Central African Republic

Rapport de situation
Contexte
Ousmane, a nommé son projet ou sa cultures « La persévérance », car plusieurs de ses amis ont abandonné les travaux à cause de manque d’eau ou d’autres défis. Mais lui, il a tenu pour avoir les récoltes. ©OCHA/Virginie Bero, Birao, Préfecture de la Vakaga, RCA, 2021.
Ousmane a nommé son projet ou sa culture « La persévérance » car plusieurs de ses amis ont abandonné les travaux à cause de manque d’eau ou d’autres défis. Mais lui, il a tenu pour avoir les récoltes. ©OCHA/Virginie Bero, Birao, Préfecture de la Vakaga, RCA, 2021.

Une accalmie contribue à l’effort humanitaire dans la ville de Birao

Située à l’extrême nord de la République centrafricaine à la frontière avec le Tchad et le Soudan, la ville de Birao connait un calme relatif malgré l'instabilité du pays, après une escalade de violence en 2019 qui avait entrainé des dizaines de morts et le déplacement de plus de 23 000 personnes. Les acteurs humanitaires, déjà opérationnels dans cette ville avant les affrontements de 2019, ont renforcé davantage leur présence et intensifié la réponse multisectorielle face aux besoins urgents. Grâce à leur mobilisation, le niveau de sévérité des besoins humanitaires a significativement baissé en une année. Ainsi, la proportion de la population ayant un niveau de consommation alimentaire acceptable a presque doublé passant de 39 à 74%, et la moitié de la population a aujourd’hui accès à l’eau potable comparé à seulement un quart en 2019. Aujourd’hui, 5% de la population est contraint de déféquer à l'air libre en raison du manque de latrines, contre 37% en 2019. Même si l’assistance d’urgence a été fournie, des besoins humanitaires demeurent.

Une dépendance contraignante

Après avoir fui son quartier à Birao en 2019, Zénaba s’est retrouvée sur le site de personnes déplacées avec quatre enfants à sa charge. Elle n’avait aucune ressource pour survivre, car elle était contrainte de sauver sa vie et celle de ses enfants, abandonnant tous ses effets. Etant commerçante, elle s’est retrouvée sur le site sans ses marchandises. « Si nous ne recevions pas une assistance de la part des humanitaires, mon dernier fils âgé de deux ans serait mort », a-t-elle affirmé. Etant sur le site, la population n’a pas accès aux champs à cause de la présence des groupes armés autour de Birao et dépend en grande partie de l’assistance humanitaire. Les déplacés reçoivent tous les mois des vivres du Programme mondial alimentaire (PAM), constitués de l’huile, de semoule de maïs, de sel, de haricot et de mil.

Une accalmie observée en février 2021 a permis au PAM d’acheminer du Soudan via Am-Dafock 143 tonnes de vivres. Une première distribution a été effectuée du 11 au 13 février en faveur de 2 367 familles vulnérables à Am-Dafock (65 km à l’est de Birao), où 28,150 tonnes de vivres ont été distribuées en rations alimentaires de 15 jours. Du 16 au 21 février, les personnes déplacées internes des sites Chinois, Yata, de l’Hôpital et celles dans les familles hôtes à Birao estimées à plus de 4 000 familles ont reçu 66 tonnes de vivres du PAM en rations alimentaires de 15 jours. Afin de consolider ses stocks pour l’assistance des prochains mois, le PAM a reçu de Bangui 10 camions transportant plus de 470 tonnes de vivres.

Faire de l’agriculture un moyen de résilience

En plus de l’assistance en vivres, l’ONG Triangle Génération humanitaire fournit un appui à 400 personnes qui se sont mises en groupement afin de réaliser du maraîchage. L’appui en semences, outils aratoires et l’assistance technique d’un agronome leur ont permis de planter des légumes comme des gombos, des courges, des melons, des amarantes douces et des oignons. Ces maraîchers ont témoigné survivre suite à la vente des produits qu’ils récoltent. « Cela fait plus de deux ans que je bénéficie de l’appui de l’ONG Triangle, je peux témoigner des bienfaits de l’appui que nous a donné cette organisation. Sans cette aide, je ne saurai quoi faire avec ma famille », a fait savoir Ousmane, un maraîcher et père d’une famille de trois enfants.

L’ONG Triangle a également distribué 12 tonnes de semences comme des arachides, des sésames, le niébé, le sorgho et 15 000 boutures de manioc à 1 000 ménages sur les axes qui mènent de Birao vers Ouada, Djallé, Terfel et Matala. Cette distribution a permis la relance des activités agricoles, là où la situation sécuritaire le permet. En plus de l’assistance en agriculture, 10 groupements d’apiculteurs ont bénéficié des outils favorisant la reprise de leurs activités, à savoir des ruches, des combinaisons et des enfumoirs, tandis que 30 groupements de pêcheurs ont reçu des pirogues, des filets et des hameçons. En parallèle, Triangle a lancé une campagne de distribution des bovins et ânes à 45 groupements d’agriculteurs pour leur permettre de préparer la prochaine campagne agricole. L’intervention de Triangle a également pris en compte la valorisation et la transformation des produits locaux en fournissant deux machines d’extraction d’huile d’arachide à l’association villageoise d’épargne et de crédit de Birao.

A la fin janvier 2021, la ville de Birao comptait trois sites de personnes déplacées dont le plus grand, appelé “site chinois”, situé à côté de la base des casques bleus, compte 8 000 personnes. Pour ces personnes, même si elles bénéficient d’une assistance multisectorielle, la protection reste un défi majeur. La libre circulation et l’accès aux champs est compromis à cause de la présence des éléments armés aux alentours de la ville.

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