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Rapport de situation

Faits saillants

  • En 2021, 2,8 millions de Centrafricaines et Centrafricains – 57% de la population – auront besoin d’assistance humanitaire et de protection.
  • La pandémie de COVID-19 affecte sévèrement l'année scolaire 2020-2021, dans un secteur déjà fragile
  • Se battre pour la vie des enfants et de leurs mères
  • Des inondations menacent toujours la Centrafrique : une solution à long terme reste essentielle, tandis que des besoins d’urgence s’annoncent.
  • L’instabilité de l’ouest a des graves conséquences pour la population prise au piège du conflit.
Des jeunes mères et leurs bébés bénéficient de la clinique mobile dans le village de Daté, rendue possible par une organisation humanitaire. ©OCHA/Virginie Bero, Daté, Préfecture de la Mambéré-Kadéï, RCA, 2020.
Des jeunes mères et leurs bébés bénéficient de la clinique mobile dans le village de Daté, rendue possible par une organisation humanitaire. ©OCHA/Virginie Bero, Daté, Préfecture de la Mambéré-Kadéï, RCA, 2020.

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Chiffres clés

4,9M
Population
2,8M
Pers. ayant besoin d’une aide humanitaire
1,6M
Pers. ciblées pour assistance en 2020
1,9M
Pers. en insécurité alimentaire
2,3M
Proj. pers. en insécu. alim. (05-08/2021)
640,7K
Personnes déplacées
622K
Réfugiés centrafricains
4911
Cas confirmés COVID-19
63
Décès liés à la COVID-19

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Financement

$553.6M
Requis
$352.6M
Reçu
64%
Progrès
FTS

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Contacts

Maria Rosaria BRUNO

Cheffe de Bureau a.i.

Maxime NAMA CIRHIBUKA

Chef de Section Information Publique

Anita CADONAU

Chargée du Reporting

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Prévisions
L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire en RCA. ©NRC/C. Igara, RCA, 2020.
L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire en RCA. ©NRC/C. Igara, RCA, 2020.

L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 démontre un coût humain dévastateur en Centrafrique

En 2021, 2,8 millions de Centrafricains et Centrafricaines – 57% d’une population estimée à 4,9 millions – auront besoin d’assistance humanitaire et de protection. Parmi elles, près des trois quarts ont des besoins aigus, en d'autres termes, la survie physique et morale de 1,9 millions de personnes, 39% de la population, est en danger. L’Aperçu des besoins humanitaires en 2021 pour la République centrafricaine (RCA), fruit d’une collecte de données inégalée et d’un long travail d’analyse, présente une compréhension commune de la crise et nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire dans tous les secteurs.

Les chiffres mettent à nu les conséquences dramatiques de l’arrivée d’une pandémie dans un pays déjà ravagé par des décennies de conflit armé, de sous-développement et où les catastrophes naturelles se font plus fréquentes et graves. Ces chiffres dévoilent aussi le sombre quotidien d’une majorité de la population, vivant dans des conditions si difficiles qu’elle peine à se nourrir, à se loger dignement et à assurer une scolarité minimale à ses enfants. Ces données révèlent enfin la dépendance de nombreuses populations à l’aide humanitaire et les dangers liés au désengagement des acteurs humanitaires lorsque les acteurs de développement tardent à prendre le relais.

La situation humanitaire ne cesse d’empirer

Depuis l’année dernière, le nombre de personnes dans le besoin a augmenté, passant de 2,6 millions à 2,8 millions (+8%). En même temps, le nombre de personnes en besoin d’assistance aiguë est de 12% supérieur qu’en 2020 (avec 1,9 million personnes en 2021 contre 1,7 million en 2020). En cinq ans, jamais la RCA n’avait compté autant de personnes en situation de détresse humanitaire qu’aujourd’hui. Cette augmentation est la conséquence directe de la plongée des indicateurs macro-économiques, l’avènement de nouvelles poches de conflits violents, la montée de l’insécurité alimentaire et la pandémie de la COVID-19.

La RCA continue à faire face à une grave crise de protection, avec une augmentation constante des violations des droits humains et du droit international humanitaire malgré la signature de l'Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en 2019. Ceux qui souffrent le plus, ce sont les populations civiles. Un Centrafricain sur quatre est déplacé soit à l'intérieur du pays ou dans un pays voisin, et les vagues de retour de personnes déplacées et rapatriées ont considérablement ralenti.

La violence basée sur le genre (VBG) est un fléau, avec un incident signalé toutes les heures par le système d'alerte humanitaire, qui ne couvre que 42% du pays – et ces chiffres représentent seulement la partie emergée de l’iceberg. Les acteurs humanitaires ont enregistré une augmentation de près de deux fois du nombre de cas de violence à l'égard des filles et des femmes à la suite des restrictions imposées par la COVID-19. A travers le pays, les enfants continuent d'être exposés à des risques de protection. Une famille sur quatre craint pour la sécurité de ses enfants, principalement s’agissant des violences sexuelles contre les filles, du travail forcé et du recrutement par des groupes armés pour les garçons.

Le secteur avec le plus de personnes en besoin est ainsi la protection, suivi de la santé, l’eau, hygiène et assainissement (EHA) et la sécurité alimentaire. 40% des ménages centrafricains se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë. Dans la capitale Bangui, le nombre de personnes en insécurité alimentaire a presque doublé depuis l’année passée, affectant désormais 45% des Banguissois. Le nombre de personnes dans le besoin en 2021 a augmenté dans tous les secteurs sauf la nutrition où on constate une légère diminution.

La RCA est l'un des pays les plus dangereux pour les acteurs humanitaires dans le monde. En moyenne, plus d'un incident par jour affectant des travailleurs humanitaires a été enregistré entre janvier et fin septembre 2020, avec deux humanitaires tués et 21 blessés.

Les prochaines étapes

Pour répondre à ces besoins en 2021, en collaboration avec le gouvernent centrafricain, les acteurs humanitaires en RCA développeront une stratégie commune qui guidera leurs interventions, détaillée dans le Plan de réponse humanitaire 2021 qui sera publié en décembre 2020.

Malgré les généreuses contributions des donateurs, au mois d’octobre 2020, l’actuel Plan de réponse humanitaire est financé à un peu plus de la moitié des 553.6 millions de dollars américains requis. Pour permettre aux humanitaires de répondre aux besoins de la population centrafricaine en 2021 – des besoins encore plus élevés que l’année précédente – ils comptent sur l’engagement des bailleurs de fonds à demeurer aux côtés des Centrafricains qui ne peuvent satisfaire leurs besoins fondamentaux.

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Article principal
Préparation d'une solution chlorée
Le personnel soignant du Centre de santé de Bogoula participe à la session pratique sur la désinfection et la préparation et l'usage d'une solution chlorée. © Gloria Demarchi/Concern Worldwide, Préfecture de l'Ombella M’poko, Octobre 2020

Unir les forces dans la lutte contre la COVID-19

Depuis le premier cas de Covid-19 enregistré en mars 2020, la République centrafricaine (RCA) a recensé 4 911 cas confirmés dont 63 décès (au 18 novembre 2020). Face à cette urgence, l’ONG Concern Worldwide a immédiatement adapté deux de ses projets en cours et a lancé en parallèle deux nouveaux projets en collaboration avec d’autres ONG le long de l’axe reliant la capitale Bangui à Douala au Cameroun – une des zones les plus touchées par la pandémie. 400 000 personnes à travers l’ouest de la RCA bénéficieront de cette forte mobilisation des ONG.

Renforcer les centres de santé

Avant que le pays ne soit touché par la pandémie, Concern Worldwide travaillait déjà avec 13 centres de santé dans l’Ombella M’Poko et la Lobaye, grâce à un financement de la Coopération Irlandaise (Irish Aid), en renforçant leurs capacités à prendre en charge la malnutrition, notamment des enfants. Avec l’arrivée de la COVID-19, l’ONG a rapidement formé les agents de santé de ces centres sur la prévention et le contrôle des infections et a doté les centres en équipements de protection, en dispositifs de lavage des mains et en matériel de nettoyage et désinfection, ainsi qu’en matériel de communication pour sensibiliser la communauté sur les gestes barrières contre le virus.

Depuis juillet, cette même approche a été étendue à 62 autres centres de santé, grâce aux deux nouveaux projets financés par le Bureau de l’assistance humanitaire de l’Agence des Etats Unies pour le développement international (USAID BHA) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Ces centres de santé sont situés le long des axes principaux des préfectures de l’Ombella M’Poko, de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé, de la Nana-Mambéré et de la Mambéré-Kadéï à l’ouest de la RCA, qui mènent vers le Cameroun, premier partenaire commercial de la RCA.

Joindre les efforts

Le projet financé par le BHA est mis en œuvre en consortium aux côtés des ONG International Medical Corps (IMC), Conseil Danois pour les réfugiés (DRC) et Oxfam, qui joignent leurs efforts pour lutter contre la propagation de la pandémie, en appui au Ministère de la santé et de la population et des districts sanitaires.

D’autre part, l’accès à l’eau et à des infrastructures sanitaires adéquates étant essentiel dans la lutte contre la propagation de la pandémie, un appui supplémentaire sera apporté dans le cadre du projet financé par l’UNICEF avec la construction de 30 latrines et la réhabilitation de 20 points d’eau parmi les 62 centres de santé appuyés, pour ceux qui ne disposent pas de telles infrastructures.

Impliquer la communauté

Pour sensibiliser les populations aux risques de la COVID-19 et aux mesures barrières, l’ONG s’appuie sur des relais communautaires (RECO) et des « mamans lumières » afin de communiquer au plus près des communautés, y compris les villages isolés, et appuyer la surveillance épidémiologique à base communautaire. Les RECO et les mamanslumières  jouent le rôle de modèles dans la communauté et motivent les autres à adopter les bonnes pratiques afin de réduire les risques de transmission – ceux et celles qui « donnent la lumière » aux autres. Cette approche est utilisée depuis quelques années dans le cadre de projets appuyant les centres de santé. Une centaine de RECO et plus de 600 mamans lumières côtoient plus de 13 000 familles au quotidien dans leurs zones respectives, afin d’améliorer leurs pratiques d’hygiène, de santé et nutrition. En avril et mai, ces RECO et mamans lumières ont été formés sur la prévention de la COVID-19 et équipés de matériel de protection et didactique pour la sensibilisation.

Dans le cadre des deux nouveaux projets de lutte contre la COVID-19, 400 personnes supplémentaires sont en train d’être formées comme RECO, et appuieront ensuite les aires de santé des 62 centres de santé.

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Analyse
Cérémonie de rentrée de la rentrée scolaire 2020-2021
Des élèves participent à la cérémonie de rentrée scolaire, ©UNICEF/Valérie Sonlo, Bouar, Préfecture de la Nana-Mambéré, RCA, 2020

Une rentrée scolaire pas comme les autres

Après presque sept mois, les élèves ont retrouvé le chemin de l’école le 19 octobre sur toute l'étendue de la République centrafricaine (RCA) pour le début de l’année scolaire 2020-2021. Les écoles ont été fermées au niveau national depuis le 27 mars afin de contenir la propagation de la COVID-19. Seuls les cours pour les classes d’examens – trois sur 12 classes se sont poursuivis en juillet, août et septembre, tandis que les élèves des autres classes sont restés à la maison jusqu’en octobre.

Reprendre une certaine normalité

Pour la plupart d’enfants, le 19 octobre était le jour qu'ils attendaient depuis longtemps. La routine scolaire a ramené un peu de normalité dans la vie de ces enfants qui, déjà affectés par des années de conflit armé dans le pays, doivent faire face à une autre crise avec l'arrivée de la pandémie de COVID-19.

Si le bilan du Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire (MEPS) pour la capitale Bangui a été positif, cette rentrée scolaire a été timide dans d'autres régions, notamment dans la préfecture de la Vakaga à l'extrême nord, dans le Haut-Mbomou au sud-est et une partie de l'Ouham et de l'Ouham Pendé à l'ouest. L'insécurité qui règne dans ces régions a entraîné le déplacement de nombreux enseignants, la destruction des infrastructures scolaires et, par peur, les enfants n'osent plus quitter la maison.

L’école comme moyen de protection

Selon le Cluster Education, un cadre de coordination sectorielle animé par la communauté humanitaire, on estime que près de 1,4 million d'enfants centrafricains, tous cycles confondus, ont été touchés par la fermeture des écoles liées à la COVID-19. Il est à craindre que certains d'entre eux n’y retourneront jamais, dans un pays où seulement 49% d’enfants achèvent le cycle primaire. Les enfants se sont vus privés de leur accès à l’éducation dans un contexte où le système éducatif présente peu d’opportunités, voir aucune, d’éducation à distance de qualité pour assurer la continuité de l’apprentissage dans le contexte de la COVID-19. Seulement 4% de la population a accès à internet. Les écoles constituent également un moyen de protection pour les enfants et jeunes centrafricains, en particulier dans un pays ravagé par les conflits et la violence. La fermeture des écoles a aggravé l’exposition de ces derniers à diverses formes d’abus, dont l’exploitation économique des enfants dans les ménages, ainsi que le recrutement et l’utilisation dans les forces et groupes armés. Les filles quant à elles ont davantage été victimes de violences sexuelles, selon les différents rapports des partenaires sur le terrain.

Il reste encore du chemin à parcourir

Au niveau national, 9% des enfants inscrits au début de l'année scolaire 2019-2020 l’ont abandonnée en cours d'année, selon l’Etude nationale multisectorielle des besoins 2020, réalisée par REACH Initiative. Les raisons sont multiples et incluent notamment la perte de revenus familiaux due au déplacement forcé. En conséquence, les parents ne sont plus en mesure de payer les frais de scolarité et les fournitures scolaires. Parmi les autres facteurs à l'origine du taux d'abandon scolaire on compte le manque d'enseignants qualifiés, le mauvais état des infrastructures scolaires, l'insécurité dans une grande partie du pays, ainsi que le manque de toilettes à l'école – particulièrement important pour les adolescentes. L'estimation du taux d'abandon scolaire de 9% est basée sur la situation avant la pandémie de COVID-19. Au cours de la pandémie, de plus en plus d’enfants et des jeunes se sont tournés vers des activités génératrices de revenus, par exemple, comme vendeurs ambulants, ou aides domestiques. Le risque est grand que la plupart de ces enfants ne retourneront pas à l'école, en particulier ceux des familles où même la plus petite contribution au revenu est nécessaire pour la survie. Les mois à venir montreront combien d'enfants auront abandonné l'école à la suite de la pandémie de COVID-19.

Les filles seront probablement touchées de manière disproportionnée par les abandons scolaires liés à la COVID-19. Ceci était déjà le cas avant la pandémie. Alors que 75% des garçons passent du primaire au collège, cela ne concerne que 65% des filles. Plusieurs facteurs sont responsables de cette disparité entre les sexes, notamment les rôles traditionnels qui voient les filles dans le ménage plutôt qu'à l'école, l'ignorance des lois favorisant l'égalité de l'accès à l'éducation, le manque d'enseignantes qui servent de modèles, la violence à l'école ou sur le chemin de l'école, et les mariages et grossesses précoces.

Soutenir la rentrée

Le Cluster Education en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) prend plusieurs mesures pour aider le gouvernement à faciliter la rentrée et à motiver les élèves à retourner en classe. Le Cluster Education compte introduire un transfert monétaire en éducation dans les prochains mois en faveur des enfants les plus vulnérables et exposés au risque d’abandon scolaire. Un soutien financier incitera les familles à maintenir leurs enfants à l'école et couvrira une partie des dépenses.

Dans le cadre de l’allocation du Fonds humanitaire de la RCA (FH RCA), le Cluster Education compte prioriser la réouverture des écoles non fonctionnelles à travers la mise en œuvre d’un paquet minimum d’activités dont la construction des espaces temporaires d’apprentissage et de protection de l’enfance, l’identification, la formation et la motivation des maîtres-parents ainsi que les distributions des fournitures scolaires et pédagogiques aux élèves et à leurs enseignants.

Grâce au FH RCA, l’ONG Intersos a pu appuyer 250 enfants finalistes du primaire à passer les examens dans la Vakaga, ce qui leur permet de commencer le collège. L'insécurité croissante dans cette préfecture à l'extrême nord a provoqué le départ d’autant d'enseignants que même les classes d’examens ne pouvaient pas être tenues – comme ailleurs dans le pays – sans l’appui de la communauté humanitaire.

Rentrer en respectant les mesures sanitaires

Face à la menace que continue de présenter la COVID-19, la communauté humanitaire a également soutenu le MEPS à préparer une rentrée en toute sécurité. Avec le financement du Partenariat mondial pour l’éducation géré par l’UNICEF, des dispositifs de lavage des mains, des savons et d’autres matériels similaires ont été achetés et remis au MEPS pour les acheminer et distribuer dans les écoles à travers le pays. Les humanitaires ont également appuyé le secteur avec des distributions de masques aux élèves et aux enseignants. Les Clusters Education et Eau, hygiène et assainissement ont aidé le MEPS à développer un protocole définissant les standards d'hygiène à respecter dans les écoles pour contenir la pandémie de COVID-19.

Toutefois, malgré ces efforts considérables, les écoles en RCA ne sont malheureusement pas en mesure de répondre efficacement aux exigences de la pandémie. Dans le contexte actuel, où de nombreuses écoles sont délabrées et où le ratio élève-maitre est de 1:113, le respect de la distanciation physique pendant les cours est pour le moins difficile. Le respect des gestes barrières impliquerait la construction de centaines de nouvelles salles de classe, le recrutement et la formation de milliers d'enseignants.

Les moins chanceux

Les élèves qui ont le moins de chance sont ceux dont l'école a fermé pour d'autres raisons que la COVID-19. Les données du MEPS révèlent que près de 300 des 3 500 écoles dans le pays sont actuellement fermées en raison des déplacements forcés de population, du manque d'enseignants, des attaques, l'occupation d'écoles ou la présence de points de contrôle des groupes armés qui entravent l'accès aux écoles. Il est peu probable que ces élèves retourneront à l'école dans un avenir proche.

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Réponse d'urgence
Didi Séley et ses jumeaux
Didi Séley et ses jumeaux Hassan et Mariam en Juin 2019, puis en octobre 2020. ©OCHA/Virginie Bero, Zémio, Prefecture du Haut-Mbomou, RCA, 2020.

Un combat pour la vie

Hassan et sa sœur jumelle Mariam ont plus d’un an maintenant. Hassan a déjà fait ses premiers pas et Mariam les fera sûrement bientôt. Les jumeaux de Didi Séley ont souffert de malnutrition aigüe sévère (MAS) en 2019 quand ils avaient l’âge de quatre mois. Après avoir bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle, ils se sont rétablis et sont aujourd’hui en bonne santé. En République centrafricaine (RCA), 1 enfant sur 10 ne survivrait pas d’ici ses 5 ans suite à une combinaison de facteurs, dont la malnutrition pour laquelle plus de 1 million d’enfants auront besoin d’assistance préventive et curative en 2021.

Didi Séley, la mère de Hassan et Mariam, a fui la ville de Bambari au centre de la RCA en 2018 à cause de conflit armé. Abandonnée par son mari, elle s’est retrouvée seule une année plus tard avec ses nouveau-nés sur un site informel de personnes déplacées à Zémio au sud-est du pays. « Arrivée sur le site, je ne savais pas comment nourrir mes enfants », dit-elle. Séley ne mangeait pas à sa faim, et par conséquent, elle ne pouvait pas allaiter convenablement ses deux enfants.

Une étincelle d'espérance

En juin 2019, lors d’une évaluation des besoins des personnes déplacées à Zemio, la Coordonnatrice Humanitaire et une équipe du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont rencontré Didi Séley qui mendiait en désespoir sur le site des déplacés avec ses jumeaux qui présentaient des signes de malnutrition avancée, comme des corps amaigris et des ventres ballonnés. Alerté par la situation nutritionnelle des enfants, l’équipe humanitaire a initié un traitement d’urgence pour les jumeaux qui étaient déjà dans un état de MAS. Les humanitaires ont continué à suivre le développement des enfants et ont assuré leur prise en charge nutritionnelle et médicale. « J’avais perdu tout espoir concernant la survie de mes enfants. S’ils sont en vie aujourd’hui, c’est grâce à l’appui des humanitaires », dit la jeune maman visiblement soulagée.

Didi Séley a bénéficié d’un appui multisectoriel fourni par les acteurs humanitaires à Zemio. Ses enfants sont suivis chaque semaine et à cette occasion, ils reçoivent des intrants nutritionnels. De son côté, la mère des jumeaux a reçu des vivre du Programme alimentaire mondial. Par ailleurs, elle est devenue membre du groupement féminin « Aimons-nous », appuyée par l’ONG Association des femmes pour la promotion et l’entreprenariat (AFPE), avec un financement du Fonds humanitaire pour la RCA. Une assistance en kit d’activités génératrices de revenus (AGR) lui a permis de commencer le petit commerce et gagner de l’argent pour prendre en charge ses jumeaux. Dans ce groupement, les bénéficiaires ont mis en place un système de tontine qui leur permet de s’octroyer des crédits rotatifs afin de renforcer leurs fonds de commerce. « Nous venons en aide aux femmes éprouvées, celles qui sont malades, les victimes de violences conjugales ou les personnes démunies, » a témoigné, Mbolini Jacqueline, présidente de ce groupement.

Didi et ses jumeaux parmi des milliers

En 2019, la sous-préfecturede Zémio était en phase 5 – la plus aigüe en termes des besoins humanitaires. Avec une population de plus de 35 000 habitants, la ville de Zémio a accueilli depuis 2017 plus de 15 000 personnes déplacées en provenance de la préfecture de la Ouaka et des différents axes routiers de Zémio. Comme Didi Séley, des milliers de personnes affectées par des conflits ont reçu une assistance humanitaire dans la sous-préfecture. Grâce à cette assistance, la proportion des ménages souffrant de la faim sévère a diminué de moitié, passant de 30% à 12%. Et 71% des ménages utilisent désormais des forages manuels, contre 45% en 2019.

Aujourd’hui, Didi Séley a entrepris un petitélevage de poulets. Dans le groupement « Aimons nous », elleparticipe à la tontine et projete relancer l’élevage de petits ruminants. « Une fois que j’aurai économisé assez d’argent, je compte sortir du site, prendre une maison en location et m’y installer avec mes enfants ».

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Article principal
Inondations à Ngarba à la frontière avec le Tchad dans la Préfecture de la Bamingui-Bangoran. ©REACH/Ugo Semat. Ngarba, Préfecture de la Bamingui-Bangoran, RCA, 2020.
Inondations à Ngarba à la frontière avec le Tchad dans la Préfecture de la Bamingui-Bangoran. ©REACH/Ugo Semat. Ngarba, Préfecture de la Bamingui-Bangoran, RCA, 2020.

Des inondations menacent toujours la Centrafrique

La saison des pluies qui court d’avril à octobre est une source d’inquiétudes additionnelles en Centrafrique, pays déjà meurtri par plus d’une décennie de conflits. A cette période, les différents cours d’eau sortent de leurs lits suite à des fortes pluies diluviennes et causent d’importants dégâts face aux insuffisances en assainissement, la mauvaise gestion des déchets et le manque de planification urbaine. En 2019, environ 100 000 personnes ont vu leurs maisons inondées et détruites et leurs sources d’eau polluées, poussant la plupart au déplacement vers des sites temporaires ou en famille d’accueil. Ces dégâts interviennent dans un pays dont les indicateurs sociaux de base se trouvent déjà fortement dégradés. Si des inondations surviennent cette année dans les proportions de 2019, les vulnérabilités de la population vont davantage exacerber dans un contexte où les ressources disponibles font face aux besoins sans cesse croissants suite à la COVID-19. Au 19 novembre, seulement 63% des fonds requis pour la réponse humanitaire aux besoins critiques de 2020 ont été mobilisés.

Connaître davantage le problème pour le résoudre

Au début du mois de septembre, l’ONG REACH a produit une étude de susceptibilité face aux inondations dans des zones habitées, afin d’améliorer la préparation des décideurs à la réponse. Pour développer un score de risque d’inondations, les résultats de cette étude financée par le Fonds humanitaire pour la République centrafricaine (RCA) ont été par la suite croisés avec ceux des évaluations multisectorielles des besoins conduites en 2019. Les données de cette étude, également partagées avec les autorités, ont par exemple révélé que les Préfectures de l’Ouham et de la Kémo affichent les risques les plus élevés face aux inondations (plus de 203 000 personnes à haut risque), tandis que celles de la Nana-Mambéré et du Ouham Pendé affichent des scores de risque faibles. Cette étude a également montré que la plupart d’agglomérations centrafricaines se trouvent à côté des cours d’eau et de leurs bassins versants, autour desquels se développent des moyens de subsistance des habitants. Les berges de ces cours d'eau ont tendance à déborder face à la quantité croissante des précipitations collectées dans ces bassins versants. Ainsi, si aucune adaptation des infrastructures et une planification de contingence ne sont envisagées, les interventions en aval ne suffiront pas pour des populations déjà meurtries par plus d’une décennie de conflits et plusieurs autres chocs.

Afin d’assurer une préparation optimale face au risque d’inondation, un Comité technique opérationnel a été mis en place sous l’égide du Ministère de l’action humanitaire et de la réconciliation nationale avec la participation du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), la Direction générale de la protection civile de la Centrafrique (DGPC), la Croix rouge centrafricaine (CRCA), la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et la Mairie de Bangui. Cette nouvelle structure a permis de coordonner deux visites de terrain les 21 et 28 septembre à Bangui afin d’identifier les zones à risque et les mesures de préparation prioritaires à Bangui. Enfin, un survol aérien est planifié en coordination avec la MINUSCA pour évaluer le niveau du fleuve Oubangui en amont à la mi-octobre.

En ce qui concerne les travaux lourds de curage des canaux, nettoyage des marchés, sécurisation des canaux de drainage, la MINUSCA apporte un soutien technique en étroite coordination avec la Mairie de Bangui et OCHA.

Des sinistrés en besoin d’assistance

Les inondations enregistrées jusqu'ici ont affecté près de 22 000 personnes sur l'ensemble du territoire. Une première réponse humanitaire a été nécessaire pour venir en aide aux déplacés suite aux inondations observées à la fin du mois de septembre à la frontière entre le Tchad et la RCA. Des pluies diluviennes ont également endommagé deux sites de déplacés le 11 octobre à Birao dans le nord-est, en particulier les abris et ouvrages d’eau, hygiène et assainissement (EHA). Par ailleurs, certains besoins hérités des inondations de 2019 persistent, tandis que d’autres, nouveaux, se déclarent.

Alors que la plupart de personnes déplacées suite aux inondations d’octobre 2019 sont retournées chez elles, plus de 6 000 personnes sont toujours installées sur l’ensemble des sites de Bangui. Suite aux menaces permanentes des inondations sur les localités d’origine de certains sinistrés, le gouvernement envisage la relocalisation de certains d’entre eux. Par ailleurs, la plupart des 1 100 familles vivant le long de la rivière Bahr Aouk à Ngarba-Bord et à Am Ndjamena dans le nord de la RCA, Préfecture de la Bamingui-Bangoran à la frontière avec le Tchad, se sont déplacés en août et septembre vers les villages voisins suite aux inondations. La rivière est sortie de son lit suite aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région, détruisant plusieurs habitations, infrastructures de base et cultures de la population. Plusieurs autres habitants de la région frontalière se seraient déplacés le long de l’axe Ngarba-Akoursoubak dans des conditions difficiles. Les besoins les plus criants sont en vivres, eau potable, soins, ainsi qu’en abris et en articles ménagères. Aussi, la sécurité est très précaire dans cette zone longtemps restée sans présence de l’Etat. On compterait parmi ces sinistrés des réfugiés tchadiens, des déplacés et rapatriés centrafricains.

Suite au premier vol de reconnaissance fait par OCHA, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies et l’ONG REACH le 23 septembre, les humanitaires identifient les moyens les plus efficaces pour assister les personnes affectées et acheminer une aide d’urgence supplémentaire dans cette région difficilement accessible, en considérant notamment les contraintes sécuritaires et logistiques. Une première distribution d’articles de première nécessité a été effectuée entre le 28 septembre et le 1er Octobre par les ONG Solidarités International et Première urgence internationale.

54 latrines, 40 abris et plus de 20 douches ont été endommagés sur les sites Yata et Aérodrome à Birao suite aux pluies diluviennes du 11 octobre. Le site Yata qui abrite plus de 1 400 déplacés est le plus affecté, notamment avec 52 latrines qui ne peuvent plus être utilisées. Le Cluster EHA conduit actuellement des consultations avec ses partenaires pour une réponse urgente, afin d’éviter notamment un déclenchement des maladies.

Des signes présagent des inondations à redouter en octobre

Des évaluations initiées en août et septembre par différents acteurs notamment le Ministère de l’action humanitaire et de la réconciliation nationale, la Direction générale de protection civile et des humanitaires ont constaté une montée significative des eaux des fleuves M’Poko et Oubangui à Bangui et Bimbo, commune voisine de la capitale. Ces eaux ont débordé sur les maisons aux alentours à une hauteur de 50 cm, obligeant les habitants à se déplacer vers des familles proches. Les canaux de drainage qui normalement évacuent les eaux vers le fleuve sont bouchés et ne sont pas entretenus à ce jour. En 2019, 3% de personnes déplacées l’étaient suite aux catastrophes naturelles.

Par ailleurs, les résultats du Forum de prévision climatique saisonnière en Afrique Centrale (PRESAC, 28-29 septembre 2020) sont alarmant quant aux prévisions pluviométriques dans le sud du Tchad et sur l’ensemble du territoire centrafricain.

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Rapport de situation
Contexte
Moussa Tanko bénéficie d’une assistance en semences qui lui permet de nourrir sa famille. ©OCHA/Virginie Bero. Baboua, Préfecture de la Nana-Mambéré, RCA, 2020.
Moussa Tanko bénéficie d’une assistance en semences qui lui permet de nourrir sa famille. ©OCHA/Virginie Bero. Baboua, Préfecture de la Nana-Mambéré, RCA, 2020.

Renforcer la résilience de la population affectée par l’insécurité alimentaire dans la Préfecture de la Nana-Mambéré

Les multiples déplacements forcés suite aux affrontements entre des groupes armés ont perturbé les activités agropastorales, principale source de revenus pour les populations de Baboua et de Gallo à l’ouest de la République centrafricaine (RCA). La dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire révèle une détérioration de la situation alimentaire en RCA en général, notamment dans la Préfecture de la Nana-Mambéré où la population vit aujourd’hui en insécurité́ alimentaire. Cette situation de vulnérabilité déjà alarmante s’est aggravée suite à la pandémie de COVID-19, y compris pour une population de plus de 6 000 personnes à Baboua. Ville frontalière avec le Cameroun, les habitants de Baboua et de Gallo se ravitaillaient en grande partie à partir du Cameroun du fait de la proximité et des coûts abordables des produits. Les restrictions de mouvement liées à la COVID-19 ont accentué encore plus leurs vulnérabilités, car la traversée de la frontière a connu plusieurs restrictions liées à la pandémie.

Avec l'appui financier du Fonds humanitaire pour la RCA, l’ONG DanChurchAid a fourni une assistance en semences et en outils aratoires aux familles en besoin. Les personnes les plus démunies reçoivent également des vivres à travers des coupons électroniques.

Moussa Tanko, un des bénéficiaires de cette assistance, espère avoir de la nourriture pour sa famille, constituée de sa femme et sept enfants, après les récoltes. Eleveur au départ, Moussa s’est converti en agriculteur après avoir perdu ses bétails pendant sa fuite lors des affrontements armés en 2019. « Je n’arrivais pas à nourrir convenablement ma famille. L’appui de DanChurchAid est un geste salutaire pour moi. Car les boutures de manioc reçues et plantées ont poussé et nous en consommons les légumes actuellement. Bientôt je vais récolter les haricots rouges. Ma famille ne mourra plus de faim. » Sur une superficie d’un hectare, Moussa a planté les semences reçues comme haricot rouge, boutures de manioc, maïs et arachide.

Comme Moussa, 625 familles représentant 3 125 personnes à Baboua ont reçu des semences et des houes. Par ailleurs, 375 ménages les plus vulnérables soit 1 875 personnes, parmi elles des veuves, des personnes en situation de handicap, des orphelins et des personnes de troisième âge ont bénéficié de vivres d'urgence à travers des coupons alimentaires électroniques distribués dans les villages Baboua centre, Gallo, Donbayeke et Beloko. Cette assistance leur permettra non seulement de se nourrir, mais protégera également les semences comme les familles ne seront pas obligées, pour pallier la pénurie, de consommer les graines destinées à être plantées.

Même si cette assistance a permis à Moussa et les autres bénéficiaires de relancer les activités agricoles et subvenir à leurs besoins vitaux, d’autres besoins, notamment en eau, hygiène et assainissement restent à être combler.

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Rapport de situation
Contexte
Les mesures de prévention COVID-19 ont été respectées lors de la campagne de vaccination contre la rougeole. ©OMS, 2020.
Les mesures de prévention COVID-19 ont été respectées lors de la campagne de vaccination contre la rougeole. ©OMS, 2020.

Riposte contre la résurgence de l’épidémie de la rougeole

Depuis le début de l’année 2020, la République centrafricaine (RCA) fait face à une résurgence de l’épidémie de rougeole. Du 1er janvier au 22 septembre 2020, 28 633 cas ont été notifiés dont 137 décès contre 3 388 cas en 2019 et 241 en 2018. L’épidémie a affecté plus de la moitié des 35 districts sanitaires du pays avec une incidence élevée dans les districts sanitaires de la capitale Bangui, de l’ouest et du centre-est.

La résurgence reflète une insuffisance de protection par la vaccination des enfants accumulée au fil des années. Les taux de couverture en vaccination de routine sont en général faibles en RCA et atteignent souvent moins de 75% de la population. Ceci a constitué un effectif important d’enfants à risque pour la rougeole.

Le 24 janvier 2020, le Ministère de la Santé et de la population a déclaré l’épidémie de la rougeole de portée nationale. Ensuite, un plan de riposte et une stratégie pour mobiliser des ressources pour la mise en œuvre des axes de réponse ont été élaborés avec l’appui de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et des organisations non gouvernementales. La principale action retenue dans le plan de réponse était une campagne de vaccination nationale des enfants âgés de 6 mois à 10 ans pour un effectif de 2,65 millions d’enfants, avec un accent porté sur la vaccination des enfants âgés de 6 mois à 5 ans, étant donnée leur vulnérabilité. En raison de la disponibilité limitée des vaccins et intrants de la vaccination, difficulté accentuée par la venue de la pandémie de COVID-19, le pays a planifié la campagne de vaccination en deux phases : une première en février et mars 2020 qui a pris en compte les 13 districts de santé les plus affectés par l’épidémie, et une seconde phase dans les 22 districts restants s’est déroulée en août 2020.

Un bilan positif dans des conditions difficiles

La campagne de vaccination a été menée avec l’appui de GAVI, de la Banque Mondiale, de l’OMS, l’UNICEF, Médecins sans frontières, les Centres de prévention et lutte contre les maladies et d’autres ONG nationales et internationales. Les évaluations finales montrent que presque 100% des enfants ciblés ou même plus, dû à l'absence de données de recensement à jour, ont été atteints par la campagne, à l’exception de deux districts sanitaires, la Vakaga où 65% d’enfants ont été vaccinés et le Haut-Mbomou où moins de la moitié des enfants ciblés ont été atteints.

Après une phase de croissance de l’épidémie entre janvier et mi-mars 2020, une diminution des cas de rougeole notifiés a été constaté dans les 13 districts de santé ayant conduit la campagne de vaccination. Au cours du mois de septembre, une baisse de cas suspects a été constatée avec moins de 50 cas par semaine au cours des deux dernières semaines du mois. Il est cependant important de rester vigilant, en continuant à renforcer la surveillance épidémiologique, en organisant des mini-campagnes de ratissage dans les localités mal vaccinées et en renforçant la vaccination de routine afin d’éviter de nouvelles flambées de rougeole dans le pays.

Même si la campagne de vaccination s’est globalement bien déroulée, elle a connu des défis liés à l’insécurité dans plusieurs parties du pays, le mauvais état des routes, notamment pendant l’actuelle saison pluvieuse, et des absences des parents et leurs enfants liées aux activités de survie. En août, une équipe de vaccination de six personnes a été kidnappée par un groupe armé à Mboki dans la Préfecture du Haut-Mbomou. L’équipe de vaccination a été libérée après plusieurs jours suite aux négociations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, les casques bleus des Nations Unies et les autorités, mais des biens matériels et de l’argent ont été emportés. La Préfecture de la Vakaga n’a pas été totalement couverte par la vaccination à cause des difficultés d’accès dans les localités où les pluies ont rendu les routes impraticables.

Dans une prochaine étape, les acteurs de sante prévoient un recensement de toutes les zones mal couvertes par la campagne de rougeole dans les 35 districts sanitaires, et un plaidoyer pour obtenir des ressources en vue de compléter les vaccinations.

Au-delà de la rougeole, pour une couverture vaccinale globale

Le Ministre de la Santé et de la population a lancé le 9 septembre 2020 les travaux de groupe préparatoires du forum de haut niveau sur la vaccination avec pour objectif d’obtenir un engagement politique à tous les niveaux, afin de faire de la vaccination de routine comme la polio, la rougeole, l’amaril, la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B et l’Haemophilus influenzae l'une des priorités des programmes de développement pour le pays et d’atteindre une couverture vaccinale de 95% des mères et des enfants en RCA avec tous les antigènes.

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Rapport de situation
Contexte
Distribution des vivres pour des personnes déplacées à Bocaranga. ©AFRBD. Bocaranga, Préfecture de l’Ouham Pendé, RCA, 2020.
Distribution des vivres pour des personnes déplacées à Bocaranga. ©AFRBD. Bocaranga, Préfecture de l’Ouham Pendé, RCA, 2020.

L’instabilité de l’ouest a des graves conséquences pour la population prise au piège du conflit

La détérioration de la situation sécuritaire dans l’ouest de la République centrafricaine, notamment dans les Préfectures de la Nana-Mambéré et de l’Ouham Pendé, zone frontalière avec le Cameroun, se poursuit depuis juin dernier. En septembre, les activités humanitaires ont de nouveau dû être suspendues temporairement sur plusieurs axes, notamment Bossemptélé-Yaloké, Bohong-Bocaranga, Bouar-Niem-Yéléwa, Mbartoua-Besson et Makounziwali-Koui suite à une récurrence inquiétante d’attaques attribuées aux groupes armés.

Suite aux affrontements entre un groupe armé et les Forces Armées Centrafricaines faisant quatre blessés et un véhicule incendié, 2 500 personnes ont fui les villages de Makounziwali et Santoine vers la brousse et les villages environnants. Une ambulance du district sanitaire a essuyé des tirs imputés aux éléments d’un groupe armé et une embuscade des assaillants armés contre un convoi de véhicules commerciaux entre Bossemptélé et Yaloké a fait un mort, un blessé et deux véhicules incendiés. Tout cela s’est passé pendant trois jours au début septembre. Une attaque d’un groupe armé sur la ville de Bohong, située entre Bouar et Bocaranga, à la mi-septembre a occasionné le déplacement de la population entière estimée à 5 000 personnes vers les villages voisins.

La suspension des activités humanitaires suite à cette insécurité a eu des conséquences directes pour 25 000 personnes vulnérables qui bénéficiaient d’une assistance dans la Nana-Mambéré et l’Ouham Pendé. Environ 2 450 personnes déplacées se trouvent encore autour de la ville de Bocaranga. Malgré des conditions difficiles dues à l’insécurité, les organisations humanitaires font des efforts pour venir à l’aide des personnes prises au piège du conflit. Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), par exemple, a distribué à la mi-septembre des vivres à 1 050 personnes déplacées. Plus de 8 000 personnes déplacées ont également été assistées en vivres et non vivres à Bocaranga et ses alentours par les ONG Action contre la faim (ACF) et l’Association des femmes rurales de Batangafo pour le développement (AFRBD) entre juillet et septembre.

L’ONG International Rescue Committee (IRC), qui appuie l’hôpital de Koui dans la fourniture de soins gratuits qui bénéficient à environ 3 000 personnes vulnérables, depuis fin mai, n’a pas pu livrer des médicaments ni faire le suivi des activités à cause de l’insécurité qui l’a forcée à suspendre ses activités à l’hôpital. La situation est la même pour la formation sanitaire de Sanglerime, située à 20 km de Koui, dont le nombre de bénéficiaires est estimé à 1 400 personnes vulnérables. Les habitants de la région sont obligés d’acheter des médicaments pour se faire soigner, mais pour la plupart d’entre eux, ils restent inabordables tandis qu’à l’absence d’assistance humanitaire, les malades ne pourront pas accéder aux soins.

Avant les heurts, les ONG comme IRC, Mentor, l’Association des femmes pour la promotion de l’entreprenariat, la Convention pour la promotion de droits de l’enfant, Cordaid et AFRBD assurent des services médicaux pour la population locale, approvisionnent des enfants malnutris avec des intrants thérapeutiques, distribuent des vivres d’urgence et des articles ménagers pour les personnes en besoin et améliorent l’accès à l’eau potable et les conditions d’hygiène. Ces acteurs jouent un rôle majeur dans une région où la présence de l’Etat est minimale et les services de bases sont inexistants à quelques exceptions près.

Depuis la deuxième moitié de septembre, la situation sécuritaire se normalisait progressivement grâce aux patrouilles des casques bleus et un retour progressif de la population a commencé. Plus de 3 000 familles représentant 16 000 personnes ont entamé un retour dans les villages Bohong, Mbotoga, Bode et Santoine. Malgré ce retour, une évaluation multisectorielle effectuée par l’ONG ACF montre l’ampleur des besoins humanitaires qui demeurent. Les besoins principaux sont l’approvisionnement en médicaments pour l’hôpital de Koui et les trois formations sanitaires de la région, ainsi que des vivres pour les personnes retournées les plus vulnérables.

Toutefois, les risques sécuritaires sur la moitié des axes de cette région demeurent élevés pour la population et les humanitaires, ce qui ne permet pas à ces derniers de se déplacer sans restriction.

Comme si la situation n'était pas suffisamment difficile, la capacité pour les acteurs humanitaires d’atteindre les personnes en besoin s’affaiblit davantage avec l’actuelle saison pluvieuse qui rend l’accès physique à certaines zones quasiment impossible, suite aux détériorations des routes et des ponts. Un des axes impraticables, sur lequel habitent environ 7 000 personnes, mène de Koui à Yéléwa. L’état de la route empêche les partenaires humanitaires comme Mentor, qui appuie deux formations sanitaires dans la zone, et l’AFRBD, qui devrait distribuer des vivres à 1 500 personnes, à atteindre la population en besoin.

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Rapport de situation
Réponse d'urgence
Clinique mobile dans le village de Daté. ©OCHA/Virginie Bero. Daté, Préfecture de la Mambéré-Kadéï, RCA, 2020.
Clinique mobile dans le village de Daté. ©OCHA/Virginie Bero. Daté, Préfecture de la Mambéré-Kadéï, RCA, 2020.

Une réponse intégrée améliore la santé, la nutrition et l’accès à l’eau en faveur des personnes affectées par le conflit

Rébaï Jérémie, âgé de 17 mois pesait moins de 8 kg lorsqu’il a été amené au dispensaire de Daté, environ 50 km de Berberati où il a reçu un traitement composé de suppléments nutritionnels et anti paludéens durant un mois. A 10 mois déjà, il aurait dû peser entre 8 et 11 kg. « Je peux dire avec joie que la vie de mon fils a été sauvée grâce à l’assistance reçue », a témoigné Jeanne Namféï, la mère de Jérémie, bénéficiaire d’un programme appuyé par le Fonds humanitaire pour la République centrafricaine (RCA).

Comme Jérémie, une centaine d’enfants malnutris sont pris en charge par l’ONG African Relief Service (ARS) dans le village de Daté peuplé d’environ 1 050 personnes dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï. Ces enfants malnutris sont référencés à la formation sanitaire grâce aux relais communautaires formés et sillonnant les villages afin d’effectuer des dépistages. En plus de la prise en charge des enfants malnutris, ARS organise des cliniques mobiles où une cinquantaine d’enfants souffrant de diverses maladies sont pris en charge gratuitement au village Daté.

Cette activité est également réalisée dans d’autres villages périphériques d’Amada Gaza dans l’ouest de la RCA. Au dispensaire de Amada Gaza centre, 30 à 40 malades sont consultées au quotidien grâce à l’approvisionnement en médicaments et matériels, ainsi qu’une prise en charge financière fournie par l’ONG ARS. « Nous pourrions difficilement prendre en charge 20 patients par jour », a fait savoir un agent de santé. De 3 895 enfants âgés de 6 mois à 6 ans dépistés en juillet 2020, 119 enfants (3%) ont été atteints de malnutrition aiguë sévère et ont été admis dans les unités nutritionnelles thérapeutiques appuyées par ARS. Cette ONG appui également le dispensaire en médicaments, assure le référencement et transport des cas graves vers l’hôpital de Berbérati et a construit un bloc opératoire.

Réduire la morbidité et la mortalité maternelle et infantile liées à la malnutrition aiguë

A Gamboula, une ville située également dans la Mambéré-Kadéï, l’ONG Initiative Africaine pour le Développement (AID) prend en charge des enfants malnutris et appui l’hôpital de district en médicaments essentiels. Cet appui s’étend aussi dans les villages voisins Ndongo, Dilapoko, Béina, Vodowa et le poste de santé secondaire de l’église évangélique baptiste.

De juin au début septembre 2020, 52 enfants malnutris ont été admis à l’hôpital de Gamboula et ont été pris en charge avec cinq repas par jour et des suppléments nutritionnels thérapeutiques. L’ONG AID assure également la prise en charge des personnes qui accompagnent les enfants malades, y compris dans l’amélioration de l’hygiène particulièrement pendant la crise sanitaire actuelle.

Des mesures de lutte contre COVID-19 prises en compte dans la réponse

Les deux ONG ont également intégré des mesures de prévention de COVID-19 dans leurs différentes activités. A Amada Gaza, 65 dispositifs de lavage des mains ont été installés dans les formations sanitaires et des lieux publics. 30 prestataires de soins ont été formés sur la prise en charge nutritionnelle selon le protocole simplifié afin d'éviter la propagation de COVID-19. 100 relais communautaires ont été formés sur des notions de base de COVID-19 et les mesures barrières. Ces derniers vont à leur tour sensibiliser la population. A Gamboula, le mécanisme de prévention de la propagation se traduit à travers la promotion des mesures d'hygiène, la distribution des kits d'hygiène aux personnes les plus vulnérables, l'installation des dispositifs de lavage des mains aux points d'entrée frontaliers, chantiers miniers, les marchés et autres lieux de regroupement.

Dans la sous-préfecture de Gamboula, l’accès aux villages reste difficile à cause de la présence des groupes armés, tandis que la résilience de la population s’est fortement érodée suite à l’insécurité récurrente. La dégradation de la route entrave l’accès aux personnes dans le besoin dans la sous-préfecture d’Amada Gaza. L’accès à ces zones se fait uniquement à moto, ce qui réduit l’aide qui peut être apporté à la population, mais également la possibilité d’échanges entre les différentes localités.

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Rapport de situation
Visuels

Aperçu des incidents ayant touché les travailleurs humanitaires, octobre 2020

Incidents

Les civils sont les premières victimes des tensions et violences dans plusieurs zones du pays. La Centrafrique est aussi l’un des contextes les plus dangereux pour les travailleurs humanitaires : plus d’un incident par jour affectant les travailleurs humanitaires ont été enregistrés au cours des dix premiers mois de l’année. De janvier à octobre, 343 incidents ont été enregistrés contre 244 durant la même période en 2019. En octobre, près de la moitié des 39 incidents recensés (37 le mois précédent) concernaient des interférences dans les activités humanitaires, détournement de l’assistance, taxations illégales et restrictions de mouvement. Les cambriolages et menaces continuent aussi de perturber l’action humanitaire avec plus de la moitié d’incidents de ce type enregistrés ce mois.

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Rapport de situation
Visuels

Aperçu du Fonds humanitaire pour la RCA (janvier - septembre 2020)

Aperçu du fonds humanitaires pour la RCA (janvier - septembre 2020)

La crise humanitaire en RCA reste aigue. 2,6 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire et de protection. Le nombre de personnes déplacés internes (PDI) demeure élevé avec environ 660 000 PDI en juillet. Les civils, en particulier les femmes et les enfants, continuent de faire les frais du conflit. La situation de la sécurité alimentaire s'est également aggravée, avec maintenant 2,36 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire aiguë. Un enfant sur 18 est à risque de décès extrêmement élevé en raison de la malnutrition aiguë sévère. Une seule personne sur 10 peut accéder à des installations sanitaires et seulement un tiers de la population à accès à l'eau potable. La pandémie de COVID-19 a davantage exacerbé les vulnérabilités des groupes les plus marginalisés. Depuis janvier 2020, le Fonds humanitaire de la RCA (FH RCA) a alloué 21,8 millions de dollars américains pour soutenir les efforts de la communauté humanitaire de réponse aux besoins les plus critiques et vitaux en ligne avec les priorités identifiées dans le plan de réponse humanitaire 2020 (PRH) et le plan de réponse humanitaire global (PRHG). De ce montant, 7,3 millions ont été alloués aux activités multisectorielles dans le cadre de la réponse à la COVID-19. Ceci inclut les activités mises en œuvre dans les secteurs de la santé, l'eau-hygiène-assainissement, la coordination et la gestion des camps, les abris et les articles non alimentaires, la nutrition, la sécurité alimentaire, la protection, la logistique et les télécommunications d’urgence Grâce à la générosité des bailleurs de fonds, le FH RCA a pu financer de manière rapide, stratégique et efficiente, la mise en œuvre de 67 projets d'urgence à travers le mécanisme d’allocation de réserve. Les partenaires sur la ligne de front et ceux qui sont mieux positionnés sur le terrain ont été priorisés. Par conséquent, 95% du financement a été alloué aux organisations non-gouvernementales nationales et internationales. La première réserve était destinée aux supports communs dans les zones difficiles d’accès et à l’amélioration de la coordination et gestion des camps à Birao. La seconde réserve était centrée sur la réponse aux besoins critiques et vitaux identifiés dans le PRH pour une enveloppe de 6,7 millions de dollars et à la mitigation des risques liés à la pandémie COVID-19 pour une enveloppe de 5,3 millions de dollars. La troisième réserve était destinée au devoir de diligence / coordination ainsi qu’à la réponse aux besoins multisectorielles non couverts des groupes de populations les plus vulnérables conformément aux priorités du PRH. Enfin, la quatrième réserve permet d’assurer la continuité des services internet au profit des acteurs humanitaires dans 10 zones prioritaires.

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Rapport de situation
Contexte
L’ONG Médecins d'Afrique forme des agents de santé communautaires sur la prise en charge des patients COVID-19. ©Médecins d'Afrique. Sibut, Préfecture de la Kémo, 2020.
L’ONG Médecins d'Afrique forme des agents de santé communautaires sur la prise en charge des patients COVID-19. ©Médecins d'Afrique. Sibut, Préfecture de la Kémo, 2020.

Faire face à la COVID-19 dans l'une des plus graves crises humanitaires

Premier cas : 14 mars 2020

Nombres de cas : 4 911 (au 18 novembre 2020)

Nombre de décès : 63

Régions concernées : Les sept régions sanitaires du pays ont enregistré des cas. L'épicentre de la pandémie est la capitale Bangui, où vit, selon les estimations, 17% de la population (948 000 personnes).

Transmission : Le Ministère de la santé et de la population indique que le virus se propage principalement par transmission communautaire. Seul un décès sur cinq survient dans les hôpitaux, les autres au sein de la communauté. Compte tenu des capacités limitées en matière de tests, depuis juillet 2020 la stratégie de diagnostic du gouvernement limite les tests aux cas suspects et aux personnes à risque. Ainsi, la baisse observée des nouveaux cas confirmés devrait être interprétée avec prudence. À titre d'exemple, 33 914 personnes ont été testées au 18 novembre 2020 soit un taux de cas positifs d'environ 14,5%, ce qui est relativement élevé par rapport à d’autres pays. Près des trois quarts des cas positifs sont des hommes.

Ecoles : Les écoles ont commencé à rouvrir progressivement à la mi-juillet après avoir été fermées le 27 mars. Les cours pour les classes terminales se sont poursuivis en juillet, août et début septembre, tandis que toutes les autres classes ont repris le 19 octobre à la rentrée scolaire 2020-2021. Selon le cluster éducation, on estime que 1,4 million d'élèves ont été touchés par la fermeture de l'école. Il est à craindre que certains d'entre eux n’y retourneront jamais, ajoutant des difficultés supplémentaires au secteur de l'éducation déjà affaibli notamment par le manque d'enseignants qualifiés et d'infrastructures scolaires. En outre, des analyses effectuées à Bangui montrent une augmentation des violences sexuelles contre les enfants pendant la fermeture des écoles.

Frontières : L'aéroport de Bangui a repris les vols commerciaux le 13 juillet après sa fermeture fin mars. Les staff des organisations internationales et non gouvernementales ainsi que les diplomates arrivant par vols internationaux sont soumis à une quarantaine de 14 jours. Les frontières terrestres sont ouvertes et l'approvisionnement en marchandises arrivant principalement du Cameroun voisin est assuré, malgré des délais signalés.

Mesures de confinement : Le gouvernement a imposé la fermeture des bars et des boîtes de nuit, limité le nombre de personnes pour des rassemblements et imposé le port obligatoire de masques dans les espaces publics. Cependant, le pays est confronté à d'importants défis pour renforcer ces mesures dans la capitale Bangui, ainsi que dans les préfectures. Les lieux de culte ont rouvert après une fermeture temporaire.

Situation

Depuis que le premier cas de COVID-19 a été détecté en République centrafricaine (RCA) à la mi-mars, le Ministère de la santé et de la population a confirmé 4 911 cas positifs dont 63 décès (au 18 novembre 2020). Les sept régions sanitaires du pays ont rapporté des cas, la capitale Bangui étant la plus touchée par la pandémie.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la RCA est l'un des pays les moins préparés pour faire face à la COVID-19, avec 2,3 millions de personnes ayant déjà besoin d'une assistance sanitaire et environ 70% des services de santé fournis par les organisations humanitaires. Le système de santé, marqué par un manque chronique d'équipements, de médicaments essentiels, de personnel qualifié et des chaînes d'approvisionnement perturbées par la dégradation avancée d’infrastructures routières, était soumis à un stress extrême avant la pandémie et a été mis à rude épreuve pour prévenir, contenir et traiter la COVID-19.

Les stocks d'équipements de protection individuelle pour le personnel de santé couvrent moins d'un tiers des besoins estimés pour les prochains mois. Un stock très limité est disponible dans les districts éloignés de la capitale où l'accès est difficile. Seuls deux ventilateurs sont actuellement disponibles en RCA. Il n'y a que quatre centres de traitement COVID-19 à Bangui et sept centres pour traiter les cas légers et modérés, et pour assurer une quarantaine en dehors de la capitale. Cette situation est à la base de difficultés extrêmes pour le gouvernement et les organisations humanitaires dans la réponse à la pandémie et le maintien des services essentiels.

Les 641 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) sont parmi les plus menacées. Les risques de transmission sont particulièrement élevés dans les sites surpeuplés comme à Bria dans la préfecture de Haute-Kotto, où vivent 50 000 personnes.

Les facteurs aggravants sont l'accès limité à l'eau dans un pays où seul un habitant sur trois a accès à l’eau potable, le manque d'installations et d'infrastructures sanitaires et la présence faible et limitée des autorités nationales pour faire appliquer les mesures de confinement. La COVID-19 a également des impacts directs et indirects sur la sécurité alimentaire et la nutrition en RCA. Selon la dernière alerte du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de la moitié de la population centrafricaine (2,36 millions) est en situation d'insécurité alimentaire aiguë (phase 3+). Certaines familles ont perdu leurs revenus alors qu'elles doivent faire face à une augmentation du coût de la vie liée à la pandémie. Les mesures barrières ont également des effets négatifs indirects, en limitant l'accès aux lieux où des ménages pauvres tirent généralement un revenu de leur travail quotidien ou en augmentant les coûts de transport. Les prix des produits alimentaires et non alimentaires ont de nouveau augmenté en juillet, atteignant leur niveau le plus élevé depuis le début de l'année. Une augmentation de 5% par rapport à juin a été enregistrée lors de la dernière analyse de marché.

Réponse

Les partenaires humanitaires, de développement et le gouvernement ont uni leurs efforts pour prévenir et répondre à la pandémie. Ils appuient notamment la décentralisation des activités de riposte au niveau des districts sanitaires. Le dépistage est désormais possible dans certaines régions grâce à la mise à disposition par le Fonds mondial de cartouches GeneXpert adaptées aux tests virologiques COVID-19 à Bouar (Nana-Mambéré), Berberati (Mambéré-Kadéï), Bambari (Ouaka) et Bangassou (Mbomou). Les formations des laborantins ont eu lieu dans ces localités avec l’appui de l’OMS et de l'Institut Pasteur de Bangui.

Avec le soutien de la communauté humanitaire et de la MINUSCA, deux centres de prise en charge de COVID-19 sont fonctionnels dans la ville de Bangui et sept centres d'isolement et de traitement des patients COVID-19 sont fonctionnels dans les régions de Bambari, Bria (Haute-Kotto), Bouar, Paoua (Ouham Pendé), Bimbo (Ombella M'Poko), Berberati et Bossangoa (Ouham), toutes des localités initialement priorisées pour la décentralisation. La réponse humanitaire est également en cours dans des districts sanitaires non inclus dans la liste des priorités initiales suite à l'évolution de la pandémie, tels que Bangassou, Ngaoundaye (Ouham Pendé), Bocaranga-Koui (Ouham Pendé), Bégoua (Ombella M'Poko), Baboua-Abba (Nana-Mambere), Gamboula (Mamberé-Kadéi), Kembé (Basse-Kotto), Kouango-Grimari (Ouaka) et Batangafo (Ouham). Dans le district sanitaire de Bégoua, l'ONG Médecins du Monde a construit des espaces d'isolement et de triage dans cinq centres de santé et collabore avec l’ONG Humanité et Inclusion pour former des agents de santé en soutien psychologique et santé mentale. Le consortium Première urgence internationale (PUI)-Action contre la faim (ACF)-Croix-rouge française (CRF) a également aménagé des espaces d’isolement des cas suspects de COVID-19 dans 14 formations sanitaires de la ville de Bangui. Par ailleurs, l’OMS a doté le Ministère de la santé et de la population de 26 concentrateurs d’oxygène, 7 700 kits de diagnostic PCR COVID-19 et d’équipements de protection individuelle acquis avec l’appui du Fonds central pour les interventions d’urgence des Nations Unies (CERF).

Le CERF à travers l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a également alloué en juillet 5 millions de dollars américains aux ONG International Rescue Committee (IRC), International Medical Corps (IMC), Alliance for International Medical Action (ALIMA) et Médecins d'Afrique (MDA) pour intensifier la réponse à la COVID-19 dans le Centre, l'Est et le Nord de la République centrafricaine, où les ONG sélectionnées mettent en œuvre des programmes de réponse d’urgence depuis plusieurs années. Ce financement permet de fournir progressivement une assistance à 220 000 personnes vulnérables, dont 87 000 personnes déplacées vivant dans des conditions sanitaires déplorables propices à la propagation du virus. Les fonds permettront la construction, la réhabilitation et l'équipement de 19 centres d'isolement et de traitement pour les patients COVID-19, tout en améliorant les mécanismes de surveillance épidémiologique. Le personnel médical sera recruté et les médicaments et fournitures seront acquis. En outre, des agents psychosociaux veilleront à ce que la santé mentale des patients et de leurs familles soit également prise en charge.

Les acteurs humanitaires mettent en places des dispositifs de lavage des mains sur les sites des personnes déplacées et dans les communautés d'accueil, forment des agents de santé et des relais communautaires, distribuent des kits d'hygiène et des équipements de protection pour répondre aux besoins des centres de santé. Des milliers de personnes ont été touchées par des campagnes de sensibilisation visant à prévenir les transmissions grâce aux organisations humanitaires.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé son soutien aux personnes vulnérables touchées par la COVID-19 à Bangui et dans ses environs, en apportant une aide en espèces d'une valeur de 532 000 dollars américains à 51 000 bénéficiaires. En outre, le PAM a apporté son soutien à 350 patients dans les hôpitaux en juillet.

Des partenariats innovants ont vu le jour pour assurer une réponse multisectorielle inclusive qui protège les personnes les plus vulnérables à la pandémie. Fin juillet, Médecins sans frontières (MSF) et le PAM ont ainsi signé un partenariat pour assister en vivres 1 245 personnes vivants avec le VIH/SIDA et leurs familles à Paoua. A Bouar et Baboua, le PAM et World Vision ont également modifié leurs critères de ciblage pour fournir un appui alimentaire aux personnes impactées par la COVID-19 ou des pathologies chroniques.

Dans la stratégie de décentralisation de la réponse COVID-19, le Ministère de la santé et de la population a introduit des mécanismes de surveillance à base communautaire. Un projet pilote de surveillance à base communautaire est mis en œuvre dans un arrondissement de Bangui à partir de juillet 2020 en partenariat avec la Croix-Rouge centrafricaine et la Direction générale de la protection civile. Les équipes de surveillance à base communautaire sont formées à travailler sur la sensibilisation aux mesures de prévention à la COVID-19, détecter et notifier des cas suspects et les décès au sein des communautés, suivre des cas simples et modérés, référer des cas graves et suivre des contacts des personnes infectées. La mise en place de la surveillance à base communautaire dans le reste du pays se base sur le système administratif et sanitaire existant. Les partenaires humanitaires sont impliqués dans la mise en place de cette stratégie à travers les réseaux des relais communautaires qu’ils soutiennent.

En juillet 2020, les Nations Unies et ses partenaires ont mis à jour le plan de réponse humanitaire, un appel de 152,8 millions de dollars américains pour répondre aux besoins sanitaires et non sanitaires les plus immédiats et critiques des millions de Centrafricains touchés par les conséquences de la COVID-19. Ainsi pour cette année, un total de 553,6 millions de dollars américains demeure requis pour la Centrafrique, dont 347,6 millions sont déjà mobilisés, soit près de 63%.

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Tableau de bord humanitaire, janvier à août 2020

Tableau de bord humanitaire, janvier à août 2020

La situation humanitaire en République centrafricaine (RCA) demeure grave et complexe. Plus de la moitié de la population (2,6 millions) a besoin d’une assistance humanitaire et de protection. Un Centrafricain sur quatre a dû quitter son foyer. En plus, la RCA reste l’un des pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires. Malgré cet environnement opérationnel difficile, une assistance humanitaire d’urgence a été fournie à environ 1,332,726 personnes entre janvier et août 2020 dans au moins un secteur d’intervention.

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Aperçu des mouvements de population en septembre 2020

Aperçu des mouvements de population septembre 2020

Au 30 septembre 2020, le total de personnes déplacées internes (PDI) en République centrafricaine (RCA) était estimé à 640 715 selon les derniers chiffres publiés par la Commission mouvements de population. Ce chiffre affiche une baisse inférieur à 1% du volume de déplacement par rapport à août où le nombre de PDI était estimé à 641 292 personnes (577 personnes en moins). Les retours ont ainsi été faibles durant le mois de septembre et principalement observés dans les préfectures de la Basse-Kotto, la Haute-Kotto, le Mbomou, la Ouaka et la Vakaga. Les préfectures ayant enregistré des nouveaux déplacés sont le Bamingui-Bangoran, l'Ouham et l'Ombella M'Poko (Bangui) où des sinistrés des récentes inondations ont rejoint les sites abritant les anciens sinistrés des inondations de 2019.

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