Niger

Rapport de situation

Faits saillants

  • La région de Maradi fait face à une crise humanitaire sans précédent.
  • Au 30 avril 2021, l’ensemble des réfugiés et des PDI dans la région est estimé à environ 106 277 personnes.
  • Entre janvier et mars 2021, 328 725 personnes dans la région de Maradi font face à une crise d’insécurité alimentaire.
  • Pour les maladies à potentiel épidémique, Maradi fait partie des régions qui ont enregistré plus de cas de rougeole et de méningite.
  • Un cadre d’échanges entre les acteurs humanitaires appelé le Forum Humanitaire est fonctionnel.
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Femmes et enfants recueillis au village de Garin alkali. Crédit : OCHA

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Chiffres clés

3,8M
de personnes dans le besoin
313K
personnes déplacées à l'intérieur du pays
234K
réfugiés
2M
en situation d'insécurité alimentaire

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Financement

$523.2M
Requis
$38.3M
Reçu
7%
Progrès
FTS

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Contacts

Modibo Traore

Chef de bureau

Laura Fultang

Unité de l’Information Publique et de la Communication Stratégique

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Analyse

La région de Maradi fait face à une crise humanitaire sans précédent

Ces dernières années, les impacts du changement climatique et l’insécurité ont déstabilisé l’économie dans la région de Maradi et accentué les vulnérabilités de certains groupes de populations, telles que les personnes déplacées internes (PDI) à la recherche d’un environnement plus sécurisé. Selon UNDSS, la région a enregistré plus de 127 attaques d’individus armés non identifiés en 2020, opérant le long de la frontière avec le Nigéria, avec de graves violations des droits humains y compris les enlèvements, les vols de bétails, les assassinats, les viols et les violences physiques dans les départements de Madarounfa et Guidan Roumdji, notamment.

En avril 2021, le HCR dénombrait près de 81 086 réfugiés nigérians qui ont été préenregistrés. Parmi eux, il y a 12 080 nouvelles arrivées depuis le début de l’année, contre 70 000 au 31 décembre 2020. Cette situation risque de plonger la région dans une précarité sans précédent au regard de l’augmentation des besoins multisectoriels. À la date du 17 avril 2021, l'enregistrement biométrique diligenté par le HCR et le gouvernement du Niger (Commission nationale d'éligibilité, CNE) fait état de 46 172 réfugiés nigérians (12 080 ménages), dont 68% sont des mineurs, 23% des femmes et 9% des hommes. Parmi ces personnes ayant fait l’objet d’enregistrement biométrique, 15 364 sont des Personnes à Besoins Spécifiques (PBS), soit 33%.

En plus, la détérioration de la situation sécuritaire continue de pousser des personnes à se déplacer à l’intérieur de leur propre pays. Beaucoup de ménages sont dépossédés de leurs moyens de subsistance suite aux nombreuses incursions de ces groupes armés réputés dans le vol de bétail. Au 30 avril 2021, environ 25 191 personnes déplacées ont été enregistrées dans la région. Entre janvier et avril 2021, 3 229 nouveaux déplacés ont été identifiés contre seulement 1 089 personnes en 2020, à la même période.

Au 30 avril 2021, l’ensemble des réfugiés et des PDI dans la région est estimé à environ 106 277 personnes. Leurs besoins les plus cruciaux sont les vivres, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, les abris et biens non alimentaires, la santé, l’éducation et la protection.

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Tendances

L’insécurité alimentaire et la malnutrition, facteurs aggravants de la crise

L’afflux des réfugiés combiné aux PDI a contribué à un accroissement des besoins dans la région alors que l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages reste un défi. La situation sécuritaire volatile et préoccupante a empêché les agriculteurs d’exploiter leurs champs. Cette situation couplée à la fermeture de la frontière nigériane pendant la période d’août 2019 à janvier 2021 a provoqué la hausse des prix des denrées alimentaires dans la région.

Ces contraintes d’accès constituent des facteurs supplémentaires d’aggravation de la vulnérabilité des ménages. Cela a engendré des situations d’insécurité alimentaire dans la région de Maradi, particulièrement dans la partie sud et les zones d’accès difficile. Selon les résultats provisoires du Cadre Harmonisé, entre janvier et mars 2021, 328 725 personnes dans la région de Maradi font face à une crise d’insécurité alimentaire, presqu’un triplement par rapport à la période précédente d’octobre-décembre 2020 où on dénombrait 123 320 personnes. Les ménages font actuellement recours à des stratégies de survie ayant des conséquences négatives sur leur situation alimentaire.

En outre, la région a enregistré un léger excédent fourrager de 655 504 Tonnes de Matière Sèches (TMS) au sortir de la campagne pastorale 2020-2021, soit un taux de couverture de besoin fourrager de l’ordre de 114,07%. On note cependant des déficits dans 3 départements, notamment Guidan Roumdji (283 862 TMS), Dakoro (55 740 TMS) et Mayahi (49 109 TMS). Au plan nutritionnel, la région est connue pour être l’épicentre de la malnutrition. Selon les résultats de l’enquête SMART d’août à septembre 2020, la prévalence de la malnutrition aigüe globale (MAG) est de 13.3%, un taux supérieur à la moyenne nationale (12.7%). Les données révèlent également une prévalence de la malnutrition aigüe sévère (MAS) qui est de 3.1% contre 2.0% en 2019, nettement supérieure à la moyenne nationale de 2.6%.

On note également une prévalence de la malnutrition chronique qui est de 58,0%, soit presque le double du seuil défini par l’OMS (30%), alors que le niveau national est de 45,1%. À cela viennent s’ajouter les conséquences des inondations qui ont vulnérabilisé davantage ces populations.

Pour les maladies à potentiel épidémique, Maradi fait partie des régions qui ont enregistré plus de cas de rougeole et de méningite. Les chiffres publiés par la Direction Régionale de la Santé Publique (DRSP) en fin mars 2021 font état de 268 cas de rougeole sans décès et 47 cas de méningite pour un décès.

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Réponse d'urgence

La réponse en cours

Dans le cadre de l’assistance aux PDI, le Mécanisme de Réponse Rapide (RRM) a assisté 2 961 personnes (359 ménages) dans les villages de Sanguirawa et El Gada, dans le département de Guidan Roumdji au cours du premier trimestre de 2021. Plus de 8 000 autres personnes (1 044 ménages) ont été assistées en biens non alimentaires dans les villages de Sanguirawa, El Gada, Zanfarawa, Dogon Gao et Limiss. Par ailleurs, 185 personnes ayant des besoins spécifiques (des personnes vivant avec un handicap, des enfants séparés et des personnes âgées seules) ont été identifiées et orientées vers des partenaires pour être assistées.

Le PAM prévoit d’assister 13 809 personnes (1 973 ménages éleveurs du Nigéria vivant au Niger) en cash et en vivres. Un montant de 107 959 887,014 FCFA (environ 200 millions de dollars américains) est prévu pour être distribué à 7 751 personnes (1 107 ménages) en zone agropastorale sous forme de cash. La distribution de vivres touchera 6 058 personnes (8 665 ménages) avec un tonnage de 269,88 tonnes composées de céréales (190,82 T), légumineuses (59,97 T), et d’huile (19,08 T) dans les zones pastorales.

Quelques défis ont été identifiés dans la région. Selon les résultats d’un recensement conduit par la Direction Régionale de l’Enseignement Primaire sur financement de l’UNICEF, de décembre 2020 à janvier 2021, près de 5 000 enfants en âge d’aller à l’école recensés dans 71 villages accueillant des déplacés, ne vont pas à l’école. Un autre défi concerne l’accès des ménages à l’aide humanitaire, notamment ceux vivant dans la bande sud du département de Madarounfa, le sud-ouest du département de Guidan Roumdji, le Nord du département de Dakoro et l’ensemble du département de Bermo. En moyenne, 50% des missions prévues dans le mois ont été suspendues depuis l’instauration de la mesure d’utilisation des escortes. Si rien n’est fait, 68 024 réfugiés et 17 262 PDI risquent d’être privés d’assistance dans les départements de Guidan Roumdji et de Madarounfa.

Pour mieux répondre aux besoins multisectoriels, la région de Maradi dispose d’un mécanisme de coordination qui repose sur sept groupes sectoriels fonctionnels (les groupes de Travail Sécurité, Eau Hygiène et Assainissement, Abris et Bien non alimentaire, la Gestion de l’Information, la Santé/Nutrition, l’Éducation et la Protection). Le groupe sectoriel de la Protection a deux sous-groupes, à savoir les groupes thématiques Violences Basés sur le Genre (VBG) et la Protection de l’enfance. Ces groupes sectoriels sont chapeautés par d’autres cadres fédérateurs, tels que le groupe Inter secteur qui regroupe les Leads et co-leads des différents groupes sectoriels sous la présidence de OCHA, le Cadre Régional de Coordination et de Concertation (CRCC) qui regroupe tous les acteurs intervenant dans la région aussi bien en matière d’urgence, de développement, de résilience ainsi que la Coordination des réfugiés. En plus, un cadre d’échanges entre les acteurs humanitaires appelé le Forum Humanitaire est fonctionnel.

Pour apporter les premières réponses d’assistance aux victimes de chocs n’excédant pas trois mois, un groupe opérationnel qui est un mécanisme de réponse rapide (RRM) a été activé à Maradi. Les membres du Consortium RRM présents à Maradi sont ACF, ALIMA-BEFEN, DRC, PAM, UNICEF et OCHA.

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