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Rapport de situation

Faits saillants

  • En 2020, la région a enregistré 292 incidents de sécurité contre 377 incidents pour les trois dernières années (2017-2018-2019), causant plus de 200 victimes civiles.
  • La région de Tillaberi figure en tête des zones du pays les plus affectées par l’insécurité alimentaire avec 511 332 personnes touchées au cours de cette année.
  • En février 2021, 8 centres de santé intégrés et 24 cases de santé sont restés fermés dans sept départements que compte la région.
  • La communauté humanitaire en étroite collaboration avec le gouvernement s’active à trouver des solutions aux problèmes liés à l’accès.
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Chiffres clés

3,8M
de personnes dans le besoin
313K
personnes déplacées à l'intérieur du pays
234K
réfugiés
2M
en situation d'insécurité alimentaire

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Financement

$523.2M
Requis
$11.9M
Reçu
2%
Progrès
FTS

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Contacts

Dieudonne Bamouni

Chef de bureau

Laura Fultang

Unité de l’Information Publique et de la Communication Stratégique

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Réponse d'urgence

Situation humanitaire critique dans la région de Tillabéri

La détérioration de la situation sécuritaire le long des frontières avec le Mali et le Burkina Faso continue d’impacter négativement la vie des populations de la région de Tillabéri en proie aux violences perpétrées par des groupes armés non étatiques (GANE) basés en territoires malien et burkinabè. Les tueries des civils, les assassinats ciblés contre des leaders coutumiers et religieux, les enlèvements, les extorsions de biens et de bétails notamment, les violences basées sur le genre (VBG), sont fréquents dans cette région. En 2020, la région a enregistré 292 incidents de sécurité contre 377 incidents pour les trois dernières années (2017-2018-2019), causant plus de 200 victimes civiles. Le 15 mars 2021, ce sont 64 civils qui ont été tués de sang-froid dans la localité de Banibangou ; cinq blessés graves ont été recensés dont deux évacués au Centre de Santé Intégré (CSI) de Banibangou et un au CSI de Abala. Les assaillants ont détruit des greniers contenant des céréales, abattu des animaux, incendié deux véhicules et emporté deux autres. Cet incident grave n’éclipse pas pour autant les attaques contre les localités de Tchomabangou et Zaroum-Darey, survenues le 2 janvier 2021 avec 105 civils tués. Ces violences qui manifestement ciblent les civils montrent l’étendue de la vulnérabilité de ces populations face aux graves risques de protection.

L’insécurité grandissante et l’application des mesures d’état d’urgence (les 13 départements que compte la région sont en état d’urgence, une mesure doublée de l’interdiction liée à l’utilisation des motocyclettes à deux roues qui est le moyen de transport le plus pratique des populations) ont accru la vulnérabilité de ces populations qui peinaient déjà à se relever des conséquences de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et des inondations. Ceci a eu pour conséquences des déplacements massifs et récurrents de populations à l’intérieur de la région et la réduction continue de l’espace humanitaire. À ce jour, plus de 95 000 personnes déplacées internes installées dans 18 sites ou dans des familles d’accueil sont enregistrées dans la région en plus de nombreuses autres personnes qui ont trouvé refuge sur des sites spontanés, temporaires, loin des normes et standards en la matière.

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Visuels

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Analyse

Conséquences néfastes de l’insécurité sur l’accès aux services sociaux de base

Dans le secteur de l’éducation, au 31 janvier 2021, 22 876 élèves dont 10 513 filles ne peuvent plus aller à l’école dans les localités de Abala, Banibangou, Makalondi, Sanam, Sakoira, Tamou, Tondikiwindi, Torodi, Ayorou, Anzourou, Dessa, Bankilare, Gothèye, Diagourou, Dargol, Gorouol, Filingue pour cause de fermeture d’écoles, selon les autorités éducatives. À ce jour, 312 écoles restent fermées dans la région de Tillabéri à cause de l’insécurité.

Le secteur de la santé n’est pas en reste. En février 2021, 8 centres de santé intégrés et 24 cases de santé sont restés fermés dans sept départements que compte la région, privant plus de 30 000 personnes d’accès aux soins de santé alors que la région enregistre des vagues importantes d’épidémies de rougeole, de méningite et du COVID-19, notamment dans les départements de Abala, Tillabéry, Say, Gothèye et Ayorou.

En ce qui concerne l’accès à l’eau, hygiène et assainissement, les autorités régionales s’alarment de l’arrêt des activités sur 12 sites dans les départements de Banibangou, Bankilaré, Filingué et Ouallam où plus de 12 000 personnes n’ont pas accès à l’eau potable (mini AEP), à cause de l’insécurité persistante qui empêche la réalisation des travaux.

Par ailleurs, l’interdiction de la circulation des motocyclettes à deux roues entrave la libre circulation de la population dans la région. Cette interdiction a réduit les capacités économiques des jeunes qui ne peuvent plus faire du transport avec leurs motos et a augmenté la souffrance des populations qui ne peuvent se déplacer maintenant que sur des charrettes. En plus, la fermeture de 13 marchés ruraux dans les départements d’Abala, Tillabéri et de Ouallam, perturbe les activités économiques, impactant négativement les réseaux d'approvisionnement du marché, au risque de créer des déficits alimentaires tant pour les populations que pour le bétail. La région de Tillaberi figure en tête des zones du pays les plus affectées par l’insécurité alimentaire avec 511 332 personnes touchées au cours de cette année, selon les résultats du cadre harmonisé de novembre 2020.

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Analyse

Mettre en place une réponse adéquate aux conséquences directes des déplacements

Aujourd’hui nombre d’experts à l’instar du Dr Souley N. alertent l’ensemble des acteurs sur les conséquences graves de l’insécurité récurrente et les mouvements de populations sur les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants. Les acteurs de la protection dans leur rapport du mois de février 2021 ont rappelé l’exposition des femmes aux violences basées sur le genre (VBG), incluant les viols, les abus, les abandons, le sexe de survie, le risque d’apatridie et une réticence pour dénoncer les abus face à un système de protection faible. Sans une réponse adéquate aux conséquences directes des déplacements dus à l’insécurité dans un contexte d’urgences humanitaires qui s’accélèrent un peu partout, les risques d’une crise de grande magnitude sont réels.

Malgré les multiples contraintes et défis énormes, notamment en termes d’accès aux populations vulnérables, la communauté humanitaire au Niger, avec le soutien des partenaires bi et multilatéraux, a pu redonner de l’espoir à des centaines de milliers de personnes vulnérables, en grande partie des victimes de l’activisme des groupes armés dans cette région. La communauté humanitaire en étroite collaboration avec le gouvernement s’active à trouver des solutions aux problèmes liés à l’accès afin non seulement de maintenir ses opérations, mais aussi de pouvoir continuer à assister ces milliers de personnes en détresse, installées dans la région.

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Analyse
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OCHA Niger – Flash Update # 2 Attaque contre des civils dans la commune de Tondikiwindi (département de Ouallam) dans la région de Tillabéri Situation au 1er Mars 2021

Contexte et faits majeurs

Suite aux attaques meurtrières du 2 janvier 2021, tuant plus de 100 civils dans les localités de Tchomabangou et de Zaroum Darey, dans le département de Ouallam, la situation sécuritaire est délétère. La psychose d’éventuelles attaques est grande chez les populations. Cela a provoqué des déplacements réactif et préventif de populations dans la zone, augmentant les besoins dans presque tous les secteurs vitaux de l’assistance. Selon le Ministère des Affaires humanitaires et de la gestion des catastrophes MAH/GC), 11 761 personnes (1 679 ménages) se sont déplacées à l’intérieur du département de Ouallam suite à ces attaques. À Mangaizé, l’une des principales localités d’accueil des personnes déplacées internes (PDI), les centres de santé, les points d’eau ont atteint, voire dépassé, leurs capacités, à cause de la pression humaine.

La région continue de faire face à des contraintes d’accès des acteurs humanitaires aux populations dans le besoin ainsi que celles liées à l’accès de ces populations aux services sociaux de base et à l’assistance humanitaire, du fait des mesures d’escorte en vigueur pour les missions humanitaires. Pour rappel, les 13 départements que compte la région sont en état d’urgence.

En dépit des multiples contraintes, les acteurs humanitaires ont maintenu leur présence dans la région et continuent d’apporter l’assistance nécessaire aux nombreuses populations dans le besoin.Les besoins les plus urgents des personnes affectées sont l’eau, hygiène et assainissement, l’assistance alimentaire, la santé, les abris et biens non alimentaires, l’éducation et la protection.

Eau, hygiène et assainissement : Les gaps restent presque entiers en eau, hygiène et assainissement dans un contexte où les capacités locales restent très faibles. Le CICR a réhabilité le système de mini adduction d’eau à Mangaizé, Islamic Relief a également transformé les pompes à motricité humaine (PMH) en mini adduction d’eau (MAE) dans la même localité d’accueil.

Dans l’attente des résultats d’un diagnostic en cours, ACTED se prépositionne pour faire du water tracking. Il est prévu, 15 877 m3 ciblant 11 761 PDI, en raison de 15 litres /personne/ jour, pendant 60 jours. Les latrines sont limitées ; 235 latrines sont nécessaires, en raison d’une toilette pour 50 personnes pour couvrir les besoins dans ce domaine.

Sécurité alimentaire : Le PAM et son partenaire de mise en oeuvre, l’ONG nationale Karkara ont déjà mobilisé plus de 165 tonnes de céréales, 33,42 tonnes de légumineuses, 10,60 tonnes d’huile et 2,68 tonnes de super céréales+ et 4 tonnes de sel pour assister 814 ménages concernés pour 30 jours. Le PAM prévoit de couvrir les besoins des (PDI) et populations hôtes vulnérables pour les mois de février et de mars 2021. En plus, 1 385 enfants de 6 à 59 mois ont été dépistés dont 76 souffrent de la malnutrion aiguë modérée (MAM) (soit 7,49%) et 61 de la malnutrition aiguë sévère (MAS) (soit 4,40%), tous pris en charge au centre de santé intégré (CSI) de Mangaizé. Parmi les 61 cas sévères pris en charge, 19 sont des PDI, soit 31,15%. Respectivement, Islamic Relief a distribué 51,2 tonnes de céréales (pour 1622 ménages) et le CICR a aussi distribué 85 tonnes de vivres sur les 109 prévues à Mogodjibo (commune de Tondikiwindi) pour trois mois au profit de 300 ménages.

Protection : Dans le secteur de la protection, les opérations d’enregistrement se poursuivent. Au 26 janvier 2021, 11 761 personnes (1 679 ménages) ont été enregistrées à Mangaizé, Tondikiwindi et Ouallam par le (MAH/GC) en collaboration avec UNHCR. Cette opération a permis d’identifier 319 orphelins de père, dont 107 pour le village de Zaroum Darey et 212 pour celui de Tchomabangou. Les acteurs de la protection (CIAUD, APBE) ont apporté les premiers secours psychologiques et un soutien psychosocial à Mangaizé, prioritairement aux enfants et aux femmes veuves, en plus de l’activation des mécanismes communautaires de protection de l’enfant et le référencement des personnes à besoin spécifique vers COOPI. Le CICR a offert aux déplacés la possibilité du service d’appel pour entrer en contact avec leurs familles. À ce jour, plus de 600 déplacés ont pu avoir les nouvelles de leurs familles.

ABRIS/BNA : En ce qui concerne les abris, les gaps sont estimés à 1 197 kits d’abris et 939 kits de biens non alimentaires (BNA) alors que 1 503 ménages sont ciblés. Entre le 26 janvier et le 4 février, 306 kits d’abris ont été distribués à 306 ménages à Mangaizé tandis que 917 kits de (BNA) ont été distribués au profit des déplacés internes des villages de : Zaroum Darey, Tchomabangou, Tonkossam, Tondikoda, Sabako, Gangani et Tabakadi. Au total, 564 ménages ont été couverts grâce à l’appui des acteurs du secteur. Goal a également distribué 150 kits aux femmes de ménages et APBE a assisté en mettant à disposition 375 kits de BNA avec l’appui du HCR.

Santé : La réponse en matière de santé aura permis de mettre à disposition des médicaments et équipements pour l’organisation des cliniques mobiles au profit de la localité de Mangaizé, pendant trois mois, en plus de kits d’urgence destinés au Ministère de la Santé publique pour couvrir le stock d’urgence utilisé initialement par le district sanitaire (DS) de Mangaizé. D’autres services sanitaires ont été assurés, incluant la prise en charge de blessés à l’hôpital de district de Ouallam, l’appui en médicaments, le transfert de blessés graves à Niamey, la prise en charge des soins, l’approvisionnement en médicaments de l’hôpital de district de Ouallam et le recrutement de deux agents de santé pour appuyer le CSI dans la prise en charge des patients par l’ONG PUI. Un Protocole est en cours de validation avec le médecin-chef de district (MCD) de Ouallam pour assurer les soins de santé primaire. IRC prend en charge tous les besoins en nutrition sur le site de Mangaïzé.

Éducation : À ce jour, 112 nouveaux élèves sur un effectif de 656 élèves déplacés, à la suite de ces attaques, sont accueillis et intégrés dans deux écoles fonctionnelles du département de Ouallam. Les écoles de Tchomobangou, Tondikoda, Sabakokoira Tégui et Sabakokoira Zéno, ont été désertées et fermées. Celles de Zaroum Darey et de Tonkosom ne sont pas fonctionnelles depuis plus de deux ans. Les besoins sont encore très importants dans le domaine de l’éducation, notamment la construction de dix salles de classes équipées et un bloc de latrines de six cabines, de l’eau potable (au moins 03 points d’eau), des kits pour la prévention contre la COVID-19 (dispositifs de lavage des mains, des bavettes, kakémonos et du savon), des fournitures et manuels scolaires, guides pédagogiques, la formation des enseignants en appui psychosocial, la poursuite de la campagne en vue du retour à l’école (implication des structures communautaires), et la disponibilité des cantines scolaires pour améliorer la fréquentation.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Laura Fultang, Chargée de l’Information Publique, fultangl@un.org

Boubacar Hamani Abdoulaye, Chargé de l’Information Publique associé, boubacarhamani@un.org, (+227) 97 86 96 15

Dieudonné Bamouni, Chef de Bureau, dieudonneb@un.org, (+227) 96 00 94 98

Les communiqués de presse d’OCHA sont disponibles sur www.unocha.org ou www.reliefweb.int

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