Chad

Rapport de situation

Faits saillants

  • L’action humanitaire paie le prix de la nouvelle vague de violence au Lac
  • Le CERF alloue plus de 12 millions de dollars pour les urgences sous-financées au Tchad
Birdsview of the Lac Province
Chad's Lac Province is home to nearly 170,000 internally displaced people, 47,000 returnees and 13,000 refugees. ©OCHA/Federica Gabellini

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Chiffres clés

5,3M
People in need
3M
People targeted
448K
Refugees
171K
IDPs
117K
Returnees
690K
Host population in need

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Rapport de situation

Financement

$545.3M
Requis
$43.8M
Reçu
8%
Progrès
FTS

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Contacts

Federica GABELLINI

Public Information Officer

Augustin ZUSANNE

Analyste à l'Information Publique

Emmanuelle SCHNEIDER

Desk Officer

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Rapport de situation
Réponse d'urgence
Vue de la province du Lac
Aerial view of the Lac Province. ©OCHA/Federica Gabellini

L’action humanitaire paie le prix de la nouvelle vague de violence au Lac

Le président Idriss Déby Itno, s'exprimant depuis un avant-poste des Forces de Défense et de Sécurité aux confins du Lac Tchad, a annoncé, le 29 mars le lancement imminent d’une opération militaire de grande envergure baptisée « Colère de Boma ». L’objectif de l’opération est de débarrasser la province des groupes armés non-étatiques à travers une offensive terrestre, aérienne et fluviale.

Cette décision intervient à la suite d'une attaque armée contre une garnison militaire à Boma le 23 mars qui avait fait 98 morts, y compris des civils, et 47 blessés. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues.

Après que le président Déby ait déclaré « zones de guerre » les départements de Fouli et Kaya dans la province du Lac le 26 mars, le conseil des ministres a décrété le même jour l'état d'urgence dans ces deux départements à compter du 27 mars jusqu’au 16 avril 2020.

La déclaration de l'état d'urgence donne pouvoir aux autorités militaires et administratives de la province du Lac, sous la tutelle du ministre de la Défense nationale et de la sécurité, du ministre de l'Administration du territoire et du ministre de la Justice, de mettre en œuvre les mesures prévues par l'état d'urgence. Ces mesures sont, entre autres, les restrictions de mouvement, le couvre-feu, les réquisitions d'armes, les perquisitions de domiciles, les arrestations et les détentions provisoires. Le Chef de l’Etat a décidé de “briser” le groupe armé auteur de l’attaque « en lui infligeant une raclée jamais égalée » a-t-il affirmé.

Depuis que le gouvernement a déclaré les deux départements « zones de guerre », les leaders traditionnels et les autorités administratives ont commencé à faire déplacer les villageois plus à l’intérieur du pays. Selon le préfet de Fouli, 20 000 personnes ont déjà fui les zones d’opérations militaires, et se trouvent actuellement en situation de déplacement à Diameron et ses environs.

Le préfet a appelé la communauté humanitaire à fournir une assistance d’urgence à ces personnes qui sont actuellement confrontées à une situation humanitaire alarmante, notamment en termes de besoins d'eau potable, de nourriture, de soins de santé et d’abris.

Des déplacements progressifs pourraient se produire dans les jours à venir de manière spontanée, et risquent d’avoir un impact sévère sur une province qui abrite déjà 169 000 déplacés internes, 13 000 réfugiés et 47 000 retournés tchadiens. En rappel, les activités humanitaires ont déjà été restreintes en raison de la pandémie de la COVID-19, en plus des restrictions de mouvement entre la capitale et les provinces.

Des interruptions des services de télécommunications ont été signalées dans de nombreuses zones de la province du Lac, notamment à Bol, Liwa, Daboua, Kiskawa, Kaiga Kindjiria, Kiskra, Ngouboua, Tchoukoutalia, Koulfoua et les îles. La perturbation du service rend la communication et le partage d'informations très difficile, constituant un autre défi à la coordination de la réponse.

Les partenaires humanitaires sur le terrain s’activent à travers les mécanismes de coordination des clusters et les partenaires de terrain, et conduisent des évaluations rapides des besoins, tout en travaillant sur la reprogrammation de certains projets comme mesures d’adaptation. Il est à craindre que les mesures d'urgence aient des implications sur les opérations des Nations Unies et les autres acteurs humanitaires, en particulier sur l'accès humanitaire. Les partenaires humanitaires de la province du Lac travaillent sans relâche avec les points focaux opérationnels et les autorités locales du département de Liwa afin de planifier et coordonner la réponse humanitaire à cette nouvelle phase de la crise.

Au cours de la réunion de coordination inter-cluster du 31 mars, des recommandations ont été faites à l'Equipe Humanitaire Pays, à savoir le renforcement des sous-clusters, à travers le déploiement de personnel dans la province du Lac, pour la réponse et autres situations d’urgence qui pourraient survenir en plus de la pandémie de la COVID-19.

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Réponse d'urgence
CERF Picture
Les fonds CERF permettent de répondre aux besoins les plus urgents des personnes vulnérables. ©OCHA/F.Gabellini

Le CERF alloue plus de 12 millions de dollars pour les urgences sous-financées au Tchad

En 2019, la réponse humanitaire a été financée de moitié au Tchad laissant sans assistance humanitaire des centaines de milliers de personnes dans le besoin. Pour contribuer à réduire ces vulnérabilités, le Sous-secrétaire général des Nations Unies chargé des affaires humanitaire et Coordonnateur des secours d’urgence, Mark Lowcock a validé le 18 mars 2020 l’octroi d’une enveloppe de 12 millions de dollars américains du Fonds central de réponses d’urgence (CERF).

La priorité de ce financement est de mettre en œuvre des programmes vitaux, qui répondent aux besoins immédiats des populations touchées, en particulier celles du Lac. Les activités y afférentes seront menées dans les secteurs de la nutrition, de la protection, de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène, de l'assistance alimentaire, de l'agriculture, de la santé, de la logistique, de la gestion des camps, sites et abris et des articles ménagers essentiels.

L’année dernière, a communauté humanitaire en appui au Gouvernement du Tchad, avait estimé que 4,3 millions de personnes auraient besoin d’assistance humanitaire en 2019 et avait ciblé 2 millions de personnes les plus vulnérables. Cependant, des 476,6 millions de dollars requis pour répondre aux besoins de ces personnes, seulement 277.9 millions ont été reçus, soit 58.3%.

Les huit projets bénéficiant de cette allocation du CERF permettront de fournir une assistance multisectorielle aux personnes qui en ont le plus besoin. Il s’agit de fournir une réponse à la crise nutritionnelle et à la crise des personnes déplacées internes dans les provinces du Lac, du Kanem et du Barh-El-Gazal, d’apporter un appui aux Tchadiens affectés par le mouvement de population et la crise nutritionnelle et de sécurité alimentaire, d’assurer les services aériens humanitaires pour permettre aux partenaires d’atteindre les zones d’intervention humanitaire et de renforcer l’accès aux services essentiels pour les survivants de violences sexuelles et sexistes de la crise sécuritaire dans le bassin du Lac Tchad.

Ces projets seront mis en œuvre jusqu’au 31 décembre 2020, par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Service aérien d'aide humanitaire (UNHAS), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les programmes étant mis en œuvre dans le contexte actuel, il est important de s'attaquer aux vulnérabilités potentiellement accrues résultant de toute propagation de la nouvelle épidémie à coronavirus (COVID19) et de maximiser la complémentarité avec la planification de la réponse en cours au niveau national et local. L’équipe humanitaire pays a demandé, le 24 mars, aux agences bénéficiaires des fonds CERF d’étudier les modalité d’alignement des programmes financés sur certaines priorités et de les rendre "compatibles avec la COVID19".

En 2020, la communauté humanitaire estime à 5,3 millions le nombre de personnes en besoin d’assistance humanitaire au Tchad dont trois millions de personnes ciblées. Pour répondre à ces besoins, la communauté humanitaire requiert 545,3 millions de dollars, cela sans prendre en compte les éventuelles conséquences de la pandémie de la COVID19 en cours qui touche également le Tchad.

Le Tchad est un pays où les crises humanitaires se déroulent dans un contexte de faible développement, d'accès limité aux services sociaux de base (santé, éducation ou eau potable), de dégradation de l'environnement et des effets du changement climatique. Les interventions humanitaires seules ne suffisent plus, il faut s'attaquer également aux causes profondes des difficultés et des vulnérabilités persistantes. Tous ces facteurs exposent les populations déjà vulnérables à des chocs récurrents, affectant leur capacité de résilience et rendant impérative une approche intégrée humanitaire et développement à plus grande échelle et nécessitant des investissements urgents.

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