Niger

Rapport de situation

Faits saillants

  • Plus de 9 000 personnes (environ 1 300 ménages) ont trouvé refuge dans les localités de Chétimari et de Gagamari.
  • La région de Diffa compte actuellement 269 589 personnes déplacées réparties dans 74 621 ménages.
  • La région a déclaré de nombreux cas de malnutrition aigüe globale, de rougeole et de méningite que les autorités prennent en charge avec l’appui des partenaires.
  • Au cours du 1er trimestre 2021, 29 263 personnes ont pu bénéficier d’une assistance humanitaire dans au moins un secteur
map 06112021

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Chiffres clés

3,8M
de personnes dans le besoin
313K
personnes déplacées à l'intérieur du pays
234K
réfugiés
2M
en situation d'insécurité alimentaire

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Financement

$523.2M
Requis
$85.8M
Reçu
16%
Progrès
FTS

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Contacts

Modibo Traore

Chef de bureau

Laura Fultang

Unité de l’Information Publique et de la Communication Stratégique

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Analyse

La situation humanitaire continue à se détériorer

Après une relative accalmie, des mouvements de population d’ampleur ont repris de plus belle dans la région de Diffa. De nouveaux flux en provenance du Nigéria où la situation sécuritaire semble connaitre une certaine dégradation ont été récemment enregistrés. Plus de 9 000 personnes (environ 1 300 ménages) ont trouvé refuge dans les localités de Chétimari et de Gagamari à la suite de l’attaque de Damasak survenue le 13 avril dernier. D’après de nouvelles estimations, le nombre des personnes arrivées à Chetimari varierait entre 7 000 et 13 500 personnes avec une proportion importante d’enfants non accompagnés. Plus de 6 000 personnes (914 ménages) ont été dénombrées le 4 mai 2021 à Mainé Soroa où environ 2 040 personnes en provenance du Nigéria se sont installées sur les sites de N’Guel lamido et Chénal, entre janvier et mars 2021. Les mouvements continuent.

Entre janvier et juin 2021, neuf attaques conduites par des éléments présumés de groupes armés non étatiques (GANE) ont ciblé des positions des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) respectivement à Diffa, Mainé-Soroa et Bosso, signe d’une dégradation de la situation sécuritaire le long de la frontière. La dernière attaque en date a eu lieu le 5 juin dernier lorsque des éléments de GANE ont visé la position militaire SONIDEP, située à l’est de la ville de Diffa, sur la RN1. Le bilan fait état d’un gendarme blessé, deux véhicules emportés et trois autres calcinés. En outre, de nombreux incidents de protection ciblant des civils (enlèvements suivis de demande de rançons, cas de violence basée sur le genre, des cas d’engins explosifs improvisés) continuent d’être enregistrés. 812 incidents de protection ayant affecté 1 643 personnes ont été rapportés au cours du premier trimestre de l’année 2021, dont 638 incidents pour le mois de mars. Les moyens logistiques et autres infrastructures sociales de base ne sont pas épargnés par les GANE tels que : le vol de l’ambulance et le pillage du centre de santé intégré (CSI) de Chétimari, l’attaque sur un véhicule de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et le sabotage de l’alimentation en électricité de la ville de Mainé soroa.

Ces nouveaux déplacements ont contribué à une légère augmentation du nombre global des déplacés dans la région. Selon les récentes estimations de la Direction de l’état civil et des réfugiés (DREC), la région de Diffa compte actuellement 269 589 personnes déplacées réparties dans 74 621 ménages. Les réfugiés nigérians représentent 47%, soit 127 233 personnes, suivis des déplacées internes, environ 39%, soit 104 588 personnes. Ces déplacements forcés ont augmenté les besoins humanitaires.

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Réponse d'urgence

Des besoins urgents identifiés

Les résultats issus de la plupart des missions d’évaluation révèlent des besoins urgents en abris et biens non alimentaires (A/BNA), en latrines et en vivres, principalement. Sur le plan de la sécurité alimentaire, quatre départements sur six sont en insécurité alimentaire sévère avec 148 628 personnes affectées. Leur nombre pourrait atteindre 190 753 personnes pendant la période de soudure (juin à août 2021). Le pâturage est faiblement riche par endroits, notamment dans les communes de Kablewa, Nguigmi, une partie de Diffa et de Chétimari. Si la période de soudure se prolonge avec le retard d’installation des pluies, il est à craindre que ces chiffres soient dépassés. Dans cette optique, les éleveurs pourraient en payer un lourd tribut, selon les autorités. Dans le secteur des abris, les acteurs estiment que plus de 260 000 personnes (37 855 ménages) attendent d’être assistées alors que la saison des pluies s’annonce. Dans le secteur de l’éducation, la fermeture de onze écoles dans le département de N’guigmi à cause de l’insécurité et de l’insuffisance du matériel scolaire inquiète plus d’un acteur. Depuis le début de cette année, la région a déclaré de nombreux cas de malnutrition aigüe globale, de rougeole et de méningite que les autorités prennent en charge avec l’appui des partenaires.

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Analyse

Mettre la réponse à l’échelle

L’assistance se poursuit en fonction des capacités des acteurs en présence. En guise de réponse aux mouvements des populations en provenance de Damassak, de Geidam et Kanama entre le 13 et le 23 avril, l’UNHCR a élaboré un plan de réponse qui prend en compte les besoins prioritaires des réfugiés, retournés et ressortissants Nigérians tels que révélés par les résultats des différentes évaluations. Ce plan de réponse vise à accueillir 20 000 personnes d’ici à décembre 2021 avec une population cible de 10 000 réfugiés nigérians. Selon les acteurs humanitaires dans la région, au cours du 1er trimestre 2021, 29 263 personnes ont pu bénéficier d’une assistance humanitaire dans au moins un secteur, ce qui représente 9% des populations ciblées. Les secteurs qui ont fourni le plus d’assistance à ces populations sont les secteurs de l’éducation, l’Eau hygiène et assainissement et la sécurité alimentaire. En 2021, la réponse priorise et cible des groupes de personnes vulnérables que la communauté humanitaire peut atteindre malgré des défis d’accès. Il s’agit d’apporter de l'assistance et de répondre aux besoins spécifiques des femmes, filles, hommes et garçons, et des groupes vulnérables spécifiques tels que les personnes âgées, les enfants de moins de cinq ans et les personnes handicapées qui ont été déplacées ou qui vivent dans des communautés d'accueil avec des vulnérabilités accrues.

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Coordination

Des défis existent

Pour venir en aide à ces milliers de personnes dans le besoin, l’État et ses partenaires font face à d’innombrables défis. Le premier défi est d’ordre sécuritaire, en atteste la persistance des menaces d’enlèvements, d’extorsions de biens et d’assassinats et l’épouvantail des zones « interdites d’accès » dans les communes de Bosso, Toumour, Gueskerou (Sud). La persistance des incidents d’engins explosifs improvisés dans certaines zones polluées (Chetimari, Toumour, Bosso, Gueskerou, N’Guigmi et Mainé Soroa), la pandémie de la COVID-19 et l’imposition de l’escorte constituent autant de facteurs qui limitent la réponse. À cela s’ajoute le manque de capacité dans certains secteurs clés comme les abris alors que les besoins restent urgents.

Environ, 41 organisations humanitaires incluant 11 Agences des Nations Unies, 21 ONG internationales, 11 ONG nationales et 4 organisations du Mouvement de la Croix Rouge sont présentes dans la région et apportent l’assistance humanitaire multisectorielle nécessaire pour sauver des milliers de vies, sous la coordination d’OCHA.

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