DR Congo

Rapport de situation
Contexte
photo fao
Champ maraicher d’une bénéficiaire à Nganza (Kasaï-Central). Crédit photo : FAO

L’assistance monétaire à usage multiple pour lutter contre l’insécurité alimentaire au Kasaï et Kasaï-Central

Dans le cadre d’une allocation mondiale de 80 millions de dollars visant à lutter contre l’insécurité alimentaire au moyen des transferts monétaires dans sept pays considérés à haut risque, la RDC a bénéficié en décembre 2020 d’une contribution de sept millions de dollars du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF). Ces financements ont été mis en œuvre conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et (FAO) au Kasaï et au Kasaï-Central, sur la base d’une stratégie visant à la satisfaction des besoins immédiats tout en soutenant la restauration des moyens de subsistance agricole. L’impact mesuré démontre les gains possibles à travers une approche complémentaire, ainsi que le rôle central que peuvent jouer, lorsque le contexte le permet, les transferts monétaires en vue de remplacer les moyens d’existence perdus et maintenir le pouvoir d’achat en situation de crise.

Couvrir les besoins alimentaires de base des plus vulnérables

Près de 93 000 personnes ont reçu une assistance en espèces dans les territoires de Kamonia (Kasaï), de Kazumba et de la ville de Kananga (Kasaï-Central) entre les mois de mars et juillet 2021. Ce projet visait à soutenir les populations en situation d'insécurité alimentaire aiguë pour acheter de la nourriture ainsi que de répondre à leurs autres besoins essentiels.

Ces zones ont été choisies dans le cadre d’une collaboration entre le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) favorisant un ciblage commun des bénéficiaires. Cette approche fait écho à une situation marquée par la perte des récoltes de plusieurs saisons agricoles successives dans les régions du Kasaï à cause des violences et de l’insécurité. Cela a fortement affecté les moyens de subsistance, revenus et capacités de production. L’impact de la Covid-19 est venu également exacerber les vulnérabilités de ces populations. Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 3,7 millions de personnes se trouveraient en situation d'insécurité alimentaire aiguë dans les deux provinces du Kasaï et Kasaï-Central.

En vue d’assurer leurs besoins immédiats, les populations ont ainsi reçu quatre tranches d’assistance du PAM et ses partenaires de coopération ADRA et ADSSE.  Chaque personne a reçu 14 dollars US par mois. En lien à ce soutien en espèces, des activités nutritionnelles d'alimentation de la mère, du nourrisson et du jeune enfant ont aussi été mises en place sur les sites de distribution et au niveau communautaire.

Renforcer les capacités des petits producteurs agricoles 

Dans le cadre de ce projet, près de 40 000 personnes ayant l’agriculture comme source principale de revenu, ont également pu bénéficier d’une aide complémentaire, à raison de trois tranches de 35 dollars US par ménage sur trois mois, de la part de la FAO et ses partenaires Kasaï Vert et le Centre d'Encadrement pour la Promotion du Paysan (CEP). Ce soutien permet de contribuer à maintenir la capacité des producteurs à investir dans la production agricole en se procurant des semences, d’autres intrants et équipements et en acquérant une main-d’œuvre supplémentaire pour l’entretien des cultures et les récoltes. Il permet aussi de reprendre les activités d’élevage, de créer de nouvelles activités génératrices de revenus et d’épargner auprès d’associations villageoises d’épargne et de crédits.   « L’argent reçu m’a permis d’acheter 20 kg de semences d’arachide, 50 kg de chou de Chine, deux poules et trois lapins pour relancer mon élevage perdu pendant les atrocités » rapporte Anny, habitante de Tshiasa Ngombe dans le Kasaï-Central, en faisant référence aux violences qui ont frappé la région depuis 2016.

En plus de l’assistance monétaire fournie, la FAO a appuyé le renforcement des capacités techniques des populations sur les bonnes pratiques agricoles, en collaboration avec l’Inspection provinciale de l’agriculture, qui a participé au suivi et à l’encadrement technique des bénéficiaires.

Pour mieux résister aux chocs

A l’issue des six mois d’exécution du projet, la sécurité alimentaire et l’état nutritionnel des ménages bénéficiaires se sont fortement améliorés, le taux de ménages présentant un score de consommation adéquat passant de 6,6% à 36,6% dans les régions ciblées, soit une hausse de 82%. Ces résultats confirment le potentiel et les effets induits d’approches complémentaires visant à répondre aux besoins immédiats des populations vulnérables tout en consolidant leurs moyens de subsistance afin d’ouvrir la voie à des solutions durables.

Ils soulignent également les acquis en termes alimentaires et nutritionnels que peut offrir l’approche monétaire, dans un contexte comme celui de la RDC. Les transferts monétaires, en particulier au travers d’une approche inconditionnelle, permettant de satisfaire de nombreux besoins, ont pour avantage d’autonomiser économiquement les communautés vulnérables et de revitaliser les économies locales affectées par les crises. En RDC, faisant écho aux engagements mondiaux pris par les humanitaires dans le cadre du Grand Bargain, le recours aux transferts monétaires est en nette augmentation année après année : l’assistance à usage multiple a en particulier quadruplé au cours des trois dernières années, et cible actuellement près de 3,3 millions de personnes à travers le pays

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