Chad

Rapport de situation
Analyse
Assistance en vivres inondations2020
9 septembre 2020, Walia, N'Djamena, Tchad. Une assistance alimentaire et en moyen d'existence, dans les zones les plus affectées à travers le pays, est fondamentale maintenant. Plus tard, cela pourrait être trop tard. Photo : OCHA/Federica Gabellini.

Plus de 1,5 million de personnes les plus vulnérables risquent de ne pas recevoir d’assistance

Les acteurs humanitaires en coordination avec le gouvernement mettent en œuvre des activités d’urgence ciblant prioritairement les ménages les plus vulnérables dans un contexte marqué par un grave sous-financement.

Ces interventions s’alignent sur la priorité du cluster sécurité alimentaire visant à apporter une assistance alimentaire d’urgence aux personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère (phase 3 et plus), en période de soudure, notamment au Sahel et dans certains départements touchés par la crise alimentaire et nutritionnelle. Des 2,1 millions de personnes ciblées, le programme alimentaire mondial (PAM) a prévu d’assister 1,06 million de personnes. Faute de ressources suffisantes, il va assister prioritairement 100 000 personnes en phase 4 dans les provinces de la bande sahélienne. Le PAM a besoin de ressources additionnelles en urgence pour couvrir les besoins alimentaires de 900 000 personnes en phase 3.

De plus, le PAM a inclus dans son plan opérationnel de couvrir les besoins alimentaires de 400 000 déplacés internes. Sur les 85 millions USD sollicités, le PAM n’a reçu que 14 millions USD. Ce qui permettra de couvrir environ 375 000 personnes en plus des 136 000 personnes additionnelles qui pourront être assistées grâce au fonds CERF/RR (5 millions de dollars). Ainsi, le nombre de personnes que le PAM pourrait assister est de 500 000. Les autres acteurs du cluster sécurité alimentaire n’ont pu mobiliser jusqu’à présent des ressources que pour assister 56 000 personnes en vivres. Il persiste donc un gap de 1,54 millions de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire.

En termes de reconstitution des moyens d’existence, la FAO a prévu d’assister 1,26 millions de personnes soit 60% des 2,1 millions en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, pour un montant de 123,4 millions de dollars dans l’optique de renforcer leur résilience. Malheureusement, la FAO n’a pu mobiliser que 18,7 millions, soit un gap de 104,7 millions à rechercher. Les autres acteurs du secteur ont pu mobiliser des capacités en appui aux moyens d’existence pour assister 23,000 personnes.

De façon générale à ce jour, le Plan de réponse humanitaire 2022 pour le Tchad n’a reçu que 111,6 millions sur les 510,9 millions dollars requis, soit 22% de financement. La sécurité alimentaire est parmi les secteurs les moins financés avec 3,3% de financement rapporté sur un besoin exprimé de 216,7 millions USD.

La situation de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Tchad appelle des mesures urgentes de mobilisation de financements suffisants afin de porter la réponse du secteur à l’échelle. Si aucune action n’est prise jusqu’en août 2022, il est à craindre que la situation se détériore davantage au sein des ménages affectés. Elle pourrait s’aggraver, notamment avec la cherté des produits alimentaires de base, accentuée, en partie, par les conséquences de la crise en Ukraine, l’accès difficile aux aliments et le déplacement massif des populations affectées. Différer l’assistance à ces personnes vulnérables entraînerait une conséquence directe sur la qualité de la vie des populations touchées ainsi que sur les acquis humanitaires conservés au fil des années.

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