Mali

Rapport de situation

Faits saillants

  • La région de Ménaka enregistre le taux de malnutrition aiguë globale le plus élevé tandis que dans la région de Kidal la situation a connu une détérioration significative
  • Plus de 1 000 écoles étaient fermées à la rentrée scolaire, dans les zones touchées par les conflits
  • Le nombre de personnes déplacées internes est passé de 80 302 à 199 385 en un an
  • Le Plan de Réponse Humanitaire n'est financé qu'à 49 pour cent dans un contexte où les besoins humanitaires sont croissants
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Les femmes et les enfants représentent plus de la moitié des personnes déplacées internes au Mali. La prise en compte de leurs besoins spécifiques est cruciale car ils font partie des couches les plus vulnérables dans les situations d'urgence. Crédit: Katy Thiam/OCHA

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Chiffres clés

3,9M
Pers. dans le besoin (PRH 2019)
3M
Pers. ciblées (PRH 2019)
199K
Pers. déplacées internes (DTM 10/2019)

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Financement

$324M
Requis
$160.2M
Reçu
49%
Progrès
FTS

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Contacts

Ute Kollies

Chef de Bureau

Katy Thiam

Chef de l'Unité Information Publique et Plaidoyer

Ibrahima Kone

Chargé de l'Information Publique

Mali

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Visuels

Les taux de malnutrition aiguë restent élevés dans le nord

Nutrition

La situation de la malnutrition aiguë reste préoccupante malgré la baisse des taux de malnutrition aiguë révélée par les résultats de l’enquête nutritionnelle et de mortalité rétrospective suivant la méthodologie SMART conduite en septembre 2019.

La prévalence nationale de la malnutrition aiguë globale (MAG) chez les enfants de 0 à 59 mois est passée de 11,2 en 2018 à 10 pour cent en 2019 et celle de la malnutrition aiguë sévère (MAS) de 2 pour cent à 1,5. La situation actuelle du pays est au bord des seuils d’urgence tels que définit par l'OMS (>= 10% de MAG et > à 2% de MAS).

Concernant la MAS, la situation est particulièrement inquiétante dans les régions de Tombouctou et de Ménaka avec respectivement des taux de 2,5 pour cent et de 2,4 pour cent dépassant ainsi le seuil d’urgence.

S’agissant de la MAG, les régions de Tombouctou, Taoudéni, Kidal et Gao se trouvent dans une situation sérieuse, selon la classification de l'OMS, avec des taux qui varient entre 10 et 14,9 pour cent.

La région de Ménaka, avec une prévalence de MAG de 15,3 pour cent, a atteint un niveau critique. Toutefois, c’est dans la région de Kidal qu’on observe la détérioration la plus significative des taux de MAG et de MAS. Dans cette région, la prévalence de la MAG est passée de 4 à 11 pour cent de 2018 à 2019 et celle de la MAS de 0 à 1,6 pour cent durant la même période.

Les régions de Sikasso, Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti et le district de Bamako présentent quant à elles, des taux de MAG inférieurs à 10 pour cent correspondant à une situation précaire.

Dans le rapport de l'enquête, les spécialistes de la nutrition recommandent, entre autres, de renforcer les actions de prévention, le dépistage de masse et les interventions qui augmentent l’accès au traitement en développant davantage la mobilisation communautaire. L’Enquête SMART 2019 a été menée par la Direction Nationale de la Santé à travers la Division de la Nutrition et l’Institut National de la Statistique. Elle a bénéficié de l’assistance soutenue de l'UNICEF, du PAM, de l'OMS et de la FAO.

Du 1er janvier au 1er décembre 2019, quelque 235 448 cas de malnutrition aiguë globale ont été pris en charge sur un total de 241 340 cas dépistés selon le rapport hebdomadaire de la Prise en Charge de la Malnutrition Aiguë publié par la Direction Générale de la Santé et de l'Hygiène Publique.

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Analyse
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Mopti, Mali, mai 2019 : L'éducation est un droit fondamental pour tous les enfants et non un privilège. Les efforts pour le retour des enfants à l'école doivent être soutenus par tous. Au Mali, des milliers d'enfants sont privés d'éducation à cause des écoles fermées dans les zones affectées par les conflits. Crédit: Katy Thiam/OCHA.

Plus de 1 000 écoles étaient fermées à la rentrée scolaire, en octobre 2019

A la rentrée scolaire, 1 051 écoles étaient fermées selon les données du Cluster Education. On note ainsi une hausse de plus de 300 écoles fermées comparativement à l'année dernière à la même période. La région de Mopti est la plus touchée avec plus de 62 pour cent des écoles fermées au niveau national.

Deux faits majeurs pourraient expliquer cette situation : l’insécurité persistante dans les zones de conflits et la reprise timide des cours observée chaque année à la rentrée scolaire. Les statistiques scolaires du mois de décembre permettront d’avoir un aperçu plus clair du nombre d’écoles fermées pour des raisons principalement liées à l’insécurité dans le nord et le centre du pays.

Durant la première quinzaine d’octobre, la région de Tombouctou a connu une hausse de 40 pour cent du nombre d’écoles fermées. Sur les 574 écoles ouvertes au début de l'année scolaire, 106 étaient fermées deux semaines après l’ouverture des classes. Dans cette région, des actes de violence ont ciblé des écoles dans lesquelles des documents et matériels scolaires (tables-bancs, chaises, bureaux, armoires, cahiers, livres, etc.) ont été emportés ou brûlés devant la population et les élèves.

Au total, 80 pour cent des enfants déplacés âgés de 6 à 15 ans ne vont pas à l’école selon le rapport DTM d’octobre 2019. Les régions de Ménaka, Mopti et Kidal affichent les taux de non-scolarisation les plus élevés. La majorité des ménages déplacés considère le manque de moyens financiers, le manque d’intérêt et l’éloignement des écoles comme étant les raisons qui les poussent à ne pas scolariser leurs enfants dans les zones de déplacement.

Les défis majeurs auxquels sont confrontés les partenaires intervenant dans le secteur de l'éducation incluent les attaques visant les établissements scolaires et les menaces/actes de violences affectant directement le corps enseignant. A titre d’exemple, le 25 octobre, sept enseignants ont été enlevés par des personnes armées avant d’être relaxées quelques jours plus tard dans la commune de Korombana, cercle de Mopti. De plus, certains établissements scolaires sont utilisés comme sites temporaires par des hommes armés, ce qui constitue une grave violation du caractère civil des écoles.

Le sous-financement, l’insuffisance des cantines et des latrines scolaires et les grèves récurrentes des enseignants sont également des défis auxquels le secteur de l'éducation fait face.

Durant l'année scolaire 2018/2019, quelque 209 000 personnes (sur une cible de 357 000) ont été assistées dans le secteur de l’éducation par les partenaires humanitaires.

Le Cluster Education œuvre pour la réouverture des écoles en favorisant le dialogue communautaire et l’adaptation de l’offre éducative disponible à la demande des communautés bénéficiaires à travers les stratégies alternatives d’éducation comme les écoles franco-arabes, les écoles mobiles et nomades et les programmes d'apprentissage accéléré en situation d'urgence.

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Visuels

Evolution du nombre de PDI de février 2016 à novembre 2019 (Source: Rapport CMP nov. 2019)

Evolution PDI

Avec plus de 199 300 personnes déplacées internes (PDI) (1) au 31 octobre 2019, les mouvements forcés de populations au Mali sont en hausse progressive selon le rapport de suivi des déplacements publié en novembre. Plus de la moitié d'entre-elles sont des femmes et des enfants. Les régions de Mopti, Gao, Ségou, Tombouctou et Ménaka accueillent actuellement le plus grand nombre de PDI (2).

L’année dernière à la même période, le pays comptait environ 80 300 PDI. L’accroissement du nombre de PDI s’explique par l'escalade des violences liées aux conflits observée dans le centre et les zones le long de la frontière avec le Burkina Faso et le Niger.

Le phénomène des déplacements reste complexe et la région de Mopti pourrait être considérée comme l’épicentre. Les populations fuient les violences dans certaines zones de cette région pour trouver refuge dans d’autres localités de la région mais également vers d’autres régions du pays notamment Ségou, Gao, Tombouctou et Bamako. Par ailleurs, des groupes de personnes forcés de se déplacer du centre du Mali vers le Burkina Faso voisin, aussi touché par l'instabilité sécuritaire, ont été obligés de revenir dans le pays pour retourner chez eux ou s’installer dans d'autres localités.

Selon une enquête menée auprès de 33 933 ménages de PDI en septembre 2019, 97 pour cent des PDI se sont déplacées en raison de l’insécurité. Toutefois, il convient de noter que certaines personnes venant des zones de conflits justifient leurs déplacements par l’insécurité alimentaire et les difficultés économiques.

Cette enquête révèle que 73 pour cent des PDI souhaitent rentrer dans leurs localités d’origine si la situation sécuritaire et les conditions alimentaire et économique s’améliorent tandis que 27 pour cent d’entre-elles souhaitent rester dans leurs zones de déplacements où elles estiment généralement les conditions sécuritaires meilleures.

La majorité des ménages déplacés (49 pour cent) ont perdu leurs moyens de subsistance et dépendent de l’assistance humanitaire, de l’aide des communautés ou de tierces personnes (30 pour cent).

(1) Soit 36 261 ménages. (2) Répartition des PDI par région : Mopti (69 679), Gao (55 702), Ségou (24 291), Tombouctou (22 641), Ménaka (17 758), Sikasso (2 598), Bamako (2350), Koulikoro (2031), Kayes (1 445) et Kidal ( 890).

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Analyse
Funding - top 10
Source : FTS

Face aux besoins humanitaires croissants, l'appel de fonds humanitaire n'est financé qu'à moitié

Au début de l’année, les partenaires humanitaires estimaient à 3,2 millions les personnes ayant besoin d’assistance. Cependant, avec les conséquences néfastes des conflits sur l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance, les flux continus de personnes déplacées ainsi que l’augmentation du nombre de personnes en insécurité alimentaire, 3,9 millions de personnes (soit un cinquième de la population) sont actuellement dans le besoin.

Sur les 324 millions de dollars recherchés par les acteurs humanitaires à travers le Plan de Réponse Humanitaire (PRH) révisé en juillet pour assister trois millions de personnes parmi les plus vulnérables, 160 millions ont été mobilisés au 25 novembre, soit un taux de financement de 49,5 pour cent (Source : Service de Suivi Financier géré par OCHA). 

Les secteurs les moins financés sont : la santé (2,8 pour cent), les abris (8,8 pour cent), l’eau l’hygiène et l’assainissement (11,8 pour cent), l’éducation (14,6 pour cent) et la protection (17,2 pour cent). Le secteur de la sécurité alimentaire est financé à 37,6 pour cent et celui de la coordination à 45 pour cent.

Au total, 28 donateurs ont déjà contribué au financement des projets humanitaires inclus dans le plan de réponse. Ils incluent des gouvernements, des agences du système des Nations Unies, du secteur privé, des fondations, des associations et des individus. Des contributions d'un montant de 63,5 millions de dollars ont aussi été octroyées à des partenaires humanitaires en dehors du PRH. Ces fonds ajoutés, à ceux reçus à travers le PRH, portent à environ 224 millions de dollars, les financements humanitaires enregistrés depuis janvier 2019 par le service de suivi financier géré par OCHA.

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