Niger

Rapport de situation
Analyse

Exacerbation des besoins humanitaires

Au Niger, les besoins humanitaires étaient déjà à un niveau sans précédent avant la pandémie ; ces besoins se sont davantage accrus maintenant, notamment dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de la protection, des abris et des soins de santé. La communauté humanitaire s'est toutefois engagée à rester et à continuer à fournir une aide essentielle aux personnes dans le besoin.

Santé: Des structures de santé dédiées au traitement de la COVID-19 ont été mises en place dans tout le pays mais les services restent limités tant à Niamey que dans les régions. Le manque de médicaments, la pénurie de ressources humaines qualifiées et leur déploiement inégal avaient déjà un impact négatif sur la fourniture des soins de santé avant la survenue de la pandémie. Selon le plan de préparation et de réponse à la COVID-19 du gouvernement, le pays a un taux de couverture sanitaire de 50,63 %, avec un nombre insuffisant d’agents de santé formés et qualifiés. A ce jour, 184 membres du personnel médical ont été testés positifs à la COVID-19 (soit, 17% des personnes infectées), ce qui réduit encore le nombre de personnel disponible.

La COVID-19 s’ajoute à une liste de maladies qui constituent divers problèmes de santé publique pour le Pays à savoir le paludisme, la méningite, la rougeole, le choléra, la bactérie intestinale (Shigellose) et la fièvre jaune. Avec plus de neuf patients sur dix (90,1 %) guéris de la COVID-19 au 22 juin, l'Institut national de la statistique (INS) a classé le Niger en sixième position parmi les pays africains ayant les taux de guérison les plus élevés.

Sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire au Niger est très préoccupante en raison de l'impact de la COVID-19 sur le secteur. A cause du ralentissement économique et des mesures restrictives liées à la prévention contre la COVID-19, 5,6 millions de personnes seront exposées à l'insécurité alimentaire pendant la période de soudure de juin à septembre (23 % de la population totale estimée à 24,2 millions de personnes), contre 2 millions prévus au début de l'année. L'insécurité permanente, le manque de ressources et l'accès limité à la nourriture aggravent l'insécurité alimentaire dans le pays.

La pandémie COVID-19 a impacté les pratiques d'alimentation des nourrissons et des enfants (IYCF) et provoqué un ralentissement des activités de sensibilisation et de prévention en matière de nutrition et la réduction de l'accès aux services de santé et de nutrition. En conséquence, le nombre d'enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère (MAS) devrait augmenter de 35 % et le nombre d'enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM) de 27 %.

La situation pourrait s'aggraver car les activités économiques et les circuits d’approvisionnement restent limités en raison de la fermeture des frontières entre pays voisins. Dans un pays fortement dépendant des importations en vivres et disposant de stocks limités, le pré positionnement des denrées alimentaires est essentiel pour atténuer les éventuelles perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Avec le début de la saison des pluies (juin-septembre), l'accès aux marchés et aux routes pourrait être entravée par les intempéries. En conséquence, les acteurs de la sécurité alimentaire ont pré positionné des stocks suffisants pour approvisionner les zones éloignées.

Déplacement : Les conflits provoquent davantage de déplacements et perturbent les moyens de subsistance, en particulier dans les régions frontalières. Les personnes déplacées à l'intérieur du pays, les rapatriés, les réfugiés et les personnes issues des communautés d'accueil vivant dans les zones exposées aux conflits à la frontière avec le Nigeria (régions de Diffa et Maradi), le Burkina Faso et le Mali (régions de Tahoua et Tillaberi) sont particulièrement vulnérables en raison de leurs conditions de vie précaires et de l'insécurité. En outre, 63 000 migrants restent bloqués dans des centres d'accueil et de transit surpeuplés à Agadez, Niamey, Tahoua et Zinder.

Protection : Les acteurs humanitaires diffusent des informations relatives à la COVID-19, renforcent le soutien psychosocial et intensifient les campagnes de sensibilisation sur la violence basée sur le genre. Les acteurs de la protection de l'enfance travaillent à prévenir la séparation et l'abandon, qui sont des risques très élevés pendant la pandémie. Conséquence immédiate de la pandémie de la COVID-19 : la situation humanitaire et de protection déjà fragile à Diffa s'est encore détériorée avec une réduction importante des interventions humanitaires et de l'accès aux personnes affectées, dans le besoin. Parmi les risques de protection auxquels sont confrontés les personnes déplacées de force et qui pourraient être aggravés par la pandémie, on peut citer : le risque d'escalade et d'aggravation des conflits ; les enlèvements avec paiement de rançons ; la stigmatisation des patients de la COVID-19 et de leurs proches au sein des communautés ; les mariages forcés d'enfants en raison du manque de ressources des familles ; le risque de refoulement dû à la fermeture des frontières, le risque de discrimination sociale et d'exclusion auquel les personnes déplacées pourraient être confrontées (notamment en cas de test positif à la COVID-19).

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