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Rapport de situation

Faits saillants

  • Au 5 juillet, le Ministère de la santé a signalé 1 093 cas de la COVID-19 sur les 8 114 tests effectués dont 968 guérisons, 57 personnes sous traitement et 68 décès.
  • Dès le début de la crise, un comité interministériel de lutte contre la pandémie a été mis en place sous les auspices du Premier ministre, chef du gouvernement.
  • Les besoins humanitaires se sont davantage accrus maintenant, notamment dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de la protection, des abris et des soins de santé
  • Bien qu'une collaboration efficace dans la lutte contre la pandémie soit en cours, certains défis entravent la réponse.
NIGER: Kid with crossed arms in IDPs camp

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Chiffres clés

2,9M
de personnes dans le besoin
187K
personnes déplacées à l'intérieur du pays
218K
réfugiés
2M
en situation d'insécurité alimentaire

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Financement

$516.1M
Requis
$195.8M
Reçu
38%
Progrès
FTS

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Contacts

Dieudonne Bamouni

Chef de bureau

Laura Fultang

Unité de l’Information Publique et de la Communication Stratégique

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Contexte

Le gouvernement face à la pandémie de COVID-19 au Niger avec le soutien de la communauté humanitaire

La communauté humanitaire continue de soutenir les efforts du gouvernement en réponse à la COVID-19 depuis que le premier cas de la COVID-19 a été signalé au Niger le 19 mars. Le nombre de cas de transmission locale et importée a augmenté rapidement et a atteint son pic le 9 avril avec 69 nouveaux cas. Au 5 juillet, le Ministère de la santé a signalé 1 093 cas de la COVID-19 sur les 8 114 tests effectués dont 968 guérisons, 57 personnes sous traitement et 68 décès. La capitale, Niamey, est l'épicentre de la pandémie avec plus de 70 % des cas confirmés, tandis que Zinder et Agadez figurent parmi les régions les plus touchées.

La communauté humanitaire participe activement à diverses structures techniques et de coordination tant au niveau national que régional, faisant le plaidoyer en vue de la réponse aux personnes vulnérables dans le cadre de la réponse à la COVID-19. Avec un taux de mortalité de 6,47%, une grande campagne de sensibilisation et de communication avec les communautés est en cours dans tout le pays afin de renforcer la prise de conscience de la maladie et les mesures préventives pour contenir sa propagation. Le dépistage et le test de la COVID-19 sont également en cours, en particulier aux points d'entrée dans le pays.

La pandémie de la COVID-19 a eu de graves répercussions sur la situation socio-économique du Niger et a exacerbé les vulnérabilités préexistantes. En conséquence, le gouvernement a revu à la baisse ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB), qui passent de 6,9 % à 1 %. Le déficit budgétaire devrait atteindre 5 % par rapport aux 2,7 % prévus, et le taux d'inflation devrait passer de 2,6 % à 4,4 %.

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Coordination

Une synergie efficace entre le gouvernement et les partenaires

Dès le début de la crise, un comité interministériel de lutte contre la pandémie a été mis en place sous les auspices du Premier ministre, chef du gouvernement. Des sous-comités décentralisés ont également été créés aux niveaux régional et départemental pour une meilleure prise de décision et une réponse stratégique. Le gouvernement et la communauté humanitaire travaillent ensemble pour assurer une réponse intégrée et coordonnée à la pandémie de la COVID-19 ainsi qu'une réponse humanitaire aux besoins critiques préexistants des personnes touchées par la crise au Niger.

Afin d'apporter un soutien efficace au gouvernement, l'équipe humanitaire du pays a mis en place un comité stratégique ad hoc composé de représentants des Nations unies, d'ONG internationales et de donateurs. Ce comité est chargé d'assurer la coordination entre les autorités nationales et la communauté humanitaire.

Afin de répondre aux besoins croissants résultant de la pandémie, un groupe de travail opérationnel dirigé par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a exhorté les différents secteurs à adapter les interventions à fort impact et leur mise en œuvre par l'utilisation de procédures opérationnelles standard (SOP) afin d'atteindre au mieux les populations touchées. Les activités et la réponse humanitaires ont été hiérarchisées et adaptées pour s'aligner sur les priorités stipulées dans le plan de préparation et de réponse COVID-19 du gouvernement du Niger. Dans la lutte contre la maladie, le gouvernement met en œuvre une approche basée sur la préparation, la prévention, le dépistage et le traitement.

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Analyse

Exacerbation des besoins humanitaires

Au Niger, les besoins humanitaires étaient déjà à un niveau sans précédent avant la pandémie ; ces besoins se sont davantage accrus maintenant, notamment dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de la protection, des abris et des soins de santé. La communauté humanitaire s'est toutefois engagée à rester et à continuer à fournir une aide essentielle aux personnes dans le besoin.

Santé: Des structures de santé dédiées au traitement de la COVID-19 ont été mises en place dans tout le pays mais les services restent limités tant à Niamey que dans les régions. Le manque de médicaments, la pénurie de ressources humaines qualifiées et leur déploiement inégal avaient déjà un impact négatif sur la fourniture des soins de santé avant la survenue de la pandémie. Selon le plan de préparation et de réponse à la COVID-19 du gouvernement, le pays a un taux de couverture sanitaire de 50,63 %, avec un nombre insuffisant d’agents de santé formés et qualifiés. A ce jour, 184 membres du personnel médical ont été testés positifs à la COVID-19 (soit, 17% des personnes infectées), ce qui réduit encore le nombre de personnel disponible.

La COVID-19 s’ajoute à une liste de maladies qui constituent divers problèmes de santé publique pour le Pays à savoir le paludisme, la méningite, la rougeole, le choléra, la bactérie intestinale (Shigellose) et la fièvre jaune. Avec plus de neuf patients sur dix (90,1 %) guéris de la COVID-19 au 22 juin, l'Institut national de la statistique (INS) a classé le Niger en sixième position parmi les pays africains ayant les taux de guérison les plus élevés.

Sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire au Niger est très préoccupante en raison de l'impact de la COVID-19 sur le secteur. A cause du ralentissement économique et des mesures restrictives liées à la prévention contre la COVID-19, 5,6 millions de personnes seront exposées à l'insécurité alimentaire pendant la période de soudure de juin à septembre (23 % de la population totale estimée à 24,2 millions de personnes), contre 2 millions prévus au début de l'année. L'insécurité permanente, le manque de ressources et l'accès limité à la nourriture aggravent l'insécurité alimentaire dans le pays.

La pandémie COVID-19 a impacté les pratiques d'alimentation des nourrissons et des enfants (IYCF) et provoqué un ralentissement des activités de sensibilisation et de prévention en matière de nutrition et la réduction de l'accès aux services de santé et de nutrition. En conséquence, le nombre d'enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère (MAS) devrait augmenter de 35 % et le nombre d'enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM) de 27 %.

La situation pourrait s'aggraver car les activités économiques et les circuits d’approvisionnement restent limités en raison de la fermeture des frontières entre pays voisins. Dans un pays fortement dépendant des importations en vivres et disposant de stocks limités, le pré positionnement des denrées alimentaires est essentiel pour atténuer les éventuelles perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Avec le début de la saison des pluies (juin-septembre), l'accès aux marchés et aux routes pourrait être entravée par les intempéries. En conséquence, les acteurs de la sécurité alimentaire ont pré positionné des stocks suffisants pour approvisionner les zones éloignées.

Déplacement : Les conflits provoquent davantage de déplacements et perturbent les moyens de subsistance, en particulier dans les régions frontalières. Les personnes déplacées à l'intérieur du pays, les rapatriés, les réfugiés et les personnes issues des communautés d'accueil vivant dans les zones exposées aux conflits à la frontière avec le Nigeria (régions de Diffa et Maradi), le Burkina Faso et le Mali (régions de Tahoua et Tillaberi) sont particulièrement vulnérables en raison de leurs conditions de vie précaires et de l'insécurité. En outre, 63 000 migrants restent bloqués dans des centres d'accueil et de transit surpeuplés à Agadez, Niamey, Tahoua et Zinder.

Protection : Les acteurs humanitaires diffusent des informations relatives à la COVID-19, renforcent le soutien psychosocial et intensifient les campagnes de sensibilisation sur la violence basée sur le genre. Les acteurs de la protection de l'enfance travaillent à prévenir la séparation et l'abandon, qui sont des risques très élevés pendant la pandémie. Conséquence immédiate de la pandémie de la COVID-19 : la situation humanitaire et de protection déjà fragile à Diffa s'est encore détériorée avec une réduction importante des interventions humanitaires et de l'accès aux personnes affectées, dans le besoin. Parmi les risques de protection auxquels sont confrontés les personnes déplacées de force et qui pourraient être aggravés par la pandémie, on peut citer : le risque d'escalade et d'aggravation des conflits ; les enlèvements avec paiement de rançons ; la stigmatisation des patients de la COVID-19 et de leurs proches au sein des communautés ; les mariages forcés d'enfants en raison du manque de ressources des familles ; le risque de refoulement dû à la fermeture des frontières, le risque de discrimination sociale et d'exclusion auquel les personnes déplacées pourraient être confrontées (notamment en cas de test positif à la COVID-19).

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Réponse d'urgence

Répondre à une crise sans précédent

Au début de la crise sanitaire, le gouvernement a annoncé plusieurs décisions et mesures barrières pour contenir la propagation du virus, notamment la déclaration de l'état d'urgence sanitaire dans tout le pays, la fermeture des frontières, l’instauration d'un couvre-feu, les restrictions de la circulation entre les régions, l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes, la fermeture des lieux de culte, des écoles et des lieux de divertissement.

Le 7 mai, le plan global de réponse humanitaire COVID-19 a été lancé, un appel de fonds pour protéger les millions de personnes touchées par la propagation du virus dans les pays fragiles dont le Niger. En apportant son aide, la communauté humanitaire a adopté une série de mesures barrières pour protéger le personnel d'exécution et les bénéficiaires, notamment l’éloignement physique pendant l'assistance, l’installation de dispositifs de lavage des mains et la distribution de kits de promotion d'hygiène, la communication et la sensibilisation aux risques, l’isolement des patients COVID-19, l’éducation par la radio et la télévision et le contrôle de la température.

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Analyse

Retour progressif à la normalité

L'effort conjoint du gouvernement et des partenaires humanitaires dans la réponse à la crise semble porter ses fruits, car on observe une tendance progressive à la baisse du nombre de nouveaux cas de la COVID-19 dans tout le pays. Cette tendance baissière a été constatée à la mi-avril, alors que le nombre de cas continue à diminuer. Aussi, le gouvernement a levé les interdictions liées à l'isolement sanitaire de Niamey et autorisé y compris la réouverture des écoles, le transport interurbain de passagers, les activités commerciales, les ateliers et séminaires dans tout le pays. La fonction publique a repris ses horaires de travail habituels en présence de l'ensemble du personnel.

Dans le souci de contenir la propagation de la maladie et de prévenir l'importation de nouveaux cas, la communauté humanitaire a soutenu le gouvernement pour établir des procédures opérationnelles standard (SOP) dans le cadre de l'utilisation des vols humanitaires de passagers régionaux mis en place et gérés par le PAM. Les principaux aspects de ce document portent sur les mesures à prendre avant le voyage, pendant le vol et à l'arrivée. Les responsabilités sont clairement stipulées pour le voyageur, l'organisation et le gouvernement. Le gouvernement a décidé le 24 mai de suspendre temporairement l'arrivée des passagers dans le pays jusqu'à la mise en place d'un SOP qui a été approuvé le 13 juin. Après la levée de l'interdiction, les premiers passagers humanitaires ont débarqué à Niamey le 18 juin.

Conformément à la levée des restrictions liées à la COVID-19 par le gouvernement, les Nations Unies au Niger ont établi une note d'orientation pour assurer un retour physique sûr et coordonné du personnel dans les bureaux. Ce retour sera progressif, en commençant par le personnel essentiel au cours du mois de juillet.

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Analyse

Les défis

Bien qu'une collaboration efficace dans la lutte contre la pandémie soit en cours, certains défis entravent la réponse. La faiblesse du système de surveillance et d'alerte au Niger pourrait masquer l'ampleur réelle de la pandémie. Le Niger, qui limite principalement le dépistage aux cas symptomatiques, a une capacité de 1,8 tests pour 10 000 personnes, contre 5,5 tests en Namibie par exemple. Le système de surveillance doit être renforcé à l'échelle nationale, notamment par une collaboration transfrontalière, afin de s’assurer que des mesures de santé publique soient prises de part et d'autre des frontières poreuses. Le pays compte un total de 54 points d'entrée aériens et terrestres.

Avant l'apparition de la pandémie de la COVID-19, la mise en œuvre des opérations humanitaires était déjà entravée par diverses contraintes d'accès, notamment l'insécurité persistante, en particulier dans les régions de l'Ouest (Tillabéri et Tahoua), du Sud et du Sud-Est (Maradi et Diffa). La prolongation de l'état d'urgence déclarée par le gouvernement le 17 mars pour trois mois supplémentaires à Diffa et dans certains départements des régions de Tillabéri (10) et de Tahoua (2) aura des répercussions sur la libre circulation des humanitaires, des biens et fournitures. Il perturbera également la réponse adéquate à la crise croissante de l'insécurité alimentaire.

L'accès humanitaire est en outre entravé par des incidents contre les humanitaires, notamment des meurtres, des enlèvements de véhicules et des vols. Depuis janvier, 425 incidents de sécurité ont été enregistrés au Niger (dont 135 ont eu un impact direct sur les humanitaires et la fourniture des activités de secours). S'engager dans un plaidoyer constant pour le respect des principes humanitaires et du droit international humanitaire contribue à créer de l’espace pour les acteurs de l’aide.

Enfin, la fourniture d'une assistance en temps opportun est entravée par l'insuffisance des fonds. Au cours du second semestre, le Plan conjoint de réponse humanitaire 2020 et de réponse COVID-19, estimé à 509,8 millions de dollars, n’a reçu que 98,7 millions de dollars, soit un taux de financement de 19,4 % seulement. Un financement immédiat est de toute urgence nécessaire afin de ne pas compromettre les progrès réalisés jusqu'à présent en vue de fournir une assistance opportune aux personnes les plus vulnérables.

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