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Rapport de situation

Faits saillants

  • Cette opération de retour concerne l’ensemble des PDI, soient 12 112 personnes (1 643 ménages) venant des quatre villages de la commune d’Anzourou.
  • La décision avait été prise lors des missions des Ministres de la Défense et de l’Intérieur du 17 et 18 mai 2021 pour le renforcement de la sécurité dans la zone d’Anzourou.
  • Le 20 mai 2021, le Ministre de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes (MAH/GC) et l’Équipe Humanitaire du Pays ont effectué une mission conjointe à Tillabéri.
  • Une évaluation ‘ne pas nuire’ sera réalisée dans le cadre de cette mission le 27 mai 2021.
  • Au 24 mai 2021, les autorités estimaient le nombre de PDI dans la région à 102 179 personnes (14 512 ménages).
map 26052021

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Chiffres clés

3,8M
de personnes dans le besoin
313K
personnes déplacées à l'intérieur du pays
234K
réfugiés
2M
en situation d'insécurité alimentaire

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Financement

$523.2M
Requis
$38.3M
Reçu
7%
Progrès
FTS

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Contacts

Modibo Traore

Chef de bureau

Laura Fultang

Unité de l’Information Publique et de la Communication Stratégique

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Contexte

Contexte

Le 21 mai 2021, les autorités nationales en collaboration avec celles de la région de Tillabéri avec la facilitation du Médiateur National, ont initié le retour planifié dans leurs localités d’origines des personnes déplacées internes (PDI) de la commune d’Anzourou qui avaient trouvé refuge une semaine plus tôt dans la ville de Tillabéri et dans le canton de Sakoira. Ces déplacements ont été causés par des attaques et autres exactions perpétrées par les éléments présumés des groupes armés non étatiques (GANE).

Cette opération de retour concerne l’ensemble des PDI, soient 12 112 personnes (1 643 ménages)[1] venant des quatre villages de la commune d’Anzourou (Zibane-Koira Zéno, Zibane Koira-Tégui, Kofouno et de Gadabo). Les autorités ont mobilisé une importante logistique composée de véhicules des forces de défense et de sécurité (FDS), des bus et autres moyens de transport de l’Administration pour amener sous escortes militaires ces personnes dans leurs villages d’origines.

La décision avait été prise lors des missions des Ministres de la Défense et de l’Intérieur du 17 et 18 mai 2021 pour le renforcement de la sécurité dans la zone d’Anzourou. L’objectif principal étant, selon les autorités, de créer les conditions propices d'un retour des populations dans leurs villages en vue d’entamer les préparatifs de la campagne agricole. Pour ce faire, une opération spéciale (FASA) a été associée aux forces régulières et déployée dans la zone de retour. Les autorités se sont aussi engagées à fournir aux populations concernées un appui en vivres et en biens non alimentaires, en complément à l’assistance d’urgence fournie par les humanitaires.

Le 20 mai 2021, le Ministre de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes (MAH/GC) et l’Équipe Humanitaire du Pays ont effectué une mission conjointe à Tillabéri. La délégation a rencontré les personnes déplacées, les autorités régionales, préfectorales et cantonales de la région. Le retour volontaire dans la dignité, la protection et la sécurité ainsi que les solutions alternatives au retour ont été les principales recommandations de la mission.

Tout en saluant la décision du gouvernement de sécurisation des zones et son appui aux populations, les acteurs de la protection ont élaboré une note de plaidoyer pour la prise en compte de l’ensemble du cadre légal institué par la loi 2018-74 du 10 décembre 2018, relative à la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes.

Les acteurs humanitaires ont relevé des déficits existants auxquels feront face les personnes retournées, notamment l’insuffisance des services sociaux de base dans certains villages où de nombreux services et infrastructures, tels que les forages, les écoles, les centres de santé sont dysfonctionnels, soit à cause de l’absence du personnel, ou à cause des dégâts matériels enregistrés à la suite des attaques perpétrées par des GANE. Des biens personnels comme les habitations, les greniers etc. ont également été détruits.

Selon les autorités locales, tous les 12 112 personnes déplacées venant de la commune d’Anzourou sont retournées dans leurs villages d’origines. Tenant compte de ce mouvement de retour et des besoins urgents qui se présentent à ces populations qui ont subi les pertes susmentionnées, les acteurs humanitaires travaillent à l’élaboration d’un plan de réponse d’urgence dans les zones de retours.

Une mission pour constater la situation dans les zones de retours sera réalisée sous l’égide du Groupe de travail Protection, accompagnée des experts en sécurité et les partenaires humanitaires, en appui aux autorités départementales et cantonales. Une évaluation ‘ne pas nuire’ sera réalisée dans le cadre de cette mission le 27 mai 2021.

_______________________________________

[1] Données officielles du (MAH/GC)

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Réponse d'urgence

Réponse humanitaire

En guise de réponse pour accompagner la réinstallation des retournées dans leurs villages d’origines, le Cluster Protection a recommandé quelques points d’actions urgentes :

Coordination générale

  • Réaliser une mission ‘ne pas nuire’ de protection, au niveau de la zone de retour dans le but d’évaluer la sureté et le cadre de protection des retournés en prélude aux interventions

  • Identifier le nombre de personnes retournées ayant besoin d’assistance humanitaire d’urgence

  • Évaluer l’opportunité d’organiser des évaluations multisectorielles (MSA) et des évaluations rapides de protection (ERP) dans les différents villages de retour

  • Organiser une mission conjointe des autorités régionales et des acteurs humanitaires dans les zones de retour afin d’évaluer la viabilité d’une assistance immédiate

  • Mettre en place un mécanisme inclusif de suivi de la situation.

Secteur Santé

Avec les 4 centres de santé intégrés (CSI) de Theime, Zibane, Sangara et Molia vandalisés et fermés suite aux attaques sporadiques des GANE durant ces trois derniers mois dans la commune d’Anzourou, un retour des déplacés dans ces zones doit s’accompagner des dispositions ci-après :

  • La réouverture des 4 CSI avec dotation en équipements, outils de support, médicaments et chaînes de froid

  • La mise en place d’une ou deux équipes mobiles itinérantes pour assurer les soins de santé primaires de ces populations avant l’ouverture des CSI

  • La motivation des agents de santé supplémentaires au niveau des CSI qui ont accueilli les retournés.

Secteur Sécurité Alimentaire

  • Évaluer les besoins et organiser une assistance d’urgence aux populations retournées dans leurs villages d’origine

  • Identifier les modalités d’assistance appropriées y compris le transfert monétaire si possible

  • Mettre en place un programme de réhabilitation des moyens de subsistance et de renforcement de la résilience des communautés appauvries.

Secteur eau, hygiène et assainissement

  • Réhabiliter 8 bornes fontaines non fonctionnelles dont 5 à Zibane 1 et 3 à Gadabo

  • Réhabiliter le forage non fonctionnel de Zibane 2

  • Vérifier l’opérationnalité des 4 puits cimentés dont 1 à Danala, 1 à Gassa et 2 à Molia

  • Vérifier l’opérationnalité du forage de Gatali.

Secteur abris et biens non alimentaires (ABNA)

  • Évaluer les dégâts dans tous les villages de retour, y compris des maisons brulées et étudier avec le dispositif national de prévention et de gestion des catastrophes et crises alimentaires (DNPGCA), les modalités d’accompagner la reconstruction des habitations

  • Évaluer les besoins de couverture en abris et biens non alimentaires (ABNA) dans les zones de retours.

Secteur Éducation

  • Rendre fonctionnelles les 3 écoles (collège, primaire, et l’école franco-arabe) de Zibane 1, de Zibane 2, Gadabo, Danala, Molia, Gatali à travers un déploiement du personnel enseignant

  • Rendre fonctionnels les 3 établissements (2 écoles primaires et un collège) de Gassa à travers un déploiement du personnel enseignant

  • Mettre en place un programme de réinsertion des enfants ayant abandonné l’école depuis deux ans, dans toute la zone.

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Contexte

Historique

Selon le Ministère de l'Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes, entre le 14 et le 15 mai 2021, 12 112 personnes (1 643 ménages) fuyant les violences perpétrées par les GANE dans les quatre villages du canton d’Anzourou avaient trouvé refuge dans la ville de Tillabéri et dans le canton de Sakoira où elles ont bénéficié d’une assistance multisectorielle d’urgence avant leur retour dans leurs localités d’origines. Ces populations ont besoin d’une assistance multisectorielle, sans moyens de subsistance, leurs bétails emportés et leurs réserves alimentaires incendiées par les GANE. Pour rappel, l’insécurité qui sévit dans la région de Tillabéri et plus particulièrement dans les zones frontalières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, engendre de nombreux déplacements forcés des populations. Au 24 mai 2021, les autorités estimaient le nombre de PDI dans la région à 102 179 personnes (14 512 ménages) ; ces chiffres n’incluent pas les récents déplacements et les déplacés dans les zones difficiles d'accès.

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