Central African Republic

Rapport de situation
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Un jeune homme déplacé est vacciné contre la COVID-19 dans un site pour personnes déplacées à Ippy. ©OCHA/Anita Cadonau, Ippy, Préfecture de la Ouaka, République centrafricaine, 2022.
Un jeune homme déplacé est vacciné contre la COVID-19 dans un site pour personnes déplacées à Ippy. ©OCHA/Anita Cadonau, Ippy, Préfecture de la Ouaka, République centrafricaine, 2022.

Deux ans après que la RCA ait confirmé le premier cas de COVID-19

Deux ans se sont écoulés depuis que le gouvernement de la République centrafricaine (RCA) a confirmé son premier cas de COVID-19 le 14 mars 2020. Depuis lors, divers partenaires humanitaires et de développement ont déployé leur soutien au gouvernement pour répondre à la pandémie, en plus d'une crise humanitaire qui dure depuis plus d'une décennie.

Au 14 Septembre 2022, 1 934 751 personnes ont été vaccinées contre la COVID-19. La RCA a reçu 2 568 280 doses de vaccin à travers la facilité COVAX et de dons bilatéraux de la Chine et de la Russie, dont 37% ont été administrées.

Le ministère de la Santé a révisé son plan national de déploiement des vaccins pour intensifier la vaccination contre la COVID-19 dans le but de couvrir 52% de la population totale d'ici décembre 2022. Le plan comprendra de nouvelles cibles, notamment les personnes âgées de 15 ans et plus. Le plan bénéficiera du soutien financier de la Banque mondiale, de l'UNICEF, de GAVI et de l'OMS.

Le gouvernement centrafricain a lancé le 20 mai 2021 la campagne de vaccination contre la COVID-19 avec l’appui des partenaires, notamment l'OMS, l'UNICEF et GAVI. La campagne a commencé par la vaccination symbolique des membres du gouvernement et des agents de santé. Le premier lot de doses a couvert dans un premier temps le personnel de santé de première ligne et les personnes vulnérables âgées de 50 ans et plus, et s'est ensuite étendu aux leaders religieux, relais communautaires, commerçants, transporteurs et journalistes. La campagne de vaccination contre la COVID-19 couvre les 16 préfectures du pays, mais connaît des difficultés d'accès en raison de l'insécurité et du mauvais état des routes.

Réponse à la deuxième et troisième vagues

A la veille du lancement de la campagne, le président Touadéra a annoncé le 19 mai 2021 qu'une urgence de santé publique serait déclarée et un certain nombre de mesures prises pour intensifier les efforts visant à contenir la deuxième vague de COVID-19, qui a frappé le pays en mars et avril 2021. Des mesures barrière plus strictes dans les lieux de rassemblement tels que les restaurants, les bars, les lieux de culte, les mariages, les funérailles et les transports en commun ont été annoncées, ainsi que leur renforcement plus rigoureux.

En janvier 2022, la RCA se trouvait au milieu de la troisième vague de COVID-19. Au cours de la première semaine de janvier, 745 nouveaux cas ont été enregistrés, soit plus que pendant tout le mois de décembre 2021 (674 cas). Au 14 Septembre 2022, le ministère de la Santé a enregistré 14 912* cas de COVID-19, dont 113 décès, depuis le début de la pandémie.

Un environnement favorable

Une enquête menée par l'ONG Ground Truth Solutions a indiqué que les centrafricains sont prêts à se faire vacciner contre la COVID-19 et pensent que le vaccin aidera à éradiquer le virus, malgré un certain scepticisme et des informations erronées qui persistent. Les partenaires humanitaires et de développement soutiennent le Ministère de la santé dans l'élaboration d'une campagne de communication pour informer et encourager la population à se faire vacciner et lutter contre la propagation de fausses informations sur le vaccin.

Des défis à tous les fronts

La RCA sort d’une année au cours de laquelle les besoins humanitaires ont exponentiellement augmenté. Jamais au cours des cinq dernières années il n'y a eu autant de personnes dans le besoin aigu qu'aujourd'hui. La pandémie a frappé un pays déjà ravagé par des décennies de conflit armé et de sous-développement. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la République centrafricaine était parmi les pays les moins préparés à faire face à la pandémie. Une série de facteurs aggravants rendent le pays à la fois vulnérable et la réponse à la pandémie difficile.

Tout d'abord, le système de santé fonctionne à peine, en raison d'une pénurie chronique de personnel de santé qualifié, d'équipements médicaux et de médicaments de base. 70% des services de santé sont fournis par des organisations humanitaires et 2,7 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin d'une assistance sanitaire. Un Centrafricain sur quatre doit marcher pendant plus d'une heure pour atteindre la clinique la plus proche et, pour beaucoup, les factures des consultations et des médicaments sont inabordables. Seul un Centrafricain sur trois a accès à l'eau potable, à des toilettes et à une douche. Et pour beaucoup, le savon est un produit de luxe. L'accès à l'eau et à l'assainissement est particulièrement problématique sur les nombreux sites où vivent 156 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI), souvent dans des abris de fortune surpeuplés où la distance physique n'est pas praticable.

L’approvisionnement en équipements de protection et dispositifs médicaux pour diagnostiquer et traiter les patients atteints de la COVID-19 avait posé un sérieux problème, en particulier au début de la pandémie. L'insuffisance des infrastructures routières et la saison des pluies qui dure six mois perturbent les chaînes d'approvisionnement dans une majeure partie du pays. L'insécurité entrave davantage l'accès aux services et la possibilité pour les humanitaires d'atteindre les personnes ayant besoin d'assistance. Le manque cruel d'infrastructures de la chaîne du froid entrave encore davantage l'approvisionnement en médicaments dans tout le pays.

Une réponse humanitaire sans précédent

Face à ces défis sur tous les fronts, les organisations humanitaires et les acteurs du développement avaient intensifié leur soutien au Ministère de la santé depuis mars 2020 pour apporter une réponse globale et décentralisée, et pour renforcer le système de santé publique et l'accès à l'eau et à l'assainissement. Près d'un tiers du budget de 553,6 millions de dollars alloué à l'assistance humanitaire en 2020 a été consacré à la réponse à la COVID-19. Ainsi, les partenaires humanitaires ont amélioré l'accès aux soins de santé pour plus de 938 000 personnes et l'accès à l'eau et à l'assainissement pour 770 000 personnes, dont de nombreuses personnes déplacées. Pour atténuer les effets de la pandémie sur la sécurité alimentaire, les organisations humanitaires ont procédé en 2020 à des distributions de nourriture pour 900 000 personnes vulnérables et le soutien agricole a aidé 170 000 agriculteurs à produire leur propre nourriture et à augmenter leurs revenus.

Adapter les modalités d’assistance

Les interventions en espèces sont devenues une modalité d'assistance privilégiée qui évite les grandes foules et offre un espace plus sûr pour l'assistance humanitaire en période de pandémie. Avec 48% de bénéficiaires supplémentaires atteints en 2020 par rapport à l'année précédente, l'assistance en espèces a connu une forte augmentation. Cette augmentation s'est poursuivie en 2021, avec 1,6 million de personnes ayant reçu une assistance en espèces, soit deux fois plus qu’en 2020. 577 000 personnes ont reçu 12,1 millions de dollars pour une assistance multisectorielle liée à la COVID, en espèces ou en bons d'achat, avant tout pour améliorer l’accès à l’eau et l’hygiène.

* Compte tenu des capacités de test limitées, la stratégie de diagnostic du gouvernement, depuis juillet 2020 limite les tests aux cas suspects et aux personnes à risque. Ainsi, le nombre de cas confirmés de COVID-19 doit être interprété avec prudence. A titre d'illustration, seules 104 622 personnes ont été testées au 14 Septembre 2022.

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