Mali

Rapport de situation

Faits saillants

  •  6,8 millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire selon le Plan de Réponse Humanitaire révisé en juillet
  • Plus de 26 000 personnes sont affectées par les inondations
  • La prise en charge des cas de violences basées sur le genre reste limitée dans les zones les plus affectées
  • Le service aérien humanitaire des Nations Unies continue de faciliter l'accès aux zones d'interventions
  • Célébration de la journée mondiale de l’aide humanitaire le 19 août
Site de déplacés de Socoura, région de Mopti
Site de personnes déplacées internes dans la région de Mopti. Le Mali compte plus de 266 000 personnes déplacées internes dont 58 pour cent sont des enfants. Crédit: Katy Thiam/OCHA Mali

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Chiffres clés

6.8M
Pers. ont besoin d'assistance humanitaire
5.5M
Pers. sont ciblées à travers le PRH
266K
Pers. déplacées internes (CMP juin 2020)

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Financement

$474.3M
Requis
$214M
Reçu
45%
Progrès
FTS

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Contacts

Amy Martin

Chef de Bureau

Katy Thiam

Chef de l'Unité Information Publique et Plaidoyer

Ibrahima Kone

Chargé de l'Information Publique

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Visuels

Plan de réponse humanitaire révisé : un tiers de la population a besoin d’assistance

PRH

Le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire, cette année, est passé de 4,3 millions en janvier à 6,8 millions à la suite de la révision du Plan de Réponse Humanitaire (PRH) en août ; cela constitue une augmentation de plus de 58 pour cent soit l’équivalent d’un Malien sur trois ayant besoin d’aide humanitaire.

Face à cette situation, les partenaires humanitaires, en coordination avec les structures étatiques, ciblent 5,5 millions de personnes correspondant à plus du double de la population ciblée au début de l’année.

L’augmentation de la population vulnérable s’explique par la persistance des besoins humanitaires liés aux conflits auxquels se sont ajoutés ceux en lien avec la pandémie de COVID-19 dans un contexte marqué par la période de soudure ainsi que les conséquences des poches de sécheresse et des inondations saisonnières.

Sur les 474 millions de dollars américains recherchés à travers le PRH révisé, 166 millions de dollars étaient mobilisés au 24 août 2020 ; soit un taux de financement de 35 pour cent. Le déficit de financement actuel s’élève à 308 millions de dollars. Avec les fonds reçus, les partenaires humanitaires assistent les populations les plus vulnérables dans tous les secteurs de l’assistance. Dans ce cadre, plus de 873 000 personnes ont reçu une assistance alimentaire en juillet dans les régions du centre ainsi que celles du nord et dans la région de Kayes.

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Visuels

Plus de 26 700 personnes sont affectées par les inondations

Situation des inondations

Les inondations ont touché environ 3 993 ménages, soit 26 711 personnes dont 5 400 personnes déplacées internes dans les régions de Gao, Mopti, Ségou, Kayes, Tombouctou, Ménaka et Kidal selon les données recueillies par les services techniques étatiques. Au total, 58 pour cent des personnes affectées vivent dans les régions de Mopti et Ménaka.

Les dégâts matériels engendrés par les inondations incluent la destruction de 1 460 maisons et de plus de 100 tonnes de vivres ainsi que la perte de 736 hectares de culture et de plus de 300 têtes de bétail.

En vue de faciliter une assistance rapide aux populations sinistrées, les partenaires humanitaires ont soutenu les directions régionales de la protection civile (DRPC) et du développement social (DRDS) dans l’exercice de mise à jour des plans de contingence.

En outre, en appui aux efforts des autorités, les acteurs humanitaires ont assisté en vivres, en abris et en produits non alimentaires les familles les plus vulnérables. Ils contribuent également aux séances de sensibilisation sur les risques de propagation de la COVID-19 dans les lieux de refuge des personnes sinistrées (écoles, infrastructures étatiques, etc).

Toutefois, il convient de préciser que cette assistance, bien que cruciale pour sauver des vies et préserver la protection et la dignité des personnes sinistrées, reste insuffisante par rapport aux besoins croissants liés aux inondations.

D’autres interventions sont à prioriser afin de briser le cycle récurrent des inondations à savoir le curage des caniveaux pour l’écoulement des eaux de ruissellement, la construction des digues autour des agglomérations urbaines à risque et la sensibilisation de la population sur les risques de construire dans des zones inondables.

Cette année, plus de 121 300 personnes, dont 44 pour cent vivant dans les régions de Kayes, Gao et Mopti, sont à risque d’inondations selon les projections du plan de contingence national.

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Analyse
SItrepaoutVBG
Discussions d'un groupe de femmes sur leurs préoccupations spécifiques. Crédit: UNFPA

Les violences basées sur le genre augmentent mais la prise en charge reste très insuffisante

La situation des droits des femmes et des filles a connu une détérioration due essentiellement à la dégradation du contexte sécuritaire observée depuis 2019.

Le nombre de cas de violences basées sur le genre (VBG) rapportés est passé de 2021 cas de janvier à juillet 2019 à 2981 cas de janvier à juillet 2020 ; soit une augmentation de 47 pour cent.  Ces données révèlent que 99 pour cent des personnes touchées sont des femmes et 36 pour cent des VBG sont des violences sexuelles. Selon le Système de Gestion des Informations sur les VBG (GBVIMS), l’année dernière 4 617 incidents ont été enregistrés, dont 97 pour cent des survivant(e)s étaient des femmes et 45 pour cent des filles de moins de 18 ans.

L’absence d’une loi spécifique pour répondre aux VBG et la faible application des textes juridiques protégeant les femmes et les filles demeurent les facteurs contribuant à l’augmentation des cas.

L’accès à une prise en charge holistique (services juridiques, psychosociaux, sanitaires, de protection, etc) demeure problématique pour un grand nombre de personnes survivantes de VBG. Pour améliorer la réponse aux VBG, le sous cluster cible un million de personnes sur une population dans le besoin estimée à deux millions de personnes dans le nord et le centre du pays et a besoin d’un budget de 13 millions de dollars américains dont 2,3 millions sont déjà mobilisés.

Les membres du sous cluster ont maintenu l’offre de services dans le contexte actuel marqué par la pandémie de COVID-19. Cependant, en dehors de l’assistance psychosociale et médicale, d’importants gaps persistent dans la prise en charge. L’assistance pour la réinsertion socio-économique et scolaire demeure le maillon faible de l'assistance avec 78 pour cent des personnes affectées par les VBG n’ayant pas accès à ce service.

Par ailleurs, l’analyse de la cartographie des services de VBG montre une capacité très limitée en termes de réponse dans plusieurs localités. Hormis l’appui psychosocial communautaire, ces régions ne disposent pas de service de prise en charge de VBG. Au total, 85 pour cent des localités sont concernées dans la région de Ségou, 80 pour cent dans la région de Kidal, 72 pour cent dans la région de Gao, 77 pour cent dans la région Tombouctou et 62 pour cent dans la région de Mopti.

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Analyse
UNHAS
« À chaque vol, nous avons entre les mains les vies de personnes qui consacrent les leurs à aider d’autres dans le besoin. C’est pourquoi, à l’UNHAS la priorité est donnée à la sécurité et à la sûreté des vols et de nos passagers. » Amara Fofana, Air Transport Officer.

Plus de 6 100 passagers transportés par le service aérien humanitaire des Nations unies depuis le début de l’année

Basée à Bamako, la flotte du service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS) est constituée de deux avions pouvant transporter chacun une vingtaine de personnes par vol. Entre janvier et juillet 2020, quelque 6 135 passagers travaillant pour plus de 100 organisations ont été transportés vers 10 destinations (Bamako, Kayes, Mopti, Tombouctou, Gao, Niafunke, Goundam, Ménaka, Bourem, Ansongo) desservies par UNHAS.

Dans le contexte sanitaire actuel, le transport de cargo léger, composé de vivres ainsi que de matériels et d’équipements médicaux, a fortement augmenté. Environ 40 tonnes ont été acheminées depuis le début de l’année contre 12 tonnes de janvier à juin 2019. Malgré les difficultés et les menaces liées à la pandémie de la COVID-19, UNHAS continue de fournir des vols essentiels à la communauté humanitaire pour atteindre les communautés les plus vulnérables du Mali. Les équipes ont mis en place dès février des mesures d’hygiène préventive et institué un mécanisme de désinfection quotidienne des appareils.

UNHAS a également eu à effectuer des évacuations médicales ou sécuritaires d’urgence et à transporter des stocks d’aide pour le compte des organisations humanitaires au cours des cinq dernières années.

Le 1er juin 2020, UNHAS Mali a débuté les opérations d’ECHO Flight avec un avion supplémentaire d’une capacité de 12 places mais actuellement limitée à 6 en raison de la pandémie de COVID-19. Cet avion dessert, à partir de Mopti, plusieurs endroits notamment Tombouctou, Gao, Niafunke, Goundam, Menaka et Bamako. Cette mission est entièrement financée par la DG ECHO. Ce service est rendu possible grâce aux contributions de l’Allemagne, du Canada, de l’Espagne, des Etats-Unis d’Amérique, du Luxembourg, de la Norvège, du Royaume-Uni, de la Suède, de la Suisse et de l’Union européenne. UNHAS Mali a encore besoin de 364 000 de dollars américains pour poursuivre sa mission jusqu’à la fin de l’année 2020.

Du fait des longues distances, du mauvais état des routes et de la situation sécuritaire volatile, UNHAS joue un rôle essentiel pour faciliter à la communauté humanitaire l’accès aux populations vulnérables. Il faut plus de dix heures pour voyager par la route entre la capitale Bamako et les villes du centre et du nord du Mali.

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Visuels et données
Ismail OCHA

Des héros et héroïnes humanitaires ont été à l’honneur à l’occasion de la journée mondiale humanitaire

En raison de la pandémie de COVID-19, la Journée Mondiale de l’Aide Humanitaire a été à travers une campagne digitale et radiophonique ayant pour but de rendre hommage aux héros et héroïnes humanitaires du Mali.

A l’occasion de cette campagne, plus de 30 acteurs et actrices humanitaires ont partagé leurs histoires avec le grand public à travers les réseaux sociaux et les radios. Découvrez leurs histoires, leurs motivations, leurs combats et leurs victoires au lien suivant: https://bit.ly/3j0ehtF  

En 2009, l'Assemblée générale des Nations Unies a retenu le 19 août comme Journée mondiale de l'aide humanitaire correspondant à la date de l'attentat à la bombe perpétré contre l'Hôtel Canal à Bagdad, en Iraq, qui a eu lieu en 2003.

Quelque 22 personnes ont été tuées lors de cette attaque, dont le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Irak, Sergio Vieira de Mello et plusieurs autres employés des Nations Unies.

Depuis lors, chaque 19 août, la communauté internationale commémore les travailleurs humanitaires tués et blessés dans le cadre de leur travail et rend hommage tous l es travailleurs humanitaires qui fournissent un soutien et une protection vitaux aux femmes, aux hommes et aux enfants dans le besoin.

Au Mali, les acteurs humanitaires travaillent dans certaines localités où l’environnement sécuritaire constitue une menace pour le bon déroulement de leurs opérations et leur protection ainsi que celle de la population civile en général. Les civils continuent de payer un lourd tribut aux conflits, tout particulièrement dans le centre et les zones faisant partie de la région du Liptako Gourma. Les attaques de villages, les tueries, les enlèvements, la menace explosive et la prolifération des armes légères et de petit calibre, les destructions des champs et des greniers et les vols de bétail, en somme ces actes que rien ne peut justifier, sont d’une part des violations claires des droits des civils et d’autre part des actes qui contribuent à l’aggravation de leur vulnérabilité. Ils doivent cesser sans délai car les civils ne sont pas une cible.

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