Central African Republic

Rapport de situation
Contexte
Une subvention a permis à Blanche, une jeune commerçante, de réapprovisionner ses stocks et d'offrir à ses clients une sélection de marchandises plus variée. ©OCHA/Anita Cadonau, Bangui, RCA, 2020.
Une subvention a permis à Blanche, une jeune commerçante, de réapprovisionner ses stocks et d'offrir à ses clients une sélection de marchandises plus variée. ©OCHA/Anita Cadonau, Bangui, RCA, 2020.

L'assistance en espèces : le pouvoir de choisir

Blanche a eu sa table, comme elle appelle en toute modestie sa boutique, depuis quatre ans, nichée dans un quartier résidentiel de la capitale Bangui. Les produits sont devenus rares ces derniers mois et les prix des denrées alimentaires et des articles ménagers essentiels ont grimpé en flèche en République centrafricaine (RCA) – conséquence de la dernière crise qui frappe le pays depuis décembre dernier.

En quelques clics

Mère célibataire d'une fille de 11 ans, Blanche a reçu 150 000 FCFA, soit la somme généreuse de 280 dollars, grâce à un projet financé par le Fonds humanitaire de la RCA et mis en œuvre par l'ONG Mercy Corps. Blanche a reçu cette somme par transfert électronique – une première pour la femme de 37 ans. Heureusement, elle avait déjà un téléphone portable et, avec l'aide de l'ONG, elle a rapidement compris les quelques clics nécessaires pour transformer un SMS en argent liquide chez un voisin vendeur de crédit téléphonique. "Tout simplement fabuleux et si facile", dit la jeune femme en souriant, "et j'ai pu choisir ce que je voulais acheter". Grâce à la subvention, Blanche a réapprovisionné ses stocks et propose désormais une sélection plus variée d'aliments dans son petit magasin. Avec les revenus, elle subvient aux besoins de sa famille. Arachides, graines de courge, manioc, poisson séché et chenilles – une spécialité locale – s'empilent soigneusement sur sa table devant elle. La disponibilité des marchandises est frappante.

Les arguments en faveur d’interventions en espèces

Selon le Partenariat d’apprentissage sur les transferts monétaires, les interventions en espèces (cash-based intervention en anglais, CBI) ne représentent que 6% des 25 milliards de dollars de financement humanitaire dans le monde. Les CBI comprennent la distribution d'argent ou de bons d’achat – ces derniers étant souvent accompagnés d'une foire aux produits à choisir – et le transfert monétaire électronique, généralement effectué via un opérateur de réseau mobile. La grande majorité de l’assistance humanitaire (94%) prend la forme d'une aide en nature, comme des rations alimentaires, des matériaux de construction, des semences et outils aratoires ou des articles ménagers. Mais la tendance s'oriente vers les CBI en raison de ses avantages avérés.

L'assistance en espèces permet aux bénéficiaires de choisir ce dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin, à condition que les marchés locaux fonctionnent et que les produits soient disponibles à un prix stable. Elle remet le pouvoir entre les mains de ceux qui en ont le plus besoin et leur permet de dépenser l’argent pour ce qui compte le plus pour eux. Outre les avantages directs de CBI pour les bénéficiaires, les dépenses locales de l'assistance en espèces ont souvent un effet multiplicateur au sein de la communauté.

Un regard sur la Centrafrique

En RCA, plus de la moitié des personnes déplacées vivant sur les sites préfèrent l'assistance alimentaire en espèces à la réception de produits alimentaires. D'autre part, trois personnes sur quatre préfèrent l'assistance sanitaire en nature en raison du manque de personnel qualifié et de médicaments. Compte tenu de ces constatations, l'assistance humanitaire en RCA a commencé à s'orienter vers les CBI. Sur les 1,6 million de Centrafricains qui ont reçu une assistance humanitaire en 2020, environ un sur deux (47%) a reçu une forme de CBI. Plus de 29 millions de dollars ont été distribués par le biais de CBI l'année passée, dont 80% en tant que réponse d'urgence. Le secteur alimentaire a été de loin le secteur le plus bénéficiaire : 80% des personnes ayant bénéficié de CBI ont reçu de l'argent ou des bons d’achat pour améliorer leur sécurité alimentaire. Les CBI ont notamment ciblé les habitants des grandes villes, par exemple Bangui et Kaga-Bandoro, où près de 400 000 personnes ont été assistées en espèces, pour des raisons de disponibilité des produits et des institutions financières.

Une modalité privilégiée en période de pandémie

Avec une augmentation de 48% du nombre de bénéficiaires atteints en 2020 par rapport à l'année précédente, les CBI ont connu une montée en puissance, certainement aussi liée à l'apparition de la COVID-19. Environ 40% des CBI en 2020 visaient à contenir la pandémie. Des subventions à petite échelle ont permis aux familles d'acheter du savon, des jerrycans et des masques pour améliorer leur hygiène et empêcher la propagation. Les CBI ont également renforcé la capacité des agents et des établissements de santé à tester et à traiter les patients. Les transferts monétaires sont devenus plus importants que jamais pendant la pandémie car ils permettent d'éviter les grandes foules. Conformément au Plan de réponse humanitaire 2021, les acteurs humanitaires s'engagent à poursuivre l'intensification de CBI en 2021.

URL:

Téléchargé le: