DR Congo

Rapport de situation

Faits saillants

  • L’assistance monétaire à usage multiple pour lutter contre l’insécurité alimentaire au Kasaï et Kasaï-Central
  • Aux côtés des populations, avec le Fonds Humanitaire
U45A5533-XL

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Chiffres clés

19.6M
personnes dans le besoin
9.6M
personnes ciblées
5.4M
personnes atteintes par l'aide en 2021
5.6M
personnes déplacées internes

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Financement

$2B
Requis
$741.3M
Reçu
37%
Progrès
FTS

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Contacts

Joseph Inganji

Chef de Bureau OCHA RD Congo

Yvon EDOUMOU

Chef, Section Information Publique et Plaidoyer

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Rapport de situation
Contexte
Ake SudKivu (36)-XL
Discussion avec les familles affectées, hôtes et déplacées qui ont bénéficié d’une assistance en abris et santé. Ake, Sud-Kivu, Octobre 2021.

Aux côtés des populations, avec le Fonds Humanitaire

Du 11 au 15 octobre 2021, une délégation de représentants de cinq principaux pays donateurs - Allemagne, Belgique, Canada, Pays-Bas et Suède - ont séjourné dans l’Est de la République démocratique du Congo pour s’enquérir de l’impact des projets financés par le Fonds Humanitaire.  En Ituri, au Sud et au Nord Kivus, les membres de la délégation tenaient à écouter les bénéficiaires, organisations humanitaires et les autorités locales sur l’importance de ce Fonds auquel leurs pays contribuent. Grâce à ces conversations avec des personnes affectées par les crises, parfois sous un manguier comme à Ake au Sud-Kivu, ces donateurs ont appris davantage sur les défis auxquels sont confrontés les populations.

La partie littorale du Territoire de Fizi où se trouve Ake est devenue une zone d’accueil pour les personnes déplacées. La solidarité entre les populations prime en pareille circonstance et l’assistance humanitaire est essentielle. Entre juin et septembre 2020 et plus récemment en mai 2021, des milliers de personnes ont fui les affrontements entre les groupes armés de la région verdoyante des Hauts-Plateaux de Minembwe. La région a également été impactée par des pluies torrentielles qui ont ravagé une grande partie des champs et des maisons. Pour soutenir les familles affectées, le Fonds Humanitaire a financé des interventions en abris, soins de santé primaires, nutrition et services en eau, hygiène et assainissement, mises en œuvre par les organisations partenaires A Mahagi, dans la province de l’Ituri qui compte plus de 1,7 million de personnes déplacées internes, la délégation a visité une clinique mobile et l’Hôpital général de référence. Grâce aux financements du fonds Humanitaire, ces deux structures sanitaires sont soutenues en soins de santé par le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) et Caritas Bunia. Dans la même zone, des survivantes de violences sexuelles ont bénéficié d’un suivi médical et psychosocial, fourni en complémentarité avec d’autres organisations. La délégation a également rencontré des acteurs du secteur agricole, dont les groupements agricoles et les associations villageoises d’épargne et de crédit, parmi lesquelles des personnes déplacées. Les activités génératrices de revenus et de relance agricole mises en place par COOPI ont permis à de nombreuses  familles hôtes et déplacées de payer les frais scolaires de leurs enfants, d’aller à l’hôpital pour se soigner ou encore de manger à leur faim. Un membre du groupement agricole a exprimé sa gratitude au nom de la jeunesse « Les jeunes ne savaient pas qu’on pouvait gagner sa vie avec l’agriculture. »

Soucieux de la durabilité des activités de Fonds Humanitaire, les donateurs se sont également entretenus avec des bénéficiaires de services en eau, hygiène et assainissement. A Mahagi et Bunia, les ONG congolaises PPSSP et ADSSE y ont mis en œuvre deux projets qui ont permis d’augmenter la déserte en eau, tout en contribuant à lutter contre les maladies hydriques à Bunia, ville accueillant plusieurs milliers de personnes déplacées.

Financer la réponse humanitaire pour continuer à sauver des vies

L’engagement des bailleurs, dont l’Allemagne, la Belgique, le Canada, l’Irlande, le Luxembourg, le Maroc, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède, a permis d’atteindre une enveloppe totale de 53,5 millions USD. 20,6 millions USD sont également à disposition pour la période 2022-2024, grâce à l’Allemagne et à la Belgique.

Pour les donateurs, il est essentiel que les fonds parviennent aux personnes les plus vulnérables le plus rapidement possible, tout en soutenant les efforts déployés au niveau local. Garantir un soutien continu pour couvrir les besoins humanitaires en RDC reste essentiel.  « La Belgique est engagée dans le financement flexible et multi-annuel, car nous estimons que les acteurs humanitaires ont besoin de prévisibilité pour mieux envisager les financements, et de flexibilité pour répondre plus rapidement tout en considérant l’expertise des acteurs du terrain. » Alessia Veri, Unité des Affaires Humanitaires en Belgique.

« Pour nous - en tant que plus grand donateur du Fonds Humanitaire en RDC - il est extrêmement important de voir de première main l'impact de notre financement. Visiter les sites des projets et parler aux bénéficiaires a été très utile. L'Allemagne continuera à soutenir le travail d'OCHA en RDC. Nous espérons que d'autres donateurs continueront à se joindre à nos efforts dans cette crise sous-financée. » Johannes Ulke, Conseiller politique à l'Ambassade d'Allemagne.

Durant la visite, les donateurs ont également mis l’accent sur l’importance d’assurer un meilleur engagement des communautés dans les processus de consultation et de renforcer le lien entre l'humanitaire et le développement. « Le Fonds Humanitaire est un mécanisme très important pour nous les bailleurs, en plus des autres mécanismes existants. Nous sommes préoccupés par les situations urgentes continues constatées sur le terrain, et nous souhaitons continuer notre discussion avec les partenaires que nous encourageons et remercions. Nous espérons une meilleure stabilité et une paix durable en RDC. » a déclaré Nancy Foster, Cheffe de la Coopération à l’Ambassade du Canada.

Créé en 2006, le Fonds Humanitaire fête ses 15 ans cette année. Tout au long de cette crise humanitaire prolongée, le Fonds Humanitaire s'est adapté et s’est renforcé pour permettre aux acteurs humanitaires de répondre aux crises plus rapidement et plus efficacement, malgré les défis opérationnels.

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Contexte
photo fao
Champ maraicher d’une bénéficiaire à Nganza (Kasaï-Central). Crédit photo : FAO

L’assistance monétaire à usage multiple pour lutter contre l’insécurité alimentaire au Kasaï et Kasaï-Central

Dans le cadre d’une allocation mondiale de 80 millions de dollars visant à lutter contre l’insécurité alimentaire au moyen des transferts monétaires dans sept pays considérés à haut risque, la RDC a bénéficié en décembre 2020 d’une contribution de sept millions de dollars du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF). Ces financements ont été mis en œuvre conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et (FAO) au Kasaï et au Kasaï-Central, sur la base d’une stratégie visant à la satisfaction des besoins immédiats tout en soutenant la restauration des moyens de subsistance agricole. L’impact mesuré démontre les gains possibles à travers une approche complémentaire, ainsi que le rôle central que peuvent jouer, lorsque le contexte le permet, les transferts monétaires en vue de remplacer les moyens d’existence perdus et maintenir le pouvoir d’achat en situation de crise.

Couvrir les besoins alimentaires de base des plus vulnérables

Près de 93 000 personnes ont reçu une assistance en espèces dans les territoires de Kamonia (Kasaï), de Kazumba et de la ville de Kananga (Kasaï-Central) entre les mois de mars et juillet 2021. Ce projet visait à soutenir les populations en situation d'insécurité alimentaire aiguë pour acheter de la nourriture ainsi que de répondre à leurs autres besoins essentiels.

Ces zones ont été choisies dans le cadre d’une collaboration entre le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) favorisant un ciblage commun des bénéficiaires. Cette approche fait écho à une situation marquée par la perte des récoltes de plusieurs saisons agricoles successives dans les régions du Kasaï à cause des violences et de l’insécurité. Cela a fortement affecté les moyens de subsistance, revenus et capacités de production. L’impact de la Covid-19 est venu également exacerber les vulnérabilités de ces populations. Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 3,7 millions de personnes se trouveraient en situation d'insécurité alimentaire aiguë dans les deux provinces du Kasaï et Kasaï-Central.

En vue d’assurer leurs besoins immédiats, les populations ont ainsi reçu quatre tranches d’assistance du PAM et ses partenaires de coopération ADRA et ADSSE.  Chaque personne a reçu 14 dollars US par mois. En lien à ce soutien en espèces, des activités nutritionnelles d'alimentation de la mère, du nourrisson et du jeune enfant ont aussi été mises en place sur les sites de distribution et au niveau communautaire.

Renforcer les capacités des petits producteurs agricoles 

Dans le cadre de ce projet, près de 40 000 personnes ayant l’agriculture comme source principale de revenu, ont également pu bénéficier d’une aide complémentaire, à raison de trois tranches de 35 dollars US par ménage sur trois mois, de la part de la FAO et ses partenaires Kasaï Vert et le Centre d'Encadrement pour la Promotion du Paysan (CEP). Ce soutien permet de contribuer à maintenir la capacité des producteurs à investir dans la production agricole en se procurant des semences, d’autres intrants et équipements et en acquérant une main-d’œuvre supplémentaire pour l’entretien des cultures et les récoltes. Il permet aussi de reprendre les activités d’élevage, de créer de nouvelles activités génératrices de revenus et d’épargner auprès d’associations villageoises d’épargne et de crédits.   « L’argent reçu m’a permis d’acheter 20 kg de semences d’arachide, 50 kg de chou de Chine, deux poules et trois lapins pour relancer mon élevage perdu pendant les atrocités » rapporte Anny, habitante de Tshiasa Ngombe dans le Kasaï-Central, en faisant référence aux violences qui ont frappé la région depuis 2016.

En plus de l’assistance monétaire fournie, la FAO a appuyé le renforcement des capacités techniques des populations sur les bonnes pratiques agricoles, en collaboration avec l’Inspection provinciale de l’agriculture, qui a participé au suivi et à l’encadrement technique des bénéficiaires.

Pour mieux résister aux chocs

A l’issue des six mois d’exécution du projet, la sécurité alimentaire et l’état nutritionnel des ménages bénéficiaires se sont fortement améliorés, le taux de ménages présentant un score de consommation adéquat passant de 6,6% à 36,6% dans les régions ciblées, soit une hausse de 82%. Ces résultats confirment le potentiel et les effets induits d’approches complémentaires visant à répondre aux besoins immédiats des populations vulnérables tout en consolidant leurs moyens de subsistance afin d’ouvrir la voie à des solutions durables.

Ils soulignent également les acquis en termes alimentaires et nutritionnels que peut offrir l’approche monétaire, dans un contexte comme celui de la RDC. Les transferts monétaires, en particulier au travers d’une approche inconditionnelle, permettant de satisfaire de nombreux besoins, ont pour avantage d’autonomiser économiquement les communautés vulnérables et de revitaliser les économies locales affectées par les crises. En RDC, faisant écho aux engagements mondiaux pris par les humanitaires dans le cadre du Grand Bargain, le recours aux transferts monétaires est en nette augmentation année après année : l’assistance à usage multiple a en particulier quadruplé au cours des trois dernières années, et cible actuellement près de 3,3 millions de personnes à travers le pays

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