Central African Republic

Rapport de situation
Réponse d'urgence
Didi Séley et ses jumeaux
Didi Séley et ses jumeaux Hassan et Mariam en Juin 2019, puis en octobre 2020. ©OCHA/Virginie Bero, Zémio, Prefecture du Haut-Mbomou, RCA, 2020.

Un combat pour la vie

Hassan et sa sœur jumelle Mariam ont plus d’un an maintenant. Hassan a déjà fait ses premiers pas et Mariam les fera sûrement bientôt. Les jumeaux de Didi Séley ont souffert de malnutrition aigüe sévère (MAS) en 2019 quand ils avaient l’âge de quatre mois. Après avoir bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle, ils se sont rétablis et sont aujourd’hui en bonne santé. En République centrafricaine (RCA), 1 enfant sur 10 ne survivrait pas d’ici ses 5 ans suite à une combinaison de facteurs, dont la malnutrition pour laquelle plus de 1 million d’enfants auront besoin d’assistance préventive et curative en 2021.

Didi Séley, la mère de Hassan et Mariam, a fui la ville de Bambari au centre de la RCA en 2018 à cause de conflit armé. Abandonnée par son mari, elle s’est retrouvée seule une année plus tard avec ses nouveau-nés sur un site informel de personnes déplacées à Zémio au sud-est du pays. « Arrivée sur le site, je ne savais pas comment nourrir mes enfants », dit-elle. Séley ne mangeait pas à sa faim, et par conséquent, elle ne pouvait pas allaiter convenablement ses deux enfants.

Une étincelle d'espérance

En juin 2019, lors d’une évaluation des besoins des personnes déplacées à Zemio, la Coordonnatrice Humanitaire et une équipe du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont rencontré Didi Séley qui mendiait en désespoir sur le site des déplacés avec ses jumeaux qui présentaient des signes de malnutrition avancée, comme des corps amaigris et des ventres ballonnés. Alerté par la situation nutritionnelle des enfants, l’équipe humanitaire a initié un traitement d’urgence pour les jumeaux qui étaient déjà dans un état de MAS. Les humanitaires ont continué à suivre le développement des enfants et ont assuré leur prise en charge nutritionnelle et médicale. « J’avais perdu tout espoir concernant la survie de mes enfants. S’ils sont en vie aujourd’hui, c’est grâce à l’appui des humanitaires », dit la jeune maman visiblement soulagée.

Didi Séley a bénéficié d’un appui multisectoriel fourni par les acteurs humanitaires à Zemio. Ses enfants sont suivis chaque semaine et à cette occasion, ils reçoivent des intrants nutritionnels. De son côté, la mère des jumeaux a reçu des vivre du Programme alimentaire mondial. Par ailleurs, elle est devenue membre du groupement féminin « Aimons-nous », appuyée par l’ONG Association des femmes pour la promotion et l’entreprenariat (AFPE), avec un financement du Fonds humanitaire pour la RCA. Une assistance en kit d’activités génératrices de revenus (AGR) lui a permis de commencer le petit commerce et gagner de l’argent pour prendre en charge ses jumeaux. Dans ce groupement, les bénéficiaires ont mis en place un système de tontine qui leur permet de s’octroyer des crédits rotatifs afin de renforcer leurs fonds de commerce. « Nous venons en aide aux femmes éprouvées, celles qui sont malades, les victimes de violences conjugales ou les personnes démunies, » a témoigné, Mbolini Jacqueline, présidente de ce groupement.

Didi et ses jumeaux parmi des milliers

En 2019, la sous-préfecturede Zémio était en phase 5 – la plus aigüe en termes des besoins humanitaires. Avec une population de plus de 35 000 habitants, la ville de Zémio a accueilli depuis 2017 plus de 15 000 personnes déplacées en provenance de la préfecture de la Ouaka et des différents axes routiers de Zémio. Comme Didi Séley, des milliers de personnes affectées par des conflits ont reçu une assistance humanitaire dans la sous-préfecture. Grâce à cette assistance, la proportion des ménages souffrant de la faim sévère a diminué de moitié, passant de 30% à 12%. Et 71% des ménages utilisent désormais des forages manuels, contre 45% en 2019.

Aujourd’hui, Didi Séley a entrepris un petitélevage de poulets. Dans le groupement « Aimons nous », elleparticipe à la tontine et projete relancer l’élevage de petits ruminants. « Une fois que j’aurai économisé assez d’argent, je compte sortir du site, prendre une maison en location et m’y installer avec mes enfants ».

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