Mali

Rapport de situation
Analyse
PDI

Le nombre de personnes déplacées internes a atteint son niveau le plus élevé au cours des six dernières années

Le nombre de personnes déplacées internes (PDI) est passé de 207 751 personnes en décembre 2019 à 250 998 en avril 2020, soit une augmentation de 43 247 personnes selon les données de la matrice de suivi des déplacements (DTM). Les enfants représentent 58 pour cent des PDI et les filles et les femmes 54 pour cent. Plus de la moitié des personnes déplacées vivent dans des sites spontanés. Le nombre de PDI a atteint son seuil le plus élevé depuis 2013 (cf. graphique).

Cette augmentation est due à une recrudescence de la violence et des conflits variés dans les régions de Mopti, Ségou, Tombouctou, Gao et Ménaka et dans la bande frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.  Plus de 65 pour cent des PDI vivent dans les régions de Mopti (102 481 PDI) et de Gao (62 633 PDI).

Au total, 97 pour cent des PDI se sont déplacées en raison de l’insécurité liée au conflit dans leur localité d’origine ou voisine selon le rapport DTM d’avril 2020. Certains déplacements dus à la crise alimentaire et à l’impact économique relatif au conflit sont également à signaler depuis les régions du centre et du nord vers les grandes villes desdites régions et celles du sud où les opportunités socio-économiques sont moins limitées.

Suite à une enquête menée auprès des ménages déplacés par les équipes chargées d’analyser les données de la DTM, environ 75 pour cent des PDI ont exprimé leur intention de retour tandis que 25 pour cent souhaitent rester sur place. La majorité des PDI conditionnent leur retour à une amélioration de la situation sécuritaire, économique et alimentaire dans leurs localités d’origine.

La grande majorité des ménages enquêtés ont perdu leur autonomisation et vivent désormais d’aides et de dons humanitaires (49 pour cent), d’aides des communautés et/ou de tierces personnes (30 pour cent). La majorité des PDI enquêtées ont indiqué comme besoins prioritaires les vivres, les abris, les emplois et l’accès aux activités génératrices de revenus.

La plupart des PDI ont un accès limité aux services sociaux de base comme l’éducation et les soins de santé. Les résultats de l'enquête précitée révèlent que 66 pour cent des enfants des PDI ne fréquentent pas l’école dans les cercles d’Ansongo, Bourem, Gao, Niono, Ségou et Gourma-Rharous principalement faute d’écoles disponibles sur place (37 pour cent) ou à cause de la fermeture des écoles (24 pour cent).

Concernant l’accès aux structures sanitaires, les résultats de l'enquête montrent que plus de la moitié (68 pour cent) des services médicaux se trouvent en dehors des lieux d’accueil. Les sites se trouvant dans les cercles du Gourma Rharous, Gao, Niono, San, Bourem et Tombouctou sont les plus touchés. D’où la nécessité de prioriser et de renforcer rapidement les services médicaux au niveau de ces différents cercles en cette période de pandémie de COVID-19.

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