Niger

Rapport de situation
Analyse

Plus de 53 000 élèves affectés par l’insécurité dans la région de Tillabéri

À l’échelle de la région de Tillabéri, les autorités estiment à 579, le nombre d’écoles fermées à la fin de l’année scolaire 2020-2021 sur les 2 247 écoles que compte la région, soit 23,66%. Au total 53 562 enfants, dont 25 828 filles, ont été ainsi privés du droit à l’éducation, à cause des activités liées aux groupes armés. À ce jour, la région enregistre 9 833 élèves déplacés, selon les autorités. Pour rappel en 2020, 377 écoles ont été fermées à travers la région, affectant plus de 30 000 enfants. Les acteurs du secteur de l’éducation prévoient que cette année, la région de Tillabéri verra ses besoins augmenter à cause de la forte menace sécuritaire consécutive à la montée en puissance des groupes armés le long de la frontière avec le Burkina (Torodi, Makalondi et même le sud Say). Les nombreux cas d’abandons dus à l’insécurité sont enregistrés.

Globalement, le secteur de l’éducation est confronté à de nombreux défis. Selon le Plan de transition du secteur de l’éducation et de la formation (PTSEF 2020-2022 : Étude sur les enfants et adolescent(e)s en dehors de l’école (EADE) au Niger, Rapport final, UNICEF 2018) plus de 50% des enfants de 7 à 12 ans sont hors de l’école. Pour les jeunes de 13 et 16 ans, ce pourcentage s’élève à 60 %. Au total, 2 634 271 enfants et adolescents sont hors de l’école. Ce sont majoritairement des ruraux provenant des régions de Maradi, Tahoua et Zinder. Malgré les importantes ressources budgétaires affectées au secteur de l’éducation (20% du budget alloué chaque année), les performances sont négativement impactées.

La répartition des enseignants dans les régions puis dans les établissements, connaît beaucoup de disparités. Alors qu’au niveau national la dotation est d’un enseignant pour 36 élèves au primaire, on observe des chiffres aussi bas qu’un enseignant pour 26 élèves à Diffa et des chiffres aussi élevés qu’un enseignant pour 45 élèves à Maradi. (PTSEF 2020-2022) En plus, des milliers d’enfants à la rue sont des proies faciles pour les GANE, car entre la rue et les rangs des GANE, il n’y a qu’un pas à franchir. Aujourd’hui, nombreux sont les acteurs dans la région qui craignent que ces milliers de jeunes déscolarisés ne soient récupérés par des groupes armés. Des témoignages recueillis auprès de sources locales confirment la disparition de nombreux élèves déscolarisés originaires d’un village dont elles se sont gardées de citer le nom ; et l’on redoute qu’ils n’aient pu rejoindre ces groupes armés.

Selon les autorités, la situation de l’école dans cette partie de la région a commencé à se détériorer à partir de la rentrée d’octobre 2018 où des écoles ont été incendiées et l’insécurité a empêché les enseignants d’avoir accès aux écoles. La situation de ces milliers d’élèves en décrochage à cause de la fermeture de leurs écoles est un sujet de préoccupation majeure.

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