Chad

Rapport de situation
Contexte
Situation de la MAG
Situation de la MAG 2019 vs 2018 (Source: OCHA, UNICEF).

La malnutrition aigüe persiste au Tchad

Le ministère de la santé publique et ses partenaires dont le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) ont publié en octobre 2019 les résultats de l’enquête nutritionnelle SMART. L’objectif principal de cette enquête est d’évaluer la situation nutritionnelle des enfants âgés de 0 à 59 mois et des femmes âgées de 15 à 49 ans et estimer la mortalité rétrospective dans la population générale et chez les enfants de moins de 5 ans.

Une situation nutritionnelle globalement stationnaire

D’après les résultats de cette enquête, la malnutrition aigüe est stationnaire au Tchad avec 12,9% de la MAG et 2,9% de la MAS comparativement à la situation de 2018 où le taux de MAG était de 13,5% et de 4% pour la MAS.18 provinces ont enregistré des taux de malnutrition aigüe globale au-delà de 10% (situation préoccupante). De ces provinces, neuf sont en situation d’urgence (ayant dépassé le seuil de 15%) fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Concernant la malnutrition aigüe sévère (MAS), 13 provinces sont dans l’urgence après avoir enregistré des taux au-dessus de 2% du seuil d’urgence. Les plus touchées sont le Salamat (4,2%), l’Ennedi Ouest (3,9%), le Kanem (3,6%, l’Ennedi Est (2,9%) et le Hadjer Lamis (2,8%). Cette année, heureusement, aucune province n’a enregistré des taux allant jusqu’à 5 ou 6% de MAS, comme l’avaient fait l’Ennedi Ouest, le Hadjer-Lamis, le Sila et le Kanem en 2018.

Ces données montrent que la situation nutritionnelle s’est détériorée dans certaines provinces et s’est améliorée dans d’autres, comparée à 2018, tandis qu’elle est restée stagnante dans d’autres zones.

La situation s’est détériorée dans certaines provinces

Une douzaine de provinces sont en urgence ou en alerte (rouge ou orange) depuis l’année dernière. Ces provinces, majoritairement de la bande sahélienne et de tout le nord font l’essentiel des provinces les plus durement frappées par la malnutrition aigüe globale, comme le montre la carte.

Légère amélioration dans d’autres zones

Il y a une légère amélioration dans certaines zones traditionnellement touchées. L’état nutritionnel des enfants est passé de critique à préoccupant dans les provinces de Wadi-Fira, (12,6%) Ouaddaï (12,1%), Guéra (11,6%) et Hadjer Lamis (14,8%). Les prévalences restent donc toujours au-dessus des 10%, effleurant parfois le seuil d’urgence.

Une malnutrition aigüe devenue chronique dans le Sahel

La bande sahélienne du Tchad enregistre depuis des années des taux très élevés de la malnutrition aigüe. Le Kanem, le Bar-El-Gazel, le Ouaddaï, le Guéra, le Batha, le Hadjer Lamis et le Wadi-Fira sont entre autres les provinces les plus durement touchées. Malgré que la production alimentaire était en augmentation en 2019 par rapport à l’année précédente et supérieure à la moyenne des cinq dernières années, la malnutrition aigüe persiste. La faible disponibilité alimentaire dans certains ménages, les mauvaises pratiques d’hygiène et d’assainissement et certaines épidémies (rougeole) sont entre autres les causes de ce problème nutritionnel. Les réponses à la situation se sont longtemps focalisées beaucoup plus sur la prise en charge des cas sans toucher les causes du phénomène qui sont structurelles.

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