Chad

Rapport de situation

Faits saillants

  • Plus de 170 000 personnes affectées par les inondations au Tchad selon la Croix Rouge
  • La malnutrition aigüe persiste au Tchad
Cases la sortie de Bongor 29 08 19
Crédit: Croix Rouge du Tchad. Octobre 2019, province du Mayo-Kebbi Est. Une vue de la situation.

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Chiffres clés

4,3M
Personnes dans le besoin
2M
Personnes ciblées
3,9M
Personnes en insécurité alimentaire
350k
Enfants souffrants de MAS
468k
Réfugiés
170,8k
Déplacés internes (évaluations en cours)
116,7k
Retournés
$137M
Financement requis pour le Lac
$61M
Financement reçu pour le Lac

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Financement

$476.6M
Requis
$231.9M
Reçu
49%
Progrès
FTS

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Contacts

Federica GABELLINI

Chargée du Reporting et du Plaidoyer

Augustin ZUSANNE

Analyste à l'Information Publique

Emmanuelle SCHNEIDER

Desk Officer

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Réponse d'urgence
TCD MAP InondationsZonesAffectees A4P 201911141024 1
Crédit : Croix Rouge du Tchad. Octobre 2019, Bongor, province du Mayo-Kebbi Est. Une vue de la situation.

Plus de 170 000 personnes affectées par les inondations au Tchad selon la Croix Rouge

La saison des pluies a été abondante cette année au Tchad. Les fortes pluies qui se sont abattues sur de nombreuses provinces au cours des derniers mois ont provoqué des inondations généralisées dans le pays. Selon la Croix Rouge du Tchad (CRT), 171 160 personnes ont été touchées par ces inondations à la fin octobre et le nombre de personnes touchées sur l'ensemble du territoire national continue d'augmenter. L'impact initial de cette catastrophe naturelle s'était surtout fait sentir au Nord et à l'Est (Tibesti, Borkou, Ennedi-Ouest, Batha et Sila entre autres) où elle avait fait plus de 7 000 personnes sinistrées. Le Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, a répondu aux besoins des personnes sinistrées dans les provinces affectées. Dans l’Ennedi Ouest, l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA) avait attribué 100 tonnes de céréale pour secourir les sinistrés de Fada et de Kalaït. Le ministère de la santé publique avait envoyé des lots de médicaments aux hôpitaux de ces deux départements. Les agences du système des Nations Unies ont également fourni des kits sanitaires et de dignité ainsi que des articles ménagers essentiels aux ménages affecté. Dans le Mandoul et le Moyen Chari, 30 tonnes de vivres (de part et d’autre) ont été fournies par l’ONASA.

Le Mayo-Kebbi Est très touché

Dans le sud du pays, plus de 130 000 personnes sont affectées par ces inondations parmi lesquelles plus de 80 000 personnes dans le Mayo-Kebbi Est. Dans cette province, les évaluations de la CRT font état de 80 612 personnes touchées par le débordement des rivières (soit environ la moitié de toutes les personnes affectées dans le pays). Des pluies torrentielles et des inondations ont provoqué une situation humanitaire désastreuse dans les quatre (4) départements que compte la province, causant d’importants dégâts matériels (destruction de maisons, pertes d’animaux, de nourriture et autres biens) ainsi que des pertes en vies humaines

La province du Mayo-Kebbi-Est, qui jouxte le Cameroun, est déjà touchée, depuis fin août, par une épidémie de choléra en cours, avec plus de 97 cas enregistrés dont 12 décès à la mi-novembre. Les dégâts causés par les pluies aggravent considérablement la vulnérabilité des populations face aux maladies et compromettent dangereusement leur santé physique et mentale ainsi que leur situation économique. De plus, de nombreuses personnes touchées vivent dans des zones difficiles d'accès, ce qui rend la réponse humanitaire encore plus difficile.

Une première évaluation réalisée par des volontaires de la Croix-Rouge tchadienne met déjà en évidence les besoins essentiels des habitants de Mayo-Kebbi Est, notamment en termes de nourriture, d'abris et d'articles non alimentaires. Une mission d'évaluation multisectorielle, composée des agences des Nations Unies et des ONG, est en cours dans la province (22-27 novembre) pour obtenir des informations complémentaires afin d'appuyer la mobilisation des ressources et une réponse ciblée.

De nouvelles inondations dans le Salamat

Outre les fortes pluies du mois d'août qui ont causé des dégâts considérables (3 morts, 205 villages touchés, 7 215 foyers ou 21 921 personnes touchées, 17 385 ha de champs détruits, 2 686 maisons détruites), la province du Salamat vient d'enregistrer un nouveau cas d'inondations dans le département du Haraze-Magueigne. Le 20 novembre, les autorités locales ont lancé une alerte sur le débordement du fleuve Bahr-Aouk qui a inondé le canton Donney dans la sous-préfecture de Daha. Selon les autorités et la Croix Rouge du Tchad, 162 ménages sont affectés et 952 ha de cultures détruits (données provisoires). En conséquence, il a été observé une augmentation des cas de paludisme et des risques d'autres maladies d'origine hydrique, une vulnérabilité accrue de la population locale et une pénurie de produits de première nécessité. Les autorités locales recherchent le soutien des partenaires humanitaires et du gouvernement pour répondre à l'urgence.

Intensifier la réponse

Pour la CRT, une assistance multiforme en faveur des sinistrés permettra de soulager leur souffrance et de protéger leur existence. Ainsi, elle compte sur l’engagement de tous les partenaires pour notamment actualiser la liste des sinistrés, distribuer des vivres et articles ménagers, confectionner des abris, assainir le milieu à travers la désinfection et le nettoyage. La communauté humanitaire a discuté, le 13 novembre, sur la manière d'intensifier la réponse en faveur des personnes touchées dans tout le pays. Compte tenu des ressources très limitées provenant des programmes du Plan de réponse humanitaire (HRP 2019), les agences explorent, avec les donateurs, toutes les options pour recentrer le financement existant ou pour accéder à des fonds supplémentaires.

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Contexte
Situation de la MAG
Situation de la MAG 2019 vs 2018 (Source: OCHA, UNICEF).

La malnutrition aigüe persiste au Tchad

Le ministère de la santé publique et ses partenaires dont le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) ont publié en octobre 2019 les résultats de l’enquête nutritionnelle SMART. L’objectif principal de cette enquête est d’évaluer la situation nutritionnelle des enfants âgés de 0 à 59 mois et des femmes âgées de 15 à 49 ans et estimer la mortalité rétrospective dans la population générale et chez les enfants de moins de 5 ans.

Une situation nutritionnelle globalement stationnaire

D’après les résultats de cette enquête, la malnutrition aigüe est stationnaire au Tchad avec 12,9% de la MAG et 2,9% de la MAS comparativement à la situation de 2018 où le taux de MAG était de 13,5% et de 4% pour la MAS.18 provinces ont enregistré des taux de malnutrition aigüe globale au-delà de 10% (situation préoccupante). De ces provinces, neuf sont en situation d’urgence (ayant dépassé le seuil de 15%) fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Concernant la malnutrition aigüe sévère (MAS), 13 provinces sont dans l’urgence après avoir enregistré des taux au-dessus de 2% du seuil d’urgence. Les plus touchées sont le Salamat (4,2%), l’Ennedi Ouest (3,9%), le Kanem (3,6%, l’Ennedi Est (2,9%) et le Hadjer Lamis (2,8%). Cette année, heureusement, aucune province n’a enregistré des taux allant jusqu’à 5 ou 6% de MAS, comme l’avaient fait l’Ennedi Ouest, le Hadjer-Lamis, le Sila et le Kanem en 2018.

Ces données montrent que la situation nutritionnelle s’est détériorée dans certaines provinces et s’est améliorée dans d’autres, comparée à 2018, tandis qu’elle est restée stagnante dans d’autres zones.

La situation s’est détériorée dans certaines provinces

Une douzaine de provinces sont en urgence ou en alerte (rouge ou orange) depuis l’année dernière. Ces provinces, majoritairement de la bande sahélienne et de tout le nord font l’essentiel des provinces les plus durement frappées par la malnutrition aigüe globale, comme le montre la carte.

Légère amélioration dans d’autres zones

Il y a une légère amélioration dans certaines zones traditionnellement touchées. L’état nutritionnel des enfants est passé de critique à préoccupant dans les provinces de Wadi-Fira, (12,6%) Ouaddaï (12,1%), Guéra (11,6%) et Hadjer Lamis (14,8%). Les prévalences restent donc toujours au-dessus des 10%, effleurant parfois le seuil d’urgence.

Une malnutrition aigüe devenue chronique dans le Sahel

La bande sahélienne du Tchad enregistre depuis des années des taux très élevés de la malnutrition aigüe. Le Kanem, le Bar-El-Gazel, le Ouaddaï, le Guéra, le Batha, le Hadjer Lamis et le Wadi-Fira sont entre autres les provinces les plus durement touchées. Malgré que la production alimentaire était en augmentation en 2019 par rapport à l’année précédente et supérieure à la moyenne des cinq dernières années, la malnutrition aigüe persiste. La faible disponibilité alimentaire dans certains ménages, les mauvaises pratiques d’hygiène et d’assainissement et certaines épidémies (rougeole) sont entre autres les causes de ce problème nutritionnel. Les réponses à la situation se sont longtemps focalisées beaucoup plus sur la prise en charge des cas sans toucher les causes du phénomène qui sont structurelles.

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