Chad

Rapport de situation
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A la mare de Bregue-Birguit
1er septembre 2021, Brégué-Birguit, province du Batha. Cette mare permettra aux communautés de faire à la fois du maraîchage en saison sèche et de l’aquaculture. Crédit photo : OCHA/Augustin Zusanné.

Manger à sa faim passe par la maîtrise de l’eau

L’eau est indispensable partout et pour tout, surtout dans le monde rural. Tous les paysans rencontrés dans les quatres régions ont décrié son manque qui les maintient vulnérables. Cependant, comme l’a dit le gouverneur du Guéra, on la gaspille trop au Tchad. C’est également ce que pense ce conseiller en développement rural à Moustagbal.

En termes de production agricole, l’élément hydrique est le plus important. Il tombe quelques fois de grosses pluies mais qui se perdent dans la nature. Nous nous sommes dits que pour garantir la production agricole, il faut maîtriser l’eau en retardant son passage. Qu’elle ait le temps de séjourner pour s’infiltrer afin de pouvoir apporter le maximum d’humidité aux cultures pour assurer le bouclage de leurs cycles”, explique M. Djimnodjal Djitoimadje.

Sans travailler avec les communautés, cette maîtrise de l’eau ne servirait pas à grand-chose. Selon le PAM, “La quantité d’eau qui tombe suffit pour changer les choses, mais il faut changer la mentalité de la population et faciliter l’accès à la terre pour une certaine catégorie de personnes”, oriente M. Claude Jibidar.

C’est fort de ce constat que le PAM et ses partenaires accompagnent les communautés dans le Guéra, le Batha et le Ouaddaï, afin de sortir des vulnérabilités chroniques.

À Brégué-Birguit dans le Batha, un seuil d’épandage a été construit pour maintenir l’eau pendant aussi longtemps que durera la saison sèche afin de permettre aux paysans de planter le béré-béré (sorgho) et, si possible, entreprendre du maraîchage. En plus de la digue permettant le seuil d’épandage, une mare a été construite pour recueillir les eaux des pluies afin d’aider les bénéficiaires dans leurs activités maraîchères.

Dans cette mare, les villageois apprennent aussi à élever le poisson. Tous ces éléments vont permettre à ces gens de se relever de leurs vulnérabilités, en leur générant des revenus, en renforçant leur sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que l’amélioration de la fréquentation scolaire.

La maitrise de l'eau comme solution à l'exode rural

À Doungoulou dans le Guéra, les paysans ont constaté qu’avec le système de digues dotées de versants, la main d’oeuvre valide du village a du travail à faire sur place. “Cet appui du PAM et Moustagbal a permis d’arrêter l’exode rural. Certains jeunes partaient à N’Djamena et dans d’autres villes à la recherche du mieux et envoyer un peu d’argent à leurs parents laissés derrière. Depuis janvier 2021, aucun jeune n’a quitté le village, parce qu’il y a du travail”, apprécie Mahamat Dourgane, chef de village de Doungoulou.

La présidente du comité des paysans, Mme Anassa Hamdane, renchérit : “En travaillant sur la digue, nous pouvons acheter des fournitures scolaires et des vêtements à nos enfants”, confie-t-elle.

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