Mali

Rapport de situation
Réponse d'urgence
Menaka Avril 2022 - Deplaces (16)
Femmes déplacées internes à Ménaka. Crédit : Evelyne Annette Massoma Colomina

Ménaka : la situation humanitaire se détériore progressivement

Suite à une dégradation récente de la sécurité dans la région de Ménaka, les besoins humanitaires augmentent. Depuis le mois de mars 2022, les affrontements entre des groupes armés ont causé la mort de plusieurs civils et le déplacement de milliers d’autres. Au 3 juin 2022, environ 9 000 ménages déplacés ont été enregistrés représentant près de 54 000 individus auxquels il faut ajouter près de 16 000 réfugiés nigériens. Ces personnes déplacées internes (PDI) ont besoin, en priorité, de plus de protection d’abris adéquats, d’eau et de nourriture. Durant sa visite au Mali du 28 au 31 mai 2022, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Martin Griffiths, s'est dit « particulièrement préoccupé par le développement de la situation à Ménaka, où les civils sont menacés par la recrudescence de la violence, entraînant des déplacements et une augmentation des besoins humanitaires ».

Dans cette zone frontalière avec le Burkina Faso et le Niger, l’insécurité consécutive aux affrontements armés et aux attaques contre le personnel et les biens humanitaires a considérablement réduit l’espace humanitaire. A l’exception de Ménaka ville, Tidermène et Inékar, toutes les autres localités de la région sont confrontées à des contraintes d’accès majeures.

Toutefois, malgré ces difficultés, la communauté humanitaire a commencé, à travers ses outils de réponse dont le RRM, à fournir une réponse multisectorielle dès la fin des premières évaluations. A la mi-avril, le PAM a démarré une assistance alimentaire pour six mois en faveur des déplacés à Inékar. Des acteurs du mécanisme de réponse rapide (RRM) ont fourni une réponse. C’est le cas par exemple d’ACTED qui a appuyé 570 ménages dans les communes de Ménaka et Tidermene avec du cash à raison de 36 000 FCFA par ménage. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et le Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC) ont apporté une réponse en abris et en biens non alimentaires.

Des réalisations en cours par le cluster eau, hygiène et assainissement sont relatives à la distribution de 1 539 kits non vivres et de dignité aux déplacées sur les sites d’Emiss-Emiss et d’Inekar au profit de 9 234 personnes. Deux adductions d'eau potable pour les déplacées et communautés hôtes sont en cours de construction dans deux quartiers de Ménaka de même que la construction de 52 latrines améliorées et 52 douches dans les familles d’accueil de déplacés à Ménaka. La réhabilitation de deux blocs de trois cabines dans les écoles ayant accueilli 81 élèves déplacés dont 30 filles est terminée. Dans le domaine de la santé, plusieurs centres de santé ont été dotés en médicaments et consommables médicaux. Des cliniques mobiles polyvalentes mènent des consultations et fournissent des soins dans les districts sanitaires d’Anderamboukane, d’Inékar et de Ménaka.

Il y a d’autres assistances en cours et ce, fonction des différentes évaluations qui ont été menées antérieurement. Il reste toutefois des gaps importants à combler notamment en termes d’abris et articles non alimentaires (Kits NFI), de transport des intrants d'urgence et de EHA pour les PDI et familles hôtes.

Les acteurs humanitaires ont mis en place un cadre de concertation et de coordination humanitaire dans la région. Ils sont confrontés à des difficultés d’accès pour pouvoir assister d’autres ménages affectés localisés sur les différents axes.

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