Central African Republic

Rapport de situation
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L'assistance alimentaire permet à Jeanne de nourrir ses petits-enfants, ses nièces et neveux, et son fils aveugle, et lui donne l'énergie nécessaire pour retourner aux champs. ©Solidarités International, 2021.
L'assistance alimentaire permet à Jeanne de nourrir ses petits-enfants, ses nièces et neveux, et son fils aveugle, et lui donne l'énergie nécessaire pour retourner aux champs. ©Solidarités International, 2021.

Une aide alimentaire pour ceux qui ont tout perdu en fuyant

Jeanne a 65 ans et, malgré son âge, est en charge de sept membres de sa famille : petits-enfants, nièces et neveux, et son fils adulte qui est aveugle. Elle vit à Dékoa, dans la préfecture de la Kémo au centre de la République centrafricaine, où elle est née. Jeanne est cultivatrice et, avec sa famille, elle consomme l’ensemble de sa production agricole. Elle n’a aucune source de revenu financier.

En décembre 2020, pendant la crise électorale qui a touché une grande partie du pays, la femme âgée a dû fuir les combats entre des groupes armés et les Forces armées centrafricaines. « Avec mes voisins, nous avons passé un mois caché dans la brousse. A notre retour, lorsque la situation s’est améliorée, nous avons trouvé nos maisons vides – nos biens avaient été pillés – et les champs n’avaient pas été entretenus. Nous avons tout perdu. » En quelques années, c’était la deuxième fois que Jeanne a dû fuir. Aujourd’hui, un centrafricain sur quatre est déplacé soit dans son pays soit dans un pays voisin. Depuis sa dernière fuite, Jeanne a peur que les combats reprennent, qu’elle doive fuir à nouveau, qu’elle perde tout.

Comme 2.8 millions d’autres Centrafricains, soit plus de la moitié de la population, Jeanne et sa famille ont des besoins humanitaires urgents. Dès qu’ils ont mangé leur maigre récolte, il ne reste plus rien. Dans la sous-préfecture de Dékoa, où Jeanne vit, la moitié de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire critique.

C’est dans ce contexte que l’ONG Solidarités International, avec le soutien du Fonds humanitaire pour la République centrafricaine et de l’Union Européenne (ECHO), a organisé trois foires alimentaires à Dékoa entre mai et septembre 2021. Le personnel de l’ONG a d’abord identifié les 872 familles les plus vulnérables, soit 6 033 personnes, tels que les personnes âgées et les ménages monoparentaux, comme celui de Jeanne. Ces bénéficiaires ont ensuite reçu des coupons pour six produit, notamment le maïs, le manioc, le riz, les arachides, l’huile et le sel. Des fournisseurs locaux ont été identifiés et la qualité des denrées vérifiée. Les bénéficiaires de l’assistance ont ensuite pu se rendre auprès des fournisseurs, sur le site de la foire ou directement dans les magasins, afin d’échanger leurs coupons contre les aliments. Cela a permis à ces personnes vulnérables de couvrir 75 % de leurs besoins alimentaires pendant trois mois, tout en renforçant les commerçants et fournisseurs locaux de Dékoa.  

 « L’aide m’a permis de nourrir ma famille et m’a donné l’énergie nécessaire pour retourner cultiver mon champ », déclare Jeanne. Elle espère que l’assistance se poursuivra, lui permettant de vendre une partie de sa récolte, car elle a des frais de scolarité et de santé à payer pour sa famille.

Solidarités International distribue également des denrées alimentaires à 418 familles vulnérables, soit 2 409 personnes, vivant dans les villages autour de Dékoa. En plus de cette réponse d’urgence, l’ONG soutient également des activités génératrices de revenus à Dékoa, où 75 personnes vulnérables recevront une formation en coiffure, saponification, petit commerce, transport ou restauration, ainsi que du matériel pour lancer leur propre entreprise. Pour relancer l’agriculture, 300 villageois vulnérables recevront une formation ainsi que des outils, des semences et des vivres, pour éviter la consommation des semences. Par ailleurs, Solidarités International complète son intervention à Dékoa en réhabilitant cinq points d’eau qui serviront environ 2 500 personnes et en redynamisant les comités de gestion des points d’eau pour assurer leur entretien et leur fonctionnement.

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