’assistance préventive et curative en 2021.

Didi Séley, la mère de Hassan et Mariam, a fui la ville de Bambari au centre de la RCA en 2018 à cause de conflit armé. Abandonnée par son mari, elle s’est retrouvée seule une année plus tard avec ses nouveau-nés sur un site informel de personnes déplacées à Zémio au sud-est du pays. « Arrivée sur le site, je ne savais pas comment nourrir mes enfants », dit-elle. Séley ne mangeait pas à sa faim, et par conséquent, elle ne pouvait pas allaiter convenablement ses deux enfants.

Une étincelle d'espérance

En juin 2019, lors d’une évaluation des besoins des personnes déplacées à Zemio, la Coordonnatrice Humanitaire et une équipe du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont rencontré Didi Séley qui mendiait en désespoir sur le site des déplacés avec ses jumeaux qui présentaient des signes de malnutrition avancée, comme des corps amaigris et des ventres ballonnés. Alerté par la situation nutritionnelle des enfants, l’équipe humanitaire a initié un traitement d’urgence pour les jumeaux qui étaient déjà dans un état de MAS. Les humanitaires ont continué à suivre le développement des enfants et ont assuré leur prise en charge nutritionnelle et médicale. « J’avais perdu tout espoir concernant la survie de mes enfants. S’ils sont en vie aujourd’hui, c’est grâce à l’appui des humanitaires », dit la jeune maman visiblement soulagée.

Didi Séley a bénéficié d’un appui multisectoriel fourni par les acteurs humanitaires à Zemio. Ses enfants sont suivis chaque semaine et à cette occasion, ils reçoivent des intrants nutritionnels. De son côté, la mère des jumeaux a reçu des vivre du Programme alimentaire mondial. Par ailleurs, elle est devenue membre du groupement féminin « Aimons-nous », appuyée par l’ONG Association des femmes pour la promotion et l’entreprenariat (AFPE), avec un financement du Fonds humanitaire pour la RCA. Une assistance en kit d’activités génératrices de revenus (AGR) lui a permis de commencer le petit commerce et gagner de l’argent pour prendre en charge ses jumeaux. Dans ce groupement, les bénéficiaires ont mis en place un système de tontine qui leur permet de s’octroyer des crédits rotatifs afin de renforcer leurs fonds de commerce. « Nous venons en aide aux femmes éprouvées, celles qui sont malades, les victimes de violences conjugales ou les personnes démunies, » a témoigné, Mbolini Jacqueline, présidente de ce groupement.

Didi et ses jumeaux parmi des milliers

En 2019, la sous-préfecturede Zémio était en phase 5 – la plus aigüe en termes des besoins humanitaires. Avec une population de plus de 35 000 habitants, la ville de Zémio a accueilli depuis 2017 plus de 15 000 personnes déplacées en provenance de la préfecture de la Ouaka et des différents axes routiers de Zémio. Comme Didi Séley, des milliers de personnes affectées par des conflits ont reçu une assistance humanitaire dans la sous-préfecture. Grâce à cette assistance, la proportion des ménages souffrant de la faim sévère a diminué de moitié, passant de 30% à 12%. Et 71% des ménages utilisent désormais des forages manuels, contre 45% en 2019.

Aujourd’hui, Didi Séley a entrepris un petitélevage de poulets. Dans le groupement « Aimons nous », elleparticipe à la tontine et projete relancer l’élevage de petits ruminants. « Une fois que j’aurai économisé assez d’argent, je compte sortir du site, prendre une maison en location et m’y installer avec mes enfants ».

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Rapport de situation
Contexte
L’ONG Médecins d'Afrique forme des agents de santé communautaires sur la prise en charge des patients COVID-19. ©Médecins d'Afrique. Sibut, Préfecture de la Kémo, 2020.
L’ONG Médecins d'Afrique forme des agents de santé communautaires sur la prise en charge des patients COVID-19. ©Médecins d'Afrique. Sibut, Préfecture de la Kémo, 2020.

Faire face à la COVID-19 dans l'une des plus graves crises humanitaires

Premier cas : 14 mars 2020

Nombres de cas : 4 995 (au 4 février 2021)

Nombre de décès : 63

Régions concernées : Les sept régions sanitaires du pays ont enregistré des cas. L'épicentre de la pandémie est la capitale Bangui, où vit, selon les estimations, 17% de la population (948 000 personnes).

Transmission : Le Ministère de la santé et de la population indique que le virus se propage principalement par transmission communautaire. Seul un décès sur cinq survient dans les hôpitaux, les autres au sein de la communauté. Compte tenu des capacités limitées en matière de tests, depuis juillet 2020 la stratégie de diagnostic du gouvernement limite les tests aux cas suspects et aux personnes à risque. Ainsi, la baisse observée des nouveaux cas confirmés devrait être interprétée avec prudence. À titre d'exemple, 36 507 personnes ont été testées au 4 février 2021 soit un taux de cas positifs d'environ 14%, ce qui est relativement élevé par rapport à d’autres pays. Près des trois quarts des cas positifs sont des hommes.

Ecoles : Les écoles ont commencé à rouvrir progressivement à la mi-juillet après avoir été fermées le 27 mars. Les cours pour les classes terminales se sont poursuivis en juillet, août et début septembre, tandis que toutes les autres classes ont repris le 19 octobre à la rentrée scolaire 2020-2021. Selon le cluster éducation, on estime que 1,4 million d'élèves ont été touchés par la fermeture de l'école. Il est à craindre que certains d'entre eux n’y retourneront jamais, ajoutant des difficultés supplémentaires au secteur de l'éducation déjà affaibli notamment par le manque d'enseignants qualifiés et d'infrastructures scolaires. En outre, des analyses effectuées à Bangui montrent une augmentation des violences sexuelles contre les enfants pendant la fermeture des écoles.

Frontières : L'aéroport de Bangui a repris les vols commerciaux le 13 juillet après sa fermeture fin mars. Les staff des organisations internationales et non gouvernementales ainsi que les diplomates arrivant par vols internationaux sont soumis à une quarantaine de 14 jours. Les frontières terrestres sont ouvertes et l'approvisionnement en marchandises arrivant principalement du Cameroun voisin est assuré, malgré des délais signalés.

Mesures de confinement : Le gouvernement a imposé la fermeture des bars et des boîtes de nuit, limité le nombre de personnes pour des rassemblements et imposé le port obligatoire de masques dans les espaces publics. Cependant, le pays est confronté à d'importants défis pour renforcer ces mesures dans la capitale Bangui, ainsi que dans les préfectures. Les lieux de culte ont rouvert après une fermeture temporaire.

Situation

Depuis que le premier cas de COVID-19 a été détecté en République centrafricaine (RCA) à la mi-mars, le Ministère de la santé et de la population a confirmé 4 995 cas positifs dont 63 décès (au 4 février 2021). Les sept régions sanitaires du pays ont rapporté des cas, la capitale Bangui étant la plus touchée par la pandémie.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la RCA est l'un des pays les moins préparés pour faire face à la COVID-19, avec 2,3 millions de personnes ayant déjà besoin d'une assistance sanitaire et environ 70% des services de santé fournis par les organisations humanitaires. Le système de santé, marqué par un manque chronique d'équipements, de médicaments essentiels, de personnel qualifié et des chaînes d'approvisionnement perturbées par la dégradation avancée d’infrastructures routières, était soumis à un stress extrême avant la pandémie et a été mis à rude épreuve pour prévenir, contenir et traiter la COVID-19.

Les stocks d'équipements de protection individuelle pour le personnel de santé couvrent moins d'un tiers des besoins estimés pour les prochains mois. Un stock très limité est disponible dans les districts éloignés de la capitale où l'accès est difficile. Seuls deux ventilateurs sont actuellement disponibles en RCA. Il n'y a que quatre centres de traitement COVID-19 à Bangui et sept centres pour traiter les cas légers et modérés, et pour assurer une quarantaine en dehors de la capitale. Cette situation est à la base de difficultés extrêmes pour le gouvernement et les organisations humanitaires dans la réponse à la pandémie et le maintien des services essentiels.

Les 631 000 personnes deplacées à l'intérieur du pays (PDI) sont parmi les plus menacées. Les risques de transmission sont particulièrement élevés dans les sites surpeuplés comme à Bria dans la préfecture de Haute-Kotto, où vivent 50 000 personnes.

Les facteurs aggravants sont l'accès limité à l'eau dans un pays où seul un habitant sur trois a accès à l’eau potable, le manque d'installations et d'infrastructures sanitaires et la présence faible et limitée des autorités nationales pour faire appliquer les mesures de confinement. La COVID-19 a également des impacts directs et indirects sur la sécurité alimentaire et la nutrition en RCA. Selon la dernière alerte du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de la moitié de la population centrafricaine (2,36 millions) est en situation d'insécurité alimentaire aiguë (phase 3+). Certaines familles ont perdu leurs revenus alors qu'elles doivent faire face à une augmentation du coût de la vie liée à la pandémie. Les mesures barrières ont également des effets négatifs indirects, en limitant l'accès aux lieux où des ménages pauvres tirent généralement un revenu de leur travail quotidien ou en augmentant les coûts de transport. Les prix des produits alimentaires et non alimentaires ont de nouveau augmenté en juillet, atteignant leur niveau le plus élevé depuis le début de l'année. Une augmentation de 5% par rapport à juin a été enregistrée lors de la dernière analyse de marché.

Réponse

Les partenaires humanitaires, de développement et le gouvernement ont uni leurs efforts pour prévenir et répondre à la pandémie. Ils appuient notamment la décentralisation des activités de riposte au niveau des districts sanitaires. Le dépistage est désormais possible dans certaines régions grâce à la mise à disposition par le Fonds mondial de cartouches GeneXpert adaptées aux tests virologiques COVID-19 à Bouar (Nana-Mambéré), Berberati (Mambéré-Kadéï), Bambari (Ouaka) et Bangassou (Mbomou). Les formations des laborantins ont eu lieu dans ces localités avec l’appui de l’OMS et de l'Institut Pasteur de Bangui.

Avec le soutien de la communauté humanitaire et de la MINUSCA, deux centres de prise en charge de COVID-19 sont fonctionnels dans la ville de Bangui et sept centres d'isolement et de traitement des patients COVID-19 sont fonctionnels dans les régions de Bambari, Bria (Haute-Kotto), Bouar, Paoua (Ouham Pendé), Bimbo (Ombella M'Poko), Berberati et Bossangoa (Ouham), toutes des localités initialement priorisées pour la décentralisation. La réponse humanitaire est également en cours dans des districts sanitaires non inclus dans la liste des priorités initiales suite à l'évolution de la pandémie, tels que Bangassou, Ngaoundaye (Ouham Pendé), Bocaranga-Koui (Ouham Pendé), Bégoua (Ombella M'Poko), Baboua-Abba (Nana-Mambere), Gamboula (Mamberé-Kadéi), Kembé (Basse-Kotto), Kouango-Grimari (Ouaka) et Batangafo (Ouham). Dans le district sanitaire de Bégoua, l'ONG Médecins du Monde a construit des espaces d'isolement et de triage dans cinq centres de santé et collabore avec l’ONG Humanité et Inclusion pour former des agents de santé en soutien psychologique et santé mentale. Le consortium Première urgence internationale (PUI)-Action contre la faim (ACF)-Croix-rouge française (CRF) a également aménagé des espaces d’isolement des cas suspects de COVID-19 dans 14 formations sanitaires de la ville de Bangui. Par ailleurs, l’OMS a doté le Ministère de la santé et de la population de 26 concentrateurs d’oxygène, 7 700 kits de diagnostic PCR COVID-19 et d’équipements de protection individuelle acquis avec l’appui du Fonds central pour les interventions d’urgence des Nations Unies (CERF).

Le CERF à travers l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a également alloué en juillet 5 millions de dollars américains aux ONG International Rescue Committee (IRC), International Medical Corps (IMC), Alliance for International Medical Action (ALIMA) et Médecins d'Afrique (MDA) pour intensifier la réponse à la COVID-19 dans le Centre, l'Est et le Nord de la République centrafricaine, où les ONG sélectionnées mettent en œuvre des programmes de réponse d’urgence depuis plusieurs années. Ce financement permet de fournir progressivement une assistance à 220 000 personnes vulnérables, dont 87 000 personnes déplacées vivant dans des conditions sanitaires déplorables propices à la propagation du virus. Les fonds permettront la construction, la réhabilitation et l'équipement de 19 centres d'isolement et de traitement pour les patients COVID-19, tout en améliorant les mécanismes de surveillance épidémiologique. Le personnel médical sera recruté et les médicaments et fournitures seront acquis. En outre, des agents psychosociaux veilleront à ce que la santé mentale des patients et de leurs familles soit également prise en charge.

Les acteurs humanitaires mettent en places des dispositifs de lavage des mains sur les sites des personnes déplacées et dans les communautés d'accueil, forment des agents de santé et des relais communautaires, distribuent des kits d'hygiène et des équipements de protection pour répondre aux besoins des centres de santé. Des milliers de personnes ont été touchées par des campagnes de sensibilisation visant à prévenir les transmissions grâce aux organisations humanitaires.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé son soutien aux personnes vulnérables touchées par la COVID-19 à Bangui et dans ses environs, en apportant une aide en espèces d'une valeur de 532 000 dollars américains à 51 000 bénéficiaires. En outre, le PAM a apporté son soutien à 350 patients dans les hôpitaux en juillet.

Des partenariats innovants ont vu le jour pour assurer une réponse multisectorielle inclusive qui protège les personnes les plus vulnérables à la pandémie. Fin juillet, Médecins sans frontières (MSF) et le PAM ont ainsi signé un partenariat pour assister en vivres 1 245 personnes vivants avec le VIH/SIDA et leurs familles à Paoua. A Bouar et Baboua, le PAM et World Vision ont également modifié leurs critères de ciblage pour fournir un appui alimentaire aux personnes impactées par la COVID-19 ou des pathologies chroniques.

Dans la stratégie de décentralisation de la réponse COVID-19, le Ministère de la santé et de la population a introduit des mécanismes de surveillance à base communautaire. Un projet pilote de surveillance à base communautaire est mis en œuvre dans un arrondissement de Bangui à partir de juillet 2020 en partenariat avec la Croix-Rouge centrafricaine et la Direction générale de la protection civile. Les équipes de surveillance à base communautaire sont formées à travailler sur la sensibilisation aux mesures de prévention à la COVID-19, détecter et notifier des cas suspects et les décès au sein des communautés, suivre des cas simples et modérés, référer des cas graves et suivre des contacts des personnes infectées. La mise en place de la surveillance à base communautaire dans le reste du pays se base sur le système administratif et sanitaire existant. Les partenaires humanitaires sont impliqués dans la mise en place de cette stratégie à travers les réseaux des relais communautaires qu’ils soutiennent.

En juillet 2020, les Nations Unies et ses partenaires avaient mis à jour le plan de réponse humanitaire, un appel de 152,8 millions de dollars américains pour répondre aux besoins sanitaires et non sanitaires les plus immédiats et critiques des millions de Centrafricains touchés par les conséquences de la COVID-19.

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Rapport de situation
Visuels

Aperçu du Fonds humanitaire pour la RCA (janvier - septembre 2020)

Aperçu du fonds humanitaires pour la RCA (janvier - septembre 2020)

La crise humanitaire en RCA reste aigue. 2,6 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire et de protection. Le nombre de personnes déplacés internes (PDI) demeure élevé avec environ 660 000 PDI en juillet. Les civils, en particulier les femmes et les enfants, continuent de faire les frais du conflit. La situation de la sécurité alimentaire s'est également aggravée, avec maintenant 2,36 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire aiguë. Un enfant sur 18 est à risque de décès extrêmement élevé en raison de la malnutrition aiguë sévère. Une seule personne sur 10 peut accéder à des installations sanitaires et seulement un tiers de la population à accès à l'eau potable. La pandémie de COVID-19 a davantage exacerbé les vulnérabilités des groupes les plus marginalisés. Depuis janvier 2020, le Fonds humanitaire de la RCA (FH RCA) a alloué 21,8 millions de dollars américains pour soutenir les efforts de la communauté humanitaire de réponse aux besoins les plus critiques et vitaux en ligne avec les priorités identifiées dans le plan de réponse humanitaire 2020 (PRH) et le plan de réponse humanitaire global (PRHG). De ce montant, 7,3 millions ont été alloués aux activités multisectorielles dans le cadre de la réponse à la COVID-19. Ceci inclut les activités mises en œuvre dans les secteurs de la santé, l'eau-hygiène-assainissement, la coordination et la gestion des camps, les abris et les articles non alimentaires, la nutrition, la sécurité alimentaire, la protection, la logistique et les télécommunications d’urgence Grâce à la générosité des bailleurs de fonds, le FH RCA a pu financer de manière rapide, stratégique et efficiente, la mise en œuvre de 67 projets d'urgence à travers le mécanisme d’allocation de réserve. Les partenaires sur la ligne de front et ceux qui sont mieux positionnés sur le terrain ont été priorisés. Par conséquent, 95% du financement a été alloué aux organisations non-gouvernementales nationales et internationales. La première réserve était destinée aux supports communs dans les zones difficiles d’accès et à l’amélioration de la coordination et gestion des camps à Birao. La seconde réserve était centrée sur la réponse aux besoins critiques et vitaux identifiés dans le PRH pour une enveloppe de 6,7 millions de dollars et à la mitigation des risques liés à la pandémie COVID-19 pour une enveloppe de 5,3 millions de dollars. La troisième réserve était destinée au devoir de diligence / coordination ainsi qu’à la réponse aux besoins multisectorielles non couverts des groupes de populations les plus vulnérables conformément aux priorités du PRH. Enfin, la quatrième réserve permet d’assurer la continuité des services internet au profit des acteurs humanitaires dans 10 zones prioritaires.

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