Mali

Rapport de situation

Faits saillants (Il y a 25 jours)

  • Le manque de fonds compromet l’assistance alimentaire saisonnière
  • Le nombre de personnes déplacées internes a plus que doublé par rapport à l’année dernière à la même période
  • Les déplacements de personnes causés par les violences exacerbent les vulnérabilités dans un environnement protecteur de plus en plus menacé
  • Le secteur des abris et des biens non alimentaires n’a pas encore reçu de financement dans le cadre du Plan de Réponse Humanitaire
PDI protection
Mopti, juillet 2019: La majorité des personnes déplacées sont des femmes et des enfants avec des besoins spécifiques nécessitant une attention particulière. Crédit : ONU/Mali

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Chiffres clés

2,3M
Personnes ciblées par le PRH
147.861
Personnes déplacées internes
550.000
Pers. en insécurité alimentaire sévère
3,2M
Pers. dans le besoin (PRH 2019)

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Financement (2019)

$296.5M
Requis
$94.2M
Reçu
32%
Progrès
FTS

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Contacts

Ute Kollies

Chef de Bureau

Katy Thiam

Chef de l'Unité Information Publique et Plaidoyer

Ibrahima Kone

Chargé de l'Information Publique

Mali

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Tendances (Il y a 25 jours)
PDI socoura
Mopti, juin 2019 : Cette tente abrite des ménages de personnes déplacées internes assistées par le PAM sur le site de Socoura qui accueille plus de 700 personnes dont 57 pour cent sont des enfants. Crédit : Virgo Edgar/PAM

Sans financement additionnel, l’assistance alimentaire est compromise

Les populations de plusieurs communes de Mopti demeurent confinées dans leurs villages sous l’effet de l’insécurité liée aux conflits. L’analyse des imageries satellitaires montre une réduction importante des superficies cultivées dans cette région où les populations renoncent à l’exploitation des champs situés à la périphérie de leurs villages estimée peu sécurisée. 

Selon le Cadre Harmonisé de mars 2019, près de 550 000 personnes ont besoin d’une assistance alimentaire d’urgence pendant la période de soudure de juin et septembre, dont plus de 60 pour cent se trouvent dans les régions de Mopti et Ségou. A cela s’ajoute plus de 147 800 PDI et les populations hôtes vulnérables qui ont besoin d’une assistance allant au-delà de la période de soudure.

Face à cette détérioration de la situation et tenant compte de la réponse d’autres acteurs, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a revu sa planification à la hausse pour réduire les déficits de couverture des besoins alimentaires et se préparer à faire face aux urgences liées aux nouveaux déplacements forcés de personnes. Ainsi en coordination avec le Cluster Sécurité Alimentaire et le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), le PAM cible 470 000 personnes dont 270 000 en insécurité alimentaire saisonnière et 200 000 affectées par les conflits y compris les PDI. Le PAM continuera également à fournir les réponses d’urgence aux nouvelles PDI en partenariat avec les services locaux du gouvernement et le mécanisme de réponse rapide (RRM).

Toutefois, faute de financement suffisant, cette assistance ne pourrait être maintenue. La ration alimentaire mensuelle a déjà connu une baisse de 30 pour cent en juin 2019. Un montant supplémentaire de 10 millions de dollars est nécessaire pour assurer une réponse jusqu’à la fin de la période de soudure en septembre.

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Analyse (Il y a 24 jours)
Evolution PDI-2
Evolution du nombre de personnes déplacées internes de 2012 à juin 2019

Plus de 147 000 personnes déplacées, un record jamais atteint depuis 2014

Au 30 juin 2019, le nombre de personnes déplacées internes (PDI) était estimé à plus de 147 800 selon le gouvernement. La population déplacée est composée à 52 pour cent de femmes et 48 pour cent d'hommes. Les enfants représentent quant à eux 52 pour cent de cette population. De 120 067 personnes en mai 2019, le nombre de PDI est passé à 147 861 en juin 2019, soit une augmentation de près de 28 000 personnes.

L’augmentation du nombre de PDI est due à la recrudescence des violences dans les régions de Mopti, Ségou, Tombouctou, Gao, Ménaka, Sikasso et la bande frontalière entre le Mali et le Burkina Faso. Environ 98 pour cent des PDI se sont déplacées à cause de l’insécurité et 2 pour cent en raison des difficultés économiques liées au conflit, à l’insécurité alimentaire et/ou par crainte d’attaques selon le rapport de suivi des déplacements de juin. En outre, plus de 76 pour cent des ménages déplacés ont reçu une assistance humanitaire ponctuelle. Malgré cette assistance, des besoins humanitaires urgents persistent dans tous les secteurs. A titre d’exemple, le rapport de suivi précité révèle que 75 pour cent des PDI ont identifié les vivres comme leur besoin prioritaire.

Selon la même source, plus de 66 pour cent des personnes déplacées souhaitent rentrer dans leurs localités d’origine si les conditions sécuritaires le permettent tandis que 27 pour cent désirent rester dans les zones de déplacement. Les autres PDI comptent se déplacer dans d’autres localités.

De façon générale, l’assistance humanitaire est fournie aussi bien aux PDI qu’aux populations locales en fonction de leur degré de vulnérabilité et des ressources disponibles.

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Article principal (Il y a 25 jours)
PDI à Ségou
Ségou, juin 2019, groupe de personnes déplacées internes ayant fui les violences dans la région de Mopti. Crédit: Katy Thiam/OCHA

Ségou, des actions urgentes requises pour assister les déplacés et les communautés hôtes

La région de Ségou est devenue un lieu d’accueil de PDI fuyant les zones affectées par les violences. En juin 2019, le nombre de PDI était estimé à 21 500 comparativement à 7 700 l’année dernière à la même période. Près de 51 pour cent de ces personnes déplacées sont des femmes. Selon les autorités locales, environ 500 personnes déplacées arrivent chaque semaine dans la région. La moitié des PDI de la région se trouvent dans le cercle de Niono où interviennent déjà les acteurs du mécanisme de réponse rapide.

Toutefois le niveau de l’assistance est très faible dans les cercles de Ségou et de San. En début juillet, une mission multisectorielle d’évaluation des besoins s’est rendue dans des sites accueillant des PDI dans ces deux cercles. Selon le rapport de cette mission, l’accès aux soins de santé est un véritable défi pour les PDI qui n’ont pas les moyens financiers pour se faire soigner. La malnutrition aiguë menace la population déplacée et le renforcement de la réponse d’urgence nutritionnelle gratuite axée sur les actions multisectorielles est plus que nécessaire. La prévalence de la malnutrition dépasse les seuils d’urgence dans les sites de déplacés avec un taux de malnutrition aiguë globale de 18 pour cent (15 pour cent est le seuil d’urgence selon l’OMS) et un taux de malnutrition aiguë sévère de 4 pour cent (2 pour cent est le seuil d’urgence selon l’OMS). Le système de dépistage et de référencement des cas est quasi inexistant et les ménages déplacés avec des enfants malades ou malnutris n’ont pas accès aux centres de santé faute d’argent. 

Pour rappel, depuis 2018, l’état nutritionnel de la région se détériore de plus en plus en raison des confits. L’enquête SMART d’août 2018 avait indiqué que le taux de malnutrition aiguë globale (MAG) était passé de 8,9 pour cent en 2017 à 11,2 pour cent en 2018 et le taux de malnutrition aiguë sévère (MAS) de 1,7 pour cent à 2,3 pour cent.

Des incidents de protection, y compris des cas de violations graves de droits de l’homme, nécessitant des enquêtes approfondies, ont été rapportés. Par ailleurs, la plupart des PDI ne possèdent pas de pièces d’état civil. La majorité des enfants déplacés sont affectés et montrent des signes de peur et d’inquiétude liés aux violences vécues. Les besoins en appui psychosocial sont énormes et il est urgent de mettre en place des espaces pour les activités psychosociales et récréatives sur les sites. La quasi-totalité des enfants déplacés ne fréquentent plus l’école et n’ont aucune occupation éducative dans les communautés d’accueil. Dans les lieux de déplacement, les écoles fonctionnent mais les parents n’ont pas les moyens et les pièces d’état-civil nécessaires pour réinscrire leurs enfants.

Les ménages enquêtés ont des difficultés pour assurer la couverture de leurs besoins alimentaires du fait qu’ils ont des ressources financières très limitées car ils ont perdu leurs moyens d’existence y compris les actifs productifs (bovins, caprins, ovins…) ainsi que leur stock céréalier.

Les conditions d’accès à l’eau, l’hygiène et à l’assainissement des PDI sont très précaires sur l’ensemble des sites visités par la mission. Les PDI sont dépourvues de moyens adéquats pour accéder à l’eau potable et à de bonnes conditions d’hygiène et d’assainissement les exposant ainsi à des maladies.

Les populations déplacées et les familles hôtes vivent dans des conditions précaires. Certaines PDI vivent dans les maisons en location dont les chambres sont surpeuplées et d’autres dans des abris de fortune. Celles qui sont en location sont endettées et n’ont pas les moyens de payer leur loyer. Les PDI qui sont dans les familles d’accueil, créent un surnombre dans les habitations et elles manquent de tout : nattes, couvertures, matelas, des moustiquaires et des kits cuisine.

Au regard de la sévérité et de l’ampleur des besoins humanitaires dans la région de Ségou, il est urgent d’accroître les moyens d’interventions des partenaires pour assister les PDI et les communautés hôtes dans le besoin.

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Analyse (Il y a 24 jours)
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Mopti, mai 2019 : Les souffrances des civils dans les localités touchées par les conflits sont en grande partie dues au manque de protection. A cause des violences liées aux conflits, de nombreux civils sont tués, blessés, forcés aux déplacements. En outre, elles engendrent un accès limité aux services sociaux de base et aux moyens de survie. Crédit : Katy Thiam/OCHA

Un environnement protecteur de plus en plus menacé

Le centre du Mali, plus particulièrement la région de Mopti, continue de faire face à un accroissement inquiétant d’actes de violence mortels liés aux conflits. Les souffrances des civils dans les localités touchées par les conflits sont en grande partie liées au manque de protection. Durant le premier semestre de l’année, en moyenne 100 civils sont tués chaque mois dans la région de Mopti.

Le projet de monitoring de protection a enregistré durant cette période des allégations de graves violations des droits humains commises à l’encontre des hommes, des garçons, des filles et des femmes dans les régions du nord et du centre. Ces violations incluent des atteintes aux droits à la vie, à la liberté et à la sécurité, à l’intégrité physique, à la propriété et des cas de violences basées sur le genre. Dans ce contexte, la situation humanitaire au centre du Mali se présente avant tout comme une crise de protection entraînant des conséquences dans les autres domaines tels que les abris, la nutrition, la sécurité alimentaire, la santé l’éducation ainsi que l’eau, l’hygiène et l’assainissement. 

Afin d’assurer la centralité de la protection dans la réponse humanitaire, il est crucial de s’atteler durant le deuxième semestre de l’année à porter une attention accrue aux besoins de protection des populations déplacées tout en approfondissant la réflexion sur les actions de prévention. Ces actions nécessitent aussi un financement suffisant. Sur les 33 millions de dollars recherchés par le cluster protection, seuls 3,2 millions de dollars ont été mobilisés soit un taux de financement de 9,7 pour cent.

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Contexte (Il y a 24 jours)
financement
Taux de financement du Plan de Réponse Humanitaire par secteur

Le manque de financement est le principal frein à la réponse humanitaire

Sur les 296 millions de dollars recherchés par les acteurs humanitaires à travers le Plan de Réponse Humanitaire (PRH) pour assister 2,3 millions de personnes, 80 millions ont été mobilisés, soit 27 pour cent de financement selon les données recueillies par le service de suivi financier (fts) au 17 juillet.  Les fonds manquent aussi bien pour les zones accessibles que pour les zones difficiles d’accès.

Les secteurs les moins financés sont ceux de la santé, de l’éducation, de l’eau l’hygiène et l’assainissement et de la protection. Le secteur des abris et des biens non alimentaires (BNA) n’a encore reçu aucun financement sur les 3,8 millions de dollars recherchés à travers le PRH. Cependant, grâce aux financements bilatéraux, certains partenaires ont réussi à mettre en œuvre des projets d’abris d’urgence et de BNA d’un montant de près d’1,3 million de dollars hors du cadre du PRH. Pour rappel, 111 000 personnes sont ciblées par le cluster abris et biens non alimentaires à travers le PRH de cette année.

Des ressources financières additionnelles sont nécessaires immédiatement pour couvrir les besoins urgents identifiés et éviter que la situation humanitaire actuelle déjà très préoccupante ne se transforme en catastrophe. 

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Contexte (Il y a 24 jours)
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Carte de la desserte des vols de l'UNHAS

UNHAS : Les ailes de la réponse humanitaire ont encore besoin de financement pour cette année

Le Service Aérien Humanitaire des Nations Unies (UNHAS) administré pour la communauté humanitaire par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) permet un accès indispensable aux personnes dans le besoin partout au Mali et contribue à sauver et changer des vies.

L’absence de compagnies aériennes commerciales pour transporter les acteurs humanitaires sur le terrain, l’immensité du territoire et l’insécurité ont motivé l’activation d’une opération spéciale UNHAS pour le Mali en 2012. Basée à Bamako, la flotte est constituée de deux aéronefs (Beechcraft 1900D et Dornier 228). Outre le transport de personnes, l’UNHAS continue d’aider les organisations humanitaires à effectuer des évacuations médicales ou sécuritaires en cas de besoin. Le service livre régulièrement des cargos composés de stocks d’aide humanitaire y compris des médicaments et matériels médicaux ainsi que des vivres pour les urgences. Entre janvier et juin 2019, quelque 6 113 passagers travaillant pour 132 organisations et 12 tonnes de cargo ont été transportés dans les régions de Gao (Ansongo, Gao ville et Bourem), Kayes, Ménaka, Mopti et Tombouctou (Tombouctou ville, Goundam et Niafunke). Certaines destinations sont desservies sur demande comme indiquée dans la carte ci-jointe avec les pointillés rouges.

Une évacuation médicale et deux évacuations sécuritaires ont été effectuées durant cette période. Un budget d’1,8 million de dollars est nécessaire pour maintenir l’opération jusqu’en décembre 2019.

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