Niger

Rapport de situation
Contexte

Contexte

Le 21 mai 2021, les autorités nationales en collaboration avec celles de la région de Tillabéri avec la facilitation du Médiateur National, ont initié le retour planifié dans leurs localités d’origines des personnes déplacées internes (PDI) de la commune d’Anzourou qui avaient trouvé refuge une semaine plus tôt dans la ville de Tillabéri et dans le canton de Sakoira. Ces déplacements ont été causés par des attaques et autres exactions perpétrées par les éléments présumés des groupes armés non étatiques (GANE).

Cette opération de retour concerne l’ensemble des PDI, soient 12 112 personnes (1 643 ménages)[1] venant des quatre villages de la commune d’Anzourou (Zibane-Koira Zéno, Zibane Koira-Tégui, Kofouno et de Gadabo). Les autorités ont mobilisé une importante logistique composée de véhicules des forces de défense et de sécurité (FDS), des bus et autres moyens de transport de l’Administration pour amener sous escortes militaires ces personnes dans leurs villages d’origines.

La décision avait été prise lors des missions des Ministres de la Défense et de l’Intérieur du 17 et 18 mai 2021 pour le renforcement de la sécurité dans la zone d’Anzourou. L’objectif principal étant, selon les autorités, de créer les conditions propices d'un retour des populations dans leurs villages en vue d’entamer les préparatifs de la campagne agricole. Pour ce faire, une opération spéciale (FASA) a été associée aux forces régulières et déployée dans la zone de retour. Les autorités se sont aussi engagées à fournir aux populations concernées un appui en vivres et en biens non alimentaires, en complément à l’assistance d’urgence fournie par les humanitaires.

Le 20 mai 2021, le Ministre de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes (MAH/GC) et l’Équipe Humanitaire du Pays ont effectué une mission conjointe à Tillabéri. La délégation a rencontré les personnes déplacées, les autorités régionales, préfectorales et cantonales de la région. Le retour volontaire dans la dignité, la protection et la sécurité ainsi que les solutions alternatives au retour ont été les principales recommandations de la mission.

Tout en saluant la décision du gouvernement de sécurisation des zones et son appui aux populations, les acteurs de la protection ont élaboré une note de plaidoyer pour la prise en compte de l’ensemble du cadre légal institué par la loi 2018-74 du 10 décembre 2018, relative à la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes.

Les acteurs humanitaires ont relevé des déficits existants auxquels feront face les personnes retournées, notamment l’insuffisance des services sociaux de base dans certains villages où de nombreux services et infrastructures, tels que les forages, les écoles, les centres de santé sont dysfonctionnels, soit à cause de l’absence du personnel, ou à cause des dégâts matériels enregistrés à la suite des attaques perpétrées par des GANE. Des biens personnels comme les habitations, les greniers etc. ont également été détruits.

Selon les autorités locales, tous les 12 112 personnes déplacées venant de la commune d’Anzourou sont retournées dans leurs villages d’origines. Tenant compte de ce mouvement de retour et des besoins urgents qui se présentent à ces populations qui ont subi les pertes susmentionnées, les acteurs humanitaires travaillent à l’élaboration d’un plan de réponse d’urgence dans les zones de retours.

Une mission pour constater la situation dans les zones de retours sera réalisée sous l’égide du Groupe de travail Protection, accompagnée des experts en sécurité et les partenaires humanitaires, en appui aux autorités départementales et cantonales. Une évaluation ‘ne pas nuire’ sera réalisée dans le cadre de cette mission le 27 mai 2021.

_______________________________________

[1] Données officielles du (MAH/GC)

URL:

Téléchargé le: