Mali

Rapport de situation

Faits saillants (Il y a 64 jours)

  • 3,8 millions de personnes seront en insécurité alimentaire entre juin et août, soit une augmentation d’un million de personnes par rapport à la période actuelle
  • L’insécurité aggrave les besoins humanitaires dans la région de Mopti
  • La rougeole a atteint le seuil épidémiologique dans 19 districts sanitaires
Situations courante et projetée du Cadre harmonisé
Situations alimentaire et nutritionnelle au Mali. Source: Système d'alerte précoce (SAP)

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Chiffres clés

2,3M
ciblées par les partenaires humanitaires
99000
déplacées internes (CMP 11 avril 2019)
755000
ayant besoin de protection (PRH 2019)

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Financement (2019)

$296.5M
Requis
$77.7M
Reçu
26%
Progrès
FTS

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Contacts

Ute Kollies

Chef de Bureau

Katy Thiam

Chef de l'Unité Information Publique et Plaidoyer

Ibrahima Kone

Chargé de l'Information Publique

Mali

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Analyse (Il y a 64 jours)

L’insécurité alimentaire affecte 20 pour cent de la population

Le Cadre Harmonisé de mars 2019 estime à 2,7 millions les personnes en insécurité alimentaire entre les mois de mars et mai 2019. Parmi elles, 332 000 sont en phase de crise ou d’urgence et 2,4 millions sous pression. Au total, 56 pour cent des personnes en situation de crise ou d’urgence sont dans la région de Mopti. En situation projetée, pour la période de soudure allant de juin à août, environ 3,8 millions de personnes seront en insécurité alimentaire ou sous pression selon les mêmes analyses. Parmi ces personnes, plus de 524 000 seront en phase de crise (phase 3) et 24 000 en phase d’urgence (phase 4). Environ 46 pour cent des personnes en situation de crise ou d’urgence seront dans la région de Mopti.  De plus, 3,2 millions seront sous pression (phase 2) et pourraient basculer dans la phase de crise en cas de chocs affectant leurs moyens de subsistance. Les conflits dans le nord et le centre du pays aggravent l’insécurité alimentaire et les problèmes de protection (y compris de l’enfant) dans les régions de Mopti - cercles de Bankass et Koro - et de Ménaka. Cette situation perturbe les circuits des marchés, provoque l’absence de cultures et affecte la mobilité des personnes et des animaux occasionnant ainsi des mouvements inhabituels de populations.

Malgré l’urgence des besoins, le secteur de la sécurité alimentaire n’est aujourd’hui financé qu’à 26 pour cent. Seuls 30 millions de dollars sont mobilisés sur une requête de 116 millions de dollars selon le service de suivi financier au 8 mai 2019.

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Tendances (Il y a 64 jours)
Mali DSR evolution-de-quelques-indicateurs

Mopti : des besoins humanitaires croissants et sévères

Les conflits intercommunautaires dans le centre du pays et plus particulièrement dans la région de Mopti continuent d’affecter la population civile. Depuis le début de l’année, une dizaine d’attaques ont été enregistrées dans plusieurs localités de la région y compris Koulogon, Dioura et Ogossagou. Toutefois, il convient de noter que l’attaque d’Ogossagou a été d’une extrême violence. Au cours de cette attaque, les assaillants ont tué au moins 157 civils -dont des femmes et des enfants- et blessé 65 personnes. Ils ont également incendié au moins 220 cases dont certaines dans lesquelles les populations s’étaient réfugiées selon les conclusions préliminaires de la mission d’enquête spéciale sur les graves atteintes aux droits de l’homme commis à Ogossagou le 23 mars.

Au 16 avril, les personnes déplacées internes dans la région étaient estimées à plus de 45 450 personnes - soit 20 fois plus de déplacés qu’en janvier 2018 - dont 53 pour cent sont des enfants. La sécurité alimentaire et l’accès aux services sociaux de bases tel que l’éducation, l’eau potable, les soins nutritionnels des populations se sont également détériorés.

Les personnes affectées déplacées, victimes ou témoins de violences ou autrement affectées par la crise, et en particulier les enfants, nécessitent un appui psychologique et psychosocial adéquat. Plus de 12 900 enfants du centre et du nord ont reçu un appui psychosocial durant le premier trimestre 2019. En outre, les enfants font face au risque de recrutement par les groupes armés. Depuis le début de 2019, 103 enfants sortis des groupes armés ont été pris en charge, dont 42 qui ont eu accès à des opportunités de réintégration socio économique dans leur communauté.

L’insécurité, y compris la menace explosive, limite la circulation des personnes et des biens ainsi que les activités essentiellement agro-pastorales des populations. En 2018, 82 civils ont été tués et 42 autres blessés par les engins explosifs improvisés dans la région (ces chiffres ne prennent pas en compte le personnel civil et les prestataires de services des Nations Unies). Au 31 mars, on a dénombré 22 civils tués et 32 autres blessés par des engins explosifs improvisés. Par ailleurs, l’insécurité alimentaire touche actuellement plus de 187 000 personnes et menace 414 000 autres selon les résultats du Cadre Harmonisé de mars 2019. Durant la période de soudure, plus de 256 000 seront sévèrement affectées tandis que 668 000 autres seront sous pression. La région de Mopti compte le plus grand nombre de personnes en insécurité alimentaire au Mali. Le Gouvernement et les travailleurs humanitaires apportent l’assistance humanitaire d’urgence aux personnes les plus affectées. Toutefois, l’ampleur des besoins nécessitent la mobilisation immédiate de fonds additionnels. A cet effet, le Gouvernement du Mali, en collaboration avec ses partenaires, a mis en place un plan de réponse d’urgence pour la région de Mopti d’un montant de 11 milliards de francs CFA (19 millions dollars américains) pour une période de six mois.

Au début de l’année, les partenaires humanitaires estimaient le nombre total de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire dans la région de Mopti à 967 000, soit 30 pour cent du nombre de personnes dans le besoin au Mali.

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Article principal (Il y a 64 jours)
Mme Mbaranga Gasarabwe

Entretien avec Mme Mbaranga Gasarabwe, Coordonnatrice Humanitaire

Mme Mbaranga Gasarabwe a été nommée en mai 2015 par le Secrétaire général des Nations Unies Représentante spéciale adjointe pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali où elle assume également les fonctions de Coordonnatrice résidente et de Coordonnatrice de l’action humanitaire. Elle a répondu aux questions de l’équipe chargée de la communication du Bureau d’OCHA Mali en sa qualité de Coordonnatrice Humanitaire.

Comment appréciez-vous la situation humanitaire au Mali ?

La situation humanitaire continue de se détériorer à cause des souffrances humaines liées à la recrudescence des conflits et à la persistance de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition. Aujourd'hui, environ 3,2 millions de personnes, dont 30 pour cent dans la région de Mopti, ont besoin d'aide humanitaire.

Dans les régions affectées par les conflits au nord et au centre, l'accès à l'eau, aux services de santé et à l'éducation reste limité. Plus de dix pour cent des écoles (850 écoles sur 8 421) sont fermées dans ces régions. Cette situation prive plus de 250 000 enfants de leur droit fondamental à l’éducation. Par ailleurs, l’accès à l’éducation est actuellement aggravé par la grève des enseignants qui affecte toutes les régions du pays. En outre, 25 pour cent des centres de santé (66 centres de santé sur 287) ne sont pas fonctionnels dans le nord. La protection des populations civiles reste un enjeu de taille nécessitant des efforts encore plus soutenus pour éviter que les civils ne soient plus tués, blessés ou forcés au déplacement. Quelque 100 000 personnes sont actuellement déplacées internes à cause des conflits. La majorité d’entre elles ont tout perdu au moment de quitter leur foyer.

De plus, 2,7 millions de personnes sont en insécurité alimentaire et 660 000 enfants courent un risque de malnutrition aiguë, dont 160 000 sous sa forme sévère.

Comment décrirez-vous les besoins humanitaires au centre ?

Les besoins humanitaires augmentent dans le centre. Près de 46 pour cent des personnes dans le besoin vivent dans les régions de Mopti (967 000) et de Ségou (520 000). Les conflits intercommunautaires ont atteint un niveau sans précédent dans la région de Mopti. Entre février et mars 2019, par exemple, près de 14 000 personnes (CMP 15 avril 19) ont été forcées de se déplacer à l'intérieur de Mopti en raison des conflits. En outre, l'insécurité alimentaire est un problème majeur dans le centre du Mali, en particulier dans la région de Mopti où plus de 600 000 personnes 1 (ou près de 30 pour cent de la population de la région) sont actuellement en insécurité alimentaire.

Les engins explosifs tuent et blessent sans discrimination, tandis que l’impact sur les civils s’aggrave. Face à la menace posée par les engins explosifs, la réponse doit être multidimensionnelle pour des résultats probants et durables : nous ne devons pas uniquement traiter les conséquences mais également en prévenir les effets. Les personnes affectées dans le centre du pays ont urgemment besoin d'une augmentation immédiate de l'aide humanitaire pour leur survie et la préservation de leur dignité. Elles ont besoin d'une meilleure protection y compris de soutien psychosocial et d’actions spécifiques adaptées aux enfants et femmes. Cependant le caractère aigu des besoins au centre du pays ne doit pas faire oublier les besoins des populations du nord et du reste du pays qui méritent aussi une attention particulière.

Quelle est votre réaction à la suite de l’attaque perpétrée en mars dans le village d’Ogossagou, région de Mopti ?

Je condamne fermement cette attaque contre des populations civiles que rien ne peut justifier. J'appelle au strict respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire et à ce que les auteurs de ces actes de violence soient tenus pour responsables. Les civils ne doivent en aucun cas être une cible. Avant Ogossagou, il y a eu des attaques et après Ogossagou il y a eu d’autres attaques.  La spirale des violences doit cesser. Les autorités communautaires, traditionnelles, politiques et militaires doivent trouver sans tarder des solutions adéquates pour assurer la sécurité des personnes et des biens et renforcer la cohésion sociale. L’attaque d’Ogossagou a permis de révéler au monde entier l’ampleur des attaques violentes qui affectent les civils dans le centre du Mali depuis 2017. Si la violence se poursuit, la situation humanitaire critique à laquelle nous sommes confrontés risque de se transformer en désastre.

Quelles sont les priorités pour l’assistance humanitaire ?

Le nord et le centre du pays méritent une attention particulière en raison de l’augmentation rapide des besoins et de leur sévérité. Toutefois ceci ne doit pas faire oublier le sud du pays où vivent 30 pour cent de la population ayant besoin d’assistance humanitaire. Pour maximiser l’impact de l’aide humanitaire, il est nécessaire que la réponse soit holistique et que tous les secteurs soient couverts en même temps. Ainsi, j’incite nos partenaires techniques et financiers à soutenir de façon équilibrée les projets dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de la santé, de l’eau, l’hygiène et de l’assainissement, de la protection, de l’éducation ainsi que des abris et des biens non-alimentaires.

Comment évolue le financement du plan de réponse humanitaire ?

Au 7 mai, l’appel de fonds humanitaire n’était financé qu’à 18 pour cent ce qui signifie que 52 millions de dollars ont été mobilisés sur une requête globale de 296 millions de dollars. Ce faible niveau des financements limite les interventions des organisations humanitaires. Nous avons encore besoin de 244 millions de dollars pour répondre aux besoins de plus de 2,3 millions de personnes.

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Analyse (Il y a 64 jours)
Mali rougeole 2018-2019

19 districts sanitaires touchés par une épidémie de rougeole

Un total de 261 cas de rougeole confirmés a été enregistré du 1er janvier au 24 mars. Cependant, aucun cas de décès lié à la maladie n’a été rapporté. Depuis le 24 mars, les échantillons reçus à l'Institut National de Recherche en Santé Publique (INRSP) sont en attente de confirmation faute de réactifs disponibles. L’année dernière 184 cas étaient confirmés à la même période.

L’épidémie touche 19 districts sur les 75 que compte le pays. Le seuil épidémique est fixé à trois cas confirmés en un mois dans une circonscription sanitaire selon l’OMS.  Des cas ont été identifiés dans toutes les régions à l’exception de Tombouctou, Taoudénit et Ménaka.

Le plus grand nombre de cas a été notifié dans la région de Koulikoro notamment dans les districts de Kati et de Kalaban Coro avec respectivement 27 et 23 cas. Le pic de l’épidémie a été atteint entre le 11 au le 17 mars 2019 où 100 cas ont été confirmés au niveau national.

Pour faire face à cette épidémie, les autorités sanitaires continuent la prise en charge des cas. Elles poursuivent aussi la surveillance de l’épidémie accompagnée de la sensibilisation de la population sur les mesures de prévention de la maladie. Enfin, la vaccination, seul moyen de protection efficace contre la maladie, est en cours dans les districts sanitaires touchés. Au 31 mars, plus de 175 000 enfants, soit environ 90 pour cent de la cible, ont été vaccinés dans les aires de santé touchés. Une campagne de vaccination nationale ciblant 3,6 millions enfants a été lancée le 7 mai 2019.

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Contexte (Il y a 64 jours)
Mali antimines
Crédit: UNMAS

Célébration de la journée internationale de lutte anti-mines

La Journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l'assistance à la lutte antimines a été célébrée le 4 avril. Le thème retenu cette année « en terrain sur » est une invitation à la réflexion sur le rôle essentiel de la lutte antimines pour la mise en sécurité d’espace, notamment dans la remise de sol aux populations affectés et dans la facilitation d’une condition préalable pour l'acheminement de l'aide humanitaire en toute sécurité. Au Mali, plus de 600 personnes ont été tuées ou blessées par des engins explosifs en 2018. Parmi elles, 249 étaient des civils, soit presque le triple du nombre de victimes enregistré en 2017.

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Contexte (Il y a 64 jours)
Mali futbol
Crédit : OCHA

Deuxième édition du tournoi de football « on est ensemble »

Le stade Mamadou Konaté de Bamako a abrité du 19 au 21 mars, la deuxième édition du tournoi de football « On est ensemble ». La finale a opposé l’équipe de Kayes à celle Taoudenit, un match remporté par les jeunes de Taoudenit après une séance de tirs au but. Les équipes de Bamako et Ségou ont également participé à cette deuxième édition.

Le tournoi est organisé par le système des Nations Unies en partenariat avec Search for Common Ground, IEDA Relief, le Ministère des Sports et le Cabinet de Consultants en Développement Nomoko. Il vise à promouvoir la culture de la paix et de la cohésion sociale au Mali à travers le sport. Durant leur séjour à la Maison des Jeunes de Bamako, les participants ont bénéficié de sessions de sensibilisation sur l’éducation à la paix, du vivre-ensemble et du dialogue interculturel ainsi que les principes humanitaires.

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