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Rapport de situation

Faits saillants

  • Région de Tillabéri : près de 600 000 personnes sont à risque d’insécurité alimentaire, d’après les résultats préliminaires de la mission d’évaluation de la campagne agropastorale.
  • Les acteurs humanitaires s’inquiètent des risques d’augmentation du nombre d’enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère (MAS)
  • La situation est davantage plus préoccupante dans les zones frontalières de la région de Maradi
  • Selon le Plan de réponse humanitaire 2021, plus de 1.8 million d’enfants de moins de cinq ans ont besoin d’une assistance nutritionnelle
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Women and children living at the Garin Kaka refugee site (Maradi). Credit: OCHA

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Chiffres clés

3,8M
de personnes dans le besoin
313K
personnes déplacées à l'intérieur du pays
234K
réfugiés
2M
en situation d'insécurité alimentaire

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Financement

$523.2M
Requis
$214.2M
Reçu
41%
Progrès
FTS

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Contacts

Modibo Traore

Chef de bureau

Laura Fultang

Unité de l’Information Publique et de la Communication Stratégique

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Analyse
Tillabéri : Situation mi-parcours de la campagne agricole - Villages à risque d'insécurité alimentaire (Septembre 2021)

Perspectives alimentaires pessimistes pour la région de Tillabéri

L’insécurité et les attaques récurrentes des éléments présumés de groupes armés non étatiques (GANE) ciblant les agriculteurs et les populations civiles auront cette année de graves répercussions sur la situation alimentaire déjà précaire de plusieurs milliers de ménages vivant dans la région de Tillabéri. Près de 600 000 personnes sont à risque d’insécurité alimentaire, d’après les résultats préliminaires de la récente mission d’évaluation de la campagne agropastorale. Au total, plus de 445 villages seront à risque du fait de l’abandon des champs de cultures et des difficultés d’accès aux marchés. La situation est plus que préoccupante dans le département de Banibangou où plus de 79 000 personnes risque d’être en insécurité alimentaire. En effet, entre les mois de juin et août 2021, plusieurs dizaines de paysans de la commune de Banibangou notamment, ont été froidement assassinées dans leurs champs par des éléments des GANE. En raison de cette situation sécuritaire préoccupante, les populations ont été contraintes d’abandonner leurs champs. De ce fait, la disponibilité alimentaire sera très faible dans cette zone et le pouvoir d’achat des populations vulnérables sera exacerbé.

Les facteurs amplificateurs de la crise

La tension sécuritaire qui prévaut dans la région continue d’impacter négativement le fonctionnement des marchés locaux et contribue à détériorer la situation alimentaire et nutritionnelle ainsi que les moyens de subsistance des ménages des zones concernées. Les prix sont en hausse pour toutes les denrées alimentaires à la 2ème décade du mois de septembre 2021. Comparativement à la même période en 2020, ils sont en variation de +5,1% pour le mil, +15,5% pour le sorgho, +37,1% pour le maïs, +4,3% pour le riz et +53,1% pour le niébé, selon la direction régionale de l’agriculture. Pour rappel, les treize départements de la région de Tillabéri sont en état d’urgence, une situation assortie de mesures conservatoires liées à la fermeture de marchés et à la restriction de la circulation des personnes et de leurs biens dans les zones en insécurité, toutes choses qui ont contribué à fragiliser l’économie des ménages.

Par ailleurs, les effets de la pandémie de la COVID-19 sur la santé, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations, combinés aux conséquences des inondations de 2020 et de 2021, vont continuer à avoir des effets négatifs sur la situation alimentaire des populations déjà vulnérables et qui peinent à se relever des chocs précédents. Selon les résultats du Cadre harmonisé de mars 2021, les départements d’Abala, Ayorou, Banibangou, Ouallam, Filingué, Téra, Bankilaré, sud Say, Tillabéri et Torodi étaient déjà en situation de crise au cours de la période de soudure (juin-août 2021).

Renforcer la réponse

Au 31 août, 765 348 personnes ont pu bénéficier d’une assistance humanitaire dans divers secteurs, selon les résultats de l’atelier régional sur l’analyse des besoins humanitaires dans la région de Tillabéri, tenu le 15 septembre dernier. De ce chiffre, 259 532 personnes ont reçu une assistance en sécurité alimentaire, soit un gap de 36% représentant plus de 145 000 personnes n’ayant pas bénéficié d’assistance alimentaire dans le cadre du plan de réponse humanitaire 2021.

Aujourd’hui, beaucoup reste à faire, au regard de l’importance des besoins pour une région qui accueille déjà 101 144 personnes déplacées internes qu’il faut continuer à assister, considérant que de nouveaux déplacements sont enregistrés dans plusieurs départements. Une situation qui pose de nombreux défis contribuant à exacerber la vulnérabilité des populations. Aussi, des mesures fortes à la hauteur de l’ampleur de la situation doivent être prises par le gouvernement et ses partenaires, pour épargner la région de Tillabéri d’une crise alimentaire d’envergure.

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Analyse

Les risques d’augmentation des cas de malnutrition préoccupent les acteurs de la nutrition

Les acteurs humanitaires s’inquiètent des risques d’augmentation du nombre d’enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère (MAS) cette année à cause des effets conjugués de l’insécurité et des inondations, suivis des déplacements forcés, des endémies et épidémies (paludisme, COVID-19, Choléra, rougeole) sur la situation alimentaire et nutritionnelle de nombreux ménages.

Selon les données collectées à travers le système d’information sanitaire DHIS-2, entre janvier et août 2021, 273 748 enfants, soit 69% de la cible annuelle du HRP (396 467) souffrant de malnutrition aigüe modérée (MAM) et 266 283 enfants, soit 58,2% de la cible annuelle du HRP (457 200) souffrant de la malnutrition aiguë sévère (MAS) ont été admis dans le programme national de prise en charge intégrée de la malnutrition aigüe (PCIMA). Bien que les tendances dans les admissions pour la MAM et la MAS au niveau national montraient plutôt une diminution du nombre d’enfants admis pendant les mois de juillet-août 2021, on constate une tendance à la hausse dans certaines zones du pays.

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Tendances

Tendance à la hausse dans les zones frontalières de la Région de Maradi

La situation est davantage plus préoccupante dans les zones frontalières de la région de Maradi où l’on observe une augmentation importante du nombre d’enfants admis pour la prise en charge de la malnutrition aiguë depuis le début de l’année. Les districts sanitaires de Madarounfa, de Guidan-roumji, de Tessaoua enregistrent de très nombreux cas, ce qui alerte les acteurs humanitaires dans la région. (Ci-dessous des graphiques illustrant l’évolution des cas de MAM et de MAS dans la région de Maradi)

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Visuels

Nombre d’admissions en MAM et de décès enregistrés par semaine en 2021

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Récemment, MSF France a tiré la sonnette d’alarme à propos du district sanitaire de Madarounfa qui a enregistré une augmentation des admissions des cas de MAS de plus de 40% par rapport à la tendance nationale entre mai et juin. A noter que ce district sanitaire accueille aussi de nombreux cas venant du Nigéria suite à des mouvements de populations. Ce phénomène est spécifique au district sanitaire de Madarounfa et une telle augmentation ne s’observe pas dans les autres régions.

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Visuels

Nombre d’admissions en MAS et de décès enregistrés par semaine en 2021

Niger DSR graphic 2 20213009

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Analyse

Mettre la réponse à l’échelle

Selon le Plan de réponse humanitaire 2021, plus de 1.8 million d’enfants de moins de cinq ans ont besoin d’une assistance nutritionnelle, dont 1.6 million d’enfants entre 6 et 59 mois pour la prise en charge de la malnutrition aiguë et 178 228 enfants entre 6 et 23 mois pour la supplémentation préventive. Alors que l’approvisionnement en intrants pour garantir cette réponse jusqu’à la fin de l’année est assuré, des ressources additionnelles sont requises en 2021 pour couvrir les besoins du premier trimestre 2022. Selon le « Financial Tracking System » d’OCHA, le secteur de la nutrition a reçu un montant de (US$m14.8) ce qui représente seulement 14.2% des besoins pour couvrir la totalité de la réponse en 2021 (US$m104.0).

En reconnaissant les efforts importants consentis par le Gouvernement du Niger et ses partenaires de nutrition, il est urgent d’intensifier les interventions spécifiques et sensibles à la nutrition, de renforcer les activités de la prévention de la malnutrition et du paludisme afin de réduire l’incidence de la malnutrition aiguë et d’améliorer l’état nutritionnel des enfants.

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