Chad

Rapport de situation

Faits saillants

  • À l'échelle du pays, près de 38 000 ménages ont été touchés par les inondations
  • La réponse rapide du Gouvernement
  • Au Lac, les inondations entraînent des déplacements et soulèvent des problèmes de sécurité alimentaire
  • 18 000 sinistrés au centre, plus de 10 000 à l’est
  • Des besoins importants au sud mais peu de ressources disponibles
Assistance aux sinistrés de Kabe
9 septembre 2020, Kabe, 9e Arrondissement de N'Djamena. Première journée de distribution de vivres et d'articles ménagers essentiels à 546 ménages sinistrés de Kabe. Chaque ménage a reçu 50 kg de céréales, 25 kg de haricot, 10 kg de sucre, 10 kg d'huile, 10 boules de savon, 2 couvertures, 2 moustiquaires et 1 seau. Plus de 1 000 ménages supplémentaires seront atteints dans les jours à venir. La Croix Rouge du Tchad (CRT), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Haut-Commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) et l'Office national de sécurité alimentaire (ONASA), une agence gouvernementale, ont unis leurs efforts pour assister ces sinistrés. Crédit photo : OCHA/Federica Gabellini.

URL:

Téléchargé le:

Chad

Rapport de situation

Chiffres clés

6,4M
People in need
3,8M
People targeted
473K
Refugees
236K
IDPs
103K
Returnees
690K
Host population in need

URL:

Téléchargé le:

Chad

Rapport de situation

Financement

$664.6M
Requis
$206.9M
Reçu
31%
Progrès
FTS

URL:

Téléchargé le:

Contacts

Federica Gabellini

Public Information Officer

Augustin Zusanné

Analyste à l'Information Publique

Sarah Sakatni

Chargée du Reporting et du Plaidoyer

Chad

Rapport de situation
Réponse d'urgence
Distribution dans le 9e arrondissement
9 septembre 2020, Kabe, 9e Arrondissement de N'Djamena. Première journée de distribution de vivres et d'articles ménagers essentiels à 546 ménages sinistrés de Kabe. Chaque ménage a reçu 50 kg de céréales, 25 kg de haricot, 10 kg de sucre, 10 kg d'huile, 10 boules de savon, 2 couvertures, 2 moustiquaires et 1 seau. Plus de 1 000 ménages supplémentaires issus des 7e et 10e Arrondissements seront atteints dans les jours à venir. La Croix Rouge du Tchad (CRT), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Haut-Commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) et l'Office national de sécurité alimentaire (ONASA), une agence gouvernementale, ont unis leurs efforts pour assister ces sinistrés. Crédit photo : OCHA/Federica Gabellini.

Les inondations ravagent le pays et affectent près de 190 000 personnes

La saison des pluies a enregistré des précipitations records cette année au Tchad, et dans le Sahel en général, et elle n’est pas encore terminée. Le mois d’août 2020 en particulier a provoqué de nombreuses inondations sur la plupart du territoire national : au centre, au sud, à l’est, au Lac et dans la capitale N’Djamena. Les statistiques du Gouvernement indiquent que les inondations ont affecté près de 190 000 personnes. Ces inondations engendrent de nombreux problèmes pour les populations, des besoins urgents mais aussi sur le moyen terme : habitations détruites, champs inondés, récoltes agricoles endommagées, besoins en nourriture, entre autres.

À l'échelle du pays, près de 38 000 ménages ont été touchés par les inondations Une analyse de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) comparant les précipitations entre 2015, 2019 et 2020 pour les mois de mai, juin et juillet montre une dégradation et une forte augmentation des précipitations pour chaque mois observé et d’une année à l’autre.

La carte ci-jointe illustre les crues (cumulées) agrégées dans le sud du Tchad entre le 20 et le 26 août 2020 : les préfectures les plus exposées sont principalement situées dans les provinces du Salamat, Tandjile et Batha, au centre, au sud et à l’est du pays.

Dans la zone analysée d'environ 540 000 km2, un total d'environ 19 000 km2 de terres semblent être inondées. Sur la base des données démographiques de Worldpop et des eaux de surface détectées, environ 450 000 personnes sont potentiellement exposées ou vivent à proximité des zones inondées. Il s'agit ici d'une analyse préliminaire qui n'a pas encore été validée sur le terrain. Malgré les défis d'accès considérables posés par les routes endommagées ou inondées, des évaluations multisectorielles, avec les autorités locales, sont actuellement en cours dans les zones affectées pour affiner les chiffres et soutenir la réponse. Certaines provinces avec des particularités géographiques ont été affectées de manières différentes. La province du Tandjilé est, elle, dépendante des eaux inondées pour la culture du riz.

La réponse rapide du Gouvernement

Le Gouvernement tchadien a déjà initié une réponse coordonnée par les Ministères de la Santé et de la solidarité nationale, de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, et de la Femme. La réponse gouvernementale, à travers l’organisme ONASA (Office national de sécurité alimentaire), accompagnée de quelques articles ménagers essentiels, est en cours.

À la suite d’une récente rencontre entre le Gouvernement et l’équipe humanitaire pays, il a été convenu de la création d'un comité de suivi de la situation des inondations par le Gouvernement auquel les acteurs de la communauté internationale seraient conviés. Les acteurs humanitaires cherchent à appuyer la réponse du Gouvernement de manière à assurer la meilleure utilisation possible des ressources restreintes. Comme la situation est évolutive, une mise à jour régulière sur l'impact des inondations, ainsi que sur la réponse fournie, reste importante. Les partenaires humanitaires sont engagés à récolter les informations les plus actuelles à partir du terrain.

Au Lac, les inondations entraînent des déplacements et soulèvent des problèmes de sécurité alimentaire

À la suite des inondations intenses causées par les pluies torrentielles dans la province du Lac, environ 6 000 personnes des districts de Ngouboua, Liwa et Baga Sola se sont déplacées vers Kousserie, Diamerom, Ngolio et Fourkoulom du 3 au 15 août. Au total, plus de 30 000 personnes sinistrées des inondations ont été accueillies dans des sites des déplacés au Lac. Ces nouveaux déplacés ont besoin de nourriture, d'abris et d'eau potable.

Les autorités de l'État ont signalé 7 925 hectares de champs de maïs - plus de la moitié du total des champs ensemencés - inondés à Baga Sola et Ngouboua. De plus, 175 hectares de gombo ont été inondés dans les mêmes zones. Au total, 42 800 agriculteurs sont concernés selon l'évaluation préliminaire.

Depuis le début de la saison des pluies en juin, la province du Lac a enregistré une pluviométrie qui pourrait conduire à une mauvaise récolte cette année. Plus de 14 000 hectares de cultures, appartenant à plus de 55 000 personnes, ont été détruites par de fortes pluies, au risque d’affecter la capacité alimentaire et les moyens de subsistance des familles au Lac. Aujourd’hui, les pluies se poursuivent et la montée des eaux n’a pas encore atteint son pic qui survient souvent en septembre-octobre. Cette situation laisse entrevoir une mauvaise saison agricole ce qui va nécessiter un double appui en vivres et en semences pour atténuer les dégâts.

Un montant de 4,5 millions de dollars du fond CERF pour une réponse rapide a été alloué au Tchad afin de financer l’assistance en cours pour les personnes nouvellement déplacées des derniers mois dans la province du Lac. Ces fonds ont été alloués aux quatre agences (HCR, UNICEF, OIM et PAM) pour leurs actions dans les domaines d’abri, eau, hygiène, assainissement, nourriture et protection. Bien que ces fonds aient été alloués au profit des nouveaux déplacés à la suite des attaques récentes, ceux qui ont été sinistrés à cause des inondations sont maintenant accueillis sur ces mêmes sites.

Le soutien est en cours pour les personnes déplacées par les inondations au Lac en termes d’eau, hygiène, assainissement (ACF, HCR), vivres pour 12 000 personnes (PAM), Abris/AME, hygiène (Concern, UNICEF, FNUAP, Oxfam). Cependant En dehors du Mécanisme de Réponse Rapide (RRM), encore faible, il n’existe pas d’autres capacités de réponse flexibles à réorienter vers les nouveaux sites de déplacés.

18 000 sinistrés au centre, plus de 10 000 à l’est

Le 9 août, des inondations ont été signalées dans la province de Batha, au centre du pays : 17 quartiers d'Oum-Hadjer (Batha-est) ont été touchés, affectant 1 157 ménages de 10 390 personnes, détruisant 1 275 maisons et 552 huttes et endommageant 4 154 sacs de céréales. Au total, au mois d’août, 3 113 ménages (soit plus de 18 000 personnes) ont été sinistrés dans la ville de Oum-Hadjer à la suite de la montée de la rivière et des pluies torrentielles. D’autres villages de la province de Batha ont également été affectés par les inondations ; 2 063 ménages ont été sinistrés.

Une mission conjointe, impliquant la Croix-Rouge tchadienne, l'UNICEF, la GIZ, OCHA, le personnel du district sanitaire d'Oum-Hadjer et les autorités locales, a effectué une première évaluation. Ces personnes ont besoin en priorité d’assistance en termes de vivres, articles ménagers essentiels (AME) et d’un appui en eau, hygiène et assainissement. Pour l’instant, l’UNICEF déploie une assistance en eau, hygiène, assainissement pour le village de Oum-Hadjer dans le Batha. Cependant, il existe des défis majeurs pour une réponse immédiate puisque les partenaires n'ont pas de stock existant et que très peu d'acteurs opèrent dans la zone.

Dans la province du Salamat, à l’est du Tchad, 3 294 ménages (plus de 10 000 personnes) ont été sinistrés dans la localité de Mouraye. On recense 549 maisons/cases écroulées et 23 000 hectares de champs toute culture confondue, inondés ou détruits. Les besoins prioritaires des sinistrés sont en vivres, articles ménagers essentiels, et en eau, hygiène et assainissement, en partie comblés par un acheminement par le Gouvernement depuis N’Djamena grâce à la contribution des ressortissants du Salamat. Cependant, les besoins demeurent importants. D’autant que l’est du Tchad est touché depuis plus d’un mois par une nouvelle épidémie de chikungunya qui se transmet par piqures de moustiques : 15 694 cas au 6 septembre.

D’autres dégâts ont été répertoriés dans les provinces du Sila, Wadi-Fira et Ennedi-Ouest, à l’est et au nord du Tchad : des centaines d’hectares détruits et de sinistrés dont les besoins prioritaires sont en vivres, articles ménagers essentiels et en eau, hygiène et assainissement.

Des besoins importants au sud mais peu de ressources disponibles

Le sud a également été impacté par les fortes pluies, qui ont causé des dégâts dans les provinces du Mandoul, Tandjilé, et du Mayo-Kebbi, affectant respectivement 27 000, 80 000, et 62 000 personnes. Une mission d'évaluation conjointe dans le Mandoul, menée par les acteurs humanitaires et les autorités locales, s’est déroulée les 27 et 28 août derniers pour identifier les besoins prioritaires : en sécurité alimentaire, abris, articles non alimentaires, santé, eau, hygiène, assainissement et protection. Sachant que des cas de choléra ont été répertoriés l’année dernière dans le Mayo Kebbi-est, le risque de propagation de cette maladie dans des contextes d’inondations est sérieux. L’UNICEF a réservé des kits de lutte contre le choléra à distribuer, si des cas venaient à être rapportés.

Les résultats de cette évaluation confirment que l'impact le plus important a été sur les moyens d’existence de la population, en raison des dégâts causés au secteur agricole, où environ 34 800,25 hectares de cultures dont 22 315,75 hectares de céréales de base (riz, mil, sorgho et maïs) et 12 484,5 hectares sur les cultures de rentes (coton, arachide et sésame) ont été endommagées dans les huit cantons concernés.

Un appui en vivres (céréales) pour les personnes les plus touchées, ainsi qu’un appui en semences maraîchères pour rattraper les cultures détruites par les inondations sont les interventions les plus urgentes à mettre en place dans le court terme. A moyen terme, un appui plus général au développement des activités génératrices de revenus sera aussi nécessaire.

Selon les observations et les informations recueillies de cette mission, 6 581 maisons et/ou cases ont subi des dégâts (écroulées ou fissurées) pour une estimation d’environ 13 743 personnes affectés dans quatre cantons : Békamba et Nderguigui, Bébopen et Bédjondo. Les besoins les plus immédiats sont la distribution de vivres pour 4 500 ménages, l’appui d’urgence en moyens d’existence pour 2 250 ménages, la distribution de bâches et d’articles ménagers essentiels à 4 470 ménages dont les maisons ont été fortement endommagées. Également, l’appui en médicament, en particulier les antipaludéens, pour les structures sanitaires est crucial en cette période de pic de paludisme dans les régions du sud. La mobilisation des ressources est en cours afin que les personnes touchées par ces inondations reçoivent une assistance nécessaire.

Les inondations sont également une préoccupation majeure dans la capitale N'Djamena

Les chiffres du Gouvernement indiquent que près de 32 000 personnes ont été touchées par les inondations dans la capitale. À N’Djamena, 7 122 ménages de 31 853 personnes ont été touchés par les récentes inondations dans 15 quartiers de la ville. Les inondations ont détruit 5 250 maisons et tué 10 personnes. Les personnes touchées ont trouvé refuge dans leur propre quartier ou dans les quartiers voisins ; certains sont hébergés par des membres de leur famille mais beaucoup restent sans abri.

Les autorités de l'État, avec le concours des acteurs humanitaires, ont recherché des sites pour les relocaliser. Il a été constaté au cours de l’évaluation de trois sites jugés potentiellement viables que la plupart des sinistrés se trouvent dans les familles d’accueil, à l’exception de ceux qui sont logés dans les salles de classe du Lycée Walia qui, eux, ont besoin d’une assistance d’urgence. L’ONG MSF-Hollande a distribué le 29 août des articles ménagers essentiels constitués de couvertures, moustiquaires et savons à 75 familles au Lycée Walia. D’autres acteurs devraient également se positionner pour l’assistance multi secteur à ces sinistrés.

Des évaluations approfondies sur ces trois sites ont pris en compte leur accessibilité physique, les conditions sécuritaires et de protection et l’accès aux services de base pour soutenir leur préparation à l'accueil des personnes touchées. Les trois sites de relocalisation peuvent accueillir globalement 800 ménages qui seront en priorité pour ceux qui ne sont pas en mesure d’être accueillis par des proches ou des familles d’accueil.

Au 26 août, une aide alimentaire avait été fournie à quelque 6 848 ménages affectés de N’Djamena par l’intermédiaire de l’organisme gouvernemental (ONASA) et de la Croix-Rouge tchadienne. L’UNICEF, le PAM, le PNUD et le HCR ont tous identifié des stocks à distribuer à N’Djamena. Le PAM a confirmé la mobilisation de vivres pour 20 000 personnes dans la capitale. Le HCR est en mesure de fournir 6 000 couvertures et 6 000 seaux pour répondre aux besoins en Abris/AME. UNICEF prendra part à la réponse sur deux sites qui seront viabilisés pour les personnes touchées par les inondations (Tradex et Basilique), notamment en couvrant les besoins en eau, hygiène et assainissement (bidons, nattes, et pastilles de chlores) et en termes de protection de l’enfant (des tentes larges pour l’usage adapté pour les enfants). L’ONG Diakonie s’est engagée avec son partenaire local à construire 25 latrines d’urgence et un forage sur le site Basilique. L’ONG Oxfam fournira un appui en eau, hygiène et assainissement par l’appui au traitement d’eau, la construction des latrines d’urgences, les matériels de conservation d’eau et les articles ménagers essentiels. L’OIM est disponible pour appuyer le transport des déplacés à N’Djamena ver les sites identifiés pour la relocalisation.

Dans la capitale tchadienne, certains commerçants ont été obligés de fermer boutique et d’autres menacent de suivre le pas. A cause des inondations, de nombreux artisans et autres professionnels de petits métiers qui ne peuvent pas circuler, enregistrent des manques à gagner qui apparaîtront malheureusement pas dans les comptes publics parce que la plupart exerce dans l’informel.

Malgré des ressources limitées, la communauté humanitaire s’est déjà positionnée pour répondre, dans la mesure de ses capacités disponibles et mobilisables pour cette crise, à quelques besoins de première nécessité des personnes sinistrées par les inondations, notamment au Lac, à l’Est et dans la ville de N’Djamena. Différentes organisations et bailleurs de fonds continuent de rechercher d’éventuelles ressources financières et mobilisent des stocks pour répondre aux besoins les plus immédiats.

URL:

Téléchargé le:

Chad

Rapport de situation
Visuels

Carte sur le nombre de personnes affectées par les inondations

TCD - Carte inondations 2020

URL:

Téléchargé le:

Chad

Rapport de situation
Visuels

Les eaux détectées par satellite entre le 20 et le 26 août 2020, dans les provinces du centre et du sud du Tchad

UNOSAT MAP

URL:

Téléchargé le: