Chad

Rapport de situation
Tendances
Tendance cas VBG - Dar-es-salam
Les activités de prévention, de sensibilisation et d’assistance ont contribué à améliorer de manière considérable les vulnérabilités des réfugiées de Dar Es Salam. Le taux des cas reportés a diminué de plus de 61% en quatre années, passant de 85 en 2016 à 33 en 2019

Une réponse pluridimensionnelle aux VBG du camp de réfugiés de Dar-Es-Salam

La province du Lac fait face à des défis importants dus aux conséquences de la crise du bassin du Lac, avec des déplacements internes importants et des afflux de réfugiés venant des pays limitrophes comme le Nigeria et le Niger. Le camp de réfugiés de Dar-Es-Salam, situé à Baga Sola dans le département de Kaya, accueille, depuis 2015, environ 12 000 individus. Les femmes et les filles âgées de 5 à 59 ans représentent plus de 45% de la population de ce camp. L'un des principaux défis auxquels sont confrontés ces gens déplacés concerne la protection des groupes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les filles. L’une des principales questions de protection auxquelles fait face la communauté humanitaire est celle des violences basées sur le genre (VBG).

Une stratégie en trois actions

Pour faire reculer ce fléau, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR) et son partenaire la Croix Rouge du Tchad (CRT), ont mis au point une stratégie à travers trois actions : le suivi des cas à travers la formation des comités, l’information et la sensibilisation lors des campagnes dédiées et la création d’un centre d’écoute pour femmes. Le centre d’écoute dénommé “Maison des femmes” abrite des sessions d’animation mensuelles qui permettent de collecter des informations sur les cas de violences sexuelles basées sur le genre (VSBG). Ce sont les survivantes elles-mêmes qui animent ce centre d’écoute. Elles jouent ainsi le rôle de relais pour le référencement des nouveaux cas et aident les autres victimes à retrouver leur dignité.

“Les langues se délient de plus en plus. Les femmes viennent se confier à nous sans crainte. Cela a contribué à régler beaucoup de nos problèmes”, se réjouit Halima Bashiru*

Une baisse de plus de 60% du nombre de cas enregistrés depuis 2016

De 2015 à 2019, plus de 200 cas reportés et documentés ont été enregistrés au niveau du camp. Les activités de prévention, de sensibilisation et d’assistance ont contribué à améliorer de manière considérable les vulnérabilités des réfugiées (femmes et des filles) de Dar Es Salam. Le taux des cas reportés a diminué de plus de 61% en quatre années, passant de 85 en 2016 à 33 en 2019. La stratégie du HCR et de son partenaire la CRT a permis d’identifier 40 survivantes de VSBG et de les assister en cash à raison de 30 000 FCFA par cas (dont 33 cas de 2019 et 7 anciens cas). Des activités de visites à domiciles, de suivi et de référencement des cas vers les structures de prise en charge sont aussi réalisées.

“Nous remercions les organisations humanitaires qui nous ont assistées jusqu’ici. Cet appui fera que quand ces organisations vont quitter, nous pourrons continuer le travail”, promet Halima, confiante. *Pour préserver l’identité de cette personne, nous avons changé son nom.

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