Niger

Rapport de situation
Tendances

L’insécurité alimentaire et la malnutrition, facteurs aggravants de la crise

L’afflux des réfugiés combiné aux PDI a contribué à un accroissement des besoins dans la région alors que l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages reste un défi. La situation sécuritaire volatile et préoccupante a empêché les agriculteurs d’exploiter leurs champs. Cette situation couplée à la fermeture de la frontière nigériane pendant la période d’août 2019 à janvier 2021 a provoqué la hausse des prix des denrées alimentaires dans la région.

Ces contraintes d’accès constituent des facteurs supplémentaires d’aggravation de la vulnérabilité des ménages. Cela a engendré des situations d’insécurité alimentaire dans la région de Maradi, particulièrement dans la partie sud et les zones d’accès difficile. Selon les résultats provisoires du Cadre Harmonisé, entre janvier et mars 2021, 328 725 personnes dans la région de Maradi font face à une crise d’insécurité alimentaire, presqu’un triplement par rapport à la période précédente d’octobre-décembre 2020 où on dénombrait 123 320 personnes. Les ménages font actuellement recours à des stratégies de survie ayant des conséquences négatives sur leur situation alimentaire.

En outre, la région a enregistré un léger excédent fourrager de 655 504 Tonnes de Matière Sèches (TMS) au sortir de la campagne pastorale 2020-2021, soit un taux de couverture de besoin fourrager de l’ordre de 114,07%. On note cependant des déficits dans 3 départements, notamment Guidan Roumdji (283 862 TMS), Dakoro (55 740 TMS) et Mayahi (49 109 TMS). Au plan nutritionnel, la région est connue pour être l’épicentre de la malnutrition. Selon les résultats de l’enquête SMART d’août à septembre 2020, la prévalence de la malnutrition aigüe globale (MAG) est de 13.3%, un taux supérieur à la moyenne nationale (12.7%). Les données révèlent également une prévalence de la malnutrition aigüe sévère (MAS) qui est de 3.1% contre 2.0% en 2019, nettement supérieure à la moyenne nationale de 2.6%.

On note également une prévalence de la malnutrition chronique qui est de 58,0%, soit presque le double du seuil défini par l’OMS (30%), alors que le niveau national est de 45,1%. À cela viennent s’ajouter les conséquences des inondations qui ont vulnérabilisé davantage ces populations.

Pour les maladies à potentiel épidémique, Maradi fait partie des régions qui ont enregistré plus de cas de rougeole et de méningite. Les chiffres publiés par la Direction Régionale de la Santé Publique (DRSP) en fin mars 2021 font état de 268 cas de rougeole sans décès et 47 cas de méningite pour un décès.

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