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Rapport de situation
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le projet de forêt communautaire de Djoukoulkouli
31 août 2021, Djoukoulkouli, province du Guéra. “Travailler sur cet espace nous permet, non seulement d’avoir de la nourriture, mais aussi de posséder des biens”, se réjouit Hawa. Crédit photo : OCHA/Augustin Zusanné.

Des projets intégrés qui répondent à plusieurs problèmes à la fois

Les produits du jardin (légumes, mil, etc.) alimentent la cantine scolaire, améliorent l’état nutritionnel des enfants et font bondir la scolarité. “Depuis la mise en œuvre du projet, nous avons constaté une baisse du nombre de cas de malnutrition dans le centre de santé et le nombre d’élèves a augmenté à l’école. De 200 élèves en 2019, nous sommes actuellement à plus de 400 élèves”, se réjouit M. Hamit Brahim, chef de projet de l’ONG Moustagbal, partenaire du PAM.

Le jardin scolaire et le champ communautaire approvisionnent à la fois les ménages et l’école. D’un hectare, la superficie s’est multipliée par quatre, créant un surplus de production qui pourrait s’écouler sur d’autres marchés.

Ce résultat fait dire à M. Claude Jibidar, Représentant du PAM au Tchad, que la cantine scolaire doit être une priorité. “S’il ne dépendait que de moi, la cantine scolaire serait intégrée dans toutes les écoles primaires du Tchad”, fait-il savoir.

Un autre projet intégrateur est celui d’installer une forêt communautaire sur un espace dégarni, pour lutter contre la désertification, le changement climatique et pour ralentir les vents qui causent des dégâts dans les villages de Djoukoulkouli et Chawir dans le Guéra, et Amdjoufour dans le Batha.

À Djoukoulkouli, une centaine de ménages vulnérables ont été identifiés pour bénéficier du programme de travail contre actifs (argent). Les bénéficiaires partent en brousse chercher des semences locales pour les pépinières. Ces villageois achètent de l’eau pour arroser les pépinières et les arbustes plantés, parce que, disent-ils, “il n’y a pas d’eau ici, même pour la boisson”. Le point d’eau le plus proche est, selon eux, situé à 2 kms et, une fois sur place, chacun doit attendre son tour.

Plus de 12 000 plants ont été mis en terre depuis 2020 sur cet espace vide de 20 hectares, qui deviendra une forêt communautaire au pied de la chaîne de montagnes communément appelée "la Reine du Guéra", et qui sert souvent de brise-vent naturel à la ville de Mongo et ses environs.

“Travailler sur cet espace nous permet, non seulement d’avoir de la nourriture, mais aussi de posséder des biens. Il y a des gens qui n’avaient pas de poulet chez eux, d’autres n’avaient pas de petits ruminants. Maintenant, nous pouvons avoir tout ça grâce à l’appui de Moustagbal et du PAM”, se réjouit Hawa, une habitante de Djoukoulkouli, âgée d’environ 40 ans.

À Amdjoufour dans le Batha, le PAM et le Projet évangélique de développement communautaire (PEDC, une ONG nationale) ont intégré l’agriculture à la mise en place de la forêt communautaire. C’est ce qu’on appelle l’agroforesterie. Ainsi, les arbres plantés, suivant la technique des demi-lunes, cohabiteront avec les cultures pluviales et de décrue.

Cela permet, à court terme, de créer des sources de revenus pour les membres des groupements qui travaillent sur cet espace. À moyen terme, c’est le village qui se reverdit et qui sera à l’abri des grands vents qui emportent tout sur leur passage.

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