Central African Republic

Rapport de situation
Réponse d'urgence
Des déplacés dans l'enceinte de la mosquée à Bambari, Préfecture de la Ouaka. ©HCR/Hyppolyte Togogo, RCA, juin 2021.
Des déplacés dans l'enceinte de la mosquée à Bambari, Préfecture de la Ouaka. ©HCR/Hyppolyte Togogo, RCA, juin 2021.

8 500 déplacés forcés de quitter le site Elevage à Bambari

Plus de 8 500 personnes qui étaient hébergées sur le site des déplacés Elevage à Bambari dans la Préfecture de la Ouaka au centre du pays, majoritairement Peulhs, ont été forcées de se déplacer encore une fois vers des quartiers de la ville. Ce déplacement fait suite aux menaces proférées contre les déplacés le 4 juin par des hommes en armes, suivies de graves violations du droit international humanitaire. Deux jours plus tard, le site a été totalement consumé dans un incendie dont les circonstances restent encore à élucider. Craignant pour leur sécurité, une partie des habitants de Mbiande et Kombélé, villages situés à 20 km de Bambari sur l’axe Bambari-Ippy se sont également déplacés vers Mbagolo à la même période. 5 900 de ces déplacés vivent dans une forte promiscuité dans l’enceinte de la mosquée de la ville et plus de 2 000 autres dans des familles d’accueil selon le dénombrement du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Réponse aux besoins urgents

Une mission d’évaluation rapide des besoins conduite le 7 juin conjointement par OCHA, HCR, PAM, Triangle (TGH), INTERSOS, ACTED, COOPI, et PARET a constaté des besoins urgents dans les zones de déplacement en eau, abris d’urgence et articles ménagers essentiels, vivres, éducation et protection. Le même jour, une organisation internationale a commencé la distribution d’eau aux déplacés qui ont pris refugie à la mosquée et ses environs, ainsi qu’aux communautés hôtes. La quantité distribuée quotidiennement atteint actuellement les 40 000 litres. Les ONG MSF et TGH ont mis en place 9 latrines additionnelles à la mosquée qui en comptait déjà trois, et fournissent des produits désinfectants et dispositifs de lavage de mains. MSF s’occupe également de l’assainissement du site de la mosquée en évacuant les ordures vers un site identifié par les autorités. L’ONG COOPI avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué le 9 juin 8,9 tonnes de biscuits énergétiques représentant une ration de trois jours pour plus de 8 500 personnes, distribution ultérieurement complétée par celle des coupons alimentaires pour une ration d’un mois couvrant l’ensemble des déplacés. Plus de 400 enfants ont également reçu de l’agence des Nations Unies des suppléments alimentaires. L’ensemble de déplacés de la Mosquée ont reçu des biens non alimentaires du HCR composés notamment de bâches, moustiquaires, ustensiles de cuisine et savons. Pour la prise en charge sanitaire des déplacés, MSF a relocalisé vers la mosquée son point de traitement du paludisme qu’il tenait déjà sur le site Elevage incendié. IMC et MSF gardent également leurs appuis habituels aux structures sanitaires de la ville où les déplacés peuvent accéder gratuitement aux soins. En réponse aux cas suspects de rougeole qui s’étaient déclarés dans le site de la mosquée et un cas confirmé dans les environs, MSF a vacciné à partir du 25 juin plus de 2 380 enfants âgés de 6 mois à 15 ans. L’école qui fonctionnait sur le site de déplacés et celle se trouvant dans l’enceinte de la mosquée ne fonctionnent plus, la première ayant été brûlée et les élèves déplacés, tandis que la deuxième sert de refuge aux déplacés, affectant plus de 800 élèves. En réponse, l’Inspection académique locale et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont réorienté la majorité d’élèves vers les écoles les plus proches où ils passent actuellement les examens de fins d’année scolaire. Les ONG APADE et JRS leur ont distribué des fournitures scolaires, ainsi qu’aux autres élèves d’écoles d’accueil, soit près de 2 700 personnes. Toutefois, des cas de déperdition scolaires ont été constatés mais leur ampleur reste à déterminer.

La Coordonnatrice Humanitaire a alloué le 11 juin 12 millions de dollars américains du Fonds Humanitaire pour couvrir les besoins prioritaires dans les zones à forte vulnérabilité et où la résurgence de la violence a exacerbé les besoins humanitaires et de protection. Ce financement couvre également Bambari dans la gestion des sites des déplacés et la fourniture des biens non alimentaires.

La protection demeure la plus grande préoccupation

En même temps que les déplacés ont besoin d’assistance, leur protection demeure source d’inquiétudes. Certains se sentent menacés d’attaques, rendant des familles d’accueil moins enclines à leur offrir un toit. L’ONG INTERSOS mène des activités de suivi de la protection à la mosquée et dans les quartiers d’accueil des déplacés, tandis que MercyCorps y met en place des activités de prévention des violences basées sur le genre (VBG). Dans le cadre de son projet de lutte contre les VBG et de promotion de la santé de reproduction, l’ONG AID avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a distribué des kits de dignité à 100 femmes vulnérables. Ils sont composés notamment de serviettes, seaux, savons et pagnes. Avec l’appui de l’UNICEF, l’ONG Espérance met en place des espaces Amis des enfants mobiles qui fournissent des services ludiques d’appui psychosocial aux enfants et sensibilise leurs parents sur la protection.

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