Central African Republic

Rapport de situation
Réponse d'urgence
Clinique mobile dans le village de Daté. ©OCHA/Virginie Bero. Daté, Préfecture de la Mambéré-Kadéï, RCA, 2020.
Clinique mobile dans le village de Daté. ©OCHA/Virginie Bero. Daté, Préfecture de la Mambéré-Kadéï, RCA, 2020.

Une réponse intégrée améliore la santé, la nutrition et l’accès à l’eau en faveur des personnes affectées par le conflit

Rébaï Jérémie, âgé de 17 mois pesait moins de 8 kg lorsqu’il a été amené au dispensaire de Daté, environ 50 km de Berberati où il a reçu un traitement composé de suppléments nutritionnels et anti paludéens durant un mois. A 10 mois déjà, il aurait dû peser entre 8 et 11 kg. « Je peux dire avec joie que la vie de mon fils a été sauvée grâce à l’assistance reçue », a témoigné Jeanne Namféï, la mère de Jérémie, bénéficiaire d’un programme appuyé par le Fonds humanitaire pour la République centrafricaine (RCA).

Comme Jérémie, une centaine d’enfants malnutris sont pris en charge par l’ONG African Relief Service (ARS) dans le village de Daté peuplé d’environ 1 050 personnes dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï. Ces enfants malnutris sont référencés à la formation sanitaire grâce aux relais communautaires formés et sillonnant les villages afin d’effectuer des dépistages. En plus de la prise en charge des enfants malnutris, ARS organise des cliniques mobiles où une cinquantaine d’enfants souffrant de diverses maladies sont pris en charge gratuitement au village Daté.

Cette activité est également réalisée dans d’autres villages périphériques d’Amada Gaza dans l’ouest de la RCA. Au dispensaire de Amada Gaza centre, 30 à 40 malades sont consultées au quotidien grâce à l’approvisionnement en médicaments et matériels, ainsi qu’une prise en charge financière fournie par l’ONG ARS. « Nous pourrions difficilement prendre en charge 20 patients par jour », a fait savoir un agent de santé. De 3 895 enfants âgés de 6 mois à 6 ans dépistés en juillet 2020, 119 enfants (3%) ont été atteints de malnutrition aiguë sévère et ont été admis dans les unités nutritionnelles thérapeutiques appuyées par ARS. Cette ONG appui également le dispensaire en médicaments, assure le référencement et transport des cas graves vers l’hôpital de Berbérati et a construit un bloc opératoire.

Réduire la morbidité et la mortalité maternelle et infantile liées à la malnutrition aiguë

A Gamboula, une ville située également dans la Mambéré-Kadéï, l’ONG Initiative Africaine pour le Développement (AID) prend en charge des enfants malnutris et appui l’hôpital de district en médicaments essentiels. Cet appui s’étend aussi dans les villages voisins Ndongo, Dilapoko, Béina, Vodowa et le poste de santé secondaire de l’église évangélique baptiste.

De juin au début septembre 2020, 52 enfants malnutris ont été admis à l’hôpital de Gamboula et ont été pris en charge avec cinq repas par jour et des suppléments nutritionnels thérapeutiques. L’ONG AID assure également la prise en charge des personnes qui accompagnent les enfants malades, y compris dans l’amélioration de l’hygiène particulièrement pendant la crise sanitaire actuelle.

Des mesures de lutte contre COVID-19 prises en compte dans la réponse

Les deux ONG ont également intégré des mesures de prévention de COVID-19 dans leurs différentes activités. A Amada Gaza, 65 dispositifs de lavage des mains ont été installés dans les formations sanitaires et des lieux publics. 30 prestataires de soins ont été formés sur la prise en charge nutritionnelle selon le protocole simplifié afin d'éviter la propagation de COVID-19. 100 relais communautaires ont été formés sur des notions de base de COVID-19 et les mesures barrières. Ces derniers vont à leur tour sensibiliser la population. A Gamboula, le mécanisme de prévention de la propagation se traduit à travers la promotion des mesures d'hygiène, la distribution des kits d'hygiène aux personnes les plus vulnérables, l'installation des dispositifs de lavage des mains aux points d'entrée frontaliers, chantiers miniers, les marchés et autres lieux de regroupement.

Dans la sous-préfecture de Gamboula, l’accès aux villages reste difficile à cause de la présence des groupes armés, tandis que la résilience de la population s’est fortement érodée suite à l’insécurité récurrente. La dégradation de la route entrave l’accès aux personnes dans le besoin dans la sous-préfecture d’Amada Gaza. L’accès à ces zones se fait uniquement à moto, ce qui réduit l’aide qui peut être apporté à la population, mais également la possibilité d’échanges entre les différentes localités.

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