Mali

Rapport de situation
Visuels

Des ressources financières sont nécessaires pour la réponse à la COVID-19 et les autres urgences humanitaires

Lavage des mains à Koro

L’actualité sanitaire reste marquée par la propagation de la COVID-19. Au Mali, le nombre de cas continue d’augmenter et de toucher toutes les franges de la population. De 28 cas et 2 décès au 31 mars, le pays est passé à 1 885 cas dont 106 décès au 16 juin. Au total, 10 758 prélèvements ont été analysés depuis le début de l’épidémie. Au 16 juin, 626 cas confirmés étaient en cours de traitement dans les différents centres de prise de charge et 8 patients transférés à l’étranger sur demande. Le pays a enregistré 1 145 personnes guéries à cette date.

Dans ce contexte, les partenaires humanitaires soutiennent les actions de prévention de la maladie et de prise en charge des cas. Au mois de mai, les premiers cas de COVID-19 ont été détectés sur un site de déplacement/famille d’accueil dans la région de Mopti.  Les partenaires humanitaires ont élaboré une note d’orientation pour prévenir et renforcer la réponse à la maladie dans les sites de personnes déplacées internes et autres lieux d’accueil des déplacés. Ces lieux sont fortement à risque en raison de la promiscuité et des conditions sanitaires précaires.

La pandémie arrive dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire affectant déjà plus de quatre millions de personnes. Elle aggrave ainsi les défis liés à l’accès aux services sociaux de base, à l’insécurité alimentaire et met en exergue la vulnérabilité des ménages dont les opportunités socio-économiques sont de plus en plus réduites.

L'insécurité couplée à l’épidémie de COVID-19 ont pour conséquence une baisse de la fréquentation des centres de prise en charge des cas de violences basées sur le genre (VBG). Sur 32 partenaires qui offrent des services de gestion des cas de VBG notamment en appui psychosocial et qui collectent des données, seuls 13 sont opérationnels (source: cartographie des services VBG, avril 2020).  La prise en charge consistant à utiliser les cliniques mobiles pour assister les femmes et les filles à risque ou survivantes/victimes des violences basées sur le genre coûtent très chère. Aussi l’augmentation du nombre de nouveaux intervenants (y compris les intervenants humanitaires non traditionnels) à cause de la COVID-19 peut engendrer le risque d’avoir des cas d’exploitation et d’abus sexuels selon le sous cluster VBG.

Pour rappel, plus de 378 000 enfants sont affectés par la fermeture des écoles dans les zones touchées par l’insécurité. Actuellement, la mobilisation du secteur de la santé pour faire face à la COVID-19 a des conséquences négatives sur d’autres programmes essentiels de santé comme par exemple la vaccination, la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre, l’accès à la santé maternelle et reproductive.

De plus, la crise économique engendrée par les mesures restrictives va accentuer la pauvreté à un moment où la période de soudure, en cours (de juin à août), est caractérisée par une hausse -de plus de 70 pour cent par rapport au début de l’année- du nombre de personnes en insécurité alimentaire sévère pour atteindre 1,3 million.

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