Mali

Rapport de situation

Faits saillants

  • 3,9 millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire selon le Plan de Réponse Humanitaire révisé en août
  • Plus de 68 600 personnes sont affectées par les inondations
  • 51 pour cent des villages de la région de Mopti pourraient être touchés par la diminution des surfaces cultivées
  • 98 pour cent des survivantes des violences basées sur le genre (VBG) sont des femmes et des filles
Couverture
Les enfants sont parmi les plus vulnérables dans les urgences humanitaires. Au Mali, ils représentent 53 pour cent des personnes déplacées internes et 51 pour cent des survivants des violences basées sur le genre. Crédit: Katy Thiam / OCHA

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Chiffres clés

3,9M
Pers. dans le besoin (PRH 2019)
3M
Pers. ciblées (PRH 2019)
168515
Pers. déplacées internes (CMP 07/2019)
68670
Pers. touchées par les inondations (DNDS)

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Financement

$324M
Requis
$160M
Reçu
49%
Progrès
FTS

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Contacts

Ute Kollies

Chef de Bureau

Katy Thiam

Chef de l'Unité Information Publique et Plaidoyer

Ibrahima Kone

Chargé de l'Information Publique

Mali

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Analyse
PRH-revisé
Chiffres clés du Plan de Réponse Humanitaire (révisé vs initial)

Plan de réponse humanitaire révisé : une personne sur cinq a besoin d’assistance humanitaire

Le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire au Mali en 2019 est passé de 3,2 millions en janvier à 3,9 millions (soit le cinquième de la population du Mali) à la suite de la révision du Plan de Réponse Humanitaire (PRH) en août. Avec cette nouvelle situation, les partenaires humanitaires ciblent maintenant 3 millions de personnes vulnérables comparativement à 2,3 millions dans le Plan initial.

La hausse du nombre de personnes dans le besoin s’explique par la recrudescence des conflits intercommunautaires dans le centre du pays durant le premier semestre de l’année et l’augmentation de la population en insécurité alimentaire. En effet, à cause des conflits, les personnes déplacées internes (PDI) étaient estimées à plus de 168 500 au 31 juillet contre 84 300 en janvier 2019. La population en insécurité alimentaire ou à risque est passée de 3,4 millions (415 000 personnes en insécurité alimentaire sévère et 3 millions de personnes sous pression) selon le Cadre Harmonisé de novembre 2018 à près de 3,8 millions (548 600 personnes en insécurité alimentaire sévère et 3,2 millions de personnes sous pression) selon le Cadre Harmonisé de mars 2019.

Sur les 324 millions de dollars recherchés à travers le PRH révisé, 96 millions de dollars sont mobilisés soit un taux de financement de 30 pour cent. Au total, quatre secteurs du PRH sont financés à moins de 12 pour cent (la santé 2,8 pour cent, l’éducation 5,1 pour cent, la protection 8,5 pour cent et l’eau l’hygiène et l’assainissement 11,8 pour cent) et trois secteurs entre 20 et 30 pour cent (la coordination et les services d'appui 27,8 pour cent, la sécurité alimentaire 26,8 pour cent et la nutrition 21,1 pour cent).

Le secteur des abris et des biens non-alimentaires (BNA) est le seul qui n’a pour le moment reçu aucun financement à travers le PRH. Les projets abris/BNA du PRH ciblent 117 000 personnes pour un budget estimé à 4,2 millions de dollars. Toutefois, des réalisations dans ce secteur ont été effectuées à travers le mécanisme de réponse rapide (RRM) grâce à des financements reçus d’ECHO et de l’USAID.

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Visuels et données
Carte-2
Nombre de personnes affectées par les inondations par région au 31 août 2019. Sources des données : Direction Nationale du Développement Social

Plus de 68 600 personnes sont touchées par les inondations

Les inondations enregistrées depuis mai ont affecté 68 670 personnes et causé 20 morts au 31 août selon les données recueillies auprès des autorités maliennes. Le nombre de personnes touchées pourrait dépasser les prévisions du gouvernement estimant autour de 81 000 la population à risque cette année si de fortes pluies ou un débordement des cours d'eau survenaient dans les semaines à venir. Avec environ 24 100 personnes affectées – 35 pour cent du total – la région de Tombouctou, enregistre le plus grand nombre de sinistrés. A titre comparatif, en septembre 2018, les inondations avaient touché plus de 130 000 personnes dans le pays et causé 13 décès selon la Direction générale de la protection civile.

Les inondations ont entraîné d’importants dégâts matériels ainsi que des pertes de surfaces emblavées et de têtes de bétail. Les évaluations menées dans les zones affectées permettront de quantifier ces différentes pertes.

Des besoins urgents sont identifiés dans les secteurs des abris/BNA, des vivres, de la santé, de la nutrition, de l'eau, l'hygiène et l'assainissement, de la protection et de l'éducation. Les autorités maliennes et les partenaires humanitaires apportent l'assistance aux familles affectées. Toutefois pour combler l'insuffisance de l'aide fournie actuellement, un plan de réponse d’urgence du Gouvernement est en phase d'élaboration.

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Visuels

La campagne agricole compromise dans les zones affectées par les tensions intercommunautaires et les conflits dans la région de Mopti

Comparaison des surfaces agricoles entre 2018 et 2019 (au 30 juillet 2019). Source : PAM

Les conditions de démarrage de la campagne agricole 2019/2020 étaient installées dans les zones agricoles du pays au 30 juillet 2019. Toutefois, les experts ont relevé l’installation tardive dans le nord du cercle de Kita (région de Kayes), l’ouest de la région de Mopti et dans la zone des lacs de la région de Tombouctou notamment dans les cercles de Gourma Rharous et de Niafunké. Dans la région de Mopti, la situation est rendue plus critique par des déficits pluviométriques localisés. Les conflits constituent aussi un facteur ayant un impact négatif sur la sécurité alimentaire des personnes qui ont connu une perte de leurs moyens d’existence et des difficultés pour cultiver et accéder aux marchés.

Une analyse de l’interprétation des images satellitaires a été menée dans 3 200 villages de la région de Mopti en vue de suivre l’évolution de la campagne agricole pour la période du 1er juin au 28 juillet. Cette analyse compare les surfaces agricoles cultivées en 2019 à celles des trois années précédentes dans les huit cercles de la région : Mopti, Bandiagara, Bankass, Douentza, Koro, Djenne, Tenenkou et Youwarou.

Les résultats de l’analyse indiquent que les communes où il existe de fortes tensions intercommunautaires et des conflits armés (Mondoro, Toguere Coumbé, etc.) et les villages le long de la frontière avec le Burkina Faso sont les plus touchés par les diminutions moyennes à importantes des superficies agricoles. Une concentration des cultures est observée dans les environs immédiats de certains villages qui sont touchés par des diminutions moyennes à importantes des surfaces agricoles cultivées.

Plus on s’éloigne des grandes villes ou chefs-lieux de cercle qui sont davantage sécurisés, plus les villages qui font face à des diminutions de surface agricole cultivée sont nombreux. Ce phénomène est surtout constaté dans les cercles de Douentza, Tenenkou, Bandiagara, Bankass et Koro.

Plus de la moitié des villages de la région de Mopti (51 pour cent) est touchée par les diminutions moyennes à importantes des surfaces agricoles cultivées. La diminution des surfaces agricoles cultivées est plus accentuée dans les cercles de Koro (86 pour cent des localités), Douentza (60 pour cent), Bankass (57 pour cent) et Bandiagara (53 pour cent).  

Des analyses complémentaires et une triangulation des données sur le terrain, avec l’appui de l’ensemble des partenaires, sont en cours pour confirmer ces résultats.

Selon le plan national de la campagne agricole, la production attendue pour la région de Mopti est estimée à 1 430 000 tonnes soit 13 pour cent des 11 millions de tonnes prévues dans le pays.

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Analyse
Illustration protection
Pourcentage d’incident par type. Source : Cluster Protection

L’insécurité exacerbe la vulnérabilité des femmes et des filles

Les souffrances des civils dans les localités touchées par les conflits sont en grande partie liées aux défis en matière de protection, ayant des conséquences majeures dans les secteurs tels que la protection elle-même, la sécurité alimentaire, la santé, la nutrition, l’éducation, l’eau, l’hygiène et l’assainissement et les abris. Il y a un besoin d’instaurer une meilleure protection des civils à travers le renforcement de la sécurisation des zones, du système judiciaire, de l'accès aux services sociaux de base et des efforts pour la restauration de la cohésion sociale.

Ci-dessous le bilan sur les incidents de protection dressé par ledit cluster depuis le début de l’année :  

  • 1 236 cas de violations des droits humains documentés dont des cas d’atteinte au droit à la vie, à la liberté et à la sécurité, à l’intégrité physique et/ou psychologique, à la propriété ont été rapportés entre janvier et juillet.

  • 2 021 incidents de violences basées sur le genre (VBG) ont été enregistrés entre janvier et juillet. Au total, 98 pour cent des survivants sont des femmes et des filles parmi lesquelles 37 pour cent ont subi des violences sexuelles dans un contexte où 55 pour cent des localités affectées ne possèdent pas de services de prise en charge des VBG. Même là où il y a des services, 72 pour cent des prestataires de santé ne sont pas formés sur la gestion clinique des cas de viol.

  • 429 incidents de violations graves des droits de l’enfant dont des cas de recrutement et d'utilisation par les groupes armés, de meurtres et de mutilations, de violences sexuelles, d’enlèvements, d’attaques contre des écoles et hôpitaux et de dénis d’accès humanitaire aux enfants ont été rapportés entre janvier et juin.

  • 125 incidents liés aux engins explosifs ayant fait 91 tués et 175 blessés et dont 47 pour cent sont des victimes civiles ont été comptabilisés entre janvier et juillet.

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Analyse
Crédit: NRC
Des femmes engagées dans des actions humanitaires à Ségou, ont été distinguées avec une attestation de reconnaissance. La Coordonnatrice Humanitaire pour le Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe (à droite) remet une attestation à Mme Maïmouna Traoré. Crédit: NRC

Hommage aux femmes humanitaires au Mali

Chaque 19 août, la Journée mondiale de l’aide humanitaire est l’occasion de rendre hommage à ceux qui font face au danger et à l'adversité pour aider les personnes dans le besoin. Cette année, la communauté internationale a décidé de rendre hommage aux femmes humanitaires pour leur contribution indéfectible aux actions visant à sauver des vies et à réduire les souffrances des populations en situation de vulnérabilité dans le monde.

Pour la première fois, délocalisée de la capitale Bamako, ladite journée a été célébrée officiellement à Ségou, sous la présence du Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, de la Coordinatrice Humanitaire, des autorités locales, des membres du corps diplomatique, des représentants de la société civile, des travailleurs humanitaires et des journalistes.

La cérémonie officielle a été marquée par des témoignages de femmes humanitaires, la remise d’attestations à des femmes distinguées dans l'humanitaire, la projection de vidéos sur la Journée et un sketch en rapport avec le thème. Lors de cette cérémonie, l'OMS a remis un don symbolique de médicaments essentiels aux autorités sanitaires pour couvrir les besoins de 5 000 personnes déplacées internes et membres des familles hôtes pendant trois mois. Par ailleurs, des tables rondes radiodiffusées ont été organisées tant dans les régions qu’à Bamako ainsi que la publication de profils de femmes humanitaires à travers les médias sociaux.

Cette Journée a été aussi célébrée à Gao, Mopti, Tombouctou. Les partenaires ont pris part aux expositions humanitaires, débats, caravanes et activités sportives organisées localement.

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Analyse

Lancement de l’analyse pour la planification humanitaire de 2020 dans les régions

Dans le cadre du Cycle de Programmation Humanitaire (HPC), le bureau d’OCHA Mali a facilité l'organisation des ateliers préparatoires dans les régions de Gao, Mopti et Tombouctou du 26 au 29 août 2019.

Lors des ateliers, les travaux ont porté sur l’analyse des besoins humanitaires au niveau local en vue de propositions d’options stratégiques et de réponses aux besoins prioritaires des populations affectées. Cette analyse du contexte humanitaire des régions, cercles et communes, s’est basée sur l’étude des vulnérabilités des populations et a permis d’identifier les groupes les plus vulnérables.

Notons que les travaux ont accordé une part prépondérante à l’Intégration des questions transversales (genre, redevabilité, protection transversale, cash, handicap, nexus), dans l’analyse des besoins humanitaires et la priorisation de la réponse. 

Ces ateliers régionaux, ont offert un cadre pour les analyses conjointes des besoins humanitaires ouvert aux acteurs de développement, à la société civile et au gouvernement.

En somme, les résultats de ces ateliers régionaux seront complétés par l’analyse de la situation dans les autres régions, en vue d’alimenter l’atelier national d’analyse des besoins et de planification humanitaire pour 2020 prévu les 1 et 2 octobre 2019 à Bamako.

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