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Faits saillants

  • Les attaques contre les civils et les militaires se multiplient dans la province du Lac, réduisant l’accès humanitaire et affectant la protection des personnes.
  • Les mouvements de populations continuent à la suite des attaques des groupes armés non-étatiques au Lac, avec plus de 8 000 nouvelles PDI enregistrées en octobre selon l’OIM.
  • Les urgences sanitaires demeurent une préoccupation au Lac, avec le paludisme qui a enregistré 143 cas suspects dont 40 décès en octobre
  • Un vent violent a détruit plus de 1 400 abris, blessé sept personnes et tué huit petits ruminants à Baga Sola le 15 octobre.
  • Le faible financement continue d’impacter la réponse humanitaire, particulièrement les besoins identifiés d’environ 142 000 personnes déplacées vivant sur 23 sites
Carte de la province du Lac
Carte de la province du Lac. Source : OCHA

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Chiffres clés

6,4M
People in need
3,8M
People targeted
473K
Refugees
236K
IDPs
103K
Returnees
690K
Host population in need

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Financement

$664.6M
Requis
$285.1M
Reçu
43%
Progrès
FTS

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Contacts

Federica Gabellini

Chargée de l'Information Publique

Augustin Zusanné

Analyste à l'Information Publique

Sarah Sakatni

Chargée du Reporting et du Plaidoyer

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Contexte
Access in Lac Province
Tagal, province du Lac. Ce bras du lac est envahi par des herbes flottantes, qui rendent les mouvements et les activités comme la pêche très difficiles. Photo : OCHA/Federica Gabellini

Aperçu de la situation sécuritaire et humanitaire au Lac

Situation sécuritaire / accès

Les zones insulaires au sud, à l’ouest et au nord-ouest de la province ont été le théâtre habituel des incursions ou infiltrations des groupes armés non-étatiques (GANE) contre les populations locales ou les Forces de Défense de Sécurité (FDS). Contrairement au mois d’août 2020, marqué par la pose des engins explosifs improvisés, les GANE ont, de septembre à octobre, tendu des embuscades aux FDS. En effet, sur une dizaine d’incidents rapportés, sept concernent les attaques par surprise dont la cible principale était les FDS. Ces incidents ont provoqué de vagues de mouvements de population soit un total de 3154 ménages de 14 344 individus environs des zones insulaires vers la terre ferme jugée plus sûre. Les attaques et infiltrations du GANE créent une psychose au sein de la population et des déplacés internes, obligeant certaines personnes à passer la nuit en dehors de leurs sites.

L’espace humanitaire se réduit davantage, non seulement à cause de la situation sécuritaire, mais également à cause des contraintes physiques telles que la montée des eaux et la présence des herbes mouvantes, qui empêchent la navigation sur le lac.

Les mouvements des acteurs humanitaires sont toujours limités sur les axes Liwa-Diamerom-Kaiga Kindjiria, Kaiga Kindjiria-Kiskawa, Ngouboua-Tchoukoutalia-Boma-Kaiga Kindjiria et l’axe secondaire Bol-Baga Sola. A cela, s’ajoutent les zones insulaires de Bol et Kangalam. Les responsables militaires ont recommandé aux acteurs humanitaires d’éviter les zones de Kangalom, Tetewa, peu sûres, mais aussi l’axe Ngouboua vers Tchoukoutalia où il existe un risque de mines, ou bien de s’y rendre avec escorte armée.

Les chefs des agences des Nations Unies, tenant compte de l’évolution de la situation sécuritaire qui prévaut dans la province et des orientations données par les autorités, ont décidé le renforcement des mesures sécuritaires pendant le déplacement du personnel au Lac. Ce sont le respect du convoi pendant les déplacements, le suivi radio toutes les 30 minutes pendant les mouvements des véhicules sur tous les axes, et l’utilisation de l’escorte armée pour se rendre à Diamerom. Les mouvements vers les îles et sur l’axe Ngouboua-Tchoukoutalia-Kaïga Kindjiria sont interdits. Les problèmes d’accès liés à l’insécurité ont considérablement réduit l’espace humanitaire, et augmenté les difficultés pour atteindre les personnes dans le besoin. Une augmentation des cas de protection a été enregistrée dans la province du Lac, avec 177 incidents rapportés en septembre, soit une augmentation de 92 % des incidents enregistrés à la même période en 2019 et de 23% des cas enregistrés en aout 2020. Les trois principaux incidents sont les cas d’enlèvements (79), homicides (43) et les agressions physiques (35), représentant 89 % de l’ensemble des incidents du mois. Les groupes armés seraient responsables de 78% des incidents, principalement 99% des cas d’enlèvement (78) et 100% des cas d’homicide (43) qui auraient survenu au cours des incursions et attaques armés. Ces incursions sont souvent suivies de pillages.

Situation humanitaire

Le groupe de travail sur le suivi des mouvements de population, créé fin septembre, continue ses activités. Il a tenu sa première réunion le 15 octobre et a partagé des informations sur le mouvement des populations dans des sites et des communautés hôtes de la période.

Les mouvements de populations ont été très dynamiques en octobre comme au cours des mois précédents. Selon les données de la DTM, entre juillet et fin septembre, 39 000 personnes déplacées internes (PDI) ont quitté leurs lieux d’habitation habituels dans la province du Lac. Pour le mois d’octobre, on estime que 8 740 personnes (1 748 ménages) se sont déplacées à la suite d’alertes compilées. Ces personnes proviennent de 10 sites issus des sous-préfectures de Ngouboua, Kaiga Kindjiria (Digou, Daboua école, Fourkoulom ancien, Tataverom, Bibi dar Al amné, Malkaouri, Kindjiria, Selia, Taboua et Magui). Toutes ces populations ont parcouru des distances importantes (allant de 2 à 60 km) avec des enfants à dos d’ânes, à pied, pendant deux à trois jours. Ceci laisse présager des conditions d’extrême vulnérabilité dans un environnement rude et hostile. Avec la montée des eaux du Lac en ce début de novembre, il faut s’attendre à une nette augmentation de ces mouvements des zones insulaires vers la terre ferme. La montée des incidents sécuritaires pourrait être également l’une des raisons fondamentales de mouvements comme à l’accoutumée.

Par ailleurs, sur le plan de la migration, les chiffres des ressortissants des pays tiers (RPT) n’apparaissent plus dans les résultats DTM de l’OIM parce qu’à l’issue d’une évaluation de triangulation des chiffres du 12ème round effectuée par le HCR au mois d’août 2020, il est apparu que la grande majorité des RPT sont en réalité des demandeurs d’asile relevant du mandat du HCR.

Des analyses faites au cours des différentes réunions du sous-cluster sécurité alimentaire, il ressort une détérioration de la situation alimentaire dans l’ensemble de la province. Les marchés sont de moins en moins approvisionnés et ceci a pour conséquence la hausse des prix des produits céréaliers. Les prix des produits de consommation de base que sont le mil pénicillaire et le maïs ont augmenté de 10 à 32,8 %. Il a été notifié l’adoption des stratégies néfastes de survie à l’exemple de la vente des petits ruminants, la mendicité, la consommation des semences par la population. Cela risquerait d’aggraver la situation nutritionnelle déjà précaire (MAG : 12,3 % et MAS : 2,3 %). A cela, s’ajoute un contexte de lutte contre la pandémie de COVID-19 qui a également affecté la province du Lac en termes de fonctionnement des marchés locaux, ce qui explique la flambée des prix des produits alimentaires.

Sur le plan sanitaire, l’on a enregistré une augmentation des cas de paludisme en octobre, avec 143 cas dont 40 décès. Après avoir reçu une alerte sur des cas de décès par une maladie d’origine inconnue dans le village Kangou, sous-préfecture de Liwa, une descente des autorités du 22 au 24 octobre 2020 a permis de conclure, après investigation, au cas de paludisme.

Dans le cadre de la réponse COVID-19 dans la province, la situation épidémiologique n’a pas évolué, avec cinq cas enregistrés parmi lesquels un décès. Des acteurs tels que UNICEF, IRC, Concern Worldwide, pour ne citer qu’eux, ont mené des actions de prévention et d’accompagnement de la délégation provinciale dans la lutte contre la pandémie de la COVID-19. Dans le dispositif de prévention de la Covid.19, un poste de confinement a été créé au poste frontalier à Daboua depuis juin 2020. Depuis septembre 2020, certains opérateurs économiques ou commerçants venant des pays frontaliers pour entrer sur le territoire à partir des points d’entrée ont tendance à vouloir contourner ce lieu de confinement où ce dispositif de contrôle n’est pas créé, comme dans la province du Kanem. Cette situation crée une baisse des recettes douanières perçues au niveau du poste frontalier. Pour éviter que l’érection de ce lieu de confinement ne soit pas à la base de ce manque à gagner, les autorités provinciales envisagent délocaliser le centre d’isolement de Daboua à Bol, ce qui constitue un risque probable de propagation de la covid-19 dans la province.

Le faible financement continue d’impacter la réponse humanitaire, particulièrement aux besoins identifiés des 142 059 personnes déplacées dans les 23 sites, évalués de janvier à septembre 2020. Le positionnement des organisations humanitaires face aux besoins sur les 23 sites n’est pas visible. La réponse aux besoins des sinistrés des inondations a été partielle, principalement en assistance alimentaire (biscuits à haute valeur énergétique). Un exercice de mise à jour des besoins, réponses et gaps est en cours avec la participation des clusters pour des fins de plaidoyer. Le cluster sécurité alimentaire a adressé une note de plaidoyer qui a pris en compte le cas des inondations du Lac en mettant en exergue les facteurs déterminants tels que la baisse de la production agricole et déplacements de population, l’instabilité économique, l’impact de la pandémie de la COVID-19 et les changements climatiques.

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Statut du cluster

Abris – Articles ménagers essentiels

Besoins

  • Les personnes déplacées internes des sites évalués sont dans le besoin urgent d’une assistance en articles ménagers essentiels (AME) et kits d’abris d’urgence. Dans l’exercice de mise à jour de la matrice des gaps fin octobre, il ressort qu’environ 14,5 milliards de FCFA sont nécessaires pour couvrir les besoins en AME et kits abris de 23 000 ménages pour 19 sites évalués. Par ailleurs, un vent violent s’est abattu à Baga Sola le 15 octobre ; ce qui a provoqué d’énormes dégâts sur le camp des réfugiés à Dar Salam où 63 ménages ont été affectés. Au niveau des sites des PDI, particulièrement à Dar al Kheir, il a été évalué plus de 1 368 abris détruits pour 6 000 sinistrés environ, sept personnes blessés et huit petits ruminants morts. Pour la période, des réponses ont été apportées là où les dégâts ont été moindres, notamment la reconstruction de 13 abris sur le site de Malmaîri, cinq ustensiles de cuisine à Taal et un toit remis à Dar-Al-amné.

Réponse

  • Le sous-cluster Abris/AME au Lac répond aux besoins des populations victimes de deux types de crises : les déplacements forcés liés aux attaques des GANE et les inondations. La stratégie de réponse est basée sur l'identification de la situation de logement de la population (dans les abris collectifs d'urgence) et sur les normes de vulnérabilité du cluster. Les modalités de réponse comprennent des distributions des kits abris en nature et l’approche de construction des abris d’urgence en matériaux locaux.

  • En octobre 2020, quatre acteurs humanitaires (OIM, ACF, HCR et Concern Worldwide) ont fourni à 7 198 ménages des kits AME. L’OIM a construit 670 abris semi-durables aux ménages dont 220 à Bibi-barrage, 185 à Bibi-Dar al Amni et 265 à Malmairie. L’ONG Concern Worldwide a démarré la construction de 500 abris semi-durables supplémentaires dans le site de Fourkoulom. Le mécanisme de réponse rapide (RRM) a apporté une réponse à 1 350 personnes vulnérables à Kousserie 2 à la suite de nouvelles vagues d’arrivées sur ledit site. En perspective, l’ONG Concern Worldwide compte intervenir en AME, couplé au WASH pour 4 000 ménages sur le site de Koudou Kôle (site parmi les 14 récemment évalués).

Besoins non couverts

  • Le groupe sectoriel "Abris/AME" reste l'un des clusters les plus sous-financés de la province du Lac. Malgré le haut niveau d'engagement démontré par les partenaires du cluster, beaucoup ne peuvent pas obtenir un financement pour les projets d'abris et AME. Le RRM financé par ECHO est pour l’instant débordé par les nombreuses alertes et ne peut couvrir tous les besoins des sites.

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Statut du cluster

CCCM (Coordination et gestion des sites de déplacés – sites spontanés et villages hôtes)

Besoins

  • Selon les résultats du 13ème round de la DTM d’octobre, le nombre de PDI a augmenté de 13 % par rapport au 12ème round, passant de 297 000 à plus de 336 000 personnes (soit 86 327 ménages). Ces individus sont répartis dans 218 localités évaluées qui sont soit des sites de déplacement et/ou retournés et familles d’accueil des communautés hôtes. Les conditions sécuritaires ayant entraînées environ 8 740 personnes dans les sous-préfectures de Kaiga Kindjiria, Ngouboua, Liwa et Kangalam pourraient expliquer cette hausse, en comparaison avec le 12ème round.

Réponse

  • Malgré un grand nombre de sites à gérer, le sous-cluster CCCM du Lac a seulement trois gestionnaires de sites qui ont été déployés à Amma, Ngourtou Koumboua et Fourkoulom.

Besoins non couverts

  • La restriction de mouvement et l’accès limité à certains sites présente un des défis majeurs pour les évaluations multisectorielles et la réponse aux besoins des personnes déplacées. Ce sont trois sites, notamment Ngolio (90 ménages), Tchoukou Kalia (65 ménages) et Ngourtoula (280 ménages), qui n’ont pas pu être visités lors de ces missions d’évaluation. Le manque de capacité et des ressources pour le fixing afin d’obtenir les chiffres fiables constituent un véritable défi. Le manque de financement pour le recrutement des gestionnaires des sites ne permet pas une bonne maîtrise de la situation des sites.

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Statut du cluster

Eau, Hygiène et Assainissement

Besoins

  • Les besoins de la période s’élève est de 115 forages et 4665 latrines d’urgence et du dispositif de lavage des mains. L’activisme du GANE et les inondations dues à la quantité de pluie ont provoqué le déplacement de milliers de personnes en 2020 avec un besoin énorme en eau, hygiène et assainissement et les sensibilisations sur les mesures barrières au COVID-19.

Réponse

  • En termes de réponse, les acteurs humanitaires poursuivent leurs efforts, avec 18 forages réalisés (dont trois par l’ONG Action Contre la Faim, sept par l’ONG Concern Worldwide, huit par l’ONG Help-Tchad). La délégation provinciale de l’hydraulique a réceptionné 40 forages réalisés par Help-Tchad dans le cadre de son projet AA et 47 autres réalisés sur le fond BMZ.

  • En hygiène et assainissement, 103 latrines ont été réalisées en octobre en faveur des nouveaux déplacés de Kousseri, Fourkoulom, Malmairi, Baga Sola centre et Liwa.

  • Dans le cadre de la prévention contre la COVID-19, quelques 40 dispositifs de lavage de main ont été installés, notamment 10 à Kousseri, 10 à Koudou Kolé, 10 à Fourkoulom, cinq à Malmairi et cinq autres à Baga Sola centre. Concern Worldwide en collaboration avec UNICEF prépare la distribution de 4 000 kits WASH aux nouveaux déplacés de Koudou Kolé.

Besoins non couverts

  • Eau : Malgré les efforts consentis pour l’approvisionnement en eau, les gaps restent encore énormes. Sur les 19 sites évalués, le gap est de 40 forages soit une valeur de 120 000 000 XAF. Les besoins par site sont les suivant : 26 forages additionnels à Kousseri, 11 à Diamerom, 20 à Fourkoulom Nord, 13 à Fourkoulom ancien, 9 à Dar al Kheir, 6 à Darkani, 9 à Wolirom, 2 à Yakiram, 3 à Nima, 3 à Tataverom, 2 à Kolom, 3 à Kadoulou, 1 à Malmairi, 1 à Ngorerom et 1 à Ngourtou Koumboua.

  • Assainissement : En assainissement, le gap en latrines reste presque entier dans tous les sites nouvellement évalués. Sur les 19 sites évalués, Il y a un besoin de 7 703 latrines d’urgence, soit un montant de 1 155 000 000 XAF.

  • Hygiène/COVID-19 : La province continue d’enregistrer de nouveaux déplacements. Par manque de ressources, les organisations humanitaires de la province peinent à mettre en place les activités de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’hygiène et la vulgarisation des messages clés sur les gestes barrières pour lutter efficacement contre la COVID-19. Ce qui reste un grand défi pour ce secteur.

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Statut du cluster

Education

Besoins

  • Les estimations des données sur les personnes en besoins communiquées ici sont celles issues des neuf nouveaux sites des déplacés évalués par la communauté humanitaire. Il s’agit des sites des déplacés de Diamerom, Amma, Fourkouloum, Malmairi, Doum-doum, Fourkouloum Kousserie, Fourkouloum Nord, Gorerom et Ngourtou Koumboua dans les départements de Mamdi, Kaya et Fouli au Lac. Le nombre total des personnes dans les sites est de 59 816 dont une estimation de 11 096 enfants en âge scolaire (tranche d’âge de 6 à 11 ans).

Réponse

  • En prélude à la rentrée scolaire 2020-2021, UNICEF en appui au Ministère de l’Education Nationale et de la Promotion Civique (MENPC) a procédé à la distribution de 105 dispositifs de lavage de mains (DLM) dans 55 établissements de la province du Lac. Ce sont au total 20 186 élèves du primaire, dont 8 337 filles, qui ont bénéficié de ces DLM dans la province du Lac.

  • 157 enseignants dont 16 femmes ont été formés en Appui Psychosocial et de réduction de risque de catastrophe ainsi que les didactiques des disciplines dans la province du Lac. Parmi ces 157 enseignants, 99 sont des nouveaux enseignants contractualisés qui serviront dans 12 écoles primaires (Diamerom, Fourkouloum, Malmairi, Dibina, Keiga, Foul Foul, Guelemi, Espoir 1&2, Kaindoa, Midi koura et Melea et Koulkime) au bénéfice de 15 498 enfants, dont 6 786 filles.

  • Approvisionnement des inspections en kits scolaires destinés à 205 écoles. Les six inspections ont reçu les kits distribués en octobre 2020.

Besoins non couverts

  • Le sous-cluster Education a enregistré 5 866 enfants en âge scolaire dans les sites d’Amma, Doum-Doum, Fourkouloum Kousserie, Fourkouloum Nord, Gorerom et Ngourtou Koumboua, qui ne bénéficient pas d’appui pour l’instant. De plus, 60 salles de classes,120 latrines, 60 enseignants, 12 forages sont nécessaires pour favoriser l’accès à l’éducation des enfants.

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Statut du cluster

Nutrition

Besoins

  • Selon le sous-cluster Nutrition, 24 547 nouveaux cas de malnutrition aigüe sévère (MAS) étaient attendus (12 028 garçons et 12 519 filles) dans la province du Lac en 2020. De janvier à octobre, 26 768 cas de MAS ont été admis dans les unités nutritionnelles, soit un taux de 109 % des prévisions. Ce dépassement de la cible annuelle s’expliquerait par une augmentation de cas enregistrés dans les districts de Baga Sola et Liwa. La cible annuelle pour la malnutrition aigüe modérée (MAM) est de 57 292 cas. À la fin octobre, 51 054 cas ont été admis, représentant 89 % des prévisions.

Réponse

  • En septembre, 3 912 nouveaux cas de MAS ont été admis et pris en charge, soit une augmentation d’environ 10 % par rapport à l’année dernière (3 852 cas en fin août 2019). En plus, 15 454 cas de malnutrition aiguë modérée (MAM) ont été pris en charge dans les unités nutritionnelles supplémentaires (UNS) et foyers d’apprentissage, de réhabilitation nutritionnelle et d’éveil (FARNE), soit un total de 51 054 cas admis de janvier à septembre 2020.

  • Dans le cadre de l’amélioration du cadre de prise en charge de la MAS et la promotion de WASH in Nutrition, IRC a construit six hangars dans les centres de santé (Mayallah, Goum, Liwa Urbain, Kiskawa, Daboua et Tataverom), six douches (Mayallah, Goum, Liwa Urbain, Kiskawa, Daboua et Tataverom), trois forages (Kiskawa, Daboua et Magui) et deux latrines (Daboua, Magui).

  • Dans le cadre du renforcement de la réponse nutritionnelle en lien avec la COVID-19, INTERSOS, en partenariat avec l’UNICEF, a formé 35 relais communautaires dans le district sanitaire de Bol. Un lot de matériel de protection et prévention de contamination de COVID-19 (cartons de savon, masques chirurgicaux et gants) était distribué dans 10 unités nutritionnelles des districts sanitaires de Bol et Baga Sola.

  • Un dépistage de la malnutrition aigüe au MUAC couvrant 3 903 enfants âgés de 6 à 59 mois a été réalisé dans le district sanitaire de Baga Sola. Ce dépistage a identifié 18,2 % d’enfants souffrant de malnutrition aigüe globale dont 3,2% de cas sévères. Les cas dépistés étaient référés vers les unités nutritionnelles avoisinantes pour traitement. INTEROS appuie aussi l’unité nutritionnelle thérapeutique (UNT) de Baga Sola pour le traitement des cas sévères avec complications médicales.

  • Le sous-cluster Nutrition a effectué une mission de suivi du 26 au 30 octobre dans le district sanitaire de Baga Sola. A l’issue de cette mission, il a été retenu d’harmoniser et d’utiliser avec synergie les ressources disponibles pour l’appui des accompagnants des enfants malnutris au sein de l’UNT, et de renforcer la capacité des agents de santé dans les unités nutritionnelles ambulatoires pour la bonne gestion des intrants et d’information.

Besoins non couverts

  • Environ 10 408 personnes des sites de déplacés de Ngorerom et Ngourtou Koumboua ne sont pas couvertes par des interventions nutritionnelles faute de financement pour couvrir ces besoins. Par ailleurs, la persistance de l’insécurité dans les départements de Fouli et Kaya continue de limiter l’assistance humanitaire des populations vulnérables qui habitent ces zones.

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Statut du cluster

Protection / Services communautaires

Besoins

  • Le problème de la sécurisation des sites reste entier et les activités de monitoring de protection continuent de rapporter des incidents de protection qui découlent du manque de présence de la gendarmerie/police sur les sites. Le HCR en collaboration avec la DAPEC (Direction des affaires politiques et de l’état civil) fait la promotion de la délivrance des actes de naissance. Ce projet prend en charge les PDI mais avec un objectif très limité de 3 800 personnes, uniquement dans le département de Kaya et couvrant à la fois les PDI, les réfugiés et les communautés hôtes. Les activités de réponse aux cas de violences sexuelles et sexistes (VSBG) méritent d’être renforcées car beaucoup d’acteurs orientent leur programme dans la prévention. Aussi, faudrait-il un mécanisme de référencement bien défini pouvant permettre la prise en charge holistique des cas de VSBG.

  • Le fait important à relever pendant cette période est la rupture de la chaîne d’approvisionnement en vivres/assistance alimentaire affectant environ 24 000 déplacés sur environ 40 sites autour de Ngouboua et de Daboua, obligeant certains déplacés (notamment de Fourkoulom) à faire des mouvements de retour vers les villages d’origine. Ces mouvements les exposent aux exactions des éléments de groupe armé non-étatique (GANE) sur le chemin de retour. C’est l’exemple de l’attaque du convoi des PDI à bord des pirogues sous escorte militaire le 19 octobre dans la zone de Ngouboua ou encore dans les villages occupés entre temps par les éléments des GANE.

  • Tous ces éléments ont favorisé la perpétration des violations des droits humains dont le monitoring de protection du mois de septembre a rapporté 177 cas.

Réponse

  • En plus des activités de monitoring de protection qui se poursuivent dans les anciens sites (204) et le monitoring de frontières que fait le HCR avec ses partenaires CRT et INTERSOS, l’UNICEF met en œuvre des activités de prise en charge psychosociale des enfants dans neuf espace adaptés aux enfants. Les derniers fonds CERF Rapid Response pour la zone Ouest (Lac-Kanem) ont permis au HCR de faire intervenir le partenaire APLFT dans trois sites (Amma, Diamerom et Fourkoulom) dans les activités de prévention de SGBV et d’assistance pour des réponses judiciaires et juridiques. Par les mêmes fonds, IRC (partenaire du HCR) a renforcé ses activités de prise en charge médicale des cas de SGBV (matériels, médicaments, personnel qualifié).

  • Toujours dans le cadre de activités de prévention des violences sexuelles et sexistes, l’UNFPA a commencé la construction de 20 espaces sûrs au Lac afin d’avoir des cadres de discussion entre les femmes et jeunes filles sur les problèmes liés à la protection d’une manière générale et d’en trouver des solutions idoines. Ces infrastructures sont implantées dans l’ensemble de la province en collaboration avec les délégations provinciales de la santé et de l’action sociale.

Besoins non couverts

  • Beaucoup de besoins en termes de documentation et de sécurisation des sites (installation des postes de police/gendarmerie) restent à couvrir sur l’ensemble des sites de la province. En cas d’intrusion ou de problème sécuritaire lié aux enlèvements répétitifs sur les sites et aux alentours des sites, les éléments de police ou de la gendarmerie pourraient intervenir. L’enregistrement permettrait d’avoir des listes en cas de nouveaux mouvements de population. Il est également important d’assurer la prise en charge des enfants à risque et les personnes à besoins spécifiques/handicapés sur tous les sites.

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Statut du cluster

Santé

Besoins

  • La fourniture d’accès aux soins de santé de base à plus de 150 000 personnes en situation de déplacement ainsi que les personnes vulnérables dans les communautés hôtes se poursuit.

  • La surveillance épidémiologique face aux maladies à potentiel épidémique à cause des mouvements frontaliers est nécessaire pour assurer la prévention et la couverture sanitaire adéquate aux populations vulnérables et les personnes vivant avec le VIH/SIDA.

  • Il est nécessaire de mettre à disposition des intrants et médicaments dans les structures sanitaires pour faire face à d’éventuelles épidémies.

  • Les moustiquaires imprégnées sont nécessaires en cette période de pic de paludisme. Il en est de même du renforcement de capacités pour augmenter la réponse en santé dans les zones ayant accueilli de fortes vagues de mouvement de populations, mais aussi dans les zones isolées rapportant une augmentation de cas suspects.

  • Les dispositifs de prévention à la COVID-19 notamment le lavage des mains, campagnes de sensibilisation de port de masque, distanciation sociale sont à renforcer.

  • Un plaidoyer envers les autorités provinciales pour le maintien du site de confinement à Daboua et la recherche d’un partenaire d’appui pour la prévention à l’entrée de Kinasserom sont importants.

Réponse

  • Le partenaire Concern Worldwide a continué ses activités de couverture en santé préventive et curative à travers ses cliniques mobiles sur les sites de Fourkoulom et Malmairi, d’appui en médicament au niveau des centres de santé de Kalia, Djoudou et Koulkimé dans la sous-préfecture de Baga Sola.

  • En réponse à l’alerte donnée par les FDS sur des cas suspects d’une maladie d’origine inconnue dans les départements de Kaya et Fouli où il a été signalé 40 décès et 143 cas, une mission conjointe composée des autorités administratives, militaires et de la délégation sanitaire du Lac s’est effectuée du 22 au 24 octobre sur le site de Kousseri, village de Goumochirom dans la sous-préfecture (SP) de Baga Sola et Kangou dans la SP de Kaiga kindjiria. Après investigation, le paludisme a été confirmé. Sur un échantillon de 60 patients testés par des tests de dépistage rapide, 42 patients ont été confirmés positifs, soit 70 % de positivité. Tous ont reçu un traitement contre le paludisme avec Coartem et des antipyrétiques. A la suite de cette mission, cinq malades graves ont été évacués, dont deux femmes enceintes, à l’hôpital de Baga Sola et Liwa.

  • Pour sa part, l’ONG ALIMA/Alerte santé comme partenaire du District de Liwa dans la prise en charge des personnes déplacées a entrepris les actions suivantes :

  1. Renforcement de la capacité de la clinique mobile en RH plus kit pour prise en charge d'urgence et en molécules essentiel sur le poste fixe de Digou, site le plus proche de Kangou ;

  2. Référencement sur Liwa via clinique mobile de 23 patients en provenance de Kangou au niveau du poste de santé de Digou,18 patients via la clinique Mobile sur le site de Massakani ;

  3. Appui au district par la donation en intrant de première nécessité pour prise en charge des urgences et traitement ambulatoire sur place.

  • Il est important de signaler que du 28 septembre au 4 octobre, le ministère de la santé publique a enregistré 1 870 cas de paludisme confirmés dont quatre décès.

  • Par ailleurs, dans le cadre du renforcement de la prévention à travers le triage au niveau des structures de santé, IRC a mis à disposition de celles-ci 56 agents techniques de santé (21 au district sanitaire de Bol, 13 au district sanitaire de Baga Sola et 24 au district sanitaire de Liwa) et six agents pulvérisateurs soit deux par district sanitaire. L’unité de prise en charge de Bol a été renforcée par trois infirmiers d’Etat additionnels. Un réseau de 20 agents de suivi de cas contact de la COVID-19 a été mis en place dans les districts sanitaires de Liwa et Baga Sola, soit un total de 60 agents de suivi de cas contact. Ces agents ont bénéficié de la formation sur la surveillance et l’investigation COVID-19. Dans le cadre de la réponse au besoin de couverture en matière de santé, 25 agents de santé communautaire sont présents pour offrir le paquet de soins essentiels communautaires (paludisme, infection respiratoire aigüe, maladies diarrhéiques et dépistage de la malnutrition aigüe) dans le district sanitaire de Liwa. L’ONG IRC a doté le district sanitaire de Liwa de 4 motos pour renforcer les activités de vaccination en stratégie avancée. En outre, IRC à appuyer la construction en matériaux durables du poste de santé de Magui avec un bâtiment de 5 salles. Lancement du projet ADELAC avec couverture de 4 centres de santé (Ngarangou, Bol Urbain, Kangalam et Méléa) du district sanitaire de Bol et l’hôpital provinciale de Bol.

Besoins non couverts

  • L’approvisionnent en médicaments antipaludiques et intrants (TDR) est insuffisant à kiskra. L’ambulance du district sanitaire de Liwa est en mauvais état compte tenu de ses multiples sollicitations pour différentes urgences. Enfin, un besoin réel se pose en termes de moustiquaires imprégnés pendant cette période de pic du paludisme.

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Statut du cluster

Sécurité alimentaire / Moyens d’existence

Besoins

  • Les personnes déplacées et les populations hôtes victimes des inondations ont besoin de distributions alimentaires, ainsi que des appuis aux moyens d’existence agropastoraux et halieutiques, et aux activités génératrices de revenus. Environ 93 sites des personnes déplacées internes assistés par le Programme alimentaire mondial (PAM) n’ont pas reçu de distributions de vivres pendant plus de deux mois et ces personnes sont devenues plus vulnérables. Des distributions d’urgence sont nécessaires pour ces personnes.

Réponse

  • Distribution du cash : assistance par transfert monétaire de 367 496 000 XAF à 78 593 personnes dont 14 539 réfugiés (79 253 000 XAF).

  • La Fondation Grand Cœur a assisté en vivres 24 leaders communautaires de 4 402 ménages sur le site de Kousseri en leur distribuant 652 cartons de brocoli (soupe sèche) et 258 cartons de fruits secs.

  • Dans le cadre de l’assistance aux personnes en période de soudure, le PAM a continué en septembre la distribution alimentaire à 101 376 personnes en insécurité alimentaire sévère (phases III et IV du cadre harmonisé).

  • Le PAM a distribué des biscuits à haute valeur énergétique à 14 539 personnes affecteés par les inondations dans le département de Mamdi, site de Koudou Kole.

  • En septembre, le CICR et la délégation de l’élevage ont vacciné 400 000 têtes de bovidés et 100 000 têtes d’autres espèces de ruminants. Cette vaccination a été suivie de déparasitage. Par ailleurs, Help Tchad a également distribué des vivres à 392 ménages.

Besoins non couverts

  • Plus de 11 380 hectares de cultures ont été inondés en août 2020, affectant plus de 55 645 producteurs. Les parcelles agricoles devraient être clôturées pour limiter la divagation du bétail. Les producteurs prennent le risque de repartir dans les zones rouges pour les activités agricoles et sont souvent victimes des attaques des GANE. On observe une hausse des prix des denrées alimentaires, surtout les céréales (maïs et mil pénicillaire...)

  • Environ 24 000 déplacés sur une quarantaine de sites autour de Ngouboua et de Daboua n’ont pas reçu d’assistance alimentaire (en nature) de juillet à octobre 2020 à cause des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement du PAM.

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